Activiste, militante et fondatrice du Carnaval de Notting Hill, un film retrace la vie de Claudia Jones

Le groupe britannique Greenacre Films s’est associé à une équipe internationale de cinéastes pour rendre hommage à la journaliste, activiste Claudia Jones à qui on attribue le lancement de ce qui est aujourd’hui le plus grand festival de rue d’Europe.

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Le projet est dirigé par la  productrice et réalisatrice Frances-Anne Solomon. «Claudia Jones»  sera réalisé en partenariat avec le CaribbeanTales Media Group (CTMG), basé au Canada, de Nadine Marsh-Edwards, Greenacre Films, basé au Royaume-Uni, et Imagine Media International Limited de Lisa Wickham, dont le siège est à Trinidad-et-Tobago.

La journaliste, activiste et militante Claudia Jones

«Claudia Jones» est née Claudia Vera Cumberbatch le 21 février 1915 à Port of Spain, à Trinidad-et-Tobago. En 1924, à huit ans, avec sa famille, elle émigre à Harlem à New York. La mère de Claudia, une travailleuse du vêtement décède quand Claudia a douze ans. Pauvre, elle termine ses études secondaires puis Claudia Jones commence à travailler également dans une buanderie, tout en écrivant une chronique intitulée Claudia Comments pour un journal de Harlem.

En 1936, elle rejoint la Young Communist League USA et, passionnée par l’écriture, contribue et dirige des publications communistes. Elle a 18 ans quand elle s’engage dans le mouvement international de défense des Scottsboro Boys. Accusés d’avoir violé deux femmes blanches à Scottsboro, en Alabama, neuf jeunes hommes afro-américains ont été exécutés sous la forme d’un lynchage légalisé. Claudia Jones défendra les Scottsboro Boys en tant que journaliste pour le journal YCL Weekly Review.

Elle devient membre de la rédaction du Daily Worker en 1937 et devient en 1938 rédactrice en chef de la Weekly Review. Lorsque la Young Communist League est devenue American Youth for Democracy pendant la Seconde Guerre mondiale, Claudia Jones devient rédactrice en chef de son journal mensuel, Spotlight.

«Les gens sans voix sont des agneaux prêts à être massacrer» (Claudia Jones)

Le classisme, le racisme, la discrimination et le sexisme subis par les femmes noires, elle les dénoncera lors de rassemblements publics. Claudia Jones a été arrêté en 1948 et incarcérée pendant six mois. Elle a été de nouveau arrêtée en 1955 et envoyée par la suite à la prison fédérale. N’ayant jamais obtenu la citoyenneté américaine, la militante communiste a été expulsée des États-Unis vers l’Angleterre.

L’une des réalisations les plus importantes de Claudia Jones date de 1958, quand elle fonde et devient rédactrice en chef de la West Indian Gazette et Afro-Asian Caribbean News, le premier grand journal noir du Royaume-Uni.

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Cette couverture médiatique mondiale, la Gazette qui visait à unifier la communauté noire dans la lutte mondiale contre la discrimination, lui permet alors de créer une plate-forme pour organiser en 1959,  le premier carnaval des Caraïbes à Londres.

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Le carnaval organisé en réponse aux émeutes raciales de Notting Hill de 1958 pour «laver le goût de Notting Hill de notre bouche», est largement reconnu comme le précurseur du carnaval de Notting Hill, la célébration annuelle de la culture caribéenne qui a lieu chaque fin du mois d’août à Londres.

La journaliste, activiste et militante Claudia Jones

Lisa Wickham, présidente-directrice générale d’Imagine Media, estime que «le film de Frances-Anne jette un éclairage bien mérité sur une femme née dans les Caraïbes dont l’héritage riche et magnifique amplifie les voix et les expériences de tous les Noirs ».

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L’actrice, scénariste et réalisatrice britannique Adjoa Andoh et le scénariste britannique Omari McCarthy se joindront à l’équipe en tant que co-créatrice et co-scénariste.

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«Le travail de Claudia en faveur des droits des femmes, des droits des Noirs et des droits des pauvres et des exclus a jeté les bases de tant de choses qui ont suivies l’indépendance de l’Afrique et des Caraïbes, les droits civils, le panafricanisme et inévitablement, le mouvement Black Lives Matter d’aujourd’hui», a déclaré Adjoa Andoh.

