Marion Maréchal : Ils nous demandent en plus de «salir la mémoire de nos ancêtres»

Marion Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen s’est fait entendre après les manifestations de colère de militants et d’associations anti-racistes après la mort par asphyxie de l’Afro-Américain George Floyd, il y a quinze jours à Minneapolis. Suspecté de fraude, l’homme menotté et au sol est resté immobilisé, le genou d’un policier coincé sur son cou, pendant 8 minutes et 46 secondes. Demandant à respirer tout ce temps, George Floyd est finalement mort sans doute pour un faux billet de 20 dollars. Sa mort a déclenché dans toute l’Amérique, une série de protestations et d’actes inédits, déboulonnements de statues d’esclavagistes, genou par terre de centaines de militaires ou de policiers en signe de solidarité et d’empathie envers les victimes de violences policières.

     

Des contestations ont résonné jusqu’en Europe et en France cette mort brutale a été comme un ressort pour la famille d’Adama Traoré, un jeune homme, mort lors d’une garde à vue un certain 19 juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise. Lancée par sa sœur aînée, une longue procession s’est tenue dans Paris, le mardi 2 juin et dans d’autres villes françaises, Lille, Marseille et Lyon.

Dans le même temps, sont aussi dénoncées les violences policières qui tuent dans les banlieues. Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner dans un discours musclé demande la fin de certaine pratique policière à risque, comme l’est l’utilisation du taser.

 

Dans ce contexte national, Marion Maréchal, ancienne députée du Rassemblement national, s’est exprimée dans une vidéo enregistrée mercredi 10 juin et vue dans les médias ce jeudi. En introduction, la jeune femme assure être « prise dans un rouleau compresseur à travers l’affaire George Floyd d’une part et Adama Traoré, de l’autre ».  Et la présidente de l’ISSEP, qui dit refuser « de mettre un genou par terre » comme le demande le ministre de l’intérieur a indiqué que « tous ces groupes de militants, de BlackLivesMatter et d’indigénistes » cherchent non le respect, mais l’humiliation. Et dans ce contexte, Marion Maréchal accusent le ministre Castaner et le président Emmanuel Macron de « manœuvres politiques » et de tentatives de « subversions des esprits ». Pour conclure dans cette vidéo de 1mn 48 secondes, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen considère qu’elle « n’a pas à s’excuser en tant que blanche et en tant que française (…) pour la mort d’un Afro-Américain aux Etats-Unis et pour la mort d’un délinquant Adama Traoré,  mort accidentellement à la suite d’une interpellation (…) qui n’était pas liée à sa couleur de peau ».

Largement commentés sur les plateaux de télévision, ces propos ont été désapprouvés par Marine Le Pen qui estime que sa nièce, Marion Maréchal qui ne fait plus de politique,  est tombée dans le piège des indigénistes. «Se mettre sur un plan racial, c’est tomber dans un double piège. Celui des indigénistes, des racialistes, alors qu’il faut rester sur un plan républicain. C’est aussi tomber dans le piège de l’américanisation, alors que rien ne se construit, en France, en fonction de communautés», a-t-elle répondu à Benjamin Duhamel, journaliste politique de BFMTV.

     

«Moi je préfère me positionner dans la défense de notre constitution qui refuse toute base de communautarisme» a indiqué la présidente du Rassemblement national.

« On n’a pas à s’excuser de ce que nous sommes. La France est sans doute le pays le moins raciste au monde et personne n’est traitée en fonction de sa couleur de peau »  a poursuivi l’eurodéputé et membre de la direction du RN, Nicolas Bay.

Quant à Sebastien Chenu du RN, il a légèrement nuancé la déclaration de Marion Maréchal en utilisant le mot citoyen au lieu de Blanc, quand cette dernière, indignée, concluait dans sa récente vidéo que des militants  : « nous demandent non seulement de nous mettre à genoux, mais en plus de salir la mémoire de nos ancêtres».

