Rocks, jeune écolière seule et abandonnée résiste à une société en échec pour sa jeunesse immigrée

Abandonnée, seule, en souffrance dans la cité londonienne, Rocks et son petit frère, issus de l’immigration africaine, vivent sans filet, sans sécurité. Ce film britannique très réaliste met en lumière les échecs de la société anglaise, le sort d’enfants isolés et privés des besoins les plus élémentaires.

Depuis mercredi 9 septembre sur les écrans français,  Rocks, le film de la cinéaste britannique Sarah Gavron, est à l’affiche. L’histoire se déroule à Londres, où, aidée de ses copines de classe, une adolescente immigrée tente de résister à une société qui l’abandonne totalement.

Rocks (Bukky Bakray), 15 ans, d’origine nigériane, vit à Londres avec sa mère et son petit frère dans un immeuble d’un quartier ordinaire. Son père est mort quand elle avait 4 ans. Elle fait partie de la classe moyenne, ni riche, ni pauvre, travaille plutôt bien à l’école, adore sa mère et son frère.

Puis tout se bouscule. Rocks est abandonnée par (à peu près) tout le monde. Son père meurt et sa mère déprimée décide de partir, la laissant s’occuper de son jeune frère. Son école semble plus soucieuse de réduire les attentes des élèves que de les éduquer. Les services sociaux peuvent à peine la suivre. 

Rocks  et son petit frère vont être placés dans des familles d’accueil. Pour éviter cette séparation, Rock décide de sécher l’école et de s’enfuir avec son petit frère, d’abord à l’hôtel avec le peu d’argent qu’elle possède. Mais, incapable de s’ouvrir aux autres et ne sachant que faire, elle s’enferme peu à peu dans une situation sans issue.

Heureusement ses cinq meilleures amies, d’origine différentes (deux Noires, deux Blanches, une Arabe) sont là pour l’aider et ne vont pas la laisser tomber.

« Ferme les yeux. Pense à tout ce qui rend heureux. Et arrête de penser à tous tes soucis », lui dit, dans une séquence, son petit frère.

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Images Capture d’écran Rocks

Génocide colonial : La Namibie rejette 11,7 millions de dollars de l’Allemagne, elle veut des «Réparations» pas la «cicatrisation des blessures»

«Non acceptable» :  La Namibie rejette l’offre de 11,7 millions de dollars de l’Allemagne visant à expier le génocide de dizaines de milliers d’Africains à l’époque coloniale. Le président namibien Hage Geingob a également contesté l’utilisation par Berlin de l’expression «cicatrisation des blessures» à la place du terme réparations.

«L’offre actuelle de réparations faite par le gouvernement allemand reste une question en suspens et n’est pas acceptable pour le gouvernement namibien», a déclaré Hage Geingob. Le gouvernement namibien prévoit de négocier une «offre révisée».

Pendant l’ère coloniale entre 1904 et 1908, l’Empire allemand a tué jusqu’à 80 000 personnes Herero et Nama en réponse à une résistance anticoloniale, selon le US Holocaust Museum. Selon d’autres estimations, le nombre d’Africains tués est de plus de 100 000 personnes. À la suite d’un soulèvement anticolonial, les forces allemandes ont assassiné au moins 65 000 Herero et 10 000 Nama.

Les descendants de ceux qui ont survécus au génocide disent avoir droit à 4 milliards de dollars d’indemnisation de l’Allemagne. Les Allemands ont perpétré ce qu’on a appelé le «premier génocide du XXe siècle», afin d’accéder à la terre des indigènes. Environ 80 pour cent du peuple Herero et la moitié du peuple Nama ont été anéantis. À ce jour, une grande partie des terres de Namibie appartient aux descendants de colons allemands.

Bien que la Namibie et l’Allemagne négocient depuis 2015 des excuses officielles et une compensation de l’aide du pays européen, l’Allemagne refuse de payer directement des réparations à la Namibie. L’Allemagne affirme que l’argent qu’elle a donné à la Namibie sous forme d’aide au développement a remplacé le besoin de réparations officielles.

Victimes de la répression lors du génocide sud-ouest africain.

