Joe Biden choisit Linda Thomas-Greenfield comme ambassadrice des États-Unis à l’ONU

Le président Joe Biden a choisi la diplomate Linda Thomas-Greenfield pour être ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, selon deux sources de CBS News.

Linda Thomas-Greenfield fait partie de l’équipe de transition du 46ème Président américain Joe Biden et devrait se concentrer sur le rétablissement de la confiance et du professionnalisme au département d’État, avec un accent particulier sur la diversité, annonce CBS News.

La carrière de l’Ambassadrice Linda Thomas-Greenfield dans le service extérieur comprend un poste d’ambassadeur au Libéria (2008-2012) et des affectations en Suisse (à la Mission des États-Unis auprès des Nations Unies), au Pakistan, au Kenya, en Gambie, au Nigéria et en Jamaïque. À Washington, elle a occupé le poste de sous-secrétaire adjointe principale du Bureau des affaires africaines (2006-2008) et de secrétaire adjointe adjointe du Bureau de la population, des réfugiés et des migrations (2004-2006)

Depuis 2017, l’Ambassadeur Thomas-Greenfield dirige la pratique Afrique chez Albright Stonebridge Group, un cabinet de diplomatie commerciale stratégique présidé par l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright. Elle a également été la première chercheuse résidente distinguée en études africaines à l’Institut pour l’étude de la diplomatie de l’automne 2017 au printemps 2019. Elle a rejoint l’ISD au printemps 2017 en tant que chercheuse principale du département d’État. L’ambassadeur Thomas-Greenfield a obtenu un B.A. de l’Université d’État de Louisiane et une maîtrise de l’Université du Wisconsin, où elle a travaillé en vue d’un doctorat. Elle a reçu un doctorat honorifique en droit de l’Université du Wisconsin en mai 2018.

L’objectif de Linda Thomas-Greenfield sera de diversifier les rangs de l’équipe de politique étrangère de Joe Biden. « La diversité nécessite une attention proactive de la part de l’administration. Et lorsque nous examinons ce qui s’est passé aux premiers stades de cette administration, lorsque les gens ont été encouragés à partir ou invités à partir, il y avait un nombre important d’individus de la diversité, moi y compris, qui sont partis », notait la diplomate en 2017.

Plusieurs problèmes majeurs attendent Thomas-Greenfield à l’ONU, notamment la pandémie mondiale et ses conséquences économiques, le changement climatique et l’impasse nucléaire avec l’Iran.

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice en chef de C’news Actus Dothy – Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy – @Do Thy

Christiane Taubira: « Nous avons notre part dans les désordres du monde», elle craque en pleine émission

Christiane Taubira plaide pour un monde plus solidaire.

L’ancienne ministre de la justice a fondu en larmes pendant une diffusion d’images de réfugiés entassés dans un camp sur une île grecque. Samedi 19 septembre, Christiane Taubira, invitée de C’ l’hebdo sur France 5 regardait un reportage sur les migrants de l’île de Lesbos, quand à la fin de la diffusion,  l’écrivaine et femme politique est d’abord restée sans voix puis a craqué devant les invités. Prenant à témoin les téléspectateurs, l’ex-Garde des Sceaux a longuement décrié les conditions de vie des réfugiés qui sont plus épouvantables que jamais.

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur, il y a deux mois, les transferts de migrants et réfugiés vers la capitale ont subi un coup d’arrêt, alors que les arrivées n’ont pas cessé d’augmenter depuis 2019. Résultat, dans le camp de Moria dressé à l’origine pour accueillir au maximum 3000 réfugiés, plus de 21 000 personnes s’entassent aujourd’hui.

Une semaine après un incendie qui a ravagé ce camp de migrants de Moria, la police grecque a commencé ce jeudi 17 septembre 2020 à évacuer une partie des milliers de réfugiés jetés à la rue. Des déplacés, censés regagner un nouveau camp, que l’ONU et Athènes promettent  qu’il sera « provisoire ».

Le témoignage d’un jeune garçon a fait fondre la mère de famille : « Lorsqu’on parle d’injustice, on parle de ça. Ces personnes sont à la fois des victimes du désordre du monde et nous avons notre part dans les désordres du monde. Nous avons notre part dans le fait qu l’on ne puisse spéculer sur les denrées alimentaires(…) sur le prix du riz, sur le prix du maïs ». Elle poursuit toujours émue, les yeux rouges et la mine dévastée : « Lorsqu’on parle d’injustices et d’inégalités, ce sont des choses tangibles. On empêche de manger. Oui, ça fait une politique. Lorsqu’on parle de corruption, ce sont des choses tangibles, On est complice de gens qui pillent des richesses ou permettent le pillage des richesses » s’est indignée Christiane Taubira.

