Fierté : Mory Sacko a sa 1ère étoile au Guide Michelin, le 1er restaurant avec l’Afrique au menu !

Ce plat de Picanha de bœuf, sauce maté au Tamarin avec une pointe de rumsteak de bœuf macéré au beurre de karité, moelleuse et juteuse, légèrement marbrée et cuite saignante à cœur, garnie de fines pétales d’arachide croustillants » a conquis les inspecteurs du Guide Michelin. 

Mory Sacko révélé dans Top Chef en 2020, devient donc le prestigieux propriétaire d’une étoile au Guide Michelin. Il a 28 ans, est également lauréat du prix de « Jeune Chef » 2021 avec Coline Faulquier.

Heureux, Mory Sacko a partagé son euphorie sur son compte Instagram : « C’est aussi l’occasion de fêter le fait que nous soyons le premier restaurant ayant l’Afrique au menu (entre autres) distingué par le Guide Michelin en France, quelle fierté ! »

Son restaurant Mosuké est situé au 11 rue Raymond-Losserand, Paris, 75014 – Rive Gauche, ouvert depuis un an, il vient d’avoir sa première étoile au Guide Michelin.

MoSuke : Mo pour Mo(ry) et Suke en hommage à (Ya)suke qui est le premier et seul Samouraï africain ayant existé au Japon. « Il représente la personnification de l’esprit que je souhaite donner a ce restaurant » (Mory Sacko)

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images Facebook

 

Pour sauver le lambi de la Caraïbe, une chercheuse préconise des écloseries et des nurseries géantes pour ces mollusques

Avec une durée de vie estimée de 25 à 40 ans, le lambi (Strombus gigas) est un mets délicat qui a longtemps été récolté comme nourriture et apprécié pour ses belles coquilles.

Après le homard, c’est l’une des pêcheries les plus importantes des Caraïbes. Malheureusement, l’espèce est confrontée au défi de savoir comment résister et prospérer. Sa population diminue constamment en raison de la surpêche, de la dégradation de son habitat et des dommages causés par les intempéries. Dans certains endroits, les populations sont si faibles que le reste des conques ne peut trouver de partenaire de reproduction. Cette situation désastreuse est urgente d’un point de vue écologique et économique annonce Harbor Branch de la Florida Atlantic University.

Pour protéger cette pêcherie de mollusques, les scientifiques du Harbour Branch Marine Studies Institute de l’Université Florida Atlantic ont consacré plus de 40 ans de recherche à la science et à l’art du lambi. Leur dernière contribution est un manuel d’utilisation de 80 pages qui fournit des illustrations et des photos complètes sur la façon de cultiver le lambi. Récemment publié par la National Shellfish Association, le guide sur l’aquaculture du Strombus gigas a été écrit en collaboration (pendant deux ans) avec des pêcheurs de Conservation Conciencia, de l’Association des pêches commerciales de Naguabo et de Porto Rico. Le manuel propose des projets d’écloserie et de nurserie, un vaste programme de conservation, d’éducation et de culture marine réparatrice pour le lambi.

Des milliers de coquilles d’escargots vides bordent la côte Caraïbe

«J’ai écrit cette édition pour les pêcheurs portoricains de la Naguabo Fisheries Association, qui apprennent maintenant à diriger l’écloserie et la pépinière de lambis de Naguabo», a déclaré le Dr Megan Davis, auteure et professeure de recherche en aquaculture et en élevage.

L’objectif est de produire jusqu’à 2 000 alevins de lambis dans une installation d’aquaculture gérée par des pêcheurs et de les relâcher dans l’habitat des alevins de conque. L’équipe travaillera avec la communauté des pêcheurs pour utiliser les infrastructures d’aquaculture de conques, pour fournir des revenus diversifiés à la communauté des pêcheurs, pour promouvoir les pratiques aquacoles et la future population aquacole pour la pêche et la sécurité alimentaire.

«Notre projet de culture du lambi à Porto Rico sert de modèle pour rendre les populations disponibles pour les pêcheries futures et pour soutenir la sécurité alimentaire ailleurs à Porto Rico et dans les Caraïbes» assurent les chercheurs.

Avec la publication récente de ce manuel du savoir-faire, le Dr Megan Davis et ses partenaires ont élargi la demande à travers les Caraïbes, y compris les Bahamas, Porto Rico, Curaçao, Antigua et les îles Turques et Caïques. 

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images Megan Davis queenconch202 -Source Harbor Branch  et Florida News Times

 

Babette de Rozières, Valérie Pécresse toutes leurs actions pour les restaurateurs, les grands perdants dans cette pandémie

Dans cette crise sanitaire hors norme et inédite, de nombreuses mesures ont été prises pour enrayer l’inéluctable progression du nouveau coronavirus. Si le gouvernement s’est concentré sur l’aspect sanitaire en confinant la population à deux reprises, l’impact de ces décisions sur l’économie est, du point de vue des économistes, une catastrophe pour les petits commerces. Mais les victimes les plus touchées par ces confinements répétés ce sont eux, les commerces de bouche, pestent les professionnels. Les restaurateurs, les organisateurs d’évènementiels et les gérants de boîtes de nuit, ce mardi 24 novembre 2020 ne décolèrent pas, et pour cause, ils seront de nouveau les seuls corps de métier à garder portes closes.

Sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels, les restaurateurs montrent leur désespoir, ils manifestents, interpellent, ils sont à bout. Notre rédaction a rencontré Babette de Rozières, une personnalité qui mêle ses compétences professionnelles de gastronome et ses compétences politiques pour venir en aide aux milliers de restaurateurs parisiens victimes collatérales du nouveau coronavirus.

C’est une atteinte à la liberté d’entreprendre, à la liberté du commerce. Une liberté de plus supprimée et qui s’ajoute à la liste des autres dont J’évite à faire la liste. Tout ceci est contraire au principe d’égalité de traitement et qui devrait à mon avis justifier d’un recours devant le conseil d’État estime la fondatrice du salon de la gastronomie des Outre-mer.

Dans cette interview qui suit, la guadeloupéenne, chiffres à l’appui, fait état d’une situation complexe pour les commerces et détaille les différentes mesures préconisées et adaptées par la Région, parallèlement aux aides insuffisantes du gouvernement, juge Babette de Rozières.

C’news Actus Dothy (CNAD) : Vous, êtes au coeur de la restauration, vous dirigez un festival culinaire très suivi, que pensent les professionnels autour de vous?

 Babette de Rozières : Tous les acteurs des métiers de bouche et d’évènementiel sont à l’agonie.  C’est d’ailleurs tout un pan de la culture française qui est en train de disparaître. Ce ne sont pas les effets d’annonces de prêts et d’aides qui éviteront leur mort déjà programmée. 

Quel impact à court et à long terme pour ce commerce de bouche?

 Babette de Rozières : Sachez que la restauration avant la Covid-19, c’est 220.000 restaurants dans l’Hexagone dont 10% en Île-de-France. C’est aussi 800.000 emplois directs et un nombre incalculable d’emplois en amont et un nombre incertain d’emplois indirects, comme les extras, les jobs d’été pour les étudiants et les travailleurs au chômage non-déclarés. On estime aujourd hui à plus de 10 milliards d’euros la perte de Chiffre d’Affaires, avec des conséquences sociales et dramatiques.

 Babette de Rozières : La restauration rapide (les plats a emporter) c’est 47% du commerce en France avec un Chiffre d’Affaires de plus de 40 milliards d’euros et 200.000 salariés. A la rentrée de septembre 2020 on estimait déjà plus de 30% de fermeture, de dépôts de bilan, de faillites. Beaucoup de restaurateurs dépriment car à la réouverture, ils  ne pourront pas faire face aux besoins de trésorerie pour régler leur charges courantes car, les aides apportées par l’État ne suffisent plus.

Il faut rester objectif la reprise ce n’est pas pour demain la relance non plus c’est le désarroi. Aujourd’hui, 20% des restaurateurs ont mis les clés sous la porte et le chômage atteindra un niveau record. À long terme, ce seront des cascades de dépôt de bilan et un chômage en masse qui s’annonce. On fait porter le chapeau aux restaurateurs qui sont devenus le bouc émissaire du gouvernement. Avec ce 2ème confinement, ils se sentent sous perfusion.

Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes? 

 Babette de Rozières : Croyez-vous sincèrement que c’est avec  10 000 euros, que ces commerçants peuvent compenser plusieurs mois de fermeture de leur activité ? Bon nombre de petits commerçants n’ont à ce jour pas pu bénéficier de ces aides soumises à certaines conditions. 

Face aux cantines et aux Fast-Food ouverts durant ce dernier confinement, quelles sont les questions que vous vous posez?

 Babette de Rozières : Je ne me pose pas de question je considère que c’est une mascarade un non-sens. Il faudrait poser cette question au gouvernement sur les différences de traitement. il n’y a aucune logique scientifique à donner est-ce une forme de discrimination ? Je m’interroge … Je pense que ceux qui prennent ces décisions n’ont rien compris, ils mélangent tout.

Les Fast-Food parlons-en ! Peut-on décemment comparer un fast food à un restaurant à la française. Je pense que l’on devrait faire une classification des
restaurants comme on l’a fait pour les hotels. De la même manière qu’il y a des hôtels 1,2,3 jusqu’à 5 etoiles luxe on devrait pouvoir aussi classer les restaurants pour le respect du métier. On ne peut pas classer un restaurant traditionnel un 3 étoiles et un Fast-Food dans la même catégorie dit «restaurant».

Vous vous êtes organisées avec Valérie Pécresse, la Présidente du Conseil Régional d’Île-de-France pour pallier aux difficultés financières des restaurateurs. Pouvez-vous expliquer ces actions?

 Babette de Rozières : Pour venir en aide aux restaurateurs Valérie Pécresse a mis en place plusieurs dispositifs d’aides aux petits commerçants : 

1– Le prêt rebond à 0% d’intérêt remboursable sur 6 ans avec un différé de 2 ans pour un montant de 10000 à 300000 euros pour des commerçants de 0 à 50 salariés.