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Source et Images AtlantaBS/UC Santa Barbara

 

Esclavage-Traite négrière : L’ONU a classé le Quai des Chartrons, ancien port négrier, au patrimoine de l’humanité,

Grace aux négoces du vin Bordeaux est devenu le premier port de France et même le premier port d’Europe , le quai des chartrons c’est peu a peu couvert d’hôtels particuliers ornés de leurs mascarons de pierre. Le quai a été inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité.
Au 18eme siècle de nombreux navires jetaient l’ancre au milieu du fleuve en attendant de charger des barriques remplis des meilleurs nectars. A l’époque les vins étaient entreposés dans d’immenses chais de négoces à quelques pas d’ici sur le quoi. Bordeaux était au sommet de la puissance et du rayonnement.
Au commerce du vins s’en ajoutait un autre nettement moins gratifiant.

On pourrait parler de l’histoire de Bordeaux, rien qu’à partir des noms de ses différents crus. Le chapitre lié à Château Nairac, un vin blanc du pays de Sotherne ne serait pas le plus glorieux on y évoquerait la traite négrière. Bordeaux ne dépassera jamais Nantes, premier port négrier français.

1er septembre 1729 un grément descend la Garonne jusqu’à son embouchure. Une fois au large il prend la direction des cotes africaines. Bordeaux vient de basculer dans l’ère de la traite. (Eric Saugera/Spécialiste de la traite négrière) : Le premier bateau qui marque le début de la traite négrière bordelaise de manière constante, s’appelle l’Union. Tout ce qui avait précédé, c’est de l’ordre des prémices. Si l’Union ouvre la voie aux négriers bordelais leur négoce n’explose quand dans la seconde moitié du 18ème siècle. Au total ce seront 130 000 esclaves qui seront vendus par des armateurs girondins.

Anne-Marie Coculac(Historienne) : « la traite négrière ce sera le second choix des négociants bordelais. Parce que Bordeaux à l’immense avantage d’avoir un arrière-pays très riche ». « Ils ont le vin, la traite pour eux c’est relativement accessoire et c’est sous Louis XV, c’est la royauté qui insiste pour que les bordelais se mette à faire la traite des Noirs ». Et les bordelais reçoivent des subventions. Jusqu’à la révolution française, ils touchent de l’argent pour le nombre de livres par Noirs débarqués aux Antilles. Un stimulant pour les négociants ». (Eric Saugera).

Ce commerce triangulaire entre Bordeaux, l’Afrique et les Antilles est encouragé par l’Etat. Il permet le développement de comptoir et de plantations dans les îles des Caraïbes. Les expéditions durent souvent plus d’une année et ne se font jamais cales vides. Dans ces cales le vin est toujours là qui côtoie d’autres marchandises. En même temps que du vin, on embarque aussi de la pacotille et des armes destinées à être échangées en Afrique contre des esclaves. Ces esclaves sont chargés comme de vulgaires marchandises dans les cales où ils ne peuvent même pas se tenir debout.

Arrivés à saint Domingue ou en Martinique la cargaison humaine est remplacée par du café, du chocolat et de l’indigo. Les négociants bordelais rentabilisent le voyage et tiennent une comptabilité sordide dans leurs carnets de bord.  » Le musée d’Aquitaine possède plusieurs de ces carnets. Il témoigne de la vie à bord et d’un quotidien fait d’horreur et d’inhumanité. « Beau clair de lune. Le temps toujours le même. A 11h trois quart, je fis monter une assez jolie négresse dans ma chambre. Je passai deux heures avec elle et l’exploitai deux fois. C’était la première fois que j’avais vu depuis mon départ de France ».

On tenait aussi une comptabilité parallèle, celle des esclaves morts durant la traversée. « Nous voyons un symbole des croix, chacune des croix correspond au décès d’un esclave, comme ici sur le Scorbud. Les maladies, les mauvaises conditions de vies étaient sources d’une très fortes mortalité à l’intérieur de ces navires négriers. »

La mortalité pouvait toucher 30% des hommes embarqués mais en vendant les survivants à bons prix, les marchants d’esclaves faisaient des gains substantiels. « Ce qui explique que les familles bordelaises gagnaient beaucoup d’argent » (Eric Saugura) . Parmi ces familles, les Nairac. Un deuxième grand cru classé continue de porter leur nom.

