Assa Traoré porte plainte contre Laurence Sailliet qui l’a diffamée et injuriée et contre Frédéric Hermel

Assa Traoré porte plainte contre Frédéric Hermel, journaliste, pour diffamation publique. Elle dépose également plainte contre Laurence Sailliet, ex porte parole LR, qui l’a publiquement diffamée et injuriée.

Frédéric Hermel et Laurence Sailliet

C’est par un tweet ce samedi après-midi que le collectif « La Vérité Pour Adama » a réagi suite aux différentes attaques contre Assa Traoré. En début de semaine, le magazine Times célébrait la soeur d’Adama Traoré comme étant la « Gardienne de l’Année ». Un Award censé célébrer l’activisme et l’engagement sans faille de la militante qui depuis plus de quatre ans, demande que la justice soit faite dans le dossier de son petit frère, Adama Traoré.

Après un «BET Global Good Award en juin dernier, le Times invitait Assa Traoré lui consacrant toute une page complète à l’intérieur du magazine. Cet honneur «The Guardian of The Year» n’a pas plus à certaines personnalités françaises qui l’ont dénoncé avec virulence et mépris. Lundi 14 décembre sur la chaîne en continu CNEWS, Laurence Sailliet a vivement critiqué cette distinction qui selon l’ex porte parole LR n’est pas mérité. «Cela m’a donnée la nausée. Je n’ai même pas commenté parce je trouve que plus vite qu’on oubliera ça et mieux c’est» a déclaré Laurence Saillet.

Le tweet de Frédéric Hermel le 11 décembre 2020

Sur Twitter « La Vérité pour Adama » annonce qu’Assa Traoré porte plainte contre Laurence Sailliet pour diffamation et injure publiques. La militante traduit en justice également le journaliste Frédéric Hermel pour les mêmes raisons.

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Assa Traoré «une personne qui est nauséabonde», honorée par le Times, cela «écoeure» Laurence Saillet

Une page pleine à l’intérieur du Times, rend hommage à l’activiste française Assa Traoré qui est pour le magazine Times : «The Guardian of The Year». Sur le plateau de Morandini Live ce lundi 14 décembre, «cet honneur symbolise», pour Kévin Elarbi, membre du comité de soutien à Adama Traoré, «la voix de jeunes qui ne savaient pas comment s’exprimer en France».  Une voix qui selon Kévin Elarbi a permis jusqu’au sommet de l’Etat de reconnaître enfin, que dans la police française, il y a effectivement des violences dans la police. Plus encore, il se félicite qu’Emmanuel Macron affirme qu’il existe «des contrôles aux faciès 20 fois plus importants si vous êtes un Noir ou un Arabe».

Dans le Times, un document rappelle le combat de la militante Assa Traoré, mobilisée depuis plus de quatre ans depuis la mort de son jeune frère Adama. Le document se termine avec toujours l’appel pour que justice soit faite : «Nous avons un pouvoir qu’ils n’ont pas puisque nous n’avons pas peur de la vérité. Adama les gendarmes t’on tué mais ils ne tueront pas ton nom». Assa traoré document mis en ligne par le Times».

La récompense du Times était censée faire l’union autour du combat de la mère de famille, suivie par des millions de supporters. Décryptée par Geneviève Goëtzinger experte en communication et présidente d’Image, cette récompense sonne le glas, car elle divise. Elle s’explique, Assa Traoré en page intérieure, sur une page complète «fait polémique en France et fait clivage à tous ceux attachés à l’universalisme à la française. Un universalisme français qui est contraire au modèle du communautarisme» qui semble être les valeurs d’Assa Traoré.

Pour Laurence Saillet, personnalité politique et chroniqueuse sur la chaîne en continu CNews c’est même indigeste :

«Moi cela m’écoeure de voir qu’on mette à la une, quelqu’un qui promeut la haine anti-flic, la haine du flic et qui est une personne qui est personne qui est nauséabonde dans la société, je le dis très clairement. parce qu’elle est à l’origine de rassemblements, de manifestations où on dit que les policiers doivent se suicider où on prône cette haine de la police. Cela m’a donnée la nausée. Je n’ai même pas commenté parce je trouve que plus vite qu’on oubliera ça et mieux c’est». 

