Usa-Paris: Le designer haïtien militant, Kerby Jean-Raymond, invité à la Fashion Week, lance «Your Friends in New York», il soutient le Black Lives Matter

Kerby Jean-Raymond, le fondateur de la marque de mode new-yorkaise Pyer Moss est l’invité de la prochaine Paris-Fashion Week. Le designer haïtien s’est associé avec le conglomérat de luxe français Kering pour créer la nouvelle plateforme de mode «Your Friends in New York» (YFINY). L’idée est de promouvoir la nouvelle génération de créateurs, d’innovateurs dans l’industrie de la mode.

Anne Wintour,  Kerby Jean-Raymond

«Il est important pour moi de créer et de travailler sur des projets d’avenir, d’impliquer la communauté dans son ensemble,  qui continueront à aider les autres à grandir dans l’espace de la mode et de l’art», a déclaré Kerby Jean-Raymond dans un communiqué, jeudi dernier.

Angela Davis est habillée en Pyer Moss sur la couverture de September 2020

Depuis le lancement de Pyer Moss il y a sept ans, Kerby Jean-Raymond n’a pas suivi le calendrier traditionnel de la mode, présentant souvent une collection par an. Kerby Jean-Raymond qui place le mouvement Black Lives Matter au premier plan dans ses collections, a réalisé un court métrage dans lequel il a interviewé des proches de victimes de brutalités policières.

«Lorsque j’ai rencontré Kerby en 2019, j’ai été impressionné par sa vision unique de la créativité, de l’innovation, des affaires et des enjeux sociaux», a déclaré François-Henri Pinault, PDG de Kering, dans un communiqué. «Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est sa volonté d’inventer un nouveau modèle singulier, en s’affranchissant des contraintes habituelles du système de la mode. Il était naturel pour Kering de soutenir ce projet qui vise à responsabiliser les nouveaux talents artistiques, à encourager la diversité,  la créativité et à donner une voix à la jeune génération d’innovateurs.

«Je pense toujours à ce que mes créateurs préférés créent chez eux », a écrit Kerby Jean-Raymond sur Instagram à propos de la plateforme «Your Friends in New York» (YFINY).

Collection Pyer Moss – Michelle Obama (ci-dessous)

Le communiqué du designer décrit également d’autres projets qui seront bientôt lancés, notamment des événements destinés aux particuliers et étudiants, comme l’incubateur de talents émergents dans la mode, l’art et la musique.

Kerby Jean-Raymond et ses collaborateurs

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Naomi Osaka, déterminée à lutter contre le racisme systémique, les discriminations et les violences policières aux USA

«Avant d’être une athlète, je suis une femme noire» affirmait Naomi Osaka sur son compte Instagram, refusant de participer à une rencontre sportive, au lendemain de l’agression de Jacob Blake à Kenosha, dans le Wisconsin.

Du haut de ses 22 ans, comment ne pas féliciter Naomi Osaka qui s’engage sans compter, pour faire entendre des messages encore difficile à entendre dans la société américaine. Grâce à sa notoriété, la jeune sportive se devait de participer au mouvement Black Lives Matter qui reprend tout son sens depuis la mort brutale de l’afro-américain, George Floyd. Depuis que la vie aux Etats-Unis s’étire entre manifestations et revendications pour que change les mentalités entre Blancs et Noirs, les artistes, sportifs et politiques ne désarment pas et investissent le champs des médias en prenant des décisions engagées et radicales. Naomi Osaka, à l’instar de ses grands frères de la NBA, a choisi, en single d’entrer sur les courts de tennis, masquée puisque que c’est une règle sanitaire mondiale, mais résolument déterminée à faire entendre son discours à une large population blanche qui, compose essentiellement, son auditoire.

Naomi Osaka est une jeune femme, née d’un père haïtien, Leonard François, d’une île de la Caraïbe, la première à instituer une République dirigée par des hommes Noirs. Tamaki Osaka, sa mère est japonaise, héritière des patrimoines culturels de l’empire du soleil levant. Naomi est donc une métisse de parents issue des deux extrémités du globe. Au Japon, l’homogénéité raciale n’est pas de mise, et la hafu (métisse) ne correspond pas au standard des filles de l’île. En 2006, elle a trois ans, ses parents partent pour la Floride, elle s’installe chez ses grands-parents et se nourrit culturellement du créole, langue nationale d’Haïti.

