Le frère du rappeur 21 Savage poignardé à mort à Brixton au sud de Londres

Terrell Davis, 27 ans, un rappeur connu sous le nom de TM1way et frère de 21 Savage a été tué dimanche soir à Blenheim Gardens à Brixton.

Selon une source proche de de la famille du défunt, Terrell Davis ramenait  des courses à sa grand-mère quand il s’est disputé avec un vieil ami, qui subitement l’a poignardé.

Terrell Davis comme 21 Savage sont nés à Plaistow, dans l’est de Londres avant que  21 Savage n »émigre aux États-Unis très jeune. L’artiste de 28 ans, qui vit à Atlanta, a rendu hommage à son frère sur Instagram:   » Je ne peux pas croire que quelqu’un t’a emmené bébé frère. Je sais que j’ai pris ma colère sur toi, j’aimerais pouvoir reprendre cette merde ».

Il a également publié une photo de lui et de son jeune frère décédé alors qu’ils étaient jeunes garçons, ainsi qu’une série d’images plus récentes de Terrell Davis.

« Ce sont des frères. Ils parlaient un peu au téléphone et sur WhatsApp. Je ne pense pas que Savage soit de retour en Grande-Bretagne depuis un certain temps parce qu’il a eu des problèmes juridiques aux États-Unis » a commenté une source proche de 21 Savage.

 « Il est dévasté, cependant, toute la famille l’est. Terrell était un type bien, il était venu rendre visite à sa grand-mère dimanche et s’était rendu dans les magasins pour l’aider aux courses car elle est âgée et confinée durant cette pandémie. Terrell rentrait à la maison quand il a vu un vieil ami. C’était quelqu’un qu’il connaissait depuis longtemps. Ils ont commencé à se disputer, puis soudainement son ami l’a poignardé ». 

« Terrell n’avait aucun ennemi à ma connaissance et il n’était impliqué dans aucun gang. Il s’est juste concentré sur sa musique. «Il était vraiment un bon rappeur et était sur le point de faire de grandes choses. Il voulait être comme son frère. Tout le monde est sous le choc », a ajouté cette même source.

Dimanche 22 novembre,  Terrell Davis a été retrouvé souffrant d’une blessure par arme blanche. Il était 17h59 à Ramillies Close, Lambeth, SW2. Les secours de the London Air Ambulance l’ont déclaré mort sur les lieux. Jusqu’à l »heure, il n’y a aucune arrestation.

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice de C’news Actus Dothy – Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy – @Do Thy

 

 

Activiste, militante et fondatrice du Carnaval de Notting Hill, un film retrace la vie de Claudia Jones

Le groupe britannique Greenacre Films s’est associé à une équipe internationale de cinéastes pour rendre hommage à la journaliste, activiste Claudia Jones à qui on attribue le lancement de ce qui est aujourd’hui le plus grand festival de rue d’Europe.

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Le projet est dirigé par la  productrice et réalisatrice Frances-Anne Solomon. «Claudia Jones»  sera réalisé en partenariat avec le CaribbeanTales Media Group (CTMG), basé au Canada, de Nadine Marsh-Edwards, Greenacre Films, basé au Royaume-Uni, et Imagine Media International Limited de Lisa Wickham, dont le siège est à Trinidad-et-Tobago.

La journaliste, activiste et militante Claudia Jones

«Claudia Jones» est née Claudia Vera Cumberbatch le 21 février 1915 à Port of Spain, à Trinidad-et-Tobago. En 1924, à huit ans, avec sa famille, elle émigre à Harlem à New York. La mère de Claudia, une travailleuse du vêtement décède quand Claudia a douze ans. Pauvre, elle termine ses études secondaires puis Claudia Jones commence à travailler également dans une buanderie, tout en écrivant une chronique intitulée Claudia Comments pour un journal de Harlem.

