Patrick Saint-Eloi gourou de Willy Rousseau qui sort «An Vlé Ni et Nous deux» dans l’esprit «Mizik sé lanmou»

Il n’imagine pas la vie sans musique. Il n’oublie pas la voix puissante de celui qui l’a inspiré, un autre guadeloupéen comme lui, le célèbre chanteur Patrick Saint-Eloi, disparu en septembre 2010 : « Il était l’un des piliers de cette musique identitaire devenu planétaire, le Zouk. C’est lui qui a inventé le Zouk love avec la formation Kassav. Ils ont porté cette musique imprégnée des rythmes et expressions culturelles de la Guadeloupe profonde, à quoi ils ont rajouté une universalité pour mieux nous présenter au monde entier », s’extasie le chanteur-compositeur Willy Rousseau.

Après une pause musicale qui aura durée sept ans, Willy Rousseau est de nouveau en piste pour reconquérir ses fans, ses amis, les anonymes, son public. Pour ce faire, le musicien guadeloupéen vient de sortir deux titres qu’il présente  : An Vlé Ni et Nous Deux. Deux chansons qui malgré les contraintes occasionnées par la crise sanitaire Covid-19, ont eu depuis février dernier, une audience plus que satisfaisante, faisant dire à l’artiste : « Faire de la musique pour moi, c’est fondamental, car c’est la vie, même par ces temps difficiles on en a besoin. Et comme disait Patrick Saint-Eloi « Mizik sé lanmou » ajoute Willy Rousseau.

Non seulement le guadeloupéen qui vit à Paris sucre ses chansons de « Mizik sé lanmou », mais raconte Willy Rousseau la musique fait partie de son ADN. En effet, le jeune Willy est encore bébé quand son grand-père qui « vivait sur l’île de Marie-Galante (une dépendance de la Guadeloupe) était membre d’un groupe de quadrille, l’une des musiques traditionnelles de la Guadeloupe. »

Ensuite arrivent les années lycée, où l’adolescent intègre une section musique et obtient son baccalauréat : Bac Lettres et Arts. Il devient membre du groupe vocal dans lequel Medhy Custos, Jimmy Desvarieux, Patrice Hulman et Jean-Marie Théophile évoluent jusqu’en 1999. La même année, Willy Rousseau est sur scène pour son premier concert avec Kwebee, dans cette formation musicale pendant 5 jours, se rappelle le chanteur, « J’ai joué, au centre de Pointe-à-Pitre, en première partie du concert de Jean-Jacques Goldman lors de sa tournée promouvant son album « En passant ».

Durant cette période et jusqu’en 2013, Willy Rousseau aura participé aux 3 singles du groupe Kwebee et à différents albums et compiles avant de faire une longue pause discographique, dira-t-il.

Un retour qu’il organise dans les moindres détails, précise le guadeloupéen : « Mon producteur, c’est ma compagne et moi-même. Je suis l’auteur de mes titres et mon programmateur c’est Lands Williams. Pour mes mixes, je travaille avec le PM Studio et mon éditeur est Chabin’Prod », affirme le guadeloupéen chanteur. Et, Willy Rousseau dévoile son label « BBWK Prod » pour ceux qui ne le savent pas.

Et pour ceux qui veulent suivent l’artiste, Willy Rousseau vous attend sur ses pages de profils des Réseaux sociaux, mais aussi sur toutes les plateformes de téléchargement légal et sur YouTube. L’occasion de découvrir les deux tubes de Willy Rousseau : An Vlé Ni et Nous Deux.

Comme de nombreux français, l’artiste originaire de Guadeloupe passera les fêtes de fin d’année en famille « C’est essentiel pour moi » affirme Willy Rousseau.

Dorothée Audibert-Champenois rédactrice de CnewsActusDothy. Facebook Cnews ACTUS. Images Willy Rousseau

Antilles-Cannes: «La vraie histoire du Zouk», succès d’audience auprès du public du Festival du Film panafricain

Ce mardi 27 octobre 2020, un film était particulièrement attendu par tous les visiteurs du Festival du Cinéma Panafricain à Cannes. Le réalisateur Blaise Mendjiwa, présent à l’évènement qui, exceptionnellement, se déroule en Octobre, présentait deux films, sortis sur le grand écran cette même année 2020. «Le monde racisé du cinéma français» a fait son avant-première le lundi 3 février dernier, il est hors compétition et aujourd’hui, son nouveau film : « La vraie histoire du Zouk » est sélectionné au FIFP, dans la catégorie des documentaires longs formats.

Joelle Ursull

52 minutes d’interviews et de musique pour tenter de restituer quelques vérités sur le Zouk créé par des martiniquais ou des guadeloupéens? Blaise Mendjiwa qui vit depuis plusieurs décennies en Guadeloupe est allé à la rencontre d’artistes censés lui donner des réponses précises. Naturellement, le camerounais a interrogé des anciens musiciens, convaincus d’en être les auteurs et le réalisateur, s’est aussi appuyé sur les témoignages d’interprètes, tous jeunes dans les premières années du Zouk.