C’est grâce au commerce colonial et négrier que les Nairac, des protestants régnèrent sur le port de Bordeaux dans la seconde moitié du 18ème siècle et devenu le premier port d’Europe. Bordeaux devient l’entrepôt du commerce de redistribution des produits coloniaux vers l’Europe. » (Historienne).

Les Nairac possèdent une flotte de huit navires, dont trois négriers, on estime leur fortune à 2 millions de livres. Exemple un matelot qui allait à la traite gagnait 25 livres par mois. Il était l’homme le plus riche de Bordeaux. 1775, avec cet argent, les Nairac bâtissent en 1775 un imposant hôtel particulier. L’Hôtel Nairac se trouve au centre de Bordeaux et contribue jusqu’à nos jours à la splendeur de la capital girondine. construit par Victor Louis qui bâtira plus tard le grand théâtre.

Les richesses tirées du commerce maritime et de la traite négrière rejaillissent sur le vignoble. En 1777, rachète un vignoble à Barsac dans la région de Sautherne au Sud de Bordeaux . On y produit toujours un vin classé. En 1786, le château Nairac est né.

Christian Cau (Archives départementales de la Gironde) explique le refus du Roi d’accorder la noblesse au Nairac non pas pour l’ignominie de leur commerce négrier mais parce qu’ils étaient des réformés (RPR), des protestants.

Après la révolution, l’esclavage est aboli une première fois, les archives nationales conservent ce décret symbolique. En 1794, La convention Nationale déclare que l’esclavage des nègres dans toutes les colonies est abolie en conséquence elle décrète que tous les hommes sans distinction de couleur domiciliés dans les colonies sont citoyens français.

Pour favoriser les intérêts économiques des colonies, Bonaparte va revenir en 1802 sur cette abolition, ce n’est qu’un demi siècle plus tard le 27 avril 1848 que l’esclavage sera définitivement aboli par l’article 6 de la constitution.

Une décennie plus tôt en 1837 la famille Nairac avait revendue son domaine.
61 grands crus classés.

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Source L’Ombre d’un doute/Bordeaux, histoire de châteaux/Images Capture d’écran C’news Actus Dothy

«Black Joy» : Cette campagne célèbre «La Joie» et l’histoire des Noirs à travers leurs propres images

« La douleur noire est trop souvent mise en évidence à travers des images de brutalités policières, de violences, de discriminations et de marginalisation. Ces faits qui visent notre peuple sont constamment diffusés sur tous les supports. C’est pourquoi, en cette période particulière, il est vital de donner à «Black Joy» une plate-forme aussi large.» commente la créatrice de « Black Joy Project ».

« Le but est d’aider le monde à voir une image plus holistique des histoires des Noirs mais également de montrer « la joie des Noirs » à travers notre propre vision contrairement à ce qui est dépeint par le monde extérieur»,  c’est ainsi que La plateforme VSCO a lancé sur les médias sociaux cette campagne pour célébrer cet été le «Black Joy».

La campagne est menée par Shavone Charles, la directrice des communications de VSCO. «L’objectif est d’utiliser nos plateformes et nos réseaux sociaux comme un appel à l’action mondiale pour archiver et documenter les réalités et la vie noire, au-de-là (et y compris) du traumatisme», indique Shavone Charles au magazine Essence.

Shavone Charles (The Black Joy Project)

VSCO qui lance une nouvelle campagne appelée #BlackJoyMatters, est une application populaire de partage et d’édition de photos avec plus de 30 millions d’utilisateurs actifs par mois.

Cette initiative estivale est conçue pour célébrer la joie noire et les histoires noires de la diaspora à travers le prisme des créatifs Noirs. Les utilisateurs verront et interagiront avec une série d’images qui montrent les Noirs dans toute leur gloire et aux meilleurs moments de leur vie. Les créatifs noirs sont encouragés à participer en publiant des œuvres d’art, leurs propres vidéos ou des photos en utilisant le hashtag #BlackJoyMatters.

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Images The Black Joy project

Un film des Frères Louis Lumière revisité par l’intelligence artificielle

« L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat », filmée en 1895,  réalisé par Auguste et Louis Lumière entre 1895 et 1905 et projetée publiquement en janvier 1896, est un plan séquence de 50 secondes qui montre une locomotive à vapeur venir du fond de l’écran sur une longue ligne (comme un travelling) pour s’arrêter à quai en gros plan. D’après la légende, la perspective et le réalisme de la séquence faisait hurler de peur les téléspectateurs à chaque projection.