En 1936, elle rejoint la Young Communist League USA et, passionnée par l’écriture, contribue et dirige des publications communistes. Elle a 18 ans quand elle s’engage dans le mouvement international de défense des Scottsboro Boys. Accusés d’avoir violé deux femmes blanches à Scottsboro, en Alabama, neuf jeunes hommes afro-américains ont été exécutés sous la forme d’un lynchage légalisé. Claudia Jones défendra les Scottsboro Boys en tant que journaliste pour le journal YCL Weekly Review.

Elle devient membre de la rédaction du Daily Worker en 1937 et devient en 1938 rédactrice en chef de la Weekly Review. Lorsque la Young Communist League est devenue American Youth for Democracy pendant la Seconde Guerre mondiale, Claudia Jones devient rédactrice en chef de son journal mensuel, Spotlight.

«Les gens sans voix sont des agneaux prêts à être massacrer» (Claudia Jones)

Le classisme, le racisme, la discrimination et le sexisme subis par les femmes noires, elle les dénoncera lors de rassemblements publics. Claudia Jones a été arrêté en 1948 et incarcérée pendant six mois. Elle a été de nouveau arrêtée en 1955 et envoyée par la suite à la prison fédérale. N’ayant jamais obtenu la citoyenneté américaine, la militante communiste a été expulsée des États-Unis vers l’Angleterre.

L’une des réalisations les plus importantes de Claudia Jones date de 1958, quand elle fonde et devient rédactrice en chef de la West Indian Gazette et Afro-Asian Caribbean News, le premier grand journal noir du Royaume-Uni.

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Cette couverture médiatique mondiale, la Gazette qui visait à unifier la communauté noire dans la lutte mondiale contre la discrimination, lui permet alors de créer une plate-forme pour organiser en 1959,  le premier carnaval des Caraïbes à Londres.

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Le carnaval organisé en réponse aux émeutes raciales de Notting Hill de 1958 pour «laver le goût de Notting Hill de notre bouche», est largement reconnu comme le précurseur du carnaval de Notting Hill, la célébration annuelle de la culture caribéenne qui a lieu chaque fin du mois d’août à Londres.

La journaliste, activiste et militante Claudia Jones

Lisa Wickham, présidente-directrice générale d’Imagine Media, estime que «le film de Frances-Anne jette un éclairage bien mérité sur une femme née dans les Caraïbes dont l’héritage riche et magnifique amplifie les voix et les expériences de tous les Noirs ».

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L’actrice, scénariste et réalisatrice britannique Adjoa Andoh et le scénariste britannique Omari McCarthy se joindront à l’équipe en tant que co-créatrice et co-scénariste.

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«Le travail de Claudia en faveur des droits des femmes, des droits des Noirs et des droits des pauvres et des exclus a jeté les bases de tant de choses qui ont suivies l’indépendance de l’Afrique et des Caraïbes, les droits civils, le panafricanisme et inévitablement, le mouvement Black Lives Matter d’aujourd’hui», a déclaré Adjoa Andoh.

Claudia Jones est décédée à l’âge de 49 ans, la nuit de Noël de 1964. Elle est enterrée au cimetière Highgate, au nord de Londres, elle repose dans une tombe située à gauche de celle de son héros, Karl Marx.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy – Images ©️ Carnaval 2017 de Notting Hill/C’news Actus Do Thy – Voice OnLine (Claudia Jones) – University of Oxford (Claudia Jones)

Rocks, jeune écolière seule et abandonnée résiste à une société en échec pour sa jeunesse immigrée

Abandonnée, seule, en souffrance dans la cité londonienne, Rocks et son petit frère, issus de l’immigration africaine, vivent sans filet, sans sécurité. Ce film britannique très réaliste met en lumière les échecs de la société anglaise, le sort d’enfants isolés et privés des besoins les plus élémentaires.

Depuis mercredi 9 septembre sur les écrans français,  Rocks, le film de la cinéaste britannique Sarah Gavron, est à l’affiche. L’histoire se déroule à Londres, où, aidée de ses copines de classe, une adolescente immigrée tente de résister à une société qui l’abandonne totalement.