Claudia Jones est décédée à l’âge de 49 ans, la nuit de Noël de 1964. Elle est enterrée au cimetière Highgate, au nord de Londres, elle repose dans une tombe située à gauche de celle de son héros, Karl Marx.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy – Images ©️ Carnaval 2017 de Notting Hill/C’news Actus Do Thy – Voice OnLine (Claudia Jones) – University of Oxford (Claudia Jones)

Cinéma-Covid19 : « C’est comme une bouffée d’oxygène », le cinéaste haïtien Patrick J. Exenat au FIFP de Cannes

« En revenant au Festival International du Film Panafricain, j’ai ressenti la même force, la même vague, la même intensité que les années précédentes ». Avec un nouveau court métrage en compétition, Patrick Exénat, originaire d’Haïti, a de nouveau été présent à la 17ème édition du Festival International du Film Panafricain qui se tenait dans la ville de Cannes du 22 au 28 octobre 2020. L’occasion de retrouver le cinéaste et de recueillir ses impressions sur un Festival qui existe suite aux efforts quotidiens de son fondateur Basile Nguangue Ebelle.

 

« Avec toutes les contraintes depuis quelques mois, c’est bien que le Festival ce soit tenu en présentiel, c’est comme une bouffée d’oxygène » annonce le réalisateur de « Je suis un combat ».  Un court métrage de fiction axé sur la maladie du cancer.

Ce dernier soir de Festival de cinéma restera une très belle soirée assure le réalisateur, un évènement qui se perpétue chaque année et qui permet des échanges et de nombreux partages entre  acteurs ou réalisateurs de différents pays, reconnaît Patrick J. Exenat.  Optimiste sur la crise sanitaire qui pourtant déstabilise la profession, le cinéaste annonce sa prochaine participation à la 18ème édition du Cinéma Panafricain de Cannes.

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Cannes : « La vraie histoire du Zouk » est en compétition au 17ème Festival du Film Panafricain

Basile Nguangue Ebelle, le président du FIFP n’a pas rompu avec ses engagements, le Festival International du Cinéma panafricain qui se tient à Cannes depuis 17 ans, a une nouvelle fois, ouvert ses portes au public cannois ce vendredi 23 octobre 2020. Le fondateur du Festival International qui présente des films de réalisateurs de différents continents, a su braver les conditions contraignantes imposées depuis la  crise sanitaire inédite, causée par le nouveau coronavirus. Soucieux de la santé des festivaliers et du bon déroulement de son festival,  l’équipe organisatrice a pris des mesures strictes, celles préconisées par l’agence régionale de santé et le comité scientifique français. Les gestes barrières et la distanciation sociale respectés, le FIFP qui généralement s’affiche au mois d’avril aura lieu cette année du 23 au 28 octobre 2020.

Vendredi 23 octobre 2020, FIFP à Cannes

Durant six jours, 60 films (longs et courts métrages de fiction et documentaire) seront vus à l’Espace Miramar, où sont projetés les films du FIFP depuis plusieurs années. De nombreux réalisateurs antillais, africains, caribéens,  américains seront présents pour défendre leur films qui seront en compétition dès samedi 23 octobre, les films étant souvent suivis de débats. Les catégories pour les Dikalo Awards sont les suivantes : Meilleur long métrage fiction, Meilleur documentaire long métrage, meilleur court métrage de fiction et de documentaire, meilleur acteur et actrice, la mention spéciale du Jury pour un long métrage et un court métrage, le Dikalo de la paix Nord-Sud Développement.

Le réalisateur martiniquais Patrick Baucelin présente sa nouvelle production : « An tan Lontan », Yamina Benguigui : « Le dernier poumon du monde », Marcellus Cox (USA) : « Rolling in the Deep », la réalisatrice Mary Noël Niba : « Partir », Patrick Exenat (Haïti) « Je suis un combat », Jérémie Billon et Benjamin Vallet (France) « La Force du Mouvement ».

Blaise Mendjiwa, le réalisateur du film « Le monde racisé du cinéma français » est à Cannes pour un documentaire-musical qui suscite la curiosité des antillais : « La vraie histoire du Zouk ». Le film documentaire, réalisé avec Mario Moradel questionne sur : Les pères fondateurs, les différentes mouvances, quel avenir pour le zouk. Selon le descriptif, le documentaire plonge « dans les origines du zouk, une musique originaire des Antilles, popularisée en Europe par les groupes Kassav et Zouk Machine, dans les années 80 ». « La vraie histoire du zouk » est programmé mardi 27 octobre à 11 heures à l’Espace Miramar.