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Boris Becker, «choqué», après une manif Black Lives Matter, des internautes allemands l’insultent

Après avoir participé à une manifestation anti-antiraciste et contre les violences policières aux côtés de l’organisation Black Lives Matter, l’ancien joueur de tennis allemand qui a remporté six fois le Grand Chelem a été insulté par de nombreux internautes sur Twitter. Il s’interroge sur ce même réseau social : « Sommes-nous devenus un pays de racistes? ».

Boris Becker se dit «choqué, terrifié, secoué» par les nombreuses critiques sur les réseaux sociaux aprè sa participation à une manifestation contre le racisme à Londres. « Je suis secoué, choqué, terrifié par les nombreuses insultes qui viennent uniquement de l’Allemagne pour mon soutien à la marche #BlackLivesMatters à Londres hier! », a écrit Boris Becker sur Twitter, ce dimanche. «Pourquoi, pourquoi, pourquoi ??? Sommes-nous devenus un pays de racistes…? ».

Le vainqueur de Wimbledon a publié samedi une vidéo qui le montre avec un foulard sur la bouche lors de la manifestation à Londres. Sous les images de nombreux post haineux, d’insultes racistes légendaient le post du champion. Visiblement très marqué par ces réactions sur le Net, Boris Becker a commenté perplexe : « Apparemment, beaucoup de gens en Allemagne n’ont toujours pas compris que c’est mon histoire familiale! ». Dimanche, il a publié les noms de ses enfants #Noah #Elias #Anna #Amadeus, tous des métis.

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Coronavirus : Médecins et infirmiers cubains quittent l’Italie et dénoncent une « campagne de discrédit »

« Nous resterons ici aussi longtemps que nécessaire. Et nous retournerons au pays avec le sentiment du devoir accompli », déclarait en mai dernier, Carlos Pérez Díaz, chef du contingent cubain, installé au siège du diocèse de Crema en Italie.

Durant la pandémie Covid-19, des pays tels que l’Afrique du Sud, la France dans ses Outremer (Antilles) et l’Italie notamment auront permis à la grande île cubaine d’être acteur au plan international dans la crise sanitaire sans précédent qui a touchée plusieurs régions de la planète. Malgré des polémiques sur l’arrivée de professionnels cubains aux Antilles, ces personnels de santé étaient vivement attendus dans la région de Lombardie située au Nord de l’Italie, l’un des pays d’Europe le plus touché par le Covid-19, durant ces dernier mois.

Aujourd’hui, ces médecins et personnel de la Havane en poste provisoire à l’hôpital de Crema, en Lombardie, le devoir accompli, rentrent chez eux  et célébrés en grande pompe, souligne la presse francophone. Il sont 36 médecins et 15 infirmiers a être remerciés pour leur dévouement et leur présence dans cet hôpital italien.

Seulement  leur venue en renfort suscite des interrogations auprès des médecins italiens voire même d’Afrique du Sud. la brigade médicale cubaine aurait perçu un chèque dont on ignore le montant, révèle des polémistes.  Dans Challenge, critiqué, un médecin cubain expliquait à ses détracteurs en mai dernier, qu’ils ne : « sont jamais venus pour des raisons financières. Nous venons aider sans rien demander en retour. Mais si cela se traduit par une aide en nature ou financière (à Cuba) en retour, c’est évidemment apprécié »,  soulignait un collaborateur de santé cubain.

Depuis l’arrivée de Donald Trump, Cuba fragilisée par l’embargo américain a choisi de facturer aux pays les plus aisés, l’envoi de son personnel soignant à l’étranger. Face à la polémique, La semaine dernière, le ministre de la santé cubain précisait que 61 237 patients atteint du coronavirus ont été pris en charge par les médecins et infirmiers cubains.

En résumé, au total 1 800 professionnels cubains ont participé à la lutte anti Covid-19 dans 27 pays dont 51, aujourd’hui, lundi 8 juin 2020, quittent l’Italie.

Dans ces sinistres statistiques, les Etats-Unis sont de loin, le pays le plus touché par la pandémie au total plus de 112 00 morts. Suivent dans cette macabre liste : le Royaume-Uni (plus de 40 000), le Brésil (près de 36 000), la France (un peu plus de 29 000) et l’Italie (près de 34 000).