2– Le prêt résilience à 0% d’intérêt remboursable sur 6 ans avec un différé de 2 ans pour un montant allant jusqu’à 100.000 euros pour permettre aux commerçants (de 0 à 50 salariés) qui ne peuvent pas bénéficier de prêts bancaires de pouvoir disposer d’un fond de roulement leur permettant d’ouvrir leur restaurant dans de meilleures conditions.

3- Un chèque numérique de 1 500 euros pour faciliter le click and collect.

4– Un chèque de 1 000 euros pour aider les petits commerçants de 0 à 10 salariés à payer leur loyer.

5 Elle ne s’est pas arrêtée là, elle soutient également les intermittents de la restaurant (appelés communément dans le métier les extras) ce sont des mères et des pères de famille qui souffrent et qui ne travaillent plus depuis le premier confinement et qui n’ont aucun statut. Pour ces extras l’Etat ne fait rien, ce sont les oubliés.

Valérie Pécresse est aussi intervenue auprès des assurances pour leur demander de faire un geste afin de permettre aux restaurateurs qui ont souscrits une assurance perte d’exploitation d’avoir une petite compensation.

Selon vous la Présidence avait-elle le choix de faire autrement que de priver les restaurateurs de leur principale activité?

 Babette de Rozières : Bien sûr elle avait le choix de faire autrement qui gouverne ???? On n’a pas le droit de tuer le gagne-pain d’autrui et c’est ce qu’elle fait depuis 6 mois. Il y a des commerçants qui ne se relèveront pas. Elle n’a surtout pas compris qu’un commerçant ce n’est pas un fonctionnaire et qu’il est de son intérêt de respecter les consignes sanitaires pour la santé des autres et sa propre santé. Il n y a pas plus discipliné qu’un restaurateur. Le restaurateur à l’habitude de la discipline et de l’hygiène ils travaillent comme des militaires. Dans cette crise ils ont exécuté tout ce qu’on leur a demandé ils ont respecté les consignes sanitaires. Leur fermeture, c’est une injustice ! On doit traiter les restaurateurs comme les autres commerçants. Je constate que depuis toujours, les restaurateurs sont toujours suspects aux yeux de l’administration.

Qu’aurait-fait la Région, une autre alternative était possible?

Babette de Rozières : La Région ne peut que se soumettre aux décisions du gouvernement et agir pour aider ces commerçants en détresse. Je pense que Valérie Pécresse Présidente règlerait différemment ces problèmes. En tout cas la France ne manque pas de masques de gants et de tests comme cela a été le cas au débit de la pandémie. Souvenez vous la présidente de la Région était au front pendant toute la période de confinement, à distribuer des masques dans toute l’ile de France dans les hôpitaux, les Ehpads, les pharmacies, les commerçants, les lycées les gares dans toute l’Île-de-France. Elle a même envoyé des masques en Outre-mer alors que le gouvernement n’en possédait pas. Au début de cette pandémie il y a eu trop de cafouillages le gouvernement n’a rien pu gérer. Ils étaient dépassés, ils sont retrouvés impuissants devant cette les dégâts monstrueux de cette pandémie. On aurait pu sauver des vies.

Souvenez-vous de Sibeth Ndiaye alors porte-parole du gouvernement qui conseillait aux français de ne pas porter de masques. Selon, la ministre, les masques n’étaient pas nécessaires. L’objectif était de cacher aux français leurs faiblesses et la mauvaise de gestion de cette crise. Maintenant, on ferme les restaurateurs au motif que les clients ne portent pas de masques alors que scientifiquement rien ne prouve que ce sont les restaurateurs responsables des clusters. On stigmatise les restaurateurs ce sont les boucs émissaires du gouvernement c’est scandaleux ! À côté de cela les supermarchés sont ouverts et cela ne gêne personne.

Votre dernier mot en cette fin d’année 2020?

Babette de Rozières : Il est temps que tout cela cesse pour que la
France et ses Outre-mer retrouvent la paix sociale bien méritée pour préparer un avenir serein.

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy

Miss France 2021: Sonia Rolland et Vaimalama Chaves dans le Jury composé à 100% d’anciennes Miss

Les jours approchent à grand pas pour l’élection la plus médiatisée de France, celle qui élira la prochaine Miss France pour l’année 2021. Déjà déplacé pour cause de Covid-19, le concours est maintenu et pour preuve les préparatifs vont bon train. Pas de sable fin ni de cocotier, mais un voyage non loin du château de Versailles, dans un hôtel chic et glamour que les 29 Miss régionales se sont se sont entraînées pour le jour J. tout en enregistrant leur vidéo de présentation.

Soirée d’élection 14 décembre 2019 au Dôme de Marseille

Du côté de la production tout va bien également. Ce samedi, un Jury exceptionnel a été dévoilé dans les colonnes du quotidien francilien Le Parisien. Et le casting est exceptionnel.