Reportage à Cannes Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy  @Do Thy

Rocks, jeune écolière seule et abandonnée résiste à une société en échec pour sa jeunesse immigrée

Abandonnée, seule, en souffrance dans la cité londonienne, Rocks et son petit frère, issus de l’immigration africaine, vivent sans filet, sans sécurité. Ce film britannique très réaliste met en lumière les échecs de la société anglaise, le sort d’enfants isolés et privés des besoins les plus élémentaires.

Depuis mercredi 9 septembre sur les écrans français,  Rocks, le film de la cinéaste britannique Sarah Gavron, est à l’affiche. L’histoire se déroule à Londres, où, aidée de ses copines de classe, une adolescente immigrée tente de résister à une société qui l’abandonne totalement.

Rocks (Bukky Bakray), 15 ans, d’origine nigériane, vit à Londres avec sa mère et son petit frère dans un immeuble d’un quartier ordinaire. Son père est mort quand elle avait 4 ans. Elle fait partie de la classe moyenne, ni riche, ni pauvre, travaille plutôt bien à l’école, adore sa mère et son frère.

Puis tout se bouscule. Rocks est abandonnée par (à peu près) tout le monde. Son père meurt et sa mère déprimée décide de partir, la laissant s’occuper de son jeune frère. Son école semble plus soucieuse de réduire les attentes des élèves que de les éduquer. Les services sociaux peuvent à peine la suivre. 

Rocks  et son petit frère vont être placés dans des familles d’accueil. Pour éviter cette séparation, Rock décide de sécher l’école et de s’enfuir avec son petit frère, d’abord à l’hôtel avec le peu d’argent qu’elle possède. Mais, incapable de s’ouvrir aux autres et ne sachant que faire, elle s’enferme peu à peu dans une situation sans issue.

Heureusement ses cinq meilleures amies, d’origine différentes (deux Noires, deux Blanches, une Arabe) sont là pour l’aider et ne vont pas la laisser tomber.

« Ferme les yeux. Pense à tout ce qui rend heureux. Et arrête de penser à tous tes soucis », lui dit, dans une séquence, son petit frère.

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Images Capture d’écran Rocks

Chadwick Boseman: Michael B. Jordan, le message émouvant à son «grand frère» décédé, 6 millions d’internautes l’ont aimé

Michael B.Jordan, co-vedette de Chadwick Boseman dans «Black Panther», rend hommage à Chadwick Boseman.  L’acteur de 33 ans, qui a joué le méchant Erik Killmonger face au roi T’Challa de Boseman dans «Black Panther», a publié un message à son «grand frère» décédé. la publication a été likée plus de 6 millions de fois.

«J’ai essayé de trouver les mots, mais rien ne se rapproche de ce que je ressens. J’ai réfléchi à chaque instant, chaque conversation, chaque rire, chaque désaccord, chaque câlin… tout.

J’aimerais que nous ayons plus de temps.

Une des dernières fois où nous nous sommes entretenus, tu disais que nous étions liés pour toujours, et maintenant cette vérité  compte plus que jamais pour moi. Depuis le début de ma carrière, en commençant par All My Children quand j’avais 16 ans, tu m’as ouvert la voie. Tu m’as montré comment être meilleur, honorer un objectif et créer un héritage. Et que tu le saches ou non… J’ai regardé, appris et constamment été motivé par ta grandeur.

J’aimerais que nous ayons plus de temps.

Tout ce que tu as donné au monde… les légendes et les héros que tu nous as montrés… vivront éternellement. Mais ce qui me fait le plus mal, c’est que je comprends maintenant à quel point tu es une légende et un héros. À travers tout cela, tu n’as jamais perdu de vue ce que tu aimais le plus. Tu te souciais de ta famille, de tes amis, de ton métier, de ton esprit. tu te souciais des enfants, de la communauté, de notre culture et de l’humanité. Tu  te souciais de moi. Tu es mon grand frère, mais je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de te le dire ou de vraiment te donner tes fleurs pendant que tu étais ici.

