Tou Thao est libre, le 3ème policier impliqué dans la mort de George Floyd a payé sa caution de 750 000 $

Tou Thao, l’un des quatre anciens policiers de Minneapolis impliqués dans l’arrestation de George Floyd le lundi 25 mai dernier, a été libéré de prison ce samedi matin, après avoir déposé une importante caution.

Derek Chauvin, George Floyd et Tou Thao

Sa caution de 750 000 $ (un peu moins de 670 000 euros) a pu être réglé et aura permi à l’ancien policier d’être libre jusqu’à son procès. Après Thomas Lane et J. Alexander Kueng, Tou Thao est le troisième ex-officier quitter la prison de Minneapolis. Ils comparaissaient le lundi 29 juin dernier devant le Tribunal de Minneapolis présidé par le juge du district du comté de Hennepin, Peter Cahill qui devait fixer le montant et les modalités de paiement de leur caution.

Tou Thao était l’un des policiers qui poussait la foule, l’empêchant d’intervenir pendant que l’officier Derek Chauvin asphyxiait l’Afro-américain coincé sous son genou. Une arrestation brutale qui aura réveillée un sentiment d’injustice auprès des communautés noires provoquant une vague d’indignation et de manifestations dans de nombreuses grandes villes des Etats-Unis.

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Josef Nassy, l’artiste afro-juif rescapé de l’Holocauste, peintre dans les camps de concentration

Josef Nassy était un artiste afro-juif, un portraitiste et un survivant de l’Holocauste. Prisonnier de guerre de 1942 à 1945, les récits le décrivent comme le juif noir qui a survécu aux rigueurs des camps nazis durant la longue et sombre période de la seconde guerre mondiale. Ses œuvres mettent l’accent sur des éléments liés à l’univers carcéral allemand tels les barbelés, les tours de guet, les murs, les portes et les barreaux des prisons du camp de concentration de Laufen au sous-camp de Tittmoning en Bavière où il était prisonnier des allemands.

En 1992, une grande partie de sa collection de 200 portraits et dessins, a été donnée au U.S.Holocaust Memorial Museum à Washington D.C. Seulement 19 dessins et portraits sont aux mains de collectionneurs privés.

Voici son histoire comme elle a été révélée.

Né Joseph Johan Cosmo Nassy le 19 janvier 1904 à Paramaribo, Surinam (Guyane néerlandaise). Il était l’un des sept enfants d’Adolf Philipus Nassy, ​​un homme d’affaires juif prospère (qui avait fui l’Espagne pendant l’Inquisition), et s’était fait élire au Parlement du Surinam, et d’Elisabeth Carolina Natalia Nassy (née de Maesschalk), une femme surinamaise d’origine africaine.

Enfant, Joseph Johan Cosmo Nassy reçoit des cours d’art privés. En 1919, il déménage avec son père à Brooklyn (New York) et passe avec succès ses examens de fin d’études secondaires. le jeune Nassy est alors inscrit au Pratt Institute et obtient son diplôme en génie électrique en 1926.

Deux ans plus tard, une filiale de la société de cinéma Warner Brothers embauche Joseph Johan Cosmo Nassy, il est choisi pour installer des systèmes de son en Europe.

Mais pour se rendre en Europe, il faut à Joseph Johan Cosmo Nassy, un passeport américain, il pose sa demande sous le faux nom de Josef Nassy et prouve qu’il est citoyen américain. Le jeune homme devient Josef Nassy, né en 1899 à San Francisco, en Californie, avant le tremblement de terre catastrophique qui a détruit les actes de l’état civil. Les autorités américaines lui délivrent son passeport sans aucune enquête.

En 1929, Josef Nassy arrive en Angleterre, où il installe et contrôle des systèmes de son pour la Warner Brothers, ensuite l’entreprise du cinéma l’envoie à Paris puis en Belgique.

En Belgique, Josef Nassy fréquente l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il omet de préciser son appartenance religieuse dans sa demande de résidence déposée auprès de la police. En 1939, Joseph Johan Cosmo Nassy dit Josf Nassy épouse une Belge et gagne sa vie comme portraitiste.

Puis les nazis envahissent la Belgique.