Vaimalama Chaves et Clémence Botino

Aux côtés d’Iris Mittenaere, la présidente du Jury, plusieurs anciennes Miss auront pour mission de départager toutes les candidates désignées au sein de leur comité respectif. Dans ce Jury composé à 100 % d’anciennes Miss France, les téléspectateurs vont retrouver des anciennes gagnantes comme Linda Hardy (1992) et Elodie Gossuin (2001). Mais également Sonia Rolland, élue Miss France 2000 et Vaimalama Chaves, élue plus récemment Miss France 2019.

Sonia Rolland Miss France 2000

La cérémonie aura lieu le 19 décembre, présentée par Jean-Pierre Foucault et Sylvie Tellier, la soirée du sacre de la nouvelle Miss France sera retransmise depuis le Puy du Fou, élu meilleur parc d’attraction traditionnel du monde. Encore quelques semaines, et Clémence Botino passera sa couronne à celle qui la succédera pour une année 2021 qu’on espère sans doute plus bienveillante.

Sacre de Clémence Botino, Miss France 2020 à Marseille

Dorothée Audibert-Champenois rédactrice en chef de CNEWSACTUSDOTHY/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy -Images Capture d’écran C’news Actus Dothy

 

Canada: Des images inédites de la Martinique et de la Montagne Pelée au Musée des Beaux-Arts qui ouvre un département « Arts de l’Afrique et de la diaspora »

Le Musée des Beaux-Arts de l’Ontario (AGO) annonce la création du nouveau Département des Arts de l’Afrique et de la diaspora (Department of Arts of Global Africa and the Diaspora) qui aura en charge de promouvoir les collections du musée, ses expositions et programmes d’Art historique et contemporain d’Afrique. Il coordonnera (entre autres) les recherches et les expositions qui mettront en évidence l’impact de l’art africain, des histoires de l’Art et des migrations, passées et actuelles.

Collection Patrick Montgomery

Dans le même temps, un nouveau groupe, les Amis de l’Afrique dans le monde et de la diaspora, a été formé avec le double objectif de soutenir le travail du Département et créer un forum plus dynamique pour les voix des communautés, soulignent les responsables du Musée.

Femmes de Trinidad en 1890

Les Amis de l’Afrique et de la diaspora seront coprésidés par Liza Mauer et Dr. Liza Murrell.

Femme de Martinique, 1890

En 2019, le musée a pu, avec un important soutien de la communauté,  acquérir la collection Montgomery de photographies des Caraïbes, une collection de plus de 3500 images historiques des îles de l’Archipel dont la Jamaïque, la Barbade et Trinidad, couvrant une période de 1840 à 1940. La plus grande partie de cette collection, contient des portraits de studio, des paysages et des vues touristiques.

Photos inédites de l’éruption de la Montagne Pelée, Martinique

Certaines photos sont inédites comme celles qui montrent l’éruption en 1902 de la montagne Pelée, en Martinique, qui avait détruite toute la ville de Saint-Pierre. Le collectionneur américain Patrick Montgomery a réuni ces photos d’époque en Europe et au Royaume-Uni au cours de la dernière décennie.

Saint-Pierre, Martinique

Membre actif du conseil d’administration de l’AGO depuis 2016, Liza Mauer est à la base de ces nouvelles initiatives. Avec son mari, le Dr Frederick Murrell, le couple a contribué à sécuriser la collection Montgomery, avec le généreux soutien de 27 donateurs, dont beaucoup sont issus des communautés noires et caribéennes.

Patrick Montgomery, collectionneur

Patrick Montgomery est un collectionneur de photographies basé à New York. ll y a plusieurs années, durant ses vacances dans les Caraïbes, il lui arrivait de visiter les musées locaux et Patrick Montgomery s’étonnait de ne voir aucune photo ni de collections de photographies anciennes.

Femmes d’un marché, Martinique

Cette curiosité l’a conduit à rechercher des clichés historiques sur les gens et les paysages de la Caraïbe. Son projet de dix ans l’a emmené en France et au Royaume-Uni. Patrick Montgomery a finalement constitué ce qui est considéré aujourd’hui, comme l’une des collections les plus importantes et les plus complètes de photographies historiques des Caraïbes.

Kingston Harbor, 1891

La galerie AGO a reçu la collection Montgomery de photographies des Caraïbes, grâce à la donation de Patrick Montgomery et surtout à la campagne de financement des membres des communautés noires et caribéennes de Toronto. La collection sera officiellement inaugurée en 2021.

Photographie prise à Montego Bay, Jamaïque

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @c’news Actus Dothy
Images @Patrick Montgomery

Antilles-Cannes: «La vraie histoire du Zouk», succès d’audience auprès du public du Festival du Film panafricain

Ce mardi 27 octobre 2020, un film était particulièrement attendu par tous les visiteurs du Festival du Cinéma Panafricain à Cannes. Le réalisateur Blaise Mendjiwa, présent à l’évènement qui, exceptionnellement, se déroule en Octobre, présentait deux films, sortis sur le grand écran cette même année 2020. «Le monde racisé du cinéma français» a fait son avant-première le lundi 3 février dernier, il est hors compétition et aujourd’hui, son nouveau film : « La vraie histoire du Zouk » est sélectionné au FIFP, dans la catégorie des documentaires longs formats.