 

En 1895, les techniques de captation permettaient d’obtenir un taux de défilement de 16 à 18 images par seconde, en noir et blanc et sans son. C’est avec le cinéma en son synchronisé que sera fixée la norme de 24 images par seconde.

En février dernier, Denis Shiryaev, un internaute russe développeur et YouTubeur , a réussi à monter la résolution de l’image en qualité 4K (4096 pixels de large au minimum, appliquer à une vitesse de défilement de 60 images par seconde). Denis Shiryaev a utilisé une méthode très prisé de l’intelligence artificielle, celle des réseaux génératifs antagonistes (GAN). Ces algorithmes qui servent à fabriquer des « deepfakes » (les vidéos et les images trafiquées par intelligence artificielle).

Cette reconstitution est le fruit de deux processus, tout d’abord : « L’un, appelé DAIN, a réussi à générer des images manquantes en partant de celles qui constituent le film. L’algorithme les a intercalées là où il était nécessaire pour lisser le film et limiter les saccades. Le principe consiste à analyser les images qui se trouvent avant et après l’endroit où il compte en placer une artificielle. C’est ainsi que l’on obtient un taux de 60 images à la seconde ».

Ensuite, l’autre outil, Gigapixel, ajoute des pixels. « Il complète l’image pour en gommer le grain typique du celluloïd et augmenter la résolution. Le résultat est un défilement très fluide et à la texture très réaliste. »

Le site Sciences et Avenir précise qu’il ne s’agit pas d’une restauration mais que ce travail a seulement une valeur expérimentale.

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Images et Source Sciences Avenir

Des berlinois en colère, un nom de métro jugé raciste rebaptisé par celui d’un antisémite

Rien ne va plus du côté de la station de métro Mohrenstraße, les habitants et une partie de la classe politique est en colère, selon la chaîne de télévision locale RBB 24. Depuis plusieurs années, cette station était identifiée comme mohrenstraße, faisant référence de manière péjorative aux Maures, les populations berbères d’Afrique du Nord. La société de transport a finalement réagi et vendredi dernier, Mohrenstraße est devnue Glinkastraße. Seulement, Glinkastraße est le nom d’un compositeur russe du XIXème siècle (Mikhaïl Ivanvitch Glinka), le fondateur de l’école musicale russe, surtout connu pour avoir été nationaliste et antisémite.

La classe politique, les Verts et le parti Gauche Radicale Die Linke, ont regretté qu’un nom « insupportable et discriminant » soit remplacé par un autre ‘qui humilie et discrimine ». La société de transport a annoncé que ce n’était qu’une solution possible mais pas définitive, elle réfléchit à une autre option.

Cette affaire de changement de nom intervient dans le contexte de la mort de George Floyd où les symboles racistes du passé ont créé des débats et des actes inédits aux USA comme en Europe. Déboulonnage de statue en Angleterre, tags aux USA ou des actes vandalisme en France. Le 4 juin dernier, une semaine après la mort de George Floyd, la station avait temporairement été baptisée du nom l’Afro-américain.

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ImageStern/Yahoo/

Joséphine Baker, Paris, l’Amérique et le reste du Monde

Née Josephine Freda MacDonald à l’hôpital des femmes de St. Louis dans le Missouri, le 3 juin 1906, Joséphine est surnommée «Tumpie» parce qu’elle était un bébé potelé. Sa mère, Carrie MacDonald de Caroline du Sud était moitié noire, moitié indienne Apalachee. Son père Eddie Carson était un métis d’un colon espagnol et d’un descendant d’esclave. Ils formaient un couple d’artistes populaires, l’un percussionniste dans un groupe  et l’autre, chanteuse, comédienne et danseuse dans la région de Saint-Louis au début des années 1900.  Le soir dans des clubs, les spectateurs applaudissaient les performances du Ragtime with Eddie et Carrie.

À la naissance de son frère Richard, le père de Joséphine Baker abandonne sa famille et les laisse, seuls presque sans ressources avant d’épouser une autre prétendante. La mère de Joséphine, Carrie MacDonald épousera plus tard Arthur Martin avec qui elle aura deux filles, Margaret et Willie Mae. À cette date, Joséphine a 11 ans.