La guyanaise qui vient de publier aux Editions Plon, son premier Roman «Gran Balan» s’interroge sur ce monde peu solidaire envers les plus démunis : « Est-ce que le pillage fonde une politique ? Est-ce que la connivence fonde une politique ? Est-ce que l’économie qui dévaste la Terre, qui fait que les changements climatiques sont tels que des littoraux se réduisent, que des territoires sont submergés, et que de toute façon les gens vont mettre un pied devant l’autre pour aller ailleurs ? (…) Ça fait une politique ça? Mais l’hospitalité ».

Outrée, Christiane Taubira a terminé ce déplorable constat en appelant à la solidarité entre les peuples : « Ça fait partie du choix de se dire que oui, nous partageons une planète et que nous ne pouvons pas nous exonérer de notre responsabilité ».

De nombreuses ONG s’insurgent contre les conditions de vie sordides dans ce camp de Moria, le plus grand d’Europe, mis en place il y a cinq ans. Il y a une semaine, ce camp a ciel ouvert a été entièrement détruit par un incendie.

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RDC: Le prix Nobel Denis Mukwege, menacé de mort, Amnesty International et ses proches s’alarment

Denis Mukwege, le gynécologue connu dans le monde pour son action salutaire auprès des femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo, et prix Nobel en 2018 risque d’être assassiné. Une menace qui fait suite au retrait par les Nations Unies, des soldats de la paix, gardant son hôpital et sa résidence, rapportent les amis proches du gynécologue.

Denis Mukwege a reçu des menaces de mort ces dernières semaines après avoir fait une série de «déclarations déplorant les récents incidents violents et appelant à la justice pour les auteurs d’éventuels crimes de guerre commis dans l’est de la RDC par des milices, des troupes étrangères et des rebelles.» note la presse internationale.

La force de maintien de la paix des Nations Unies en RDC déploie des troupes à Panzi, près de l’hôpital où vit et travaille Denis Mukwege. Selon des proches du gynécologue,«l’ONU a retiré la protection du médecin et de son hôpital il y a plusieurs mois.» Les soldats de la paix ont été retirés en mai dernier après une épidémie de Covid-19 et n’ont pas été remplacés.

Amnesty International, (ONG qui défend les droits de l’Homme) demande aux Nations Unies, de prendre des mesures concrètes pour protéger le médecin congolais.

Les récents commentaires du praticien semblent avoir mis en colère des personnes influentes au Rwanda, dont les troupes et les mandataires ont été accusés d’être impliqués dans certaines des pires violences. Des faits décrits dans une enquête de l’ONU en 2010 que Denis Mukwege, 65 ans, a soulignée à plusieurs reprises. Selon The Guardian, «L’enquête porte sur les deux grandes guerres en RDC de 1996 à 2003, qui ont tuées des millions de personnes et laissées un héritage de conflits.»

Source Amnesty International/The Guardian/Le Figaro
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Paulette Nardal à Paris : Elle tient Salon à Clamart et lance le concept de la Négritude bien avant les Pères fondateurs

Paulette Nardal est une théorienne du mouvement de la Négritude qu’elle insuffle à ses invités qui la visitent dans son Salon de Clamart en région parisienne. Intellectuelle, féministe, avant-gardiste, blessée de guerre, lourdement handicapée, atteinte d’un stress post-traumatique, elle ira jusqu’à l’ONU débattre des Territoires autonomes avant de revenir promouvoir la culture de son île, la Martinique. Nous sommes dans les années 1930.

Immeuble rue Hébert à Clamart dans les Hauts-de-Seine

Née le 12 octobre 1896 à Saint-Pierre, ville située au Nord de Fort-de-France en Martinique, Paulette était la fille de  Louise Nardal, une pianiste de talent et femme très pieuse (née Achille), son père Paul Nardal était le premier ingénieur noir des travaux publics de l’île. Paul Nardal sera le premier antillais francophone à décrocher une bourse pour l’École des Arts et Métiers à Paris, il termine sa carrière comme chef du service des Eaux et Assainissements. En tant qu’ingénieur, ses ouvrages sont encore visibles à Fort-de-France, on peut citer le Réservoir de l’Évêché et le Pont Absalon. La famille Nardal vivait dans une maison à la rue Schoelcher à Fort-de-France. Paul et Louise ont eu sept filles.