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La Fashion Week Haute Couture de Paris sera numérique du 6 au 8 juillet

Pour la toute première fois, la Fashion Week Haute Couture de Paris passera au numérique en juillet prochain. Du 6 au 8 juillet, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode accueillera des vidéos de maisons de couture accréditées sur une plateforme dédiée. Les vidéos seront déployées selon un calendrier comme pour une Fashion week réelle.

Place Vendôme à Paris, haut lieu de la mode et du chic parisien (1er arrondissement)

La Haute couture est une certification mandatée par le gouvernement pour les maisons françaises. Supervisée par la Chambre Syndicale de la Haute Couture, cette certification compte 16 marques françaises autorisées à participer à la semaine de la Haute couture, dont Chanel, Christian Dior, Jean Paul Gaultier, Maison Margiela, Schiaparelli et Givenchy. Une désignation distincte est attribuée à sept labels internationaux qui sont : Armani Privé, Azzedine Alaïa, Elie Saab, Fendi Couture, Valentino, Versace et Viktor & Rolf. Et dix-huit membres invités : Iris van Herpen, Guo Pei, Ronald van der Kemp et Julie de Libran.

Tiffany’s Fashion week au Ritz (Image C’news Actus Dothy)

Des 41 marques qui peuvent donc participer au défilé numérique, Giorgio Armani a annoncé que sa collection Armani Privé sera présentée en janvier 2021. Le créateur français Jean Paul Gaultier suspend sa collection de créateurs invités via son entreprise de couture Chitose Abe de Sacai. Comme la maison  Givenchy, Balenciaga reporte la présentation de sa nouvelle collection Demna Gvasalia.

Cette première digitale de la Fashion Week Haute couture Paris précédera la Paris Menswear Week (du 9 au 13 juillet) et la Milano Fashion Week Digital (du 14 au 17 juillet).

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Source Vogue
Images C’news Actus Dothy (Ritz 2019)

L’étude qui confirme la racine africaine des mexicains, une 3ème racine volontairement ignorée

La pandémie Covid-19 donne raison à Rodrigo Barquera, quand l’auteur et rapporteur de cette étude, note que l’une des conclusions les plus importantes de cette étude, confirme le fait, que les voyages sont presque toujours impliqués dans la propagation des maladies. Leur découverte liée aux maladies révélées sur des restes d’anciens esclaves africains ont été déterminantes et attestent du métissage africain dans la population mexicaine.

Dans la revue Current Biology publiée le jeudi 30 avril 2020, les analyses de trois squelettes trouvés par des scientifiques dans une fosse commune en 1992 à Mexico racontent la vie horrible de certains des premiers Africains qui ont été transportés en Amérique latine et réduits en esclavage il y a environ 500 ans.

Le chercheur Rodrigo Barquera (diplômé de l’Institut Max Planck allemand pour les sciences de l’histoire humaine) et son équipe, espèrent que les ossements de ces trois Africains réduits en esclavage au XVIe siècle, seront une étape qui lèvera le doute sur cette «suppression» d’une partie de l’histoire chez les peuples mexicains.

«Ce type d’analyse est particulièrement instructif quand on étudie l’histoire des personnes réduites en esclavage, car une grande partie de ce que nous savons de leur vie, provient de registres tenus par leurs oppresseurs, qui sont souvent considérés comme biaisés et manquant de détails sur les origines et la vie quotidienne des personnes réduites en esclavage» a déclaré Éadaoin Harney, docteur en biologie organismique et évolutive à l’Université de Harvard.

La Nouvelle-Espagne a fait venir environ 70 000 esclaves entre 1600 et 1640, pour compenser la perte de travailleurs indigènes résultant de pertes humaines (lors de la conquête européenne) et de maladies (variole, rougeole et typhoïde) qui ont décimé la plupart des indigènes. Entre 130 000 et 150 000 Africains sont arrivés dans la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne en 1779.

