Le film sur la seule Reine d’Haïti Marie-Louise Christophe célèbre le 217éme anniversaire de l’Indépendance de l’île

« Marie-Louise Christophe une reine haïtienne en Grande-Bretagne » ce film réalisé en collaboration avec une chercheuse à l’Université du Lancashire central, Nicole Willson et la Chambre de commerce haïtienne en Grande-Bretagne a été diffusé le 1er janvier, le jour du 217ème anniversaire de l’indépendance d’Haïti. Ce docu-fiction part à la découverte de la Reine Marie-Louise qui après avoir vécu dans le faste et la gloire dans son Palais Sans-Souci, quitte Port-au-Prince avec ses filles, le 1er août 1821, à destination de Londres sous la protection de l’amiral anglais Sir Home Popham.

Marie-Louise Christophe était destinée à devenir reine. Vergniaud Leconte, le biographe de Marie-Louise rappelle cette histoire glorieuse et tragique pour le Roi Christophe, aimé un temps par ses sujets, allié de Toussaint Louverture, à l’image de Napoléon qu’il défie, cet ancien général devenu Henri 1er, roi d’Haïti, sera déchu de sa couronne royale avant de se donner la mort, le dimanche 8 octobre 1820.

Le samedi 1er août 1778 quand Marie-Louise Coidavid-Melgrin naît au Cap François sur l’habitation Bédiou, commune de Ouanaminthe d’une famille d’affranchis, Haïti et Saint-Domingue ne font qu’un, c’est la colonie de Saint-Domingue. Sa mère est Célestina Coidavid et son père Charles Melgrin Coidavid de la riche lignée Coidavid, était un publicain, il gérait une auberge très prisée par la noblesse de l’île, l’hôtel de la Couronne. La jeune Marie-Louise fréquente l’école et reçoit une éducation à la française. Comme les filles blanches, elle étudie avec ses professeurs particuliers, la musique et la peinture.

En 1792, elle est très jeune quand elle devient la maîtresse du général Christophe et un an plus tard, à  ses quinze ans Marie-louise épouse au Cap-Français, le général Christophe âgé de vingt-six ans.

Le mardi 26 mars 1811, après une messe suivie d’un banquet à Fort-Liberté, Christophe et Marie-Louise sont proclamés Roi et Reine d’Haïti par les officiers et soldats de l’armée. La Constitution royale reconnaîtra à Marie-Louise le titre de Reine d’Haïti, elle vient de succèder à l’Impératrice Marie-Claire Bonheur. Elle s’installe au Palais Sans-Souci, elle a sa cour, ses courtisanes, son secrétaire, son aumônier, ses chambellans, ses écuyers, ses pages et le gouverneur de ses pages. Marie-Louise est et sera la seule Reine d’Haïti.

Le couple royal s’établit dans l’immense château de Sans-Souci dont la construction coûtera près de quinze millions de dollars. La magnificence du château sera décuplée quand vers 1808 débute l’un des plus captivants attraits du magnifique Palais royal, le jardin de la Reine, appelée également Folies des dames. Le jardin botanique est entretenu avec des soins particuliers par les paysagistes et arboriculteurs du Roi qui, sous la direction du baron Thomas Béliard, le directeur des Eaux et Forêts, sera composé de fleurs, d’arbres fruitiers et d’essences les plus rares au milieu des vastes pelouses, des statues de marbre, des colonnes, des vasques et des fontaines. Une splendeur, une vie d’extravagance au milieu d’une population qui observe.

Le Roi Henri-Christophe et son épouse avaient le Cap François à leurs pieds, lui, l’ancien esclave, elle, Marie-Louise, une fille d’aubergiste mais de grande lignée.

Il n’y avait plus d’esclavage sur l’île. L’île de Saint Domingue, après ses sept années de guerre, était en paix et partageait une prospérité jamais connue auparavant, relèvent les historiens.

Déclaré roi, Henry-Christophe mis son gouvernement en marche. Le jeudi de chaque semaine, le roi tenait la cour, le matin pour les roturiers et le soir pour la noblesse. Le matin, il entendait les plaintes des planteurs, des ouvriers ou des soldats, et ‘rendait des jugements généralement justes, mais souvent sévères pour l’une ou l’autre des parties’.

Si cette étiquette de haut rang plaisait au Roi Henri 1er et à la Reine Marie-Louise, le monde entier se moquait de la noblesse paysanne du Roi. Avant d’être sacré Roi et Reine, le couple eu ensemble quatre enfants : le prince François-Ferdinand Christophe, le prince royal Victor-Henry Christophe et les deux princesses Améthiste et Athénaire.

Le pays du roi Henri 1er prospérait mais pas sa popularité. Les ambitions d’Henri-Christophe ont été une des raisons de sa chute. Il a construit des monuments fastueux, un Palais, une Citadelle et souhaitait faire plus pour moderniser son île : construire des routes pavées, des forts, des écoles. Une révolution éclate au sein du Royaume nous sommes en 1820. Le Roi impopulaire se suicidera le soir du 8 octobre 1820. Le Roi Christophe sera enseveli dans sa Citadelle non achevée.

La reine et ses deux princesses arrivent en Angleterre dans le même temps son fils Victor-Henry Christophe, le prince royal, est tué par les insurgés. La monarchie est abolie.

L’ancienne souveraine prend possession d’une luxueuse résidence à Pise, en Italie, où elle et ses deux filles, vécurent dans la plus grande discrétion. On reparlera de l’unique Reine d’Haïti dans les Mémoires d’Outre-tombe de François-René de Chateaubriand qui fera mention de la famille royale haïtienne dans sa principale oeuvre, publiée en 1850. Malgré toutes ses demandes, Marie-Louise Christophe n’a jamais pu revoir son île.