Rocks (Bukky Bakray), 15 ans, d’origine nigériane, vit à Londres avec sa mère et son petit frère dans un immeuble d’un quartier ordinaire. Son père est mort quand elle avait 4 ans. Elle fait partie de la classe moyenne, ni riche, ni pauvre, travaille plutôt bien à l’école, adore sa mère et son frère.

Puis tout se bouscule. Rocks est abandonnée par (à peu près) tout le monde. Son père meurt et sa mère déprimée décide de partir, la laissant s’occuper de son jeune frère. Son école semble plus soucieuse de réduire les attentes des élèves que de les éduquer. Les services sociaux peuvent à peine la suivre. 

Rocks  et son petit frère vont être placés dans des familles d’accueil. Pour éviter cette séparation, Rock décide de sécher l’école et de s’enfuir avec son petit frère, d’abord à l’hôtel avec le peu d’argent qu’elle possède. Mais, incapable de s’ouvrir aux autres et ne sachant que faire, elle s’enferme peu à peu dans une situation sans issue.

Heureusement ses cinq meilleures amies, d’origine différentes (deux Noires, deux Blanches, une Arabe) sont là pour l’aider et ne vont pas la laisser tomber.

« Ferme les yeux. Pense à tout ce qui rend heureux. Et arrête de penser à tous tes soucis », lui dit, dans une séquence, son petit frère.

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Images Capture d’écran Rocks

La géante, Lady Abomah mesurait plus de 2m10, nounou le jour et attraction au Music Hall la nuit

Lady Abomah est née dans une famille où aucun de ses frères et sœurs, n’a jamais atteint sa taille. Son nom de scène venait d’Abomey, la capitale du Royaume du Dahomey, aujourd’hui le Bénin. Selon son manager Ella Abomah était « une princesse, une guerrière africaine mais surtout une amazone du Dahomey, l’une des vraies gardes du corps du Roi Dahomey.» Mais son histoire est bien différente.

Ella Abomah était une célébrité internationale connue sous le nom de « géante amazonienne et de géante africaine »  Au cours de ses 30 ans de carrière comme attraction au Music-Hall, Ella Abomah a fait le tour de la planète, elle a voyagé en Grande-Bretagne, en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud et aussi dans la Caraïbe à Cuba. Sa carrière s’est poursuivie dans les années 1920, puis la géante africaine n’a plus fait parler d’elle. Vedette la nuit, nurse le jour, Ella Abomah mourra sans ressource et abandonnée.

Si sa légende s’est construite autour de sa biographie personnelle, les spectateurs du Music-Hall qu’elle fréquentait lors de ses tournées, la connaissaient peu. Bien qu’elle soit née en Caroline du Sud aux États-Unis, ses directeurs de spectacle affirmaient qu’elle était née au Dahomey (aujourd’hui la République du Bénin).

Ella Abomah, nounou à Londres en 1914

Son vrai nom était sans doute Ella Grigsby. Alors qu’elle était encore adolescente, Abomah a travaillé pour Elihu et Harriet Williams Russell Strong, une femme russe militante, une figure marquante des débuts du féminisme. On suppose que, comme Grigsby était le nom du propriétaire d’esclaves de ses parents, elle hésitait à l’utiliser, et a donc adopté le nom de famille de son employeur, Williams. Et Ella Williams qui préférait être appelée par son nom d’artiste Mme Abomah était connue pour être la plus grande dame  à la fin des années 1800 et au début des années 1900, comme le révèle les journaux de l’époque.

Adulte, les journaux l’annonçaient comme la femme mesurant 2,28m (7’6″) Mais d’après les photographies prises, les historiens estiment que la taille d’Ella Abomah variait entre  2,08m (6’10″) et  2,10m (6’11″).

D’après les mémoires de la «géante amazonienne», rédigés en 1915, Ella Abomah écrit :  «Je suis née près de Cross Hill dans le comté de Laurens. Pendant des années, chaque fois qu’un homme de spectacle me voyait, il voulait que je signe un contrat, mais je n’ai jamais pu me décider à quitter Columbia. Enfin, à l’automne de 1896, alors que je cuisinais pour une famille éminente de Columbia en Caroline du Sud natale, le directeur F.C. Bostock m’a fait m’inscrire à une tournée des îles britanniques en 1896». 