J’aimerais que nous ayons plus de temps.

Je suis plus que jamais conscient que le temps presse avec les gens que nous aimons et admirons. Ton honnêteté, ta générosité, ton sens de l’humour et des cadeaux incroyables me manqueront. Le don de partager l’espace avec toi dans les scènes me manquera. Je consacrerai le reste de mes jours à vivre comme tu l’as fait. Avec grâce, courage et aucun regret. «Est-ce votre roi!?» Oui . il. est! Reste dans Power Brother.»

#WakandeForever

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Chadwick Boseman, héros de Black Panther est mort à 43 ans

L’acteur Chadwick Boseman, qui a joué les icônes noires Jackie Robinson dans 42 (2013) et James Brown dans Get On Up (2014) avant de devenir célèbre en tant que royal Black Panther dans l’univers cinématographique Marvel, est décédé vendredi d’un cancer, a déclaré son agent.

« C’est avec une douleur immense que nous confirmons le décès de Chadwick Boseman», a commencé le tweet. Chadwick a reçu un diagnostic de cancer du côlon de stade III en 2016, et l’a combattu ces 4 dernières années alors qu’il progressait vers le stade IV. Même si Chadwick était malade et à l’intérieur et à l’extérieur des hôpitaux, il a encore beaucoup donné au public lors de sa bataille privée contre le cancer. Black Panther a été réalisé en 2018, deux ans après le diagnostic de cancer de Chadwick. »

Chadwick Boseman est décédé chez lui dans la région de Los Angeles avec sa femme et sa famille à ses côtés. Dans un communiqué, sa famille a précisé que l’acteur avait été diagnostiqué pour un cancer du côlon depuis quatre ans. Il n’a jamais parlé de sa maladie en public.

Né en 1976 et élevé en Caroline du Sud, Boseman a étudié à l’Université Howard, où il a obtenu un baccalauréat en beaux-arts en réalisation. Il a ensuite eu de petits rôles à la télévision avant son premier  grand rôle en  2013. Son portrait frappant de la star du baseball stoïque Robinson face à Harrison Ford en 2013 42 a attiré l’attention à Hollywood et en a fait une star.

Son personnage de T’Challa et son salut «Wakanda Forever» a retenti dans le monde entier après la sortie de Black Panther il y a deux ans.

L’acteur avait 43 ans.

King T’Challa dans Black Panther

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Images TheGriot/Hollywood Life

Martinique-«Insurrection» : Le film d’Erick Jean-Marie s’inspire des évènements de 1870, l’île était au bord de l’indépendance

Pour son premier long métrage qu’il signe comme réalisateur, Erick Jean-Marie est partie de rien. Personne ne pensait ce projet réalisable seul l’auteur lui-même.  Il a scénarisé, réuni les fonds, trouvé ses acteurs et réalisé « Insurrection », un film 100% martiniquais qui s’inspire d’un fait réel, un événement qui a ébranlé plusieurs mois la Martinique, colonie française de l’époque.

Erick Jean-Marie, réalisateur et acteur dans « Insurrection »

Dans cette production, il s’agissait pour Erick Jean-Marie d’expliquer comment un simple fait divers a embrasé une partie de l’île et conduit à des exécutions et à un procès pour l’exemple. Ce que l’Histoire nomme l’Insurrection du Sud de 1870, amènera à l’arrestation de 500 émeutiers dont Marie-Philomène Roptus, surnommée Lumina Sophie ou encore Surprise et l’exécution d’une dizaine de meneurs .

Mise à mort de Furcis Carbonnel, Louis-Gertrude Isidore, Cyrille Micamore, Louis-Charles Youtte et Eugène Lacaille au « Polygone » (Jardin Desclieux) Novembre 1871

1870, seulement 22 ans après l’abolition de l’esclavage. Les hommes et les femmes sont devenus des personnes d’âge mûre et se souviennent encore des horreurs de l’esclavage. Ils sont des hommes libres, des citoyens égaux mais pas vraiment. Les rivalités des classes ne sont pas éteintes.

Scène du film « Insurrection » d’EricK Jean-Marie

Cet événement qui débute à Rivière-Pilote, une commune située à l’est de l’île, a fait trembler le gouverneur de l’époque, Charles-Louis Constant Menche de Loisne. Et l’Insurrection du Sud va changer le visage de la société martiniquaise quand les békés (les Blancs créoles) étaient au coeur de la politique de ce petit pays colonisé par la grande puissance française.