Joelle Ursull

52 minutes d’interviews et de musique pour tenter de restituer quelques vérités sur le Zouk créé par des martiniquais ou des guadeloupéens? Blaise Mendjiwa qui vit depuis plusieurs décennies en Guadeloupe est allé à la rencontre d’artistes censés lui donner des réponses précises. Naturellement, le camerounais a interrogé des anciens musiciens, convaincus d’en être les auteurs et le réalisateur, s’est aussi appuyé sur les témoignages d’interprètes, tous jeunes dans les premières années du Zouk.

Blaise Mendjiwa, le réalisateur de « La vraie histoire du Zouk »

Même un procès ne pourrait « donner la paternité» à qui que ce soit, mais ce qui est certain, note Blaise Mendjiwa le narrateur, dans ce combat fratricide, les guadeloupéens et les martiniquais ont fait de grandes choses ensemble pour que ce rythme évolue. Le Zouk a balayé les musiques d’Antan (calypso, méringue, valse) et sa réputation est au-delà des pitons du Carbet en Martinique que de la Soufrière en Guadeloupe. Comme un protagoniste le répète dans « La vraie histoire du Zouk » : «Kassav a promotionné le Zouk», en jouant au quatre coins du monde. «En Martinique», raconte Jacob Desvarieux, «on était surpris mais heureux quand il y avait plus de 5 000 personnes à nos concerts, mais lors de notre première tournée en Afrique (en Côte-d’Ivoire), plus de 25 000 personnes nous attendaient, ensuite il y a eu plus de 100 000 qui venaient nous voir».

Kassav à Londres Shepherd’s Bush Empire

Roland Louis a fondé les Zoukers en 1974 mais est-ce lui, le père du Zouk? Une question longuement débattue dans la première partie du film.

Roland Louis

Jacob Desvarieux, Tanya St-Val, Freddy Marshall, Pierre-Edouard Décimus, Henry Debs, Jocelyne Béroard et d’autres musiciens ont tous été questionnés. Blaise Mendjiwa a consulté les archives qui ont levés le voile sur les apports artistiques et techniques de nombreux artistes qui chantaient le Zouk dans les années 1980, des stars de l’époque. L’énergie de Zouk Machine ou Joelle Ursull a entraîné des perceptibles mouvements de reins chez  les spectateurs antillais chauffé à blanc dans la salle Miramar cannoise.

Zouk Machine

Comme à son habitude, le chansonnier Franckie Vincent a prouvé que malgré les années, il gardait son humour grivois, annonçant pompeusement que si Kassav est le Roi du Zouk, lui, il en est le Prince.

Si techniquement le film pêche au niveau du montage et du mixage, reste que ce documentaire de 52 minutes a tenu en haleine les festivaliers du FIFP, heureux pour certains de revoir des artistes oubliés et de retrouver «le son de la langue créole». Une langue, comme le souligne avec insistance Jacob Desvarieux, vient de nos racines et qu’il faut préserver, «quitte à se renseigner chez les plus anciens». À sa création, c’était également le voeu des membres du groupe Kassav, valoriser la langue mais aussi les instruments (comme le Kâ) qui font l’authenticité culturelle du peuple guadeloupéen. Une démarche qui se voulait politique, même dans le choix des textes.

Le film-documentaire sera en salle dans le courant de l’année 2022, pour l’heure, il est en lice ce mercredi au FIFP pour le prix du long documentaire.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy Images @C’news Actus Dothy

Martinique-Urgent : Casting tous profils pour un film documentaire et un livre photo, un projet de Jonathan Menialec

Jonathan Menialec a un grand projet en préparation sur le thème de l’identité et pour se faire, le jeune photographe qui s’est fait une réputation européenne, en exposant au coeur de Londres en 2019, part à la conquête des martiniquais. L’antillais, artiste-photographe envisage de publier un livre portrait et dans le même temps de tourner un documentaire dans lequel il montrera à travers son objectif, des visages de compatriotes ayant différents profils. Son objectif est de « faire voir », la multiplicité identitaire qui compose la population martiniquaise, dont les origines sont diverses.

Qu’ils aient des traits, indiens, africains, asiatiques ou européens, cette diversité compose désormais et depuis plusieurs siècles l’identité caribéenne pour les »parlants anglais » ou « antillaise » pour nous « parlants français, anglais ou créole ».

Ce projet englobe des prises de photographies, des vidéos artistiques et des interviews tout au long de la période de tournage entre le 10 décembre 2020 et le 10 janvier 2021. Tous les martiniquais sont concernés et seront retenus dès lors qu’ils respectent les conditions du projet « Identité ». Des familles :  Parents, enfants, frères, soeurs, grands parents, petits enfants d’une même lignée seront les bienvenus dans cette série de portraits. Mais également des mannequins de tous âges, des artistes « pour mettre leurs oeuvres en avant », peintres, musiciens, sculpteurs, bijoutiers, créateurs ou poètes.