En 1918, la jeune Joséphine a des prédispositions pour la danse.  Elle a du talent, joue et chante dans le groupe qu’elle crée «The Angel of God». Tantôt serveuse, tantôt danseuse à The Old Chauffeur Club, la petite Tumpie a grandi.  En 1919, on lui offre l’opportunité de rejoindre The Jones family Band et sa mère fait juste une mise en garde, au cas ou ! : «Ne lui mettez pas trop de choses dans la tête, car elle est destinée à devenir laveuse comme moi».

Joséphine abandonne l’école, fait ses valises et, à l’âge de 13 ans, elle s’en va sur les routes américaines, la fille de Carrie MacDonald chante et danse au Washington Théâtre, elle est heureuse. Elle se produit à la Nouvelle-Orléans puis  en Pennsylvannie en 1921. Joséphine épouse Willie Baker, un employé de chemin de fer de la compagnie Pullman, il a 25 ans. Prenant le nom de famille (de son deuxième des cinq maris) Willie Baker, Josephine Baker est en tournée jusqu’à leur séparation en 1921. Plus tard cette année-là, elle se produira au Shuffle Along. Boston, Milwaukee, Philadelphie, Chicago, la fillette est saluée comme la révélation du groupe.

Ses premiers voyages seront difficiles car elle était considérée comme trop jeune et trop maigre pour être une choriste. Joséphine devient l’habilleuse de l’artiste populaire Clara Smith avant qu’on ne lui donne sa chance.

Après Shuffle Along dans le casting d’Eva Spencer à Chicago, Joséphine Baker se produit dans la comédie musicale Chocolate Dandies en 1924, et s’enorgueillit de critiques élogieuses pour ses prestations comiques, elle exulte. 1925, la très jeune chanteuse s’embarque sur le paquebot The Berengaria qui se dirige vers l’Europe. Au cours de la traversée, elle s’entend dire que « Mistinguette » est la reine de Paris, que la vie est vraiment différente en Europe et qu’on apprécie beaucoup la musique et la culture noire.

Le 2 octobre 1925, Josephine Baker est au Théâtre des Champs-Elysées, Avenue Montaigne, elle ouvre  «La Revue Nègre», le designer Paul Colin l’habille très légèrement.  Un succès. Picasso, Van Dongen, Jean Cocteau, Paul Poiret, l’acclament. Joséphine Baker séduit le Tout-Paris. Elle joue des fantasmes de la femme noire pour des européens épris d’images sensuelles et exotiques. Tumpie apporte en plus le jazz et le Charleston à Paris. Ses performances décomplexées et ses costumes minimalistes vont parfaire cette image exotique. 1926, Joséphine mène la revue des « Folies Bergères »,  rue Richer dans le 9ème arrondissement.  En 1930, elle est au « Casino de Paris », rue Clichy et en 1931, Joséphine Baker chante « J’ai deux amours, mon Pays et Paris » qui devient son enregistrement le plus réussi et le plus emblématique de son parcours parisien.

Au cours de la décennie suivante, Joséphine Baker apparaît dans trois films, La sirène des tropiques (1927), ZouZou (1934) et Princesse TamTam (1935) qu’elle tourne en Tunisie. Ernest Hemingway, F. Scott Fitzgerald, Pablo Picasso, Langston Hughes et Christian Dior se sont tous désignés comme étant les fans de Joséphine Baker.

Le succès de Joséphine Baker en Europe n’aura pas de résonance aux États-Unis. Elle y retourne en 1936 sans toucher le public américain, Joséphine baker dira, avoir été victime de discrimination raciale dans son pays. Exclue de nombreux hôtels et refusée de service dans les clubs et restaurants, Joséphine Baker proteste et renonce à sa citoyenneté américaine. L’artiste s’installe définitivement à Paris en 1937.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker utilise sa renommée pour recueillir des renseignements pour la Résistance française pendant l’occupation nazie. Sa couverture d’artiste célèbre lui permet de transporter des documents sensibles dans des pays neutres et des zones occupées alliées, elle écrit parfois à l’encre invisible sur des partitions. Après la guerre, Josephine Baker est décorée. Le Général de Gaulle lui offre La Croix de la Lorraine, la France entière reconnaît sa contribution durant la période d’occupation allemande.