Moins surprenant encore sont les propos d’André Kotarac, ex-France insoumise, aujourd’hui membre du Rassemblement National : «On est dans une américanisation des esprits.  On essaie de diviser le peuple français en l’américanisant, en la racialisant, par l’ethnie par la couleur, par la religion. Je suis plutôt universaliste, plutôt Républicain», proteste le militant RN. «La république est une indivisible et on est tous français dans une communauté républicaine avant d’être d’une appartenance ethnique. On doit défendre une communauté nationale de français.» s’insurge André Kotarac.

Cette rayonnance internationale, est un constat, c’est celui du Président de la République française qui reconnaît qu’il y a un racisme en France, des contrôles aux faciès et une violence dan la police. En honorant Assa Traoré,  «Le Times promeut à travers la militante, les valeurs françaises, celles du défenseur des Droits et d’Amnesty International.», atteste Kévin Elarbi, l’auteur et soutien d’Assa Traoré, leader du comité de soutien à Adama Traoré.

Dorothée Audibert-Champenois rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Facebook Twitter Instagram  – Images capture d’écran Cnews ACTUS – Times magazine.

Adama Traoré: La justice dédommage un codétenu qui l’accuse d’agressions sexuelles répétées

La vie d’Adama Traoré révèle d’étonnantes surprises pour le public, ses défenseurs et sa famille.  Avant de mourir dans la caserne des gendarmes de Beaumont-sur-Oise,  il aurait agressé sexuellement son codétenu,  alors qu’il était en détention à la prison d’Osny,. Pour ces agressions sexuelles, une plainte le visait en 2016, deux mois avant sa mort. La mère du jeune homme en grande souffrance depuis les viols répétés, s’était rendue au commissariat de Cergy-Pontoise dans le Val-D’Oise.

Des faits qui ont été reconnus et pour lesquels la victime sexuelle a été dédommagée. En effet selon Le Point, ce mercredi 22 juillet 2020, la Commission d’indemnisation des victimes d’Infractions ( Civi) a ordonné l’indemnisation du codétenu d’Adama Traoré.

Dans la plainte, la mère racontait les confidences de son fils au parloir : « Adama l’empêchait de dormir et l’enroulait dans un drap la nuit ». Selon la Civi, sous la menace d’une fourchette, le codétenu aurait raconté aux enquêteurs avoir été contraint, plusieurs fois par jour, de pratiquer des fellations à Adama Traoré.  

Le Fond de Garantie des Victimes qui exerce ses pouvoirs sous le contrôle d’une juridiction spécialisée est un protecteur des droits des victimes. Dans cette procédure, « l’auteur présumé des faits n’est pas partie, seul le juge pénal est compétent pour le déclarer, le cas échéant, coupable » rapporte Le Point qui révèle l’information.

« La Civi de Pontoise a été saisi dans le but d’obtenir l’indemnisation du préjudice pour les faits d’agressions sexuelles mais également pour une expédition punitive en février 2018, menée par l’un des frères d’Adama Traoré (Mamadou K) après le dépôt de la plainte ».

Adama Traoré est mort le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise dans la caserne des gendarmes qui l’ont interpellé. Depuis, sa soeur Assa Traoré demande « Justice et Vérité » sur les causes de la mort du jeune homme de 24 ans. Un décès qui reste encore suspect pour la famille de la victime qui devait célébrer son anniversaire le soir de son arrestation.

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Canal+ Afrique censure Assa Traoré, l’équipe Ciné Le Mag démissionne «Canal+Afrique la honte!» s’insurge la réalisatrice Simone Bitton

Présente dans de nombreux médias internationaux dont le New York Times ce samedi 18 juillet 2020, ne donne pas tous les droits à la militante Assa Traoré. Si elle a droit de citer dans les journaux nationaux comme le Monde et peut occuper un accès prime-time sur la chaîne en continu BFM Tv, c’est paradoxalement sur un groupe télévisuel africain qu’Assa Traoré est censurée. L’actrice Annabelle Lengronne accuse la chaîne Canal+ Afrique qui appartient au groupe Bolloré, de l’avoir censurée. Interviewée dans l’émission culte Ciné Le Mag, elle n’a pas pu évoquer Assa Traoré, qui pour elle est une figure féminine inspirante. Après 82 numéros, la réalisatrice Claire Diao et son équipe ont décidé de démissionner.