Le casting est ouvert aux scolaires, aux personnels de santé, aux ouvriers, aux agriculteurs, aux enseignants, aux cadres, et surtout à des « profils atypiques », ceux qui ont connu des expériences extraordinaires ou singulières.

Par ailleurs, le réalisateur-photographe mettra à disposition les portraits aux participants pour ceux qui le souhaitent : contact@indigochromia.com .

Pour mieux comprendre l’ambitieux projet de Jonathan Menialec, voici ici le lien qui conduit à « Identité » Vous cliquez ici.

Bon casting et bon tournage aux martiniquais.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy

Angleterre : Pour le Black History Month des boîtes aux lettres rouges changent de couleur

Pour célébrer octobre, le mois de l’histoire des Noirs, quatre des boîtes aux lettres rouges qui caractérisent la tradition anglaise, ont été peintes en noir et en or et ornées d’images réalisées par des Noirs.

Le Royal Mail a déclaré qu’il avait sélectionné une boîte aux lettres dans chacune des quatre parties constitutives du Royaume-Uni – Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord – et les avait peintes en noir avec une bordure dorée en haut. Elles resteront peintes pendant tout le mois d’octobre, qui est le Mois de l’histoire des Noirs.

A Brixton, la boîte aux lettres choisie est située à proximité du centre du patrimoine Black Cultural Archives à Brixton, une zone du sud de Londres qui a longtemps été une plaque tournante pour la communauté caribéenne et d’autres groupes minoritaires noirs.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Reuters

Manjé An Lo-Kalité et Loka-Lité : Tricia Evy, ses amies et plus de 24 000 membres réinventent «le bon manger antillais »

Manjé An Lo-Kalité, comme Loka-Lité « C’est un groupe avec,  pour l’instant des femmes à sa tête, mais les hommes ont leur place et nous avons des adhérents masculins très actifs. On aimerait bien un équilibre mais pour l’instant, nous les femmes, sommes majoritaires » explique l’influenceuse Tricia Evy. Le groupe et ses déclinaisons est leader sur le Net pour ses recettes maisons, pour ses conseils aux débutants, pour les échanges d’idées. Il révèle des talents, secoue les idées reçues, réinvente la nourriture saine et de qualité, le tout dans une grande fraternité. Un succès qui s’affiche sur le réseau social Facebook depuis plusieurs mois.

Ce 22 juin 2020, le groupe Lo-Kalité*, créé une semaine après l’annonce du confinement Covid-19, a fêté ses 3 mois d’existence et avec beaucoup de souffle, Tricia  Evy, l’initiatrice du projet, a éteint ces 3 bougies avec le sentiment du devoir accompli. Participer à la réappropriation de la culture, de l’agriculture, du savoir-faire et de l’exception culinaire antillais est une réussite, observent les internautes qui, tous, ont plébiscités l’idée, dès son démarrage.

Loin, la jeune femme est très loin des scènes parisiennes, antillaises et internationales où voluptueuse elle séduit son public d’où qu’il vient.  Son répertoire, un condensé de jazz caribéen et de chants traditionnels des Antilles fait pavoiser pendant ses spectacles. Mais Tricia Evy est aussi une femme de projets, une dame fière de son patrimoine créole.  Cette envie d’aider les commerces de proximité de Guadeloupe, est née durant le confinement, quand la France et ses Outre-mer souffraient  d’isolement dans un huis clos sanitaire imposé. Sans l’ombre d’un doute, la jeune guadeloupéenne a posé son micro et coordonné avec succès, un groupe solidaire dans la distribution de produits locaux,  depuis son île, la Guadeloupe.

Tricia Evy et Gaëlle Gimer, fondatrices et administratrices du groupe Lo-Kalité

Retrouver les gestes d’antan, comment couper, nettoyer, vider un fruit, écailler un poisson, préparer un légume, sentir les odeurs des produits transformés, apprendre à différencier des fruits qui se ressemblent et savoir où les trouver, sont les différents conseils  que ce groupe Manjé An Lo-Kalité, qui compte plus de 24 000 membres, distillent quotidiennement. Entre cours en visio ou publications sur les réseaux sociaux, les deux fondatrices Tricia Evy et Gaëlle Gimer, travaillent sans relâche sept jours sur sept et bénévolement, pour la cause.

Tricia Evy  et Mélanie Jacobin en visio conférence

« J’ai eu la chance de découvrir beaucoup de choses grâce au groupe. J’étais la première à être heureuse d’apprendre. On a même fait une rubrique Apprenons ensemble, dans laquelle on partage des informations. On fait des live pour informer la communauté des Loka-Litè.  Pour l’instant,  nous sommes en grande majorité des guadeloupéens sur le groupe. On grandit ensemble. » commente la chanteuse Tricia Evy.