En tournée, pour mieux la vendre comme artiste exceptionnelle, ses managers ont revisité son histoire, mélangeant fiction et réalité. F.C. Bostock l’a renomme Mme. Abomah. 

Le monde de la nuit découvrait alors une nouvelle femme, une géante africaine qui n’était autre q’une des légendaires amazones au Dahomey. Elle était décrite comme : «L’une des Amazones du roi Dahomey, une géante qui a été amenée en Angleterre pour paraître dans des  spectacles. Sa taille est de huit pieds (2mètres), et elle est à la fois large et musclée», (lu dans un journal américain en juin 1900)

Avec le statut de géante, plus haute femme du monde, au début des années 1900, Lady Abomah a voyagé jusqu’au bout du monde.

Un article du journal britannique, London Tit-Bits du 7 septembre 1900 publiait :

Elle était autrefois l’une des garde du corps du Roi du Dahomey, dont les guerrières amazoniens ont été célèbres pour leurs prouesses … Dès la petite enfance, elle a été soumise aux épreuves et à la douleur. Sa stature augmentant hors de proportion avec les années, elle devint une favorite du monarque et dirigea son armée. Cette femme extraordinaire mesure plus de huit pieds (plus de 2 mètres de hauteur) et peut facilement supporter le poids d’un homme sur sa main tendue. La beauté sombre, ayant manifesté un fort désir de voyager, et en particulier de visiter l’Angleterre, fera sans doute bientôt une visite dans nos principales villes.

Selon Lady Abomah, elle est apparue en 1900 à Liverpool avec Reynold’s Waxworks and Exhibition. En 1901 et 1902 à l’Alhambra, Blackpool. En 1903 en tournée en Australie.  De 1904 à 1908, Ella Abomah était en tournée en Nouvelle-Zélande. En 1909 en Amérique du Sud. 1910-1911, en tournée européenne. De 1912 à 1914, en Angleterre. On la retrouve en 1917 au Dreamland à Coney Island puis à Cuba. En 1918 avec Barnum et Bailey. En 1920, elle était de nouveau à Dreamland et au World’s Museum. En 1921 elle sera de nouveau au World’s Museum de Philadelphie quand elle a annoncé qu’elle allait partir pour Paris pour un engagement de trois mois.

En août 1914, Ella Abomah a annulé toutes ses tournées européennes et  en mars 1915, la géante est retournée aux États-Unis.

Mme Abomah est décédée sans ressources, abandonnée et oubliée. 

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Une employée du métro meurt du Covid-19, un voyageur tousse et lui crache dessus

Seulement 10 personnes ont pu assister aux obsèques de Belly Mujinga, 47 ans, en raison du confinement en vigueur au Royaume-Uni. Cette employée du métro londonien est décédée à Barnet Hospital (Nord de Londres), le 5 avril dernier des suites du Covid-19, après avoir été délibérément infectée par un voyageur à la station Victoria (une des plus grandes gares ferroviaires de la capitale britannique).

Gare Victoria de Londres ( Gare routière et ferroviaire) dans le quartier de Westminter

Belly Mujinga vendait des billets de transport à la station de métro de Londres, Victoria. L’employée et une de ses collègues se trouvaient dans le hall de la gare quand un homme se disant porteur du coronavirus, tousse et crache sur les deux femmes.

Après cette violente agression, les deux femmes seront déclarées malades mais Belly Mujinga qui souffrait de problèmes respiratoires a présenté des complications sévères du coronavirus et a du être admise à l’hôpital Barnet et intubée. Début avril, l’employée du métro a finalement succombé à une infection due au Covid-19.