Blaise Mendjiwa, le réalisateur de « La vraie histoire du Zouk »

Même un procès ne pourrait « donner la paternité» à qui que ce soit, mais ce qui est certain, note Blaise Mendjiwa le narrateur, dans ce combat fratricide, les guadeloupéens et les martiniquais ont fait de grandes choses ensemble pour que ce rythme évolue. Le Zouk a balayé les musiques d’Antan (calypso, méringue, valse) et sa réputation est au-delà des pitons du Carbet en Martinique que de la Soufrière en Guadeloupe. Comme un protagoniste le répète dans « La vraie histoire du Zouk » : «Kassav a promotionné le Zouk», en jouant au quatre coins du monde. «En Martinique», raconte Jacob Desvarieux, «on était surpris mais heureux quand il y avait plus de 5 000 personnes à nos concerts, mais lors de notre première tournée en Afrique (en Côte-d’Ivoire), plus de 25 000 personnes nous attendaient, ensuite il y a eu plus de 100 000 qui venaient nous voir».

Kassav à Londres Shepherd’s Bush Empire

Roland Louis a fondé les Zoukers en 1974 mais est-ce lui, le père du Zouk? Une question longuement débattue dans la première partie du film.

Roland Louis

Jacob Desvarieux, Tanya St-Val, Freddy Marshall, Pierre-Edouard Décimus, Henry Debs, Jocelyne Béroard et d’autres musiciens ont tous été questionnés. Blaise Mendjiwa a consulté les archives qui ont levés le voile sur les apports artistiques et techniques de nombreux artistes qui chantaient le Zouk dans les années 1980, des stars de l’époque. L’énergie de Zouk Machine ou Joelle Ursull a entraîné des perceptibles mouvements de reins chez  les spectateurs antillais chauffé à blanc dans la salle Miramar cannoise.

Zouk Machine

Comme à son habitude, le chansonnier Franckie Vincent a prouvé que malgré les années, il gardait son humour grivois, annonçant pompeusement que si Kassav est le Roi du Zouk, lui, il en est le Prince.

Si techniquement le film pêche au niveau du montage et du mixage, reste que ce documentaire de 52 minutes a tenu en haleine les festivaliers du FIFP, heureux pour certains de revoir des artistes oubliés et de retrouver «le son de la langue créole». Une langue, comme le souligne avec insistance Jacob Desvarieux, vient de nos racines et qu’il faut préserver, «quitte à se renseigner chez les plus anciens». À sa création, c’était également le voeu des membres du groupe Kassav, valoriser la langue mais aussi les instruments (comme le Kâ) qui font l’authenticité culturelle du peuple guadeloupéen. Une démarche qui se voulait politique, même dans le choix des textes.

Le film-documentaire sera en salle dans le courant de l’année 2022, pour l’heure, il est en lice ce mercredi au FIFP pour le prix du long documentaire.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy Images @C’news Actus Dothy

Cannes : « La vraie histoire du Zouk » est en compétition au 17ème Festival du Film Panafricain

Basile Nguangue Ebelle, le président du FIFP n’a pas rompu avec ses engagements, le Festival International du Cinéma panafricain qui se tient à Cannes depuis 17 ans, a une nouvelle fois, ouvert ses portes au public cannois ce vendredi 23 octobre 2020. Le fondateur du Festival International qui présente des films de réalisateurs de différents continents, a su braver les conditions contraignantes imposées depuis la  crise sanitaire inédite, causée par le nouveau coronavirus. Soucieux de la santé des festivaliers et du bon déroulement de son festival,  l’équipe organisatrice a pris des mesures strictes, celles préconisées par l’agence régionale de santé et le comité scientifique français. Les gestes barrières et la distanciation sociale respectés, le FIFP qui généralement s’affiche au mois d’avril aura lieu cette année du 23 au 28 octobre 2020.

Vendredi 23 octobre 2020, FIFP à Cannes

Durant six jours, 60 films (longs et courts métrages de fiction et documentaire) seront vus à l’Espace Miramar, où sont projetés les films du FIFP depuis plusieurs années. De nombreux réalisateurs antillais, africains, caribéens,  américains seront présents pour défendre leur films qui seront en compétition dès samedi 23 octobre, les films étant souvent suivis de débats. Les catégories pour les Dikalo Awards sont les suivantes : Meilleur long métrage fiction, Meilleur documentaire long métrage, meilleur court métrage de fiction et de documentaire, meilleur acteur et actrice, la mention spéciale du Jury pour un long métrage et un court métrage, le Dikalo de la paix Nord-Sud Développement.

Le réalisateur martiniquais Patrick Baucelin présente sa nouvelle production : « An tan Lontan », Yamina Benguigui : « Le dernier poumon du monde », Marcellus Cox (USA) : « Rolling in the Deep », la réalisatrice Mary Noël Niba : « Partir », Patrick Exenat (Haïti) « Je suis un combat », Jérémie Billon et Benjamin Vallet (France) « La Force du Mouvement ».

Blaise Mendjiwa, le réalisateur du film « Le monde racisé du cinéma français » est à Cannes pour un documentaire-musical qui suscite la curiosité des antillais : « La vraie histoire du Zouk ». Le film documentaire, réalisé avec Mario Moradel questionne sur : Les pères fondateurs, les différentes mouvances, quel avenir pour le zouk. Selon le descriptif, le documentaire plonge « dans les origines du zouk, une musique originaire des Antilles, popularisée en Europe par les groupes Kassav et Zouk Machine, dans les années 80 ». « La vraie histoire du zouk » est programmé mardi 27 octobre à 11 heures à l’Espace Miramar.

Reportage à Cannes Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy  @Do Thy