Naomi Osaka devient une brillante compétitrice au tennis. Seulement, déçu, par la United States Tennis Association qui montre peu d’intérêt pour sa fille, qu’il entraîne depuis l’âge de trois ans, Leonard François prend la décision de la faire jouer sous le drapeau du Japon. La jeune fille a 13 ans, elle utilise désormais le patronyme de sa mère Osaka, elle sera championne pour le drapeau blanc et rouge. Mais Naomi Osaka, la métisse caribéenne reste sensible à cette communauté noire aux Etats-Unis, qui subit encore aujourd’hui, des discriminations, le racisme systémique et des violences policières. La jeune championne ne se lasse pas de dénoncer des morts qui s’inscrivent chaque jour dans les grands quotidiens américains.

Dans le courant George Floyd qui a fait ressurgir le Black Lives Matter et suite aux violences policières à l’encontre de Jacob Blake, un père de famille criblé de balles dans le dos dans le Wisconsin, les actions de la jeune Naomi Osaka vont devenir virales. Après une courte pause (boycott), la sportive est revenue en compétition, alourdie de 7 masques, au nom de plusieurs victimes afro-américaines. Elle en a porté un à chaque match. Interrogée avant qu’elle ne remporte son 3ème grand Chelem, samedi 12 septembre, la courageuse athlète a expliqué son choix, il s’agit selon Naomi Osaka de «faire parler les gens», la grande majorité du public qui fréquente les courts de tennis sont Blancs. Et prudente, elle poursuivait : «C’est assez triste que sept masques ne soient pas suffisants pour le nombre de noms», a déclaré Osaka. «J’espère que j’arriverai à la finale et que vous pourrez tous les voir.» Naomi Osaka a réussi son challenge, elle devient 3ème mondial du classement international.

Breonna Taylor, Elijah McClain, Ahmaud Arbery, Trayvon Martin, George Floyd, Philando Castile et Tamir Rice.

Lors d’un match de l’US Open la semaine dernière, la vainqueure du Grand Chelem portait un masque facial portant le nom de Breonna Taylor, la technicienne médicale des urgences  de 26 ans qui a été tuée par la police en mars. Dans des vidéos diffusées par ESPN après les matchs de Naomi Osaka, Sybrina Fulton, la mère de Trayvon Martin, et Marcus Arbery Sr., le père d’Ahmaud Arbery, ont remercié la joueuse.

Naomi Osaka a twitté qu’ils étaient tous courageux et forts : « À ce stade, je me sens comme un vaisseau qui ouvre la voie (la conscience). Espérons que cela va atténuer la douleur. Espérons que je peux aider à faire face à tout ce qu’ils attendent.»

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Black Lives Matter : Pourquoi l’Afrique reste-t-elle en marge des dénonciations?

Sous forme de « Questions Africaines » (QA), l’universitaire et chroniqueur Christian Tidou tente d’interroger les panafricains sur des thématiques actuelles. En juin dernier, dans le contexte des manifestations liées à la mort brutale de l’Afro-Américain George Floyd, Christian Tidou interpellait ses compatriotes. La Question africaine 52, s’intitule : Black Lives Matter, pourquoi l’Afrique reste-t-elle en marge des dénonciations ? Voici telle qu’elle est publiée dans AfrigMag de juin dernier.

Mes amis,

Le Directeur de l’institut Panafricain de Stratégie s’en est offusqué, bien qu’à demi mot : l’Afrique reste sourde aux appels à manifester contre le racisme sous ses pires formes. Comme tout le monde, Tidiane Gadio a suivi les mouvements de colère qui sont partis de Minneapolis pour essaimer à travers le monde. Liste interminable des Noirs tués par la violence légale, casses, pillages affrontements, puis marches et symbole du genou à terre.

La rage a fait place à des marches qui ont actualisé bien des crimes que ce monde s’offrait le luxe d’oublier, comme celui d’Adama Traoré en France en juillet 2016. S’il faut dire non aux excès, autant dénoncer aussi les violences des hommes en armes, surtout quand elles prennent l’affreux visage de la discrimination et du racisme.

Sauf que dans cette affaire où le Noir est coupable de ne pas être Blanc, l’Afrique, qui a été Charlie en 2015, au point d’en pleurer, n’est pas du tout Floyd. Et on ne peut que se demander d’où viennent les causes pour lesquels nos leaders et nous-mêmes nous engageons, surtout quand nos footballeurs se sont vu traiter de macaques sur mille terrains. Attendons-nous une dictée ? De qui ou de quoi ? Y aurait-il un fossé trop grand entre ceux qui ont construit l’Amérique et ceux qui sont restés en Afrique mère ? Désapparentement ? Déchirement ?