Comme le rapporte le quotidien britannique The Mirror, sa fille de 11 ans «ne comprend tout simplement pas ce qu’il s’est passé». Quant à Lusamba, le mari de la défunte, dévasté, l’homme a déclaré à la presse : «C’est terrible de perdre si rapidement la personne que vous aimez. Nous sommes sûrs qu’elle a attrapé le virus de l’homme qui lui a craché dessus, et cela aurait pu être si facilement évité »

Belly Mujinga était membre du syndicat du Transport Salaried Staffs Association (TSSA), lequel a signalé l’agression aux responsables de l’Office des routes et des chemins de fer (ORR). Une enquête est  en cours. Le secrétaire général Manuel Cortes a déclaré: «Nous sommes choqués et dévastés par la mort de Belly Mujinga. Elle fait partie des travailleurs de première ligne qui ont perdu la vie à cause du coronavirus ».

Manuel Cortes a demandé que les 60 000 £ (67 675,20 Euros) versés aux proches des soignants décédés à cause du virus, soient étendus à tous les travailleurs de première ligne, y compris le personnel de transport.

Angie Doll, la directrice générale de Southern Railway et Gatwick Express, a déclaré qu’elle était «dévastée» par la mort de Belly Mujinga. La police britannique des transports recueille tous les témoignages concernant cette agression.

Un appel à témoin a été lancé pour que toute personne ayant des informations soit priée d’envoyer un SMS au 61016 ou d’appeler le 0800 40 50 40 en donnant comme référence le 359 du 11/05/20.

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Images Gare de Londres C’news Actus Dothy/Facebook Belly Mujinga

Londres : Shaka Zulu, le symbole des luttes revendicatives des Noirs est honoré à Camden Town

Les beautés sud-africaines au cœur du Grand Londres.

En 2010, en plein quartier de Camden Town,  Shaka Zulu le plus grand restaurant sud-africain de Londres ouvre ses portes en en plein mois d’août, il est situé dans la  rue de Chalk Farm Road à Camden Lock.

Entrée du restaurant Shaka Zulu

Le Restaurant-bar s’élève sur deux étages et impressionne sa clientèle dès l’entrée à Camden Lock Place. Deux gigantesques statues, représentant des célèbres guerriers sud-africains, dont le plus connu  est Shaka Zulu, défient les passants en haut d’un long escalier roulant. Shaka Zulu bar propose en journée des menus, des boissons, et organise des concerts et des divertissements en soirée.

Il y a deux ans, le propriétaire a eu l’idée de transformer totalement son établissement. L’étage inférieur est désormais gardé par de nombreuses statues de guerriers d’une hauteur de plus de 6 mètres.

Statue d’un guerrier sud-africain

Des peintures murales en bois sculptées recouvrent chaque centimètre des murs et du plafond de Shaka Zulu. Chaises, fauteuils, couverts, sculptures ont été fabriqués en Afrique du Sud, confirment les hôtesses du lieu, et acheminés directement à Londres.

Tout rappelle le royaume zoulou, tissus, fauteuils, et décrit l’empire de Shaka Zulu, un souverain  né en 1887, doté d’un physique et d’une force prodigieuses, selon la légende. Tyran sanguinaire pour certains,  Shaka Zulu aura un rôle important dans la lutte idéologique entre les Noirs et les Blancs en Afrique du Sud.

Au décès de sa mère, l’homme âgé de 40 ans, fera assassiner plus de 7 000 hommes et imposera le deuil pendant un an. Quand son apogée décline, Shaka Zulu meurt assassiné par ses frères, un an après sa mère.

Si les circonstances de son meurtre restes floues, un mémorial a été érigé pour lui rendre hommage. Le Stone of King Shaka Zulu se trouve à KwaDukuza, une ville d’Afrique du Sud, ce serait le lieu de l’assassinat du souverain Shaka Zulu.

Au milieu des échoppes et des magasins de souvenirs, l’établissement Shaka Zulu étonne :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


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Angela Davis au South Bank Centre de Londres

Au South Bank Centre, situé sur les rives de la Tamise, à l’occasion de la Journée internationale de la femme et dans le cadre du festival WOW-Femmes du monde, Angela Davis sera en discussion. L’événement aura lieu le vendredi 8 Mars 2019 au premier étage du Royal Festival Hall.