Charles-Louis Constant Menche de Loisne nommé Gouverneur de la Martinique en 1869

Fin février 1870, Léopold Lubin, entrepreneur, travaille sur la route, entre le bourg et les bâtiments de l’Usine du Marin. Augier de Maintenon, officier du commissariat de la Marine et Pelet de Lautrec, ancien militaire et propriétaire terrien, passent à cheval en discutant. Léopold Lubin ne pense pas qu’il obstrue le passage des deux cavaliers. Augier de Maintenon l’interpelle et lui reproche son peu d’entrain à libérer la route. Une vive altercation s’en suit et le commissaire de la Marine est désarçonné, son ami vient le soutenir et tous deux administrent à Léopold Lubin, une sévère correction. Il sera en incapacité de travailler durant plusieurs jours.

Léopold Lubin demande Justice mais ne l’obtient pas. Le 25 avril, il aura l’occasion de se venger par lui-même d’Augier de Maintenon. Il est à cheval, au bout de la rue du Marin, Léopold Lubin se précipite sur lui, le jette à terre et le roue de coups. Le commissaire de la Marine porte plainte et est entendue le 25 août 1870, contrairement à Lubin. Léopold Lubin est condamné pour avoir prémédité son action, à cinq ans de réclusion criminelle et à quinze cent francs de dommages et intérêts. Un scandale , le peuple crie au déni de justice, même si deux ans plus tard Léopold Lubin sera libéré, bénéficiant de ce déni flagrant de justice.

Mais le mal est fait et au soir du 22 septembre 1870, indignation et conspiration vont alimenter les rancoeurs, rancunes  et  l’Insurrection du Sud  prendra naissance dans cette commune de Rivière Pilote pour s’étendre du Marin jusqu’à Trinité. Mais en réalité c’est toute l’île de la Martinique qui sera « en émoi», les campagnes, les bourgs seront ratissés, les ouvriers agricoles, en colère. La journée du 26 septembre 1870 sera décisive, après une nuit de violence,  200 personnes seront arrêtées dont les  chefs des insurgés.

Photo Pierre Barbier 

En réalisant « Insurrection », Erick Jean-Marie inscrit sa mission dans un cadre pédagogique. So objectif : « Faire connaître aux jeunes les Histoires de leur pays ». Pour ce faire le cinéaste a bénéficié du concours de descendants directs des protagonistes de l’époque et d’acteurs martiniquais, tous bénévoles et amateurs, précise le réalisateur.  Kolo Barst, Sylvanise Pépin, Guy Vadeleux, Sully cally, Jala Lafontaine, Félho Denis ou Céline Flériag sont dans le casting du film.

Après plusieurs semaines de tournages, la première d’« Insurrection » a eu lieu le 29 septembre 2019.

Erick Jean-Marie acteur et réalisateur est « tombé par hasard» dans le monde du cinéma et ses débuts chaotiques, explique-t-il,  seront ceux d’un amateur avant que son fils ne lui prête main-forte, en l’aidant à se professionnaliser, en s’achetant une « vraie caméra ». Une aubaine pour le martiniquais qui, prudent avoue avoir écrit une fiction pour mieux  pacifier les nombreux messages que le film pourrait susciter. Inspiré très largement des faits réels de l’époque, sous fond d’injustice et de discrimination ambiante, le résultat est à la hauteur de son engagement d’homme passionné de cinéma.

Si « Insurrection » cherche toujours des diffuseurs, le film interpelle, interroge et provoque beaucoup de curiosité auprès des jeunes spectateurs  des différentes municipalités de Martinique. Des projections sont régulièrement programmées dans des lycées et collèges, occasionnant des débats qui recontextualisent la fiction qui dure 52 minutes.

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« Insurrection »Ptolémée (Eric Jean-Marie) – Portrait du Gouverneur peint par Bonnegrace/Illustration fusillade MM – Remerciements Pierre Laba de Ciné Africa

 

Cinéma : « Je suis Samuel » homo, croyant, conservateur dans une société qui criminalise l’homosexualité

« Je suis Samuel » est l’histoire d’un homme gay kényan. Ce nouveau documentaire est un portrait intime d’un homme kényan de tous les jours dont l’amour le met en porte-à-faux avec les attentes de la société et de la famille dans une monde qui criminalise l’homosexualité.  « I am Samuel » est le nouveau documentaire de Pete Murimi un réalisateur kenyan et lauréat du prix Rory Peck 2019. Le film a été produit parToni Kamau. Le long métrage dure 1h10.