Joséphine Baker épouse le chef d’orchestre Jo Bouillon en 1947 au cours d’une cérémonie nuptiale dans la chapelle de Milandes dans le Périgord. L’artiste américaine ne peut enfanter. Elle décide avec son nouvel époux d’accueillir des enfants dans Le Château de Milandes qu’elle loue.

La châtelaine adopte 12 orphelins d’ethnie différente : «Ils sont le symbole de la paix. Ensemble nous formons  a Rainbow Tribe» se plaisait à répéter l’artiste.  Puis les difficultés arrivent et les revenus de Joséphine Baker ne lui permettent plus de faire vivre sa tribu.  En soutien, son ami Jean-Claude Brialy met son Club à sa disposition. Brigitte Bardot plaide sa cause dans les médias, Anna Magnani (actrice italienne), Nathalie Delon et Françoise Sagan sont présents lors d’un Gala de levée de fonds, organisé en 1969.  Paris est à ses pieds. À Monaco la princesse Grace l’invite, ses enfants et elle, au Gala sur la Riviera. Son Jo, divorce et Joséphine est mère célibataire.

En août 1963, Jane Baker était l’une des deux seules femmes à Paris, à s’exprimer lors de la La Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Martin Luther King fit un discours historique.

1975, elle a soixante dix ans,  projette une tournée de six mois et organise un show  à Bobino dont la mise en scène est signé d’André Levasseur. Alain Delon, Sophia Loren, Carlos, Line Renaud, Mick Jagger, la princesse Grace de Monaco ou encore l’actrice Arletty n’ont manqué ce concert à Bobino. «Me revoilà Paris, ça fait longtemps qu’on s’est vus. Dis comment me trouves-tu?». Pendant qu’elle est sur scène, un message de l’Elysée l’interrompt, le président de la République Valérie Giscard D’Estaing lui rend hommage. Ce sera son dernier spectacle.

Ce soir-Là, Joséphine termine son show en disant : « Here I am, Paris, Paris, I’m back ! Here, no matter my age, maybe I’ll even die here on stage!» (Je suis ici à Paris,  je suis de retour.  Qu’importe l’âge, même si je meurs sur scène ! )

Le lendemain du spectacle donné en son honneur, Joséphine ne se réveille pas.  Victime d’une hémorragie cérébrale, il était 14 heures, quand Jocelyne Coffre, la secrétaire  de Joséphine Baker a appelé les secours. Sa soeur, Willie Mae Martin,  a refusé l’acharnement thérapeuthique, Josephine Baker décède à l’âge de 69 ans à Paris le 12 avril 1975. La fille de Carrie MacDonald est morte.

La cérémonie religieuse a lieu à l’Église de la Madeleine. Des milliers de parisiens descendent dans les rues pour la saluer une dernière fois.  Les Forces françaises libres lui rendent hommage, les associations anti-racistes et de nombreuses célébrités également remercient la star américaine et française. « Paris montre son amour à celle qui a tant donnée à la France ».

Enterrée à Monaco, Joséphine Baker sera la première Américaine à recevoir les honneurs militaires français lors de ses funérailles.

Le Château de Milandes est désormais labellisé «Maison des Illustres en 2012», Josephine y vécut plus de 20 ans avec ses enfants adoptifs.  Aujourd’hui, il est aménagé en musée consacré à la carrière et à la vie de Joséphine Baker.

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Josef Nassy, l’artiste afro-juif rescapé de l’Holocauste, peintre dans les camps de concentration

Josef Nassy était un artiste afro-juif, un portraitiste et un survivant de l’Holocauste. Prisonnier de guerre de 1942 à 1945, les récits le décrivent comme le juif noir qui a survécu aux rigueurs des camps nazis durant la longue et sombre période de la seconde guerre mondiale. Ses œuvres mettent l’accent sur des éléments liés à l’univers carcéral allemand tels les barbelés, les tours de guet, les murs, les portes et les barreaux des prisons du camp de concentration de Laufen au sous-camp de Tittmoning en Bavière où il était prisonnier des allemands.