Après son discours à WOW – Women of the World en 2017 sur « Les femmes, la race et la classe » de l’après-Trump, Angela Davis est de retour au Royal Festival Hall pour poursuivre une conversation avec Jude Kelly durant l’International Women’s Day. Avec sa modératrice, sur le thème des femmes et des filles,  la militante américaine abordera durant une heure trente, «l’état actuel du pays» (l’Amérique).

Grâce à son militantisme pendant de nombreuses décennies, Angela Davis, née Angela Yvonne Davis, a été longuement impliquée dans les mouvements pour la justice sociale. Depuis le mouvement des droits civiques des années 1960 aux Etats-Unis, Angela Davis,  professeure de philosophie et militante communiste, a été un témoin vivant des luttes historiques dans le monde. Éducatrice à l’Université , l’ex-membre des Black Panthers Party, a toujours mis l’accent sur l’importance de construire des communautés autour de la justice économique, raciale et de genre.

Le Royal Festival Hall est un auditorium au sein de Southbank Centre qui remplit un espace de 200 Places. Il est inutile de faire des bookings pour l’événement, Angela Davis discutera à guichets fermés, les tickets mis en vente? il y a une semaine? ont été vendus dan l’heure.

L’activiste noire-américaine se produira à partir de 20 heures dans le cadre de la journée internationale de la femme.

 Angela Davis vient du Deep South , dans les bas-fonds de Birmingham, le quartier « Dynamite Hill », dans l’Etat de  l’Alabama, aux USA. De 1958 à 1964, elle obtient son bac et étudie à New York, à la Sorbonne à Paris, en Allemagne. En Europe, elle affûte ses connaissances philosophiques marxistes et milite avec des Algériens en France, s’inspire du mouvement des jeunesses communistes en Allemagne.  En 1968, Angela Davis obtient un doctorat et enseigne à l’Université de San Diego.

Avis de recherche du FBI

Aux cotés de Malcom X et Martin Luther King, Angela Davis est l’une des grandes figures du mouvement Noir américain. Etudiante, elle adhère au Parti Communiste vers 18 ans et devient membre des Black Panthers en 1967.  Condamnée à mort en 1972, Le FBI la recherche, elle est déclarée ennemie publique numéro 1, elle est traquée et vit durant deux mois comme une fugitive aux Etats-Unis.

Angela Davis est arrêtée le 13 octobre 1970. Elle fera 16 mois de préventive à la prison « Women’s Detension Center » de New York. Angela Davis, accusée de meurtre, elle  risque la peine de mort. Mais sous la pression internationale, la militante est acquittée le 4 juin 1972.

Aujourd’hui, Angela Davis est une professeure aux Etats-Unis, elle a écrit plusieurs livres dont Femmes race et classe, paru en 1981 mais elle reste toujours une combattante qui s’oppose à toutes les injustices sociales et politiques. Elle se bat contre la peine de mort. De sa vie privée on ne sait rien sauf que la militante des droits de l’homme a fait son coming out en 1998.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy/SouthBancCentre

A Londres, le guadeloupéen Tibio nostalgique de son île magnifie le Reggae, le Gwo Ka et le Hip Hop dans ses spectacles

« Être artiste, c’est comme un parcours initiatique, il faut avoir la Foi ! » et Tibio sait de quoi il parle. L’artiste guadeloupéen s’est produit dans des salles de danses, de théâtre, dans des centres et ateliers culturels de France, d’Angleterre, de Suède et de Guadeloupe.

Cette vie de saltimbanque, Tibio l’a choisie, sa carrière d’artiste, il l’apprécie et l’antillais s’épanouit dans toutes les disciplines qu’il maîtrise. Seulement tout n’est pas simple quand on est un artiste professionnel. Qu’on vive en France ou en Angleterre, les difficultés sont les mêmes, peut-être plus compliqué au Royaume-Uni.  Tibio nous raconte son quotidien, sa musique, ses choix, son pays, la Guadeloupe.