« Faut-il être blanc pour parler des Noirs? » s’interroge la cinéaste franco-marocaine, Simone Bitton. « Canal+ Afrique, la honte ! » s’insurge la réalisatrice. « Claire Diao est une figure incontournable de la jeune critique, distribution et programmation du cinéma africain et cinéma de la diversité. Elle abat un boulot incroyable. Et Assa Traoré fait la couverture du magazine du Monde et les gros titres de toute la presse » a commenté Simone Bitton sur le site Black News. Et la réalisatrice très indignée se pose la question à savoir s’il « faut être blanc pour parler des Noirs, et surtout il ne faut pas ériger en modèle une femme noire qui lutte et qui fédère, c’est ça? » s’agace Simone Bitton.

Annabelle Lengronne

Sur leur page facebook respective, Essimi Mévégué et Claire Diao qui ne comptent pas « en rester là » font un rappel des faits :

« Mardi 23 juin 2020, le tournage de l’émission Ciné Le mag que j’anime depuis janvier 2019 a été interrompu par le directeur des programmes alors que l’invitée Annabelle Lengronne venait de citer le nom d’Assa Traoré comme figure féminine inspirante. Cette intervention a mené à la suppression de l’invitée du montage livré par de notre équipe par la production les producteurs à la chaîne et diffusé ce 11 juillet 2020. Suite à la pression puis à la menace d’éviction de notre équipe par la production suivis par plusieurs pourparlers avec la direction de Canal+ Afrique , notre équipe qui a animé avec passion et professionnalisme cette émission depuis 82 épisodes a le regret de vous annoncer son départ. »

Contactée par Loopsider, la direction confirme avoir intégralement supprimé le passage de l’actrice mais dément toute censure.

Selon des rumeurs sur Twitter, Cnews (groupe Bolloré) négocie avec Marion Le Pen (Maréchal) pour qu’elle devienne chroniqueuse sur la chaîne. Quand d’autres s’inquiètent :  « Ça fait peur quand même…! C’est le directeur des programmes de Canal+ Afrique, qui ne supporte pas qu’on évoque une militante noire contre le racisme ! »

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Adama Traoré: Deux gendarmes mis en cause sont «des Noirs martiniquais» indique le leader Les Nationalistes Français dans une vidéo

Après les récentes mobilisations du Collectif Vérité pour Adama, en marge des manifestations contre le racisme et les violences policières, selon le quotidien Le Parisien, c’est toute l’enquête qui pourrait être relancée. À Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), deux heures après l’arrestation du jeune Adama Traoré, il mourrai dans une caserne de gendarmes.  La justice veut trouver des témoins jamais entendus jusqu’à aujourd’hui. Pendant son interpellation, ce  vendredi 19 juillet 2016, une tierce personne est venue à son secours, mais les trois juges ne l’ont jamais identifié. Cette connaissance l’a aidé à fuir le gendarme qui le gardait menotté, il aurait donc permis à Adama Traoré de s’échapper pour un temps. Les juges demandent à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (l’IGGN) de relancer les recherches.

Sans envisager une reconstitution des faits, quatre ans après la mort d’Adama Traoré, la justice va enquêter pour savoir s’il y avait un contentieux entre Adama Traoré et les gendarmes qui l’ont arrêté cette fameuse nuit de juillet 2016. L’IGGN tentera de comprendre si les trois gendarmes qui ont participés à l’interpellation connaissaient Adama Traoré, « notamment dans des dossiers d’outrage et de rébellion ». Les juges souhaitent déterminer quand et pourquoi, au moins un des gendarmes s’est retrouvé seul avec le jeune malien.