Le fruit-à-pain       

La crise due au Coronavirus  a été une épreuve difficile à vivre pour certains mais une période de révélations pour d’autres. Et c’est le cas de Tricia Evy. Bien connue dans le domaine musical pour ses cadences jazz caraïbe, la jeune femme a prouvé durant la longue période de pause sociale qu’elle avait plus de cordes à son arc qu’on ne l’imaginait.  Avec le soutien et la complicité de nombreux amis, Tricia a lancé un énorme plan de solidarité qui a permis aux artisans, petits exploiteurs ou particuliers de redécouvrir le goût, les couleurs, les senteurs des millions d’espèces de fruits, de légumes mais également les variétés de poissons, et les viandes de qualité qui existent dans la Région Caraïbe. Saluée par tous les professionnels et amis, cette chaîne solidaire continuera, (elle l’assure) d’exister bien au delà du déconfinement.

Chiquetaille de morue, Madère et Bananes Jaunes

« Ayant pris conscience que les agriculteurs étaient en grande difficulté à cause du confinement, mon amie Gaëlle Gimer et moi, avons eu envie de les aider. On savait que les guadeloupéens voulaient soutenir les acteurs locaux, il fallait juste faire le lien entre les deux et c’est ainsi que Loka-Lité est né. C’était le 22 mars dernier. » 

Le chlordécone, ce pesticide interdit qui reste un poison dans les sous-sol tant en Martinique qu’en Guadeloupe, reste un point sensible que les animateurs du groupe Loka -Lité ne négligent pas : « On s’est tout de suite posé la question de la traçabilité des légumes. C’est pour ça qu’il y a un protocole d’annonce quand on veut poster une publication sur le groupe . Les internautes doivent préciser le mode de culture qu’ils proposent, si c’est du bio, s’il y a eu une utilisation de pesticides, si c’est une agriculture naturelle (Jardin créole, permaculture tec…) et surtout dans quelle zone les légumes sont produits car contrairement à ce que l’on pense les espaces chlordéconés, sont répertoriées. Les agriculteurs professionnels ou amateurs peuvent analyser leur sol. Pour cultiver et vendre des racines il faut avoir un certificat prouvant que le sol n’est pas contaminé. », des recommandations suivies à la lettre par les membres du groupe Manjé An Lo Kalité.

           

En créant le groupe et en diversifiant l’offre LoKa-lité sur les réseaux sociaux, Tricia Evy a encore prouvé que tout reste possible si l’on s’en donne les moyens. Après vient le temps pour pérenniser les projets  : « Nous voulons que Loka-Lité continue, que ça reste un outil de connexion entre les gens. Maintenant qu’on est déconfinés je vais en profiter pour filmer les acteurs locaux, mettre un visage et une âme sur tous ces beaux produits. »

« Nous avons beaucoup soutenu les locaux dans leur communication, en leur donnant des conseils pour qu’ils organisent leurs livraison. Et on a aussi aidé la communauté à trouver ce dont elle avait besoin. » avoue la chanteuse et fondatrice du groupe solidaire.

Recette de Christophines de Valentine Sagaliapidine Cousin Marguenat

« J’ai trop de vies à la fois. Donc la musique pour l’instant elle est en confinement. Dans cette période folle, je n’étais pas du tout inspirée. Moi c’est le partage, les rencontres, l’amour qui m’inspire. » conclut Tricia Evy, femme de cœur, femme de pouvoir, femme des Antilles.

                         *Manjé An Lo Kalité signifie Manger des produits de bonne qualité.

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Images Loka-Lité

«Eloj kréyol» (Éloge créole) : En duo, Dimitri Zéphir, designer d’objets guadeloupéen revalorise les traditions antillaises entre vannerie et porcelaine

Le dispositif-service à eau « Manman dlo », de Florian Dach et Dimitri Zéphir a été présenté à l’occasion de l’exposition «Le French Design – Best French Schools Projects» au Salone del Mobile Milano en Italie.

«Manman dlo » 

Du 17 avril 2018 au 22 avril 2018, 4 étudiants de l’EnsAD (Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs), invités par le FRENCH DESIGN by VIA*, arrivaient dans la ville de Milan pour dévoiler deux projets inédits dans le cadre de l’exposition «Le French Design – Best French Schools Projects». Parmi ces étudiants, Florian Dach (d’influence scandinave) et un jeune guadeloupéen, Dimitri Zéphir.

Dimitri Zéphir, designer guadeloupéen

Repéré avant même la fin de leur cursus, le duo designer fondateur de dach&zéphir remportent le concours de jeunes talents organisé par Cinna en 2014. Puis, ils seront sélectionnés en 2015 au Salon Maison et Objets dans la catégorie «Rising Talents». S’enrichissant de la thèse de maîtrise de Dimitri «Le maillage fertile d’un créole», à l’EnsAD en 2015, dach & zéphir a initié «Eloj kréyol» (Éloge Créole). Grâce à des objets témoins, ils «dévoilent et activent» les mécanismes qui nourrissent les processus de créolisation aux Antilles françaises d’où est originaire Dimitri Zéphir.