En 1992, une grande partie de sa collection de 200 portraits et dessins, a été donnée au U.S.Holocaust Memorial Museum à Washington D.C. Seulement 19 dessins et portraits sont aux mains de collectionneurs privés.

Voici son histoire comme elle a été révélée.

Né Joseph Johan Cosmo Nassy le 19 janvier 1904 à Paramaribo, Surinam (Guyane néerlandaise). Il était l’un des sept enfants d’Adolf Philipus Nassy, ​​un homme d’affaires juif prospère (qui avait fui l’Espagne pendant l’Inquisition), et s’était fait élire au Parlement du Surinam, et d’Elisabeth Carolina Natalia Nassy (née de Maesschalk), une femme surinamaise d’origine africaine.

Enfant, Joseph Johan Cosmo Nassy reçoit des cours d’art privés. En 1919, il déménage avec son père à Brooklyn (New York) et passe avec succès ses examens de fin d’études secondaires. le jeune Nassy est alors inscrit au Pratt Institute et obtient son diplôme en génie électrique en 1926.

Deux ans plus tard, une filiale de la société de cinéma Warner Brothers embauche Joseph Johan Cosmo Nassy, il est choisi pour installer des systèmes de son en Europe.

Mais pour se rendre en Europe, il faut à Joseph Johan Cosmo Nassy, un passeport américain, il pose sa demande sous le faux nom de Josef Nassy et prouve qu’il est citoyen américain. Le jeune homme devient Josef Nassy, né en 1899 à San Francisco, en Californie, avant le tremblement de terre catastrophique qui a détruit les actes de l’état civil. Les autorités américaines lui délivrent son passeport sans aucune enquête.

En 1929, Josef Nassy arrive en Angleterre, où il installe et contrôle des systèmes de son pour la Warner Brothers, ensuite l’entreprise du cinéma l’envoie à Paris puis en Belgique.

En Belgique, Josef Nassy fréquente l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il omet de préciser son appartenance religieuse dans sa demande de résidence déposée auprès de la police. En 1939, Joseph Johan Cosmo Nassy dit Josf Nassy épouse une Belge et gagne sa vie comme portraitiste.

Puis les nazis envahissent la Belgique.

Le 14 avril 1942, quatre mois après l’entrée en guerre des États-Unis, Josef Nassy comme 2 000 autres Américains est arrêté comme ressortissant ennemi et placé dans des camps de concentration.

Josef NASSY – Tittmoning 43
Huile sur toile, 40 x 50 cm

Pendant sept mois, Josef Nassy a été détenu au camp de transit de Beverloo à Léopoldsburg, en Belgique. Les nazis l’ont ensuite transféré en Allemagne et a passé le reste de la guerre de 1942 à 1945 au camp d’internement de Laufen et à son sous-camp, Tittmoning en Haute-Bavière. Dans ce dernier camp de concentration 500 ressortissants étrangers ont été détenus dont une douzaine de personnes d’ascendance africaine et 30 prisonniers juifs.

La Croix-Rouge et le YMCA international (Les Young Men’s Christian Association) ont fourni à Josef Nassy, à sa demande, du matériel de peinture pour casser la routine quotidienne de la vie dans les camps. L’artiste a composé 200 peintures et dessins sur les camps mais aussi des scènes familiales, certaines mettant en scène des prisonniers noirs. Ses peintures, approuvées par le commandant lui ont évité les pénibles travaux forcés imposés aux autres internés.

Libéré par l’armée américaine le 5 mai 1945, Josef Nassy a retrouvé son épouse belge, Rosine van Aerschot, et a repris sa carrière en Belgique en tant que portraitiste. Il a réussi à faire sortir toutes ses œuvres d’Allemagne et, au cours des années suivantes a participé à un certain nombre d’expositions d’art sur l’Holocauste.

Dans l’année 1976 Josef Nassy est décédé d’un cancer à Bruxelles. En 1984, Severin Wunderman, un homme d’affaires et philanthrope californien, a acheté toutes ses œuvres d’art pour les offrir ensuite au U.S.Holocaust Memorial Museum à Washington D.C.