La Reine d’Haïti mourut en exil un soir de mars 1851, dans son château italien. Elle avait 73 ans. La Reine fut enterrée dans la petite chapelle du couvent des Capucins de Pise où, aujourd’hui encore, elle repose à côté de sa sœur Louisa et de ses deux filles, les princesses Améthyste et Athénaïs.

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images Pinterest – Capture d’images Cnews ACTUS

La chute de Joséphine est un « crime contre la grande Histoire » s’énerve Christian Estrosi ancien secrétaire d’Etat aux Outre-mer

Dimanche 26 juillet 2020, des activistes appartenant au mouvement RVN ont descendu et brisé la statue de l’impératrice des français, qui surplombait la Savane de Fort-de-France depuis de nombreuses décennies. Cette « chute » de Joséphine de Beauharnais pourrait être associée, entre autres, aux événements de mai dernier quant aux Etats-Unis, un Afro-Américain, George Floyd est mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc, Dereck Chauvin, de Minneapolis.  Suite à ce décès brutal, une vague de manifestations anti-racistes et contre les violences policières a envahi l’Amérique, s’intensifiant encore dans les plus grandes villes des USA.

Joséphine de Beauharnais sur la Savane de Fort-de-France (Martinique)

Dans le même temps, des statues représentant des personnages historiques favorables à l’esclavage, ont été vandalisés, sont tombés de leur piédestal ou ont été déplacés par des autorités. Comme le marchand d’esclaves Edward Colston à Bristol en juin dernier ou l’Impératrice Joséphine, à Fort-de-France ce dimanche 26 juin, sans oublier  celle de Jean-Baptiste Colbert à Paris. Mais au delà des manifestations, le 22 mai, date de l’abolition de l’esclavage en Martinique, des jeunes activistes martiniquais s’étaient déjà fait remarquer, après avoir endommagé et tagué la statue de Victor Schoelcher. Cet anti-esclavagistes du XIXème siècle, signataire du décret permettant l’abolition de l’esclavage en 1848.

La semaine dernière, comme ils l’avaient annoncé sur les réseaux sociaux et dans la presse, adultes et jeunes (qui ont dans leur viseur le désengagement de l’Etat sur le Chlordécorne), sous la bannière RVN (Rouge Vert Noir), ont brisé et brûlé la statue de Joséphine de Beauharnais. Une créole de la Martinique.

Sacre de Joséphine, épouse de Napoléon Bonaparte

Née Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie, le 23 juin 1763, en Martinique,  l’antillaise grandi aux côtés de sa dâ noire dans une riche plantation sucrière des Trois-Ilets. Joséphine, femme de Napoléon Bonaparte, devenue Impératrice de tous les français, le 2 décembre 1804, ne se serait pas opposée au rétablissement de l’esclavage à la Martinique. Une des raisons de son bannissement par les activistes RVN.

Un acte violent, fort et engagé mais très mal digéré par une grande partie des français dans l’Hexagone. « Décapitée et jetée la statue est un crime de l’histoire », estime Christian Estrosi maire de Nice (depuis 2008), il aura occupé le poste de  secrétaire d’Etat aux Outre-Mer dans le deuxième gouvernement de François Fillon.  L’homme politique est furieux et s’étonne que les pouvoirs n’aient pas pris leurs responsabilités : « Comment est-il possible que la présence policière n’ait pu empêcher cet acte criminel ? Nous ne pouvons pas continuer à laisser faire, la République ne peut pas fermer les yeux sur de tels actes ! » s’agace l’édile de Nice.

Mardi 28 juillet 2020, l’ancien secrétaire d’Etat aux Outre-mer a posté un long message sur son compte Facebook, relayé plus de 3 000 fois et liké 5 000 fois. Une publication commentée par plus de 3 000 internautes. Tous sidérés, comme l’ancien président du Conseil régional de Paca, des images choquantes filmées par les activistes RVN.

« Décapitation et destruction de la statue de l’Impératrice Joséphine : un crime contre la grande Histoire de France !
Après Colbert, après De Gaulle, à Fort de France, des activistes ont décapité, jeté au sol et détruit la statue de Joséphine de Beauharnais, épouse de l’empereur Napoléon.
S’en prendre à la statue de Joséphine, c’est s’en prendre à la grande histoire de France et à celui qui a incarné l’ouverture vers toutes les origines, toutes les cultures, son époux, Napoléon.
J’attends de la justice française de ne pas laisser impuni ce crime contre l’histoire et contre celle qui a contribué, aux côtés de Napoléon aux heures les plus glorieuses de l’histoire de France.« 

Fresque de Joseph René-Corail dit Kho Kho

Ce dimanche 2 août 2020, l’action des membres RVN se tourne vers un pan de mur et une porte situés dans une des entrées du Sermac, le Centre Culturel créé par Aimé Césaire en 1976. Cette porte historique construite en 1935, pour célébrer, les trois cents ans de présence française aux Antilles est rehaussée par le travail artistique de Joseph René-Corail dit Kho Kho. Elle sera sans doute revisitée par le groupe de militants RVN. La fresque intitulée Le Choc des deux mondes, La Pêche, ne sera pas effacée mais rénovée, nettoyée. Joseph René-Corail fut en 1962, l’un des auteurs du Manifeste OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique ou La Martinique aux Martiniquais).

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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