Né Marc Stevenson, Tibio est un métis guadeloupéen. Un peu nostalgique du pays qu’il quitte très jeune et « malgré lui » précise l’artiste. Nous l’avons d’abord croisé au Creole Day Festival au mois d’Octobre dernier et ce mois de novembre 2018, Tibio est acteur dans un spectacle familial Hensel & Gretel qui se joue dans le Sud de la capitale anglaise.

L’occasion de mieux connaître le métis guadeloupéen et de comprendre comment vit un musicien antillais à l’étranger.

Samedi 24 novembre 2018. Deux jours que Tibio est sur scène au Bernie Grant Art Centre dans le quartier de Seven Sisters au Sud de la capitale. Ce samedi est le dernier jour du spectacle Hansel et Gretel, dédié aux jeunes spectateurs, ils sont plusieurs au centre culturel, accompagnés de leurs parents et amis.

Tottenham Square, il est 17 heures, le spectacle prévu à quinze heures est terminé. Attablé au Café du Bernie Grant Art Centre, Tibio discute. Vicki Igbokwe, la metteure-en-scène, sa partenaire de jeu Mayowa Ogunnaike, et une autre comédienne vont bientôt se quitter. Tiré des contes de frères Grimm, cette adaptation, dansée et chantée, décrit (en filigrane), les errances sociales et humaines des réfugiés africains exilés à Londres.

Tibio (Marc Stevenson) n’est pas un réfugié du Ghana. Seulement comme son personnage dans la pièce de théâtre, le musicien antillais ne se repose jamais :  « Nous avons peu d’aides, ce n’est pas comme en France. La Sacem n’existe pas ici. On ne peut pas s’arrêter de travailler, il faut continuellement se bouger pour gagner sa vie ». Au Royaume Uni, il y a Performing Rights Society for Music (PRS), l’équivalent britannique de la SACEM, mais ce dispositif a des ratés. Il faut donc être sur la brèche, courir et travailler.


Le matin, Tibio pose sa fille à l’école, le jeune père de famille part aussitôt pour son cours de danse-percussion. Pas le temps, ni pour les textos, ni les e.mails, l’artiste prévient qu’il ne sera disponible qu’à la mi- journée ou, mieux encore, en fin de journée.

Pouvoir s’exprimer parfaitement en anglais, c’était  son objectif : « Je suis venu ici  à Londres pour bien connaître la langue anglaise, car mon père et ma mère s’exprimait à la maison en anglais mais ne me parlaient jamais anglais ».

Mais le français qui envisageait un séjour de deux ans en Angleterre, restera finalement plus longtemps sur l’île anglaise. Entre temps, le Royaume uni a changé sa politique d’accueil des migrants. Et, depuis juin 2016 où le vote des anglais a été largement favorable à la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, la petite famille de Marc Stevenson réfléchit à l’avenir, à un nouveau départ : « Je n’ai pas envie de rester éternellement ici ! ».

Anglais et écossais par son père et guadeloupéen par sa mère, Tibio, le mulâtre  va grandir sur l’île de Karukera jusqu’à l’âge de 8 ans. Après la Guadeloupe, la famille Stevenson arrive à Marseille dans le Sud de la France. Tibio a déjà confirmé ses talents de danseurs, il sait ce qu’est un Gwo Ka,  « l’âme de la musique traditionnelle guadeloupéenne ».

Le mode de vie antillais, la langue créole, la musique caribéenne et les guadeloupéens sont ses sources d’inspiration : « Je fais tout pour rester en contact avec la Guadeloupe car je n’avais pas décidé de la quitter. C’est sans doute pour cette raison que je me suis intéressé à la musique caribéenne ».

Pointe-à-Pître, Centre des Arts de Guadeloupe. c’est ici que le petit Marc Stevenson fait ses premiers pas de danse. Son mentor, une figure de la danse caribéenne :  « A mon prochain passage en avril 2019, j’espère retrouver Lena Blou ».