Parmi les trois gendarmes que la soeur de la victime, Assa Traoré, juge responsables du décès de son frère, causé par un plaquage ventral, selon son avocat Me Yassine Bouzrou , le leader du groupuscule Les Nationalistes français, une figure de l’ultra-droite française assure qu’ils sont «des Noirs martiniquais». C’est en argumentant des faits de vandalisme sur la fresque murale dédiée à Adama Traoré, qu’Yvan Benedetti, le porte -parole du groupe ultra-droite a précisé, vendredi 10 juillet 2020, l’origine de deux des trois gendarmes.

Dans cette période trouble, Assa Traoré est tantôt encensée dans les médias qui lui consacrent des magazines ou lui remettent des prix pour son combat contre le racisme et tantôt honnie sur les réseaux sociaux .  La jeune femme  obligée désormais de se déplacer entourée de gardes du corps ne faiblit pas,  Assa Traoré, l’a encore dit, elle continue tant que la vérité sur le décès de son petit frère ne sera pas clairement dévoilée.

Marche du 18 juillet 2020 à Beaumont-sur-Oise

Ce samedi 18 juillet 2020, à un jour du quatrième anniversaire de la mort d’Adama Traoré, une marche et un Festival sont organisés pour lui rendre un nouvel hommage. Il a lieu à Beaumont-sur-Oise où il a vécu. Le soir de son interpellation, Adama Traoré fuyait un contrôle, il est décédé dans la caserne des gendarmes de Persan,  c’était le jour de ses 24 ans.

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Fresque : Le Parti nationaliste français revendique la dégradation de la peinture en hommage à Adama Traoré

« Ne cherchez pas,  c’est nous ! »

L’enquête sur la fresque peinte en hommage à Adama Traoré et à George Floyd a fait un bond ce lundi 13 juillet 2020. Les auteurs qui ont vandalisés la peinture murale réalisée par le « Collectif Art », ont revendiqué la dégradation de l’ouvrage qui se voulait artistique. Le Parti Nationaliste français reconnaît être responsable des dommages causés sur la fresque dans la nuit de samedi 4 au dimanche 5 juillet 2020.

A Stains, le 18 juin 2020, la militante et porte-parole de « Vérité et Justice » Assa Traoré, inaugurait avec le maire de Stains, Azzédine Taïbi, cette grande fresque murale qui dénonçait le racisme mais aussi les violences policières en France comme aux Etats-Unis. Indignée, une partie de la police française demandait l’effacement partiel de la fresque. Le syndicat Alliance, soutenue par le préfet de la Seine Saint-Denis avait obtenu cette réparation, l’inscription « violences policières » devait être enlevée de la fresque commémorative.

Suite au sabotage perpétré début juillet, Azzédine Taïbi, le maire communiste de Stains a annoncé qu’il porterait plainte  pour dégradation sur un bien public.

Yvan Benedetti

Le groupe d’extrême droite, les Nationalistes a revendiqué jeudi 10 juillet dans une vidéo mise ligne sur You Tube, qu’il était responsable de la dégradation de la fresque. L’annonce a été faite par Yvan Benedetti, porte-parole du mouvement qui légende ainsi sa publication :

« Cherchez pas, c’est nous! Dans la nuit de samedi 4 au dimanche 5 juillet, la fresque de Stains en hommage à Georges Floyd et Adama Traoré a été dégradée. A l’heure qu’il est, les autorités cherchent encore les responsables de ce geste de salubrité publique. Nous avons donc décidé de leur facilité le travail. Ne cherchez plus, nous connaissons les responsables, nous les connaissons même très bien, puisque c’est nous ! Alors pourquoi avoir saboté cette œuvre d’art, c’est l’objet de cette vidéo. » annonce Yvan Benedetti.

Selon lui, rien ne démontre que les deux hommes, George Floyd et Adama Traoré ont été victimes de policiers racistes. Le premier était encadré de Derek Chauvin mais également de deux policiers de la diversité. Quant à Adama Traoré, les deux mis en cause sont des policiers martiniquais, préciseYvan Benedetti qui conclut sa vidéo par une remigration pressante des populations étrangères : « France d’abord, Blanche toujours »

 

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La fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd a été vandalisée

A Stains, ce dimanche après-midi, les habitants ont découvert la fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd, recouverte de graffitis avec des messages hostiles à la famille Traoré. Pour l’instant, aucune information qui expliquerait cette dégradation et les circonstances restent floues.