Il y a, en tous les cas, une solidarité insuffisante des Africains qui parlent contre l’Afrique, malgré la condamnation de Moussa Faki Mahamat pour le compte de l’UA. Cette faible prise de position nous soustrait d’un débat qui nous colle pourtant à la peau et qui est aussi vieux que notre rencontre des autres. Tidiane Gadio le dit, c’est la continuité de l’esclavage.

Alors que Houston se prépare à rendre un ultime hommage à George Floyd, le Black mort de trop, et entré dans l’histoire bien malgré lui, nos Chefs d’État, nos activistes, nos leaders d’opinion devraient envoyer au monde, qui brave la Covid-19 pour dire “Non !”, un message plus clair, plus solidaire, plus fort.

Quelle analyse faites-vous de la non participation de l’Afrique face à la tragédie Floyd et au mouvement Black Live Matter ?

Question Africaine 52 – Christian Tidou

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Etats-Unis : Un homme tué lors d’une manifestation Black Lives Matter

Plusieurs coups de feu ont été tirés lors d’une manifestation de Black Lives Matter dans le centre-ville d’Austin, au Texas, ce samedi. Une personne est morte.

Des images publiées lors d’un Facebook Live ont montré quand les coups de feu ont été tiré alors qu’une centaine de personnes défilaient et criaient : « Fists up! Fight back! » (Les poings levés! Défendez-vous). Selon les premières enquêtes, le suspect portait un fusil quand il a visé et tué une personne, qui était dans sa voiture, a déclaré la police sur Twitter. L’homme a été arrêté.

Dans le même temps à Seattle (Ville dans l’Etat de Washington), la police a utilisé des grenades assourdissantes et du gaz poivré contre des manifestants qui ont incendié des édifices de construction devant une prison pour jeunes. Face à la « poussée » d’agents fédéraux annoncée par le président Donald Trump pour protéger les grandes villes de la violence, une vague de colère et de protestations, agite une grande partie de la population américaine dont celle de Seattle.

https://twitter.com/i/status/1287223265631576067

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Bristol: La statue du marchand d’esclaves remplacée par celle d’une militante du Black Lives Matter

Edward Colston, un marchand d’esclaves du du XVIIème siècle aurait vendu 100 000 esclaves durant la traite négrière, né à Bristol et généreux envers ses compatriotes, début juin, la statue représentant le marchand britannique a été déboulonnée par des militants Black Lives Matter et jetée dans le port de Bristol, une ville dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Aujourd’hui, elle est remplacée par celle d’une militante BLM, photographiée le poing en l’air, le jour de la manifestation.

En marge de la mort de George Floyd, tué par un policier Dereck Chauvin, le genou asphyxiant à mort l’Afro-Américain de 46 ans, le 25 mai dernier, des manifestations avaient lieu dans toutes les grandes villes américaines et européennes. Ces marches de protestation contre les violences policières et contre le racisme avaient entraînés des dégradations et des déboulonnages de statues dont celle d’Edward Colston, placée dans le centre ville de Bristol. Une statue qui depuis de longues années suscitait de nombreuses controverses. Enlevée de son piédestal, vandalisée et jetée dans le port devant des centaines de marcheurs et de militants, la statue avait été repêchée en attente d’une consultation démocratique sur son sort. Mais le maire Martin Rees a été devancé.

Aujourd’hui, sur le socle trône la statue d’une femme militante du Black Lives Matter, Jen Reid, le poing levé. L’ouvrage en acier noir a été réalisé par Marc Quinn.

Jen Reid (Militante Black Lives Matter)

Jen Reid a déclaré dans un communiqué qu’elle rentrait chez elle après avoir assisté aux manifestations de Black Lives Matter à Bristol le 7 juin lorsqu’elle a eu une  » forte envie «  de grimper sur le socle vide.