                                       

Bataille Rapa : La Figure de l’Autre

Dès 2017, le duo : Florian Dach et Dimitri Zéphir, lancera ce projet de recherche et de revalorisation de l’histoire des Antilles, dont le premier chapitre s’ouvre sur l’île de la Guadeloupe. Leurs créations restituent, assurent-ils : «Les ressources et les traditions locales, matériaux, techniques, typologies, scènes de vie. Éloge créole permet ainsi de générer un nouvel imaginaire de notre histoire culturelle dont les racines remontent entre autres à l’esclavage colonial», explique le duo de designer d’objets décoratifs . Aujourd’hui, l’Atelier Médicis présente dans leur colonnes, ces deux anciens étudiants de l’EnsAD qui entre 2017 et 2018 avaient cet objectif de porter au grand public toutes les richesses d’une culture créole avec « ses spécificités et sa singularité dans le paysage contemporain. »

Leur création «Rite», récompensée au concours Cinna Révélateurs de Tendance (2014)

«En substance, notre intention est de questionner ce qui fait l’histoire et l’identité. Nous abordons l’histoire et le patrimoine culturel comme une matière première , une forme de narration riche capable de produire un nouveau langage de matière, de formes et d’utilisations uniques à chaque artefact (fait avec Art). » résument les deux complices. Puissante image inspirée de la pratique du tissage dans la tradition antillaise et caribéenne, quand le magazine mensuel britannique Field Essays décrit le duo qui : «Entrelace une approche spéculative et scénarisée (Florian Dach) avec une rencontre artisanale et poétique (Dimitri Zéphir)» . Complémentaires dach&zéphir.

Originaire de la Guadeloupe, Dimitri Zéphir est un designer d’objets et co-fondateur du studio de design dach&zephir avec son alter égo Florian Dach dont il fait la connaissance sur les bancs de l’Ecole nationale supérieure de Arts décoratifs de Paris.

L’antillais dont le père est artisan métallurgiste, a grandi à Sainte-Rose, au Nord de la Basse-Terre, en Guadeloupe. Sa passion pour le dessin et l’histoire l’amène, dès son plus jeune âge, à s’orienter vers une pratique artistique. L’adolescent réussit son baccalauréat STI arts-appliqués au Lycée Rivière des Pères de Basse-Terre (Guadeloupe) puis il s’en va vers l’Hexagone.

Dimitri Zéphir étudie le design d’objet à l’école Boulle, à l’ESAAB de Nevers, avant d’intégrer l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris dans la même discipline. Il est admis ensuite à l’ECAL de Lausanne en design industriel (échange Erasmus).

Les mailles fertiles d’un Créole (The fertile mesh of a Creole, EnsAD, 2015)

Pour son mémoire de fin d’études intitulé « Les mailles fertiles d’un créole », le jeune guadeloupéen s’inspire des ouvrages de l’écrivain martiniquais Edouard Glissant, le fondateur de l’Institut du Tout-Monde à Paris. Comme Edouard Glissant qui célèbre une vision métisse de l’identité en inventant le concept du «Tout-Monde» et de la «créolisation», le duo dach&zéphir nous plonge dans une réflexion sur l’histoire de l’héritage culturel des Antilles et de sa transmission.

Dans leur catalogue le brassage des cultures prédomine. Tous deux interprètent et réinventent les traditions antillaises. Et, le projet Eritaj Kontré en est un exemple abouti, il associe l’Art de la vannerie antillaise à celle de la faïence nivernaise. Production céramique de la région de Nevers, la faïence nivernaise apparaît dans cette commune du Centre de la France à la fin du 16ème siècle. La particularité de sa décoration introduite dès 1650, reste des dessins en bleu sur fond blanc.

                   

En s’appuyant sur les traditions locales de l’Archipel antillais, les personnages du duo dach&zéphir sont à l’image des hommes et des femmes d’Antan des régions de la Caraïbe.

                 

D’autres objets qu’ils imaginent «racontent la fusion de vagues polonaises, espagnoles, portugaises et algériennes avec la culture française» note Le Monde Magazine du samedi 30 mai 2020.

                                   

Leur prochain rendez-vous, les amènera à Hyères en octobre prochain, pour la finale du Festival internationale de mode. A cette occasion, les deux designers d’objets décoratifs exposeront des bijoux de tête, toujours inspirés des différents flux migratoires qui ont marqués et qui font encore l’Histoire de la France.

*Le VIA : Le FRENCH DESIGN INCUBATEUR, qui succède aux aides à projets et à la carte blanche du VIA, permet le développement de binômes innovants designer et éditeur/fabricant et les accompagne dans l’objectif de porter leur projet commun jusqu’au marché. Le Label Innovation est attribué à un binôme ayant une problématique design innovation, il profite d’un accompagnement complet et spécifique du FCBA (French Design).

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ENQUÊTE … Dorothée Audibert-Champenois – Images VIA – Imglade/Instagram et Galerie La Figure de l’Autre dach&zéphir