La fresque contestée en partie par le syndicat de police Alliance 93 devait être effacée partiellement selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. Elle avait été inaugurée fin juin en présence d’Assa Traoré et du Collectif Vérité pour Adama, par Azzédine Taïbi, le maire de la ville de Stains.

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Assa Traoré son message filmé aux BET Awards : « C’est une reconnaissance pour toutes les autres victimes et leurs familles »

Dimanche soir, alors que la France commençait à dépouiller les quelques bulletins glissés dans les urnes qui désigneraient le candidat le mieux placé pour devenir maire pour six ans, une grande soirée de divertissement avait lieu aux Etats-Unis. Au cours de cette soirée où les stars les plus en vue devait soit recevoir ou remettre des BET Awards, Assa Traoré, l’icône de la révolte contre les violences policières et le racisme, a reçu un BET  Global Good Awards pour son activisme en France mais surtout pour sa détermination à combattre le système judiciaire et policier, au nom d’Adama Traoré, son petit frère, mort, un soir de juillet 2016.

Pour ce faire, la franco-malienne a enregistré un court texte de remerciement, sous-titré en anglais qui a été vu des milliers de fois sur son compte Twitter.

Assa Traoré, remercie l’organisation des BET Awards et estime que cet honneur que lui fait l’Amérique en la récompensant pour la lutte qu’elle mène depuis quatre ans. Recevoir ce BET Awards est « une reconnaissance pour toutes les autres victimes et leurs familles qui exigent la vérité et la justice ».

Assa Traoré du Collectif Vérité et Justice pour Adama :

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Jimmy Terrine policier martiniquais: «Cette profession formidable doit punir les mauvais flics qui la salissent»

Les derniers évènements américains depuis la mort de George Floyd n’ont pas adouci l’image de la police aux Etats-Unis et en Europe.  Depuis le décès tragique de l’Afro-Américain, mort asphyxié sous le genou d’un officier de police à Minneapolis, les techniques d’interpellation des gardiens de la paix ont été pointées du doigt. Seulement cette image détestable répressive et violente de la profession n’est pas celle enseignée dans les écoles de police. Jimmy Terrine, brigadier français, issu de la diversité, en témoigne. Il décrit un métier qui a, comme principal devoir, la protection et la sécurité des citoyens, et le martiniquais au cours de cet entretien, tentera d’expliquer le ras-le-bol des policiers français  qui refusent d’êtres vus comme  des êtres violents et des racistes.

Jimmy Terrine – Brigadier de police

Depuis le mois d’octobre 2018, fatiguée par les épuisantes sorties des gilets jaunes, éreintée par des manifestations sociales diverses, mise sous tension durant la crise sanitaire inédite et finalement lâchée (récemment) par leur ministre,  la police française est aujourd’hui  en plein désarroi. Et, phénomène nouveau, elle contre-attaque répondant coup pour coup  face aux nombreuses  manifestations contre les violences policières qui ont éclatées un peu partout en France.  Le brigadier Jimmy Terrine s’insurge : « En ce moment, c’est le grand ras-le bol pour les policiers, ils vivent difficilement ce dialogue social qui est rompu entre une partie de la population et sa police nationale ».

Originaire de Sainte-Marie en Martinique, le  brigadier se dit « radical », franc, direct,  sait comment se faire respecter au sein de sa brigade mais avoue cependant,  qu’il reste « sur ses gardes ». Parfaitement intégré dans l’Hexagone, le samaritain est un gradé  qui n’a pas hésité à créer une Association le GPX pour encadrer les ultramarins fraîchement enrôlés dans la police parisienne.  La pénibilité au travail, les surcharges d’heures, les pressions administratives, le manque d’ équipements , les détresses psychologiques conduisent à des drames irréparables chez les jeunes et moins jeunes policiers de France.