Paule connue sous le nom de Paulette Nardal était l’aînée des sept sœurs, elle a décrit son enfance ainsi :  « Nous étions baignés dans la musique… j’étais toujours entourée de jeunes qui s’intéressaient à l’art, mes parents organisaient des concerts et animaient des stages de musique».

Les parents de Paulette Nardal

Après ses études en Martinique, Paulette Nardal arrive à Paris en 1920, elle est l’une des premières étudiantes ultramarines inscrites à l’Université de la Sorbonne. Elle en sort diplômée en anglais. Etudiante, Paulette Nardal fréquente régulièrement Le Bal Nègre (aujourd’hui Le Bal Blomet), un club de danse et de jazz où les Noirs se réunissent. À la fin de ses études, Paulette Nardal présente une thèse sur l’abolitionniste américaine Harriet Beecher Stowe, auteure de «La case de l’Oncle Tom». Ces recherches universitaires vont l’intéresser à la lutte intellectuelle des Noirs aux États-Unis. Avant de se faire connaître par les Pères fondateurs du mouvement de la Négritude, Paulette aura été la secrétaire parlementaire de Joseph Lagrosillière, concepteur du socialisme martiniquais, puis celle du député sénégalais Galandou Diouf.

Plus tard à Paris, ses sœurs Jane et Andrée la rejoignent. Jane Nardal (ou Jeanne), était la quatrième des sept sœurs. Elle étudie la littérature à l’Université de la Sorbonne, se passionne pour les chansons spirituelles noires et contribue à leur diffusion en Martinique.

Université de la Sorbonne (Quartier Latin – 5ème arrondissement – Paris)

Paulette a vécu quinze ans à Clamart. Elle s’installe dans cette banlieue parisienne, dans les Hauts-de-Seine au sud-ouest de Paris.  En 1929, les trois sœurs Nardal, Paulette, Jeanne et Andrée ouvrent un salon parisien au 7 rue Hébert, qu’elles nomment Le Salon de Clamart. Ce salon était surtout un lieu de rassemblement où les intellectuels Noirs se rencontraient, travaillaient en réseau et réfléchissaient à la condition des Noirs. Tous préoccupés à cette époque par le colonialisme en Afrique et la discrimination raciale aux États-Unis et aux Antilles.

Clamart, où résidait Paulette Nardal, dans cet immeuble, elle «tenait» Le Salon de Clamart

Jean-Price Mars, René Maran, Marian Anderson et Marcus Garvey faisaient parti des nombreux intellectuels et artistes noirs qui ont visités le Salon. Parmi ses invités Aimé Césaire (pour lequel elle avouera plus tard avoir une «admiration béate»), Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas, qui seront considérés comme les fondateurs du courant de la Négritude. Mais aujourd’hui, les historiens attribuent au Salon de Clamart la création de l’environnement intellectuel qui a produit les idées majeures liées au concept de la négritude. Les sœurs Nardal ont également créé La revue du monde noir (la publication ne dure qu’un an) mais Paulette se fait connaître pour ses articles qui exploraient la condition des femmes noires dans toute la diaspora.

Clamart, quartier de la Gare, rue Hébert

En 1939, la guerre éclate, Paulette Nardal qui est en Martinique décide de rentrer en France et s’engage. Grièvement blessée lors du torpillage de son bateau par les Allemands, elle sera hospitalisée durant 11 mois en Angleterre et restera handicapée à vie.

Dans la période qui a suivie la Seconde Guerre mondiale, malgré les douleurs toujours présentes à une jambe et la difficulté de se déplacer, Paulette Nadal est nommée en 1946 déléguée aux Nations Unies, où elle travaille dans la Division des territoires non autonomes. Elle est la secrétaire particulière de Ralph Bunche, un anthropologue, professeur à Harvard et à Howard University, combattant pour les droits civiques avec le pacifiste afro-américain Martin Luther King, un grand ami de son cousin germain Louis-Thomas Achille.

Paulette Nardal retournera en Martinique en 1948 et crée La femme dans la Cité, dans le même temps la martiniquaise ouvrira un nouveau salon littéraire à Fort-de-France.

Paulette Nadal, qui ne s’est jamais mariée, décède à Fort-de-France en Martinique le 16 février 1985. Elle avait 88 ans.

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Images Clamart C’news Actus Dothy/ source Etienne Lock et Catherine Marceline et l’Association Tous Créoles