Le 14 avril 1942, quatre mois après l’entrée en guerre des États-Unis, Josef Nassy comme 2 000 autres Américains est arrêté comme ressortissant ennemi et placé dans des camps de concentration.

Josef NASSY – Tittmoning 43
Huile sur toile, 40 x 50 cm

Pendant sept mois, Josef Nassy a été détenu au camp de transit de Beverloo à Léopoldsburg, en Belgique. Les nazis l’ont ensuite transféré en Allemagne et a passé le reste de la guerre de 1942 à 1945 au camp d’internement de Laufen et à son sous-camp, Tittmoning en Haute-Bavière. Dans ce dernier camp de concentration 500 ressortissants étrangers ont été détenus dont une douzaine de personnes d’ascendance africaine et 30 prisonniers juifs.

La Croix-Rouge et le YMCA international (Les Young Men’s Christian Association) ont fourni à Josef Nassy, à sa demande, du matériel de peinture pour casser la routine quotidienne de la vie dans les camps. L’artiste a composé 200 peintures et dessins sur les camps mais aussi des scènes familiales, certaines mettant en scène des prisonniers noirs. Ses peintures, approuvées par le commandant lui ont évité les pénibles travaux forcés imposés aux autres internés.

Libéré par l’armée américaine le 5 mai 1945, Josef Nassy a retrouvé son épouse belge, Rosine van Aerschot, et a repris sa carrière en Belgique en tant que portraitiste. Il a réussi à faire sortir toutes ses œuvres d’Allemagne et, au cours des années suivantes a participé à un certain nombre d’expositions d’art sur l’Holocauste.

Dans l’année 1976 Josef Nassy est décédé d’un cancer à Bruxelles. En 1984, Severin Wunderman, un homme d’affaires et philanthrope californien, a acheté toutes ses œuvres d’art pour les offrir ensuite au U.S.Holocaust Memorial Museum à Washington D.C.

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Covid19-Inégalités : Les démunis, grandes victimes de cette pandémie, ce que préconisent Amnesty International et l’ONU pour les protéger

Cette liste n’est pas exhaustive mais elle permet de tracer, avec l’aide des médias des pays étrangers, les lieux sur notre planète où les pauvres et les démunis souffrent et peinent à survivre depuis le début de la pandémie liée au nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19. Doublement victime, les sans abris, les marginaux et les opprimés ont été les premiers à être impactés tant du point de vue sanitaire que du point de vue économique. Du fait de leur situation géographique, les SDF qui vivent hors d’un abri protégé sont les cibles privilégiées du Covid-19, un virus particulièrement dangereux et résistant. La contagion étant favorisée par les contacts fréquents et rapprochés, les sans domicile fixe n’ont pas cette opportunité de se tenir à distance de leurs voisins immédiats et d’observer les gestes barrières, les principales protections contre le coronavirus. Voici un tour d’horizon des régions où le curseur des inégalités est très élevé et font craindre le pire pour certains groupes de population, vulnérables, confrontés au virus Covid-19.

A Paris, jeudi 2 avril, le Conseil d’Etat a rejeté les demandes de réquisition pour les sans-abri d’un collectif mené par Droit au logement (DAL) en estimant que avec le report de la fin de la trêve hivernale au 31 mai, 1 300 places étaient disponibles pour les sans-abri présentant des symptômes qui ne justifient pas leur hospitalisation. (Le Monde). Pourtant cette requête urgente répondait aux attentes d’une pétition ayant rassemblé près de 100 000 signataires (Tribune dans Libération) :

La Fédération nationale Droit au logement, appuyée par la Ligue des droits de l’homme, Elu(e)s contre les violences faites aux femmes, l’association Kâlî (qui accompagne les femmes étrangères), le Groupe d’information et de soutien aux immigré(e)s (Gisti), l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT), Droits d’urgence, la Fondation Abbé Pierre et la fédération CGT de la santé, demandaient au Conseil d’Etat de faire recenser tous les sans-abri, d’ordonner à l’Etat de prendre « des mesures sanitaires adéquates » dans les hébergements collectifs, d’en dépister systématiquement tous les occupants et de réquisitionner des chambres d’hôtels pour les sans-abri. Fin de non recevoir.