Dans son entretien à OkayAfrica, Pete Murimi explique que son inspiration pour cette production vient de son histoire personnelle.  Déchiré entre l’équilibre du devoir envers sa famille et ses rêves pour son avenir, Samuel est un homosexuel « enfermé vivant » à Nairobi avec son partenaire. Le jeune homme est conscient que la révélation de son orientation sexuelle, déchirera sa famille.

Samuel a grandi dans la campagne kényane, où la tradition est avant tout valorisée. Il est proche de sa mère mais son père, un pasteur local, ne comprend pas pourquoi il n’est pas encore marié. Après avoir déménagé dans la capitale kényane à la recherche de travail et d’une nouvelle vie, Samuel tombe amoureux d’Alex et trouve communauté et appartenance. Malgré la menace de violence dans la ville et de rejet par la famille de Samuel dans leur maison rurale, le couple évolue entre leurs mondes coexistants, dans l’espoir d’être accepté dans les deux camps.

Au Kenya, l’homosexualité est toujours criminalisée. Les personnes qui s’identifient comme homosexuelles ne sont pas capables d’aimer ou de vivre ouvertement et font face à des menaces d’agression, d’abus et de discrimination.

Le père de Samuel est un religieux et donc l’orientation sexuelle de Samuel va à l’encontre des croyances et convictions de l’Église de son père. Ce qui est paradoxal, c’est que Samuel a la foi, il est viscéralement conservateur.  Le producteur, Toni Kamau commente : « C’est juste la réalité de qui il est. Nous sommes habitués à ce que les gens soient une chose ou une autre, mais ici nous avons un homme qui est conservateur, traditionnel, religieux et gay. Aucune de ses identités ne masque l’autre. Il n’est pas l’image que les gens ont quand ils pensent à un homme gay, et je pense que c’est un élément important à saisir » .

La motivation de Pete Murimi pour raconter cette histoire est basée sur ses propres expériences :  «Les attentes de mon propre père à mon égard étaient que je me lance dans les affaires, que j’épouse quelqu’un de préférence de mon quartier ou de ma communauté et que nous ayons des enfants. Je n’ai réalisé aucun de ses souhaits et cela m’a fait penser aux attentes africaines de la masculinité et à un homme « devrait » faire et le poids des attentes familiales. »

Tourné sur cinq ans, le documentaire été rendu possible grâce aux subventions de Sundance, Hot Docs, IDFA Bertha, Oak Foundation, Heinrich Boll Foundation, Good Pitch, Afridocs et Docubox. « Je suis Samuel » a fait sa première sortie au Festival international du documentaire canadien Hot Docs 2020 et sera au prochain Festival du film de Human Rights Watch

Les mots qu’il faut retenir du réalisateur et du producteur  de « Je suis Samuel » :

Pete Murimi (réalisateur)

«Il est très rare qu’un homosexuel pauvre et sans instruction se voit offrir une plate-forme pour raconter son histoire (de son point de vue), en particulier au Kenya où un tel amour n’est pas accepté par la société. L’argent et les privilèges peuvent acheter un peu d’intimité et sécurité si vous êtes gay, mais Samuel n’a rien eu de tout cela. » Pete Murimi (réalisateur)

Toni Kamau (producteur et nouveau membre de l’Académie des Oscars)

 

«Il est plus facile pour les gens de croire qu’ils n’existent pas (les gays) ou que s’ils le font, ils sont complètement éloignés de la vie normale. « I am Samuel » remettra en question le public kenyan sur cette question. Espérons-le. » Toni Kamau (producteur)

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Source Okayafrica/The Rustin Times Images « Je suis Samuel »

L’actrice de « Game of Thrones » dénoncent des propos sexistes tenus durant le tournage

Nathalie Emmanuel, l’actrice de 31 ans, a rejoint le casting de la troisième saison de l’émission diffusée sur HBO en tant que Missandei, la fidèle alliée du personnage d’Emilia Clarke, Daenerys Targaryen. Les deux femmes sont rapidement devenues amies, Nathalie Emmanuel expliquant comment elles « se sont toujours entraidées l’une et l’autre » car elles étaient « les seules filles sur un plateau dominé par des hommes ».