On pensait que les Africains étaient plus résistants à ces maladies que les Américains et les Européens indigènes, ce qui en faisait des travailleurs souhaitables. Cinq siècles plus tard, selon l’étude, les centaines de milliers d’Africains esclaves constituent une grande partie du patrimoine génétique et culturel du Mexique.

Les restes des trois personnes (désignés comme SJN001, SJN002, SJN003) ont été retrouvés sur le site de l’ancien hôpital royal de San José de los Naturales à Mexico, un hôpital fondé au début des années 1500 pour servir la communauté indigène. Une population décimée au moment où le roi Charles I d’Espagne autorisait l’importation d’Africains dans les colonies espagnoles comme esclaves en 1518. La Nouvelle-Espagne : le Mexique actuel, les Caraïbes, certaines parties des États-Unis et le Canada et l’Amérique centrale, sauf pour Panama.

Les os montrent des signes de fractures, de blessures par balle et de l’introduction par ces esclaves de maladies infectieuses lors de leur asservissement dans le centre du Mexique.

Les chercheurs ont extrait les données génétiques et isotopiques des dents des individus et ont pu identifier leur pays d’origine et les régions africaines d’où ils venaient : «Leur génétique suggère qu’ils sont nés en Afrique, où ils ont passé toute leur jeunesse», a indiqué l’auteur de la publication Rodrigo Barquera.

«Dans nos ostéobiographies, nous pouvons dire qu’ils ont survécu aux mauvais traitements qu’ils ont subis. Leur histoire est une histoire de difficulté mais aussi de force, car bien qu’ils aient beaucoup souffert, ils ont résisté aux changements qui leur ont été imposés.»

À partir des restes des trois Africains réduits en esclavage, les chercheurs ont également récupéré le matériel génétique de deux agents pathogènes qui ont infecté deux des individus de leur vivant.

Le SJN001 était porteur d’un type de virus de l’hépatite B que l’on trouve généralement en Afrique de l’Ouest aujourd’hui, fournissant la première preuve directe du mouvement de la maladie du VHB avec dissémination via la traite transatlantique des esclaves, selon l’étude.

Le pian, une infection cutanée chronique causée par la bactérie qui mène à la syphilis, a été identifié dans SJN002 et partage une origine commune avec une souche trouvée chez un individu du XVIIe siècle de Mexico colonial mais porteur d’ADN européen. La souche a également été découverte dans des groupes ouest-africains.

Les lésions sur les os du SJN003 correspondaient aux effets signalés de la syphilis et du pian. Comme le pian est associé à une mauvaise hygiène, il n’est pas surprenant que des signes squelettiques de ces maladies aient été signalés chez d’autres individus africains esclaves de périodes historiques similaires en Europe, selon l’étude.

L’une des implications les plus importantes de l’étude, que nous pouvons voir maintenant en raison de la pandémie, a déclaré Rodrigo Barquera, est que les voyages sont presque toujours impliqués dans la propagation des maladies. «Dans ce cas, nous voyons deux souches africaines arriver dans les Amériques» a-t-il ajouté. «Au moins pour l’un d’entre eux, nous avons des preuves qu’il est devenu un pathogène très important pendant des siècles après son arrivée.»

«Il avait des lésions au crâne qui auraient pu être causées par la malnutrition et l’anémie, les infections parasitaires et les pertes de sang et la parodontite. Ses os s’étaient cassés puis réformés. Il a souffert d’infections dans les os longs de son corps et d’une série de fractures du crâne et des jambes.
Des modifications dans ses dents ont été trouvées chez le peuple D’Zem à l’est de la vallée de Dscha, ou le Cameroun moderne, mais aussi chez un individu étudié à Lagos, au Portugal.»

«Cette autre racine (africaine) a été ignorée très longtemps, dans l’histoire mexicaine», a déclaré Rodrigo Barquera.«Et la société mexicaine mérite d’en savoir plus sur cette troisième racine. Les implications sociales de ces individus doivent être à nouveau visibles, faire partie de toute cette histoire de la diversité mexicaine présente dans le Mexique moderne» expose en conclusion l’auteur de l’étude.