Image d’illustration (capture d’écran)

Aujourd’hui, moins les soucis individuels mais bien les violences policières et le racisme dans la police française, qui perturbent dans les rangs dans un climat de haine et de malveillance anti-flics qui règnent dans l’Hexagone depuis quelques semaines.   « Amalgame », répond le syndicat Alliance 93, qui refuse qu’on humilie toute une profession, et comme Jimmy Terrine,  regrette le peu de soutien du « premier flic de France ».

« L’affaire George Floyd a de nouveau mis en exergue une affaire  plus ancienne mais tout aussi douloureuse pour la famille d’Adama Traoré et pour calmer la grogne populaire les politiques ont pris des mesures qui s’avèrent inadéquates et inapplicable sur le terrain et cela sans concertation avec les principaux concernés, les policiers eux-mêmes. » constate Jimmy Terrine.

Rassemblement à l’appel d’Assa Traoré, samedi 13 juin 2020

Selon le brigadier, ces deux affaires ne devraient pas se rejoindre car les techniques d’interpellation des suspects aux Etats-Unis ne sont pas les mêmes en France. « Il existe diverses unités de police aux States (fédérale, comté, militaire) contrairement à la France, les policiers américains bénéficient d’une très grande latitude quand il s’agit de faire usage des armes létales et ils sont couverts par une quasi immunité qui rend difficile les poursuites judiciaires. »

Manifestation pour lamine Dieng, samedi 20 juin 2020

Le collectif Justice pour Adama dont fait partie Assa Traoré (soeur d’Adama Traoré) et les militants politiques du MIB, le Mouvement pour l’immigration et les banlieues condamnent le recours à la violence et dénonce le racisme institutionnel (dans la police), dont sont victimes les immigrés en France. Jimmy Terrine, brigadier à Paris affirme que : 
« Ce n’est pas la police en elle-même qui est raciste mais certains agents qui par leurs actions et leurs propos entachent toute la profession. Ce n’est pas un mal au sein de la police mais au sein de la société qu’il faut combattre. »

Assa Traoré du Collectif  « Vérité pour Adama Traoré »

Sur les réseaux sociaux, il est fréquent que les internautes épinglent des échanges de policiers qui  laissent douter de leur sympathie envers les communautés noires et maghrébines  : « Certes les groupes forment entre 8 000 et 9 000 adhérents, mais le thème n’est pas le racisme, au sein des groupes.  Il arrive que certains (et encore une fois une minorité) se laissent aller à des propos discriminants mais cela arrive partout. Vous avez et aurez toujours une frange qui derrière leur smartphone se sentiront le droit d’insulter ou de salir parce qu’ils sont cachés derrière une fausse identité. C’est aussi cela la société » note Jimmy Terrine.

« Bien sûr, ces comportements sont à bannir et méritent d’être sanctionnés très sévèrement car on ne peut pas demander aux citoyens de respecter les règles et s’en dispenser parce que l’on est policier.  Mais les gens pensent comme ils veulent, seulement si certains joignent la pensée aux actes, c’est à ce moment qu’ils doivent êtres durement sanctionnés parce que cela impacte des vies »

Quand un consultant police justice d’une chaîne en continu reconnaît qu’il est plus fréquent d’être arrêté si l’on est un jeune noir ou arabe, le gardien de la paix ne dément pas  : « Vous prenez n’importe quel secteur dit pauvre ou défavorisé vous aurez une délinquance qui s’y développera peu importe l’origine ethnique de ceux qui y vivent.  La police sera envoyée dans ces secteurs et sur instruction de la justice pour y effectuer des contrôles nécessaires en ciblant un panel d’infractions bien spécifiques». 

«L’idéal pour ces jeunes seraient  des lieux de vies habitables et dignes mais pas des cités de 15 étages avec des ascenseurs en panne qui puent la pisse, des halls d’immeubles régulés par le trafic de stupéfiants ». ajoute Jimmy Terrine.

«Derrière ces délinquants», insiste le policier, « il y a souvent des victimes qui  sont brisées, choquées, traumatisées et ces dernières sont plus nombreuses que ceux qui se plaignent de la police. C’est la masse. Une masse silencieuse ».

Image d’illustration (capture d’écran)

Dans ce contexte d’hostilité  envers les forces de l’ordre, Jimmy Terrine s’agace : « Les policiers en France manifestent leur ras le bol, ils ne sont pas responsables de la mort de George Floyd. Par ailleurs, ils dénoncent depuis plusieurs années l’absence de politique concrète afin de pouvoir mener leur mission à bien. Cela inclut également le dialogue avec les travailleurs sociaux. La police ne doit pas être que répressive, elle a également un rôle à jouer qui a été détricoté par les politiques. »

Être officier de police  c’est aussi «avoir  la capacité d’absorber autant de situations négatives et ensuite reprendre le cours de sa vie » avoue le gardien de la paix et vient confirmer, Aurélie Laroussie, la présidente du FFOC, la représentante de l’Association Femmes des Forces de l’Ordre en Colère.

Mardi 16 juin,  manifestation des personnels soignants à Paris

Et, que pense le brigadier Jimmy Terrine, quand des policiers noirs sont traités de «vendus » au milieu de manifestations ?  : « Il m’arrive d’entendre des agents de la RATP ou de la SNCF être traités de « vendu » parce qu’ils auraient verbaliser un contrevenant « compatriote », c’est minable d’agir ainsi. Vous êtes en faute, faites profil bas si l’agent vous laisse une faveur, c’est à son appréciation. » conseille vivement le brigadier.

Image d’illustration (capture d’écran)

Cet uniforme de policier qu’il enfile chaque jour depuis une dizaine d’années, le gardien de la paix, assure le porter avec dévouement : « Aider mon prochain, être en contact avec l’autre me donne cette force de me lever chaque jour. C’est une profession formidable et très dure en même temps. Une expérience extraordinaire, en toute connaissance de cause,  avec du recul,  je ne referais pas ce choix,  c’est énormément de sacrifices. »

Le gradé Jimmy Terrine conclut : «La majorité des policiers font leur travail avec courage et dévouement, sauve chaque jour des milliers de vies au risque de la leur, il est regrettable que pour une minorité visible la majorité soit vilipendée»

Le GPX, groupement des policiers ultramarins, a été fondé en 2003. L’association « lutte pour faciliter » les mutations de leurs collègues vers leur région de naissance et participe à diverses actions. On lui doit d’être parmi les premiers à réclamer et obtenir qu’un hommage national soit rendu à la policière Clarissa Jean-Philippe, abattu de sang froid, dans le dos par le terroriste Amedy Coulibaliy, en 2015 à Montrouge dans les Hauts-de-Seine. (Jimmy Terrine)

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Beyonce recevra un prix humanitaire aux BET Awards pour son activisme et sa philanthropie

La superstar serait honorée du prix humanitaire lors de la cérémonie du 28 juin pour ses années de travail philanthropique. L’Académie des BET Awards rappelle toutes les actions entreprises par Beyoncé Carter pour les plus démunis dans la communauté noire.

Récemment, l’artiste a sorti un nouveau titre « Black Parade » qui profite essentiellement au Black Business Impact Fund de sa campagne « BeyGOOD », administré par la National Urban League. L’objectif est de soutenir les petites entreprises à la communauté noire dans le besoin.

Beyoncé activiste a posté lors de la fête de Juneteenth, un message qui promeut l’excellence noire : « Happy Juneteenth. Être noir , c’est être engagé. L’excellence noire est une forme de protestation. Votre joie est un droit ».
Beyoncé est en lice pour d’autres récompenses BET Awards, dont le BET Her Award. Dans cette catégorie, Beyoncé a reçu une nomination pour « Brown Skin Girl », dans lequel sa fille Blue Ivy Carter participe, ainsi que WizKid et SAINt JHN.

Les BET Awards 2020 vont également récompenser Alicia Keys, Nicolas Johnson, Timbaland, Swizz Beatz et D-Nice.

L’activiste franco-malienne Assa Traoré a été sélectionnée pour le BET International Global 2020.

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