Plus exposées et moins à même de pouvoir se permettre de se confiner, les populations les plus pauvres souffriront davantage de l’épidémie de Covid-19, affirme le magazine américain The Times, le 17 mars 2020. Depuis plusieurs semaines, le Covid-19 qui n’épargne ni les riches ni les démunis continue son effroyable progression aux États-Unis. Seulement, les inégalités de soins et de prises en charge aux Etats-Unis font dire aux médias Outre-Atlantique (tel le Détroit Free Press) que les Noirs meurent plus que le reste de la population . C’est aussi une des observation du docteur Camara Jones :

«Le COVID-19 ne fait que dévoiler le profond désinvestissement dans nos communautés, les injustices historiques et l’impact de la ségrégation résidentielle. La surreprésentation des personnes de couleur dans la pauvreté et des blancs dans la richesse n’est pas seulement un hasard» constate le docteur Camara Jones, chercheur à l’Université de Harvard. (ProPublica)

Dimanche 22 mars 2020, le député mahorais Mansour Kamardine annonçait dans le Journal La Croix que l’île Mayotte dans l’Archipel des Comores allait «vers une véritable hécatombe ». Et pour cause l’homme qui siège à l’Assemblée Nationale craint un désastre sanitaire pour son département. Selon ses propos dans le journal La Croix « Mayotte est le premier désert médical de France. Nous n’avons que 16 lits en réanimation pour 400 000 habitants, nous n’avons pas de cliniques et la médecine de ville est quasi inexistante.» Pour le quotidien en ligne Le Figaro, Mayotte, le 101ème département de France où 48% des habitants sont étrangers, est le département le plus pauvre de France.

Depuis la mise en place du confinement en Russie lundi 30 mars 2020, les ONG et les organisations caritatives ont de plus en plus de difficultés à soutenir les sans-abri de Moscou. A Moscou, les volontaires pensent qu’il y aura encore plus de personnes dans le besoin dans les prochains jours, annonce Euronews dans ses colonnes.

 

 

 

En Afrique, face aux conséquences de la pandémie, plusieurs gouvernements prennent des décisions pour contenir la crise sociale qui pourrait se déclencher à tout moment dans des pays où la majorité de la population vit au jour le jour. Les travailleurs du secteur informel sont particulièrement fragilisés. (Le Point Afrique).

En Amérique du Sud, au Brésil, les premiers foyers de contamination au Covid-19 sont apparus parmi les populations les plus riches. Mais aujourd’hui le coronavirus s’attaque aux populations les moins favorisés. De quoi raviver un sentiment de lutte de classes.

Au Mexique, «après avoir visité les penthouses (des hôtels hauts de gammes) des plus riches, le virus va immanquablement descendre dans le sous-sol de notre bâtiment national, où se trouvent ceux qui ont le moins de moyens » , craignent les journalistes de l’hebdomadaire de gauche mexicain Proceso.

Au cours des quarante dernières années, la Chine «a réussi le tour de force de sortir 700 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Seulement, l’apparition de l’épidémie de Covid-19, dont les répercussions se font déjà sentir sur l’économie, pourrait accentuer les inégalités», titre le site d’informations en ligne l’Humanité.

L’organisme Amnesty International tire la sonnette d’alarme pour que les politiciens et les responsables de santé publique prennent davantage en compte les inégalités sociales durant cette période d’épidémie et l’institution qui veille au respect des Droits de l’homme, préconise :

«Le droit international relatif aux droits humains et ses normes connexes exigent également que les soins de santé, notamment les vaccins et remèdes développés contre le COVID-19 à l’avenir, soient disponibles en quantité suffisante, et accessibles et abordables pour toutes et tous, sans discrimination.

Toute proposition visant à séparer ou à isoler des personnes atteintes de COVID-19 doit être légitime, nécessaire et proportionnée, et ne doit pas constituer une discrimination des personnes en fonction de leur origine ethnique, de leur milieu socio-économique, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur religion, de leur citoyenneté, de leur situation au regard de la législation sur l’immigration ou de toute autre catégorie.

Et l’ONU assure qu’avec Didier Trebucq, le coordonnateur des Nations Unies à la Barbade et dans les Caraïbes orientales, l’institution internationale travaille en étroite collaboration avec les gouvernements des Caraïbes pour protéger les personnes les plus vulnérables de la région contre l’impact du coronavirus ou COVID-19. 

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