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Sources CNN/NYorkTimes

Virus : En Espagne, des anciens vendeurs ambulants font des masques pour les soignants sous leur marque «Top Manta»

Les machines à coudre tournent plus de 15 heures par jour dans l’atelier Top Manta. Ces nouveaux couturiers sont des anciens vendeurs à la sauvette. Comment sont-ils passés de l’ombre à la lumière? En pleine pandémie, ces migrants de l’Afrique sont en première ligne. Ils fournissent des masques aux personnels hospitaliers espagnols dans une crise sanitaire qui est loin d’être finie.

Terminé les arrivées soudaines de la Police et les courses poursuite pour échapper aux contrôles quotidiens des gardiens de la paix. Comme de nombreux vendeurs à Paris ces vendeurs sénégalais posaient leurs articles sur les places de Barcelone pour y vendre des souvenirs catalans de toute sorte. Tous les jours, des copies de sacs de marque, foulards, gants, lunettes étaient exposés sur des petits tapis, des « manteros », attirant de nombreux touristes. Problème, la plupart de ces « petits vendeurs » ambulants réfugiés en Europe pour une vie meilleure, sont identifiés comme des sans-papiers. Tous, sont forcés d’écouler leurs marchandises aux touristes, (sans se faire arrêter), une situation sociale compliquée à gérer.  En mars 2018, Mame Mbaye, un vendeur de 34 ans, meurt d’un arrêt cardiaque, il tentait d’échapper aux contrôles des forces de police.  

Choqués et en colère, les « petit »vendeurs à la sauvette ont rejoint le Syndicat Populaire des Vendeurs Ambulants de Barcelone. Créé en 2015, le collectif réunit des migrants issus de divers pays d’Afrique, leur objectif : « lutter contre le racisme institutionnel, contre la persécution et la criminalisation”. Au sein de cette association, le projet Top Manta initié depuis plus de 10 ans par le Syndicat Populaire prend forme. L’occasion de sortir les vendeurs de la rue et de leur donner une autre visibilité. L’idée se concrétise et en 2018, la première ligne de vêtements est bien accueillie dans tout le pays.

Mais, début février 2020, l’apparition du Covid-19 en Europe met en berne l’économie espagnole. Le confinement et les gestes barrières (plus contraignants en Espagne) ont considérablement réduit  les activités de la population et les anciens vendeurs ambulants ne peuvent plus fabriquer leurs vêtements dans les mêmes conditions. En réponse au manque croissant d’équipements médicaux, les nouveaux couturiers ont décidé de transformer leurs ateliers, et depuis, ils fournissent aux personnels hospitaliers des masques faits maison, sous leur label Top Manta. Leur initiative solidaire est saluée par beaucoup, les associations comme les soignants du pays, remercient les anciens vendeurs ambulants. Une victoire pour les anciens petits soldats des rues.

Aziz Faye, porte-parole du Syndicat et tailleur professionnel, raconte son parcours. Sénégalais, il est sans emploi depuis huit ans quand il décide de devenir vendeur ambulant, s’exposant à toutes les violences de la rue. Entre mépris, rejet et discrimination, l’ancien couturier gagne à peine 200 euros par mois.

Le lancement de Top Manta changera très vite le regard des espagnols sur son ancien statut: « Tout à coup, les gens qui nous ignoraient ou nous rejetaient, nous admiraient. Les médias voulaient nous interviewer, les créateurs nous connaître (…) Qu’est-ce qui avait changé? Deux choses. Premièrement, le public a découvert que nous ne sommes pas seulement des immigrants illégaux, mais aussi des individus créatifs avec des idées et de l’ambition. Deuxièmement, nous avons avons commencé à parler le langage du capitalisme« , répondra-t-il à la presse.

Avril 2020, l’Espagne est le 3ème pays le plus endeuillé après l’Italie et les Etats-Unis. Fin mars, le gouvernement espagnol a annoncé que toute « activité non-essentielle » était désormais interdite, seuls les secteurs de l’alimentation, de la santé, des transports publics, des médias, des banques et une partie de l’administration étaient autorisés à ouvrir. Top Manta s’est adapté à cette discipline.

 

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Images Top Manta/Playground Do