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Marine Le Pen : La France est humiliée par «les vociférations de haine indigéniste» et les violences urbaines et de banlieue

« Des médailles on s’en fout, des moyens et puis c’est tout », un des nombreux slogans entendus sur l’esplanade des invalides ce mardi 16 juin 2020 où de nombreux infirmiers, médecins, soignants et personnel hospitaliers défilaient, à l’instar des 220 autres rassemblement recensés en France.

A Paris,  selon les chiffres de la police, 18 000 soignants équipés de masques, blouses et pancartes, hommes et femmes se sont donnés rendez-vous en ce début d’après midi.

Cette manifestation devait rappeler au gouvernement toutes ses promesses pour que tout personnel soignant, en première ligne durant la crise sanitaire, puisse avoir un salaire décent et exercer son métier dans de meilleures conditions. C’était un engagement d’Emmanuel Macron et du premier ministre Edouard Philippe durant le confinement. Acclamés tous les soirs du mois de mars au déconfinement en mai dernier, les soignants ont organisé ces rassemblement pour qu’on ne les oublie pas.

Seulement des individus infiltrés dans la manifestation parisienne ont provoqué des  tensions et des accrochages avec les forces de l’ordre durant de longues heures.  La manifestation interrompue par des gaz lacrymogène et des destructions de matériels a  fait réagir la présidente du  Rassemblement National.  Marine Le Pen, depuis la ville de Dijon,  a tenu une conférence de presse et réagi  sur les violences urbaines qui comme celles des banlieues préfigurent une guerre civile sur le territoire, estime la fille de Jean-Marie Le Pen.

Prenant à témoin les citoyens qui observent depuis quelques semaines différentes manifestations contre le racisme et contre les violences policières, Marine Le Pen a dénoncé «un chaos» humiliant  pour une grande partie des français et appelle à une «restauration républicaine» très rapidement. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2017, a évoqué ses mesures pour « Un plan de reconquête des banlieues» et  «un moratoire de l’immigration »

Lors de cette conférence de presse, la présidente du rassemblement National, tout en condamnant la délinquance urbaine et en banlieue, a  révélé son plan pour cette dite « restauration républicaine» dans laquelle le communautarisme,  la violence, le trafic d’armes sont proscrits.  Tout individu condamné serait immédiatement expulsé du territoire et sa famille également, aucune indulgence pour les mineurs et, leurs proches  pénalisés seront aussitôt renvoyés du logement social, sont en substance ce que préconise la président du RN.

Extraits du discours de Marine Le Pen :

« La France est prise d’une fièvre communautariste qui révèle un mal plus profond moins sanitaire et sécuritaire qui se manifeste par des symptômes inquiétants. La France s’est réveillée dans des vociférations de haine indigéniste, de haine raciale sous couvert d’anti-racisme, cette haine communautariste anti-française. Le tout s’accompagnant de violences urbaines. Ce séparatisme républicain s’affranchit de toutes les lois et de toutes les conventions de notre pacte social : exhibitions d’armes de guerres, armes de poings, fusils à pompe ou pistoles mitrailleurs, par des malfrats éructant devant les caméras (…) Derrière ce chaos il y a l »humiliation de tout un peuple français.

«C’est toute une classe politique de droite comme de gauche qui se trouve au prise avec la réalité monstrueuse dans laquelle 30 ans d’errements idéologiques ont entraîné la France. Tout un pays se demande où l’on va? (…) Le séparatisme qu’avait évoqué le président Macron dans un moment de lucidité ne porte plus sur les valeurs de notre pacte républicain , il se manifeste désormais par une sécession territoriale armée et judiciaire qui s’affirme sans complexe. Cette situation est d’une gravité inouïe. Elle n’est pas un fait divers et doit être envisagé comme un avertissement. (…)


«J’appelle les français à regarder la vérité en face, il ne s’agit pas, comme veut le gouvernement, à s’interposer entre des communautés mais de mettre fin sans faiblesse à cette sinistre séquence… Ce qui se passe est un épisode d’un phénomène général. Le communautarisme ne s’exprime plus dans des revendications vestimentaires, alimentaires ou scolaires du quotidiens il n’adopte plus la posture de bruyantes et inconvenantes imprécations sur la prétendue illégitimité de la culture française en France. Il ne se limite plus à des appels grotesques de à repentance de la part des français . Le communautarisme ne nous sommes plus seulement de déboulonