Génocide colonial : La Namibie rejette 11,7 millions de dollars de l’Allemagne, elle veut des «Réparations» pas la «cicatrisation des blessures»

«Non acceptable» :  La Namibie rejette l’offre de 11,7 millions de dollars de l’Allemagne visant à expier le génocide de dizaines de milliers d’Africains à l’époque coloniale. Le président namibien Hage Geingob a également contesté l’utilisation par Berlin de l’expression «cicatrisation des blessures» à la place du terme réparations.

«L’offre actuelle de réparations faite par le gouvernement allemand reste une question en suspens et n’est pas acceptable pour le gouvernement namibien», a déclaré Hage Geingob. Le gouvernement namibien prévoit de négocier une «offre révisée».

Pendant l’ère coloniale entre 1904 et 1908, l’Empire allemand a tué jusqu’à 80 000 personnes Herero et Nama en réponse à une résistance anticoloniale, selon le US Holocaust Museum. Selon d’autres estimations, le nombre d’Africains tués est de plus de 100 000 personnes. À la suite d’un soulèvement anticolonial, les forces allemandes ont assassiné au moins 65 000 Herero et 10 000 Nama.

Les descendants de ceux qui ont survécus au génocide disent avoir droit à 4 milliards de dollars d’indemnisation de l’Allemagne. Les Allemands ont perpétré ce qu’on a appelé le «premier génocide du XXe siècle», afin d’accéder à la terre des indigènes. Environ 80 pour cent du peuple Herero et la moitié du peuple Nama ont été anéantis. À ce jour, une grande partie des terres de Namibie appartient aux descendants de colons allemands.

Bien que la Namibie et l’Allemagne négocient depuis 2015 des excuses officielles et une compensation de l’aide du pays européen, l’Allemagne refuse de payer directement des réparations à la Namibie. L’Allemagne affirme que l’argent qu’elle a donné à la Namibie sous forme d’aide au développement a remplacé le besoin de réparations officielles.

Victimes de la répression lors du génocide sud-ouest africain.

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Source et Images AtlantaBS/UC Santa Barbara

 

Des berlinois en colère, un nom de métro jugé raciste rebaptisé par celui d’un antisémite

Rien ne va plus du côté de la station de métro Mohrenstraße, les habitants et une partie de la classe politique est en colère, selon la chaîne de télévision locale RBB 24. Depuis plusieurs années, cette station était identifiée comme mohrenstraße, faisant référence de manière péjorative aux Maures, les populations berbères d’Afrique du Nord. La société de transport a finalement réagi et vendredi dernier, Mohrenstraße est devnue Glinkastraße. Seulement, Glinkastraße est le nom d’un compositeur russe du XIXème siècle (Mikhaïl Ivanvitch Glinka), le fondateur de l’école musicale russe, surtout connu pour avoir été nationaliste et antisémite.

La classe politique, les Verts et le parti Gauche Radicale Die Linke, ont regretté qu’un nom « insupportable et discriminant » soit remplacé par un autre ‘qui humilie et discrimine ». La société de transport a annoncé que ce n’était qu’une solution possible mais pas définitive, elle réfléchit à une autre option.

Cette affaire de changement de nom intervient dans le contexte de la mort de George Floyd où les symboles racistes du passé ont créé des débats et des actes inédits aux USA comme en Europe. Déboulonnage de statue en Angleterre, tags aux USA ou des actes vandalisme en France. Le 4 juin dernier, une semaine après la mort de George Floyd, la station avait temporairement été baptisée du nom l’Afro-américain.

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ImageStern/Yahoo/