Lors d’une récente interview pour le magazine britannique Vogue, l’actrice Nathalie Emmanuel a regretté d’être la seule femme de couleur dans la série et dénoncé des faits de sexisme durant le tournage de « Game of Thrones ».

A la mort de son personnage après les sévères critiques des fans, Nathalie Emmanuel  a dû faire face à ceux de la communauté noire comme le prouve un tweet d‘Ava Duvernay, réalisatrice Afro-Américaine : « Alors … la seule et unique sœur de toute l’épopée, des années de série? C’est ce que tu veux faire? « .  « cela m’a amené à réfléchir sur la race et la diversité en général », a-t-elle déclaré au magazine de Mode. « Il devrait y avoir une représentation plus importante des personnes issues de la diversité, il faut en débattre dès le début. Une seule personne ne peut représenter toutes les autres personnes de couleur dans un film « .

La comédienne a aussi  mis à jour des remarques sexistes durant le tournage de la série. Nathalie Emmanuel a déclaré à Vogue: « Lors de ma première saison, mon costume était assez suggestif, et il y a eu un incident avec un acteur qui a fait un commentaire à ce sujet sur le plateau.  Je veux dire, typique … et Emilia m’a tout de suite soutenue. Nous avons pu gérer la situation ».

Nathalie Emmanuel est une actrice britannique d’origine caribéenne. Son père est originaire de l’île de Sainte-Lucie et sa mère de l’île de la Dominique.

L’actrice née dans l’Essex au Nord-Est de Londres a reçu de nombreuses récompenses et nominations au cours de sa carrière.

Au cinéma, on lui doit :
Twenty8k (2012), Fast and Furious 7 (2015),2015 : Le Labyrinthe : La Terre brûlée  (2015), Fast and Furious 8 (2017),  Le Labyrinthe : Le Remède mortel (2918),
Titan (2018), Fast and Furious 9  sortie prévue en 2021 !

Et sur le petit écran :
Hollyoaks – 2007/2010 :  (191 épisodes), Hollyoaks Later  (2008), Hollyoaks: The Morning After the Night Before (2009), Casualty  (2011), Misfits  (2011), Game of Thrones (2009 /2013) – 38 épisodes, Dark Crystal : Le Temps de la résistance 2019).

Game of Thrones est l’une des séries les plus emblématiques de la dernière décennie. Elle a battu des records et a mis en lumière des acteurs comme Kit Harington, Emilia Clarke ou encore Sophie Turner.

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Martinique-Culture: Avance du Fond de solidarité et Report de la date limite de projets pour le cinéma

Face à la crise sanitaire inédite que nous traversons et devant les difficultés des artistes à se produire (annulation des spectacles et festivals, fermeture des salles de spectacle),  dans l’Hexagone comme dans les Outre-mer, les Fonds de solidarité ont reculé leurs dates de dépôts de dossiers . L’arrêt occasionné durant les trois mois de confinement dû à la Covid-19, ont retardé le développement de nombreux projets cinématographiques. En réaction les organismes d’aide aux artistes ont décidé de reculer les dates butoirs pour la présentation des futures productions.

En Martinique, par communiqué, Alfred Marie-Jeanne, le Président du Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale a pris des décisions dans ce sens et informe : «Les candidats à une aide au titre du fond territorial d’aide à la création et à la production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles, que le comité de lecture n’ayant pu tenir sa réunion des 15 et 16 juin 2020, cette session est donc reportée à la dernière semaine du mois d’août 2020.  »

Cependant, l’aide au titre du fonds de solidarité en faveur des artistes en difficulté est fixée, un peu plus tôt, c’est-à-dire au 31 juillet 2020 : « Ce dispositif d’aide à la personne vise à accorder des aides financières exceptionnelles dites de première urgence aux artistes afin de leur permettre de faire face à des situations personnelles difficiles. » rappelle la Collectivité Territoriale.

«Cette aide répond à des besoins de première nécessité et permet la prise en charge de frais inhérents à une situation sociale précaire ou découlant d’un imprévu  »

Sara Gomez (Réalisatrice Cubaine)

 

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