Bristol: La statue du marchand d’esclaves remplacée par celle d’une militante du Black Lives Matter

Edward Colston, un marchand d’esclaves du du XVIIème siècle aurait vendu 100 000 esclaves durant la traite négrière, né à Bristol et généreux envers ses compatriotes, début juin, la statue représentant le marchand britannique a été déboulonnée par des militants Black Lives Matter et jetée dans le port de Bristol, une ville dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Aujourd’hui, elle est remplacée par celle d’une militante BLM, photographiée le poing en l’air, le jour de la manifestation.

En marge de la mort de George Floyd, tué par un policier Dereck Chauvin, le genou asphyxiant à mort l’Afro-Américain de 46 ans, le 25 mai dernier, des manifestations avaient lieu dans toutes les grandes villes américaines et européennes. Ces marches de protestation contre les violences policières et contre le racisme avaient entraînés des dégradations et des déboulonnages de statues dont celle d’Edward Colston, placée dans le centre ville de Bristol. Une statue qui depuis de longues années suscitait de nombreuses controverses. Enlevée de son piédestal, vandalisée et jetée dans le port devant des centaines de marcheurs et de militants, la statue avait été repêchée en attente d’une consultation démocratique sur son sort. Mais le maire Martin Rees a été devancé.

Aujourd’hui, sur le socle trône la statue d’une femme militante du Black Lives Matter, Jen Reid, le poing levé. L’ouvrage en acier noir a été réalisé par Marc Quinn.

Jen Reid (Militante Black Lives Matter)

Jen Reid a déclaré dans un communiqué qu’elle rentrait chez elle après avoir assisté aux manifestations de Black Lives Matter à Bristol le 7 juin lorsqu’elle a eu une  » forte envie «  de grimper sur le socle vide.

« Cette sculpture représente ma mère, ma fille, les Noirs comme moi », a-t-elle indiqué. « Il s’agit d’enfants noirs qui la voient là-haut. C’est quelque chose dont on peut être fier, d’avoir un sentiment d’appartenance, car en fait nous sommes d’ici et nous n’irons nulle part. »

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Images Capture d’écran et Daily Mail

Jean-Pierre Pernaut peste, il ne comprend pas les dégradations sur Colbert, Christophe Colomb et les autres

Mercredi 24 juin, le magazine des célébrités Public rapporte l’énervement du chef de l’informations du 13 heures de TF1. Jean-Pierre Pernaut qui a tempêté sur les masques et la distanciation sociale non respectée par ses concitoyens, au moment du déconfinement, a violemment contesté les dégradations dont sont l’objet, depuis plusieurs semaines, des statues d’hommes  de France. Il s’est plaint sur les déboulonnages et les dommages causés à la statue de Jean-Baptiste Colbert comme celle de Christophe Colomb, entre autres.

« Une image choc de la statue de Colbert (…) Figure de notre Histoire, ministre de Louis XIV. Certains lui reprochent, 350 ans après, d’avoir légiféré l’esclavage à cette époque. Un buste de Christophe Colomb a aussi été dégradé… On ne sait pas trop pourquoi non plus… à Rouen »  s’est énervé le célèbre journaliste de TF1.

Dans le sillon de l’affaire George Floyd à Minneapolis,  aux Etats-Unis, des militants en Amérique comme en Europe,  ont montré leur opposition à la présence de nombreuses statues qui représentent soit des marchands d’esclaves ou des personnalités liées à la période sombre de l’esclavage. Comme la statue confédérée de Robert E. Lee taguée en Virginie, le déboulonnage à Bristol d’Edward Colston un commerçant qui achetait, vendait et échangeait des Africains pour les réduire en esclavage, le personnage de Jean-Baptiste Colbert reste controversé, ici dans l’Hexagone. S’il reste un haut dignitaire pour une partie des français, le ministre du Roi Soleil est aussi l’auteur du code noir qui réglementait l’esclavage dans les colonies françaises. Christophe Colomb, le navigateur italien né à Gêne, en découvrant le Nouveau Monde a pour sa part, contribué à la disparition de toutes les populations indigènes dans l’Archipel des Antilles.

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Images C’news Actus Dothy

La statue d’un marchand d’esclaves, démolie et jetée dans le port de Bristol en Angleterre

Après treize jours de manifestations dans le monde suite à la mort brutale de George Floyd, les manifestants anti-racistes, sont toujours déterminés à chasser les symboles des périodes sombres de l’esclavage. Ce dimanche après-midi, des membres de l’organisation Black Lives Matter en Angleterre, ont déboulonné, sorti une statue de son piédestal pour la jeter dans le port de Bristol.

Cette statue représente un marchand d’esclaves du XVIIeme siècle, Edward Colston un commerçant qui achetait, vendait et échangeait des Africains pour les réduire en esclavage. Edward Colston était enregistré dans la Royal African Company, une société commerciale qui se livrait à la traite des esclaves au 17e siècle. S’il était généreux avec la ville de Bristol, il restait méprisable avec ses esclaves, rapporte un manifestant du Black Lives Matter.

Le monument commémoratif en bronze d’Edward Colston se trouvait dans le centre-ville de Bristol depuis 1895 et suscitait déjà de nombreuses controverses. La statue d’Edward Colston avait fait l’objet d’une pétition, 11 000 personnes avait signé pour son retrait.

Andy Bennett, le directeur de la police d’Avon et de Somerset, a indiqué que 10 000 personnes avaient assisté à la manifestation Black Lives Matter à Bristol et que la majorité d’entre elles l’ont fait « pacifiquement ».

Selon les médias sur place, un manifestant John McAllister, 71 ans, a récupéré des sacs poubelle noirs pour cacher la statue avant qu’une corde ne soit attachée autour et utilisée pour la tirer dans les eaux du port.

La police ouvre une enquête pour identifier les auteurs des faits.

Le 22 mai 2020, en Martinique, la statue de Victor Schoelcher était elle aussi démontée de son piédestal, brisée et taguée. Victor Schoelcher, s’il a été un des acteurs de l’Abolition de l’esclavage à partir de 1840 ne serait pas le bienfaiteur que l’histoire laisse entendre. Avant cette date, le journaliste Victor Schoelcher ne souhaitait pas une libération inconditionnelle des Noirs, esclaves de France. Victor  Schoelcher n’envisageait pas une abolition immédiate et totale de l’esclavage.

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Images Sandrine Poogy/Sacha Carter/BLM/IrishTime

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