« Cette sculpture représente ma mère, ma fille, les Noirs comme moi », a-t-elle indiqué. « Il s’agit d’enfants noirs qui la voient là-haut. C’est quelque chose dont on peut être fier, d’avoir un sentiment d’appartenance, car en fait nous sommes d’ici et nous n’irons nulle part. »

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Elle menaçait une blogueuse Noire, Meghan Markle l’écarte, l’ex-meilleure amie Jessica Mulroney prête à se «venger»

Une époque bénie pour Jessica Mulroney et sa meilleure amie Meghan Markle, le temps où les deux copines étaient si soudées, que les fans de la duchesse de Sussex en palissaient d’envie. La styliste canadienne invitée VIP au mariage du prince Harry et de Meghan Markle, était de toutes les sorties officielles. Mais début juin 2020, cette belle relation amicale a tourné au vinaigre. Meghan Markle s’est détournée des attentions de son ex-meilleure amie après un impair commis en plein mouvement Black Lives Matter. La spécialiste du marketing nuptial fait des pieds et des mains pour recoller les morceaux, sans succès, mais déterminer, elle ne compte pas s’arrêter aux refus de la duchesse de Sussex. Jessica Mulroney est prête à se venger, elle n’a plus rien à perdre.

Après les événements liés à la mort de George Floyd, un Afro-Américain mort asphyxié sous le genou d’un policier de Minneapolis le 25 mai dernier, le mouvement Black Lives Matter s’est retrouvé au premier plan dans la lutte contre le racisme et les violences policières aux USA. Dans ce contexte, il a été reproché à Jessica Mulroney d’avoir utilisé son influence et menacé une blogueuse noire au sujet du privilège blanc.

Le 7 juin 2020, soit deux semaines après la mort brutale de George Floyd, Sasha Exeter appelle ses amies à prendre part au mouvement Black Lives Matter en utilisant les réseaux sociaux. C’est cette demande qui aurait offensée Jessica Mulroney qui envoie, après des échanges épiques, une menace écrite à l’influenceuse.  La designer Jessica Mulroney poursuit ses intimidations, fait part de son différend à plusieurs marques, ce qui inquiète et surprend Sasha Exeter.

Le jeudi 11 juin Jessica Mulroney admet finalement qu’elle avait eu tort de se heurter à la blogueuse lifestyle Sasha Exeter. La blogueuse a souligné que Jessica Mulroney avait abordé divers problèmes sur sa plate-forme, sans jamais parlé du mouvement «Black Lives Matter». Et Sasha Exeter a trouvé cela ironique étant donné que sa meilleure amie, Meghan Markle est «sans doute l’une des femmes noires les plus célèbres du monde».

Jessica Mulroney aurait répliqué en disant : «J’ai également parlé aux entreprises et aux gens de la façon dont vous m’avez traité injustement. Vous pensez que votre voix compte. Eh bien, cela n’a d’importance que si vous l’exprimez avec gentillesse et sans faire honte aux gens qui essaient simplement d’apprendre. Bonne chance.»

Sasha Exeter a pris le message de Jessica Mulroney comme une menace directe pour sa carrière et a déclaré que la publication l’avait laissée «paralysée par la peur». Dans le même temps, CTV Television Network, le réseau de télévision canadien annonçait que l’émission de télé-réalité sur le mariage «I Do, Redo» de Jessica Mulroney était supprimée sur toutes ses chaînes.

La styliste canadienne a depuis fait son mea culpa et déclaré : «Je respecte la décision de CTV et j’ai décidé de m’éloigner de mes engagements professionnels en ce moment. Je vais prendre ce temps pour réfléchir, apprendre et me concentrer sur ma famille.

«Je tiens également à préciser que je n’ai aucune intention de poursuivre une action en justice. J’avais tort, et pour cela, je suis vraiment désolée. Je reste plus engagée que jamais à soutenir les efforts de lutte contre le racisme et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour corriger ce problème.»

Meghan Markle qui a ouvertement pris position en faveur du mouvement Black Lives Matter a coupé court à toute réconciliation d’avec Jessica Mulroney. Selon le quotidien The Daily Mail, Jessica Mulroney a encore téléphoné Meghan Markle, mais en vain. Meghan Markle s’est murée dans un long silence, comme elle l’a fait avec toutes ses autres amis et connaissances de Los Angeles. Sans émissions, sans sa chronique mode dans Good Morning America, ayant perdu une grande part de ses fructueux revenus, Jessica Mulroney menace d’écrire un livre révélations sur son ancienne bonne copine, la duchesse de Sussex. Ça promet !

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Violée et tuée en Floride, le meurtrier de la militante Oluwatoyin Salau 19 ans, est sous les verrous

Après une première agression, la jeune militante du Black Lives Matter a vécu un second calvaire plusieurs jours avant d’être assassinée.