Lena Blou, danseuse et chorégraphe de Guadeloupe, l’a initié au Gwo Ka : « j’avais 6 ans ». La foi qui anime le jeune homme fait écho aux convictions de son premier professeur.

Danseuse, professeure de danse, formatrice et chercheuse, Lena Blou a nourri le feu artistique de Tibio (Marc Stevenson) :   « Mon parcours, c’est la ténacité, la foi. La foi c’est quand personne ne croit en vous et que vous croyez en vous. Il y a une petite lumière tout au fond de votre cœur qui vous dit : Ils ont tort. Je vais réussir. Alors il faut suivre son intuition, suivre son instinct mais il faut travailler ». déclare Lena Blou lors d’un entretien accordé à la Région Guadeloupe en décembre 2014.

L’époque du « Baby Gwo Ka » au Centre des Arts de Guadeloupe, est révolue seulement Tibio est devenu un  « addict » : « le Gwo Ka, c’est quelque chose qui est en moi, la danse, le tambour, c’est mon langage corporel. »

A chaque visite en Guadeloupe il se ressource :  « Tout ce qui est traditionnel m’intéresse. Je vais dans des swaré léwoz quand je suis sur l’île. C’est ainsi que je reste en phase avec, ce que je considère, être une partie de ma culture ».

Quant au patois : « Le créole me manque. C’est, parce que j’ai voulu garder le contact avec la langue créole que je me suis lancé dans la musique, j’écoute et j’écris des textes en créole. La Guadeloupe m’inspire vraiment ».

Tibio a produit son premier disque au mois de mai dernier. le musicien a choisi le label français, Otantic Records. « No Pain, no Gain » sera le premier titre de l’Album qui sera commercialisé et produit par un espagnol de Brixton. Il lui restera encore 12 titres à promouvoir.

Danseur, musicien, enseignant, le métis antillais est polyvalent  : « Nous les artistes, on n’a pas beaucoup de moyens mais on se bat car nous avons une passion qui nourrit le feu qui est en nous. Nous avons l’énergie qui nous nourrit spirituellement. Mais qu’on soit basé en France comme en Angleterre, les revendications sont les mêmes. On aimerait plus d’aides pour ceux qui sont en galère » : 

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

Images C’news Actus Dothy

« You Are Enough» : Des Femmes Caribéennes et Africaines dans les rues de Londres

Juillet – Août 2017.  Elles sont là,  immenses dans les rues de Londres.

Sur Channel 4 News,  l’artiste Dreph explique dans un court documentaire :  Quand je peins «  Je célèbre les femmes noires de cette communauté d’où je viens ».

«Je ne pense pas que leurs histoires sont assez partagées. Et je n’attends pas que l’on raconte notre histoire ».

«Je le fais moi-même. Je prends mes bidons, mon escalier, je trouve un mur et je fais mes peintures ».

D’un coup de pinceau, Dreph, l’artiste britannique-ghanéen reproduit des photos énormes et magnifiques de femmes noires dans les rues de Londres.

Neequaye Dreph Dsane, mieux connue sous le nom de Dreph, espère apporter une nouvelle visibilité à la femme noire, ses amies qui l’inspirent mais aussi celles qui, tous les jours traversent la ville de Londres pour leurs activités professionnelles ou familiales.

The « amazing women who are not given the visibility they deserve ».

Certaines des femmes sont,  des éducatrices , consultantes en santé, des mentors pour les jeunes, des activistes, des médecins,  des mères au foyer ou des travailleuses à domicile.

Peintes sur les bâtiments de Soho et dans divers endroits, les oeuvres murales de l’artiste de 43 ans font partie du projet « You Are Enough» (de Dreph), qui fait honneur à toutes les femmes noires :

« Ce sont des femmes ordinaires qui font des choses extraordinaires dans la communauté » résume l’artiste.

« You Are Enough» sur les murs londoniens.

Vidéo de l’artiste, publiée sur son compte Facebook .

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images Channel 4News/TheGuardian/Dreph