Aaron Glee Jr., accusé du meurtre d’Oluwatoyin Salau et de Vicki Sims, a avoué avoir tué les deux femmes pour couvrir ses actes. Selon les informations policières le tueur et Vicki Sims, 75 ans se connaissaient. Et c’est en enquêtant sur la disparition de cette dernière que la famille de Vickie Sims a pu faire progresser les investigations des policiers. Le 14 juin, Aaron Glee Jr. a été arrêté par le département de police d’Orlando.

Le 6 juin, disparaissait la jeune femme de 19 ans, militante au sein de Black Lives Matter, prisonnière au bloc 2100 de Monday Road en Floride. Aaron Glee Jr. a déclaré que le 6 juin, il était à un arrêt de bus sur Apalachee Parkway lorsqu’il a rencontré Oluwatoyin « Toyin » Salau. Ils ont parlé pendant environ une heure.
La jeune Oluwatoyin Salau lui raconte qu’elle avait été agressée sexuellement et qu’elle se trouvait sans abri. Aaron Glee Jr. Lui propose de l’héberger, qu’elle puisse se baigner et se reposer. Aaron Glee Jr. a déclaré aux officiers de police, qu’il avait ensuite téléphoné à Vicki Sims et qu’elle était venue le chercher avec Oluwatoyin Salau dans sa Toyota. Les Sims « préparaient souvent des repas pour Aaron Glee Jr. et les livraient à son domicile » , rapporte la famille de la sexuagénaire.

Fortement alcoolisé, Aaron Glee Jr aurait ensuite gardé Oluwatoyin Salau à l’intérieur de la maison pendant environ trois à cinq jours, explique-t-il aux policiers. Après que la jeune fille soit sortie de la douche, Aaron Glee Jr aurait abusé sexuellement de la militante.

Lorsque les agents de la TPD l’ont interrogé, Aaron Glee Jr. a avoué avoir kidnappé et assassiné la militante et la bénévole humanitaire à différentes dates. Aaron Glee Jr. sachant qu’il serait arrêté et probablement condamné à la prison s’il laissait Oluwatoyin Salau s’en aller,  aurait décidé de la supprimer. Le 14 juin, en poussant leur recherche à l’intérieur du domicile du tueur, les enquêteurs ont découvert le corps de Vicki Sims, 75 ans, les bras et les pieds attachés. Le corps d’ Oluwatoyin Salau était recouvert de feuilles et d’autres végétaux.

Lors de son arrestation, après s’être plaint de difficultés respiratoires, Aaron Glee Jr. a été emmené à l’hôpital, d’où il a avoué ( de son plein gré)  les deux meurtres, aux officiers, et ensuite à sa mère par téléphone.

Aaron Glee Jr. est accusé d’enlèvement et de deux meurtres (meurtre au deuxième degré et meurtre avec préméditation) et d’agression sexuelle.  Le prévenu est détenu sans caution depuis samedi 20 juin 2020.

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« Des démons, des racistes », le fils de Mohamed Ali, n’aime pas Black Lives Matter et veut Donald Trump

Mohamed Ali Jr, 47 ans père de deux enfants, estime que son père, le légendaire boxeur, défenseur des droits civiques, serait « écoeuré » de voir défiler tous ces marcheurs américains qui protestent depuis la mort de George Floyd. Des manifestants des plus grandes villes des Etats-Unis appellent à une réforme de la police et dénonce le racisme systémique sur le sol américain, depuis que le policier Dereck Chauvin, a provoqué la mort d »un Afro-Américain à Minneapolis, le lundi 25 mai dernier.

Mohamed Ali Jr.

Ni les militants, ni les associations, encore moins les démocrates, à part Hillary Clinton, n’ont de grâce à ses yeux. Son leader politique est Donald Trump, car dit-il dans une longue interview publiée dans le New York Post : « Je pense que Donald Trump est un bon président. Mon père l’aurait soutenu. Donald Trump est bien meilleur que Clinton et Obama. Donald Trump n’est pas raciste, il réunit tout le monde. Les démocrates, ce sont eux les racistes ».

Le fils du boxeur décédé en 2016 a qualifié le mouvement Black Lives Matter de «raciste».  Parlant au nom de son défunt père, Mohamed Ali Jr. pense que pour lui, les manifestants  « sont des démons. Toutes les vies comptent. Ce n’est pas seulement la vie des noirs qui importe, les vies blanches comptent, les vies chinoises comptent, toutes les vies comptent, la vie de tout le monde compte. Dieu aime tout le monde, il n’a jamais choisi. Tuer est mal, peu importe qui c’est».

« C’est une déclaration raciale », explique Mohamed Ali Jr. « Elle oppose les Noirs à tout le monde et déclenche des événements raciaux. Je déteste ça. »

Mohamed Ali et Martin Luther King Jr.

Le fils de Mohammad Ali (dit Mohamed Ali en français) estime enfin que son père aurait « été, aujourd’hui, du même bord politique » que lui. À la fin de sa vie, pourtant, les relations entre Mohammad Ali  et son fil Mohammad Ali Jr. étaient très distendues rapportent les tabloïds américains.

Mohamed ali et Malcom X (1964 – Daily News)

Cassius Marcellus Clay, Jr. , né à Louisville dans le Kentucky,  change son nom en Mohammad Ali à l’age de 22 ans après avoir rejoint la Nation of Islam. Dès 18 ans, le jeune homme gagne la médaille d’or des poids mi-lourd, puis The Greatest gagne de nombreux autres combats de boxe historiques. En 1999, il devient le sportif du siècle puis est décoré de la médaille présidentielle de la liberté (la plus haute distinction aux Etats-Unis). Mais derrière ce grand champion se cachait un farouche défenseur des droits civiques. Il sera surtout objecteur de conscience, refusant de participer à la guerre du Viêt Nam, car disait-il : « Aucun Viêt-cong ne m’a jamais traité de sale nègre ».

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Meghan Markle libérée du protocole royal, soutient le Black Lives Matter et s’engage contre le racisme systémique

« La vie de George Floyd comptait », résume la duchesse dans un message enregistré le 3 juin dernier.

Libérée du protocole qui la contraignait, Meghan Markle se sent utile désormais dans des causes qui lui sont chères. L’ancienne actrice estime que son arrivée à Los Angeles tombe à pic. Sa nouvelle installation non loin de sa mère lui permettra non seulement de reprendre sa vie d’avant mais surtout de s’engager dans des combats qui lui importent notamment contre le racisme systémique aux Etats-Unis. Comme le rapporte les médias d’Outre Atlantique, la duchesse de Sussex « voit désormais son travail en tant que leader comme une nouvelle priorité. »

Meghan Markle a pris la parole le 3 juin dernier pour commenter la fin tragique de George Floyd, mort sous le pied d’un policier à Minneapolis. L’occasion de faire une première sortie très engagée et très remarquée et de montrer son soutien au mouvement Black Lives Matter, confie une de ses proches au Daily Mail.

La maman d’Archie Mountbatten Windsor se remet de son départ d’Angleterre, une sortie inédite qui a provoquée le Megxit au début de l’année et permis au couple de prendre seul son envol, loin du stress, de leurs obligations royales, de la presse à scandale d’abord au Canada puis en Californie. Les tabloïds de la Côte-ouest ont suivi les actions bénévoles de la duchesse, qui durant la crise Covid-19, distribuait des repas aux démunis de Los Angeles.

Si Meghan Markle et Harry sont toujours en froid avec la presse anglaise, le public américain voit d’un bon œil l’ investissement de l’Afro-Américaine dans la lutte contre les violences policières et contre le racisme. Dès ses fiançailles d’avec le prince Harry d’Angleterre, la jeune femme de 38 ans, n’a eu de cesse de révéler les attaques racistes dont elle a longtemps fait l’objet au Royaume-Uni.

Aujourd’hui précise Meghan Markle, il est temps que cela cesse. « La vie de George Floy comptait » déclarait la duchesse lors de sa prise de parole face à des jeunes étudiants qu’elle saluait pour leur remise de diplômes.

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Le Black Lives Matter est né d’un sentiment de profonde injustice «Je me suis sentie incroyablement vulnérable !»

Le 13 juillet 2013, George Zimmerman arrive devant les membres de la Cour de Justice de Floride. L’homme, jeune et corpulent, 28 ans, est représenté par Larry Klayman, un grand avocat, ancien leader d’un groupe d’activistes, lié à des causes conservatrices et fondateur de Judicial Watch. Le procureur de l’État de Floride, Angela Corey, annonce les charges retenues contre ce « voisin gardien bénévole de quartier » qui s’est rendu de son propre chef aux forces de l’ordre. Le prévenu est accusé du meurtre de Trayvon Martin, un jeune adolescent de 17 ans, mort dans une allée piétonne d’un très paisible lotissement clos. Jugé pour homicide au second degré, George Zimmerman, en costume-cravate, au bouc soigneusement taillé, souriant, écoute la défense.

L’affaire commence le 26 février 2012, à Sanford, en Floride. Trayvon Martin, grand et athlétique, tatoué de noms de membres de sa famille sur son corps, se destinait à devenir Pilote. Fin février 2012, Trayvon Martin s’est occupé, après sa troisième suspension au lycée, à rendre visite à son père, dont il était proche, et à Brandy Green, la fiancée de son père. Une famille recomposée qui résidait dans une communauté fermée, The Retreat at Twin Lakes à Sanford, en Floride.

Dans le lotissement « Retreat at twin lakes », suite à de fréquents vols et cambriolages, des voisins ont mis en place une veille de quartier en septembre 2011. George Zimmerman, s’autoproclame comme coordinateur du programme, armé, il était le « chien de garde » qui patrouillait avec son 4X4. Treize mois avant le meurtre, George Zimmerman aurait appelé la police treize fois, jusqu’à accusé à tort  un enfant d’un vol de bicyclette.

Le dimanche 26 février, aux environs de 19h11, Trayvon Martin, sort acheter des skittles et du thé glacé à 7-eleven quand George Zimmerman l’aperçoit. Ce dernier prévient le 911 qui lui demande de ne pas bouger de son SUV. On saura plus tard, que le jeune Trayvon Martin était au téléphone avec sa petite amie quand il a été repéré par George Zimmerman, qui ne s’est pas identifié. Selon la jeune fille au téléphone, l’adolescent avait remarqué qu’il était suivi, il s’est mis à courir. Des propos ont été échangés entre les deux protagonistes avant que George Zimmerman ne tire dans la poitrine du jeune homme non armé. Trayvon Martin meurt à moins de cent mètres de la porte de son père, Brandy Green, là où il séjournait occasionnellement.

A 19 h 17, un officier de police, sur les lieux, découvre Trayvon Martin mort et George Zimmerman au sol, saignant, des blessures apparentes à la tête et au visage.

L’affaire Trayvon Martin déclenchera une série de manifestations dans toute l’Amérique,  clivant encore plus, les relations entre racistes et anti-racistes. Barack Obama,  président des Etats-Unis à l’époque, profondément touché,  commentera le décès du jeune lycéen avec empathie : « Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon ».

Le samedi 13 juillet 2013, George Zimmerman, qui justifie son acte comme étant de la légitime défense, est acquitté de toutes accusations.

Consternées par le verdict, Patrisse Cullors, Alicia Garza et Opal Tometi vont réagir.

Ce soir-là, dînant avec un ami, la militante Alicia Garza est choquée émue, bouleversée en apprenant le verdict :  « La seule chose dont je me souviens, de cette soirée, à part  pleurer pour m’endormir, c’était ce sentiment d’impuissance que vivaient les personnes noires devant l’injustice et  je me sentais incroyablement vulnérable, incroyablement exposée et incroyablement enragée », explique Alicia Garza au journal The Guardian en 2015. L’activiste est alors directrice des projets spéciaux du National Domestic Workers Alliance à Oakland, en Californie.

Alicia Garza, co-fondatrice du BlackLivesMatter

De retour chez elle,  Alicia Garza publie ce post sur Facebook :  « Je continue d’être surprise de voir à quel point les petites vies noires comptent. ». Et rajoute : « Les Noirs. Je t’aime. Je nous aime.  Nos vies comptent. ».

Pour que la mort de Trayvon Marin et de celle d’autres victimes noires «réveillent le monde», Alicia Garza et Patrisse Cullors, copines depuis 10 ans, discutent, lors d’une conférence de militants, de ce qu’elles pourraient faire pour « apporter des changements dans ce racisme ancré dans la société américaine ».

Alicia Garza, Patrisse Cullors, et Opal Tometi, troisième co-fondatrice, (qu’elles rencontraient pour la première fois), achètent un nom de domaine, créent leur plate-forme numérique, ouvrent des comptes sur les médias sociaux et les trois femmes lancent le mouvement sur les plateformes.  L’idée est d’encourager les internautes et lecteurs à raconter leurs histoires,  à dénoncer des injustices de tous genres, à obtenir une aide sous toutes formes, être à l’écoute  des victimes 24h/24, en utilisant l’outil, la formule #BlackLivesMatter.

Le Black Lives Matter (BLM) est né.

Alicia  Garza

Partout aux etats-Unis, des manifestations ont éclaté le soir même du verdict de George Zimmerman, et la première manifestation (proBLM) a eu lieu à Los Angeles partant de Rodeo Drive à Beverly Hills, raconte une militante :

« Le jour où George Zimmerman a été acquitté, nous sommes tous allés au parc Leimert. C’est là que tout le monde est allé sans même l’aide de Facebook. Les gens se pressaient, s’étreignaient de tristesse sur place. Puis nous avons décidé de marcher. Un autre organisateur voulait se déplacer vers le sud sur le boulevard Crenshaw. Je tenais un mégaphone et je lui ai crié: « Allez vers le Nord! » Si vous allez vers le Sud dans des quartiers noirs, personne ne se souciera de cette manifestation. Si vous allez vers le Nord dans des quartiers plus blancs et plus riches, ils se réveilleront, rapporte dans The American Prospect, la militante Melina Abdullah, co-fondatrice de la section Black Lives Matter de Los Angeles.»

« Nous avons commencé comme une plate-forme et un espace pour développer une communauté et partager les idées», rappelle  Opal Tometi au magazine américain The New Yorker.

Opal Tometi

Dernier fait d’armes quand vendredi 5 juin 2020, en marge de l’Affaire George Floyd, le collectif Black Lives Matter DC a élevé sa voix lorsque le maire du district de Columbia Muriel Browder a baptisé un tronçon de la 16e rue qui mène à la Maison Blanche #Black Lives Plaza. Dans le même temps, des employés du service des travaux publics de DC peignaient #BLACK LIVES MATTER en lettres jaunes géantes sur le sol, des lettres visibles depuis la Maison Blanche où siègent les collaborateurs et le président Donald Trump.

« Il y a des gens qui ont soif d’être entendus et d’être vus, et de voir leur humanité reconnue, et nous avons eu l’occasion d’envoyer ce message haut et fort dans une rue très importante de notre ville. Ce message est destiné au peuple américain, que l’humanité noire est importante. » a déclaré Muriel Browder, sur NBC News. Pour le mouvement, cette sortie du maire est faite dans le but « d’apaiser les libéraux blancs »,  mais pas de répondre à leurs demandes.

                 

«  Financer la police (defund police) ne signifie pas nécessairement la dissolution de toutes les forces de police ou le non-paiement de policiers pour faire leur travail (…) notre argument est … ils peuvent commencer à se départir des forces de l’ordre et à réinvestir dans nos communautés. » insiste Opal Tometi.

Patrisse Cullors

« Oui, Blak Lives Matter se concentre sur les vies noires spécifiquement, non seulement en révélant toutes les affaires en cours, mais à travers de nombreuses voies de réforme, de semaine en semaine, de mois en mois, tout le temps qu’il faudra. »
(#BlackLivesMatter).

« Nous faisons beaucoup de travail avec le Mouvement pour la vie noire avec un certain nombre d’organisations et d’individus et de différents dirigeants qui font partie de cette formation. Nous avons demandé le financement de la police, un moratoire sur le loyer, un moratoire sur les hypothèques et les services publics. Nous avons besoin de ne pas nous couper des services publics, de leur lumière, leur eau et leurs besoins essentiels. »

Le magazine E! qui trace l’histoire de ce mouvement, a déclaré dans un communiqué du 31 mai, être : « solidaire de la communauté noire contre le racisme systémique et l’oppression subis chaque jour en Amérique. Nous devons à notre personnel noir, nos talents, nos partenaires de production et nos téléspectateurs, d’exiger des changements. Se taire, c’est être complice. #BlackLivesMatter. »

«Lorsque nous avons commencé Black Lives Matter, il ne s’agissait pas uniquement de brutalités policières et d’exécutions extrajudiciaires. C’était une étincelle, mais c’était très intentionnel pour nous, de parler de la façon dont les vies noires sont abrégées dans tous les domaines. Vous pouvez parler de la qualité de notre vie en termes de logement et d’éducation et des systèmes de soins de santé et de la pandémie et de ce que nous voyons là. Donc pour nous, c’est plus complet que juste le système de justice pénale et la police. » (Black Lives Matter)

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news actus Dothy
Images BLM – Source E! The Guardian – NBC news – The New Yorker/Head Topics/Ted.com/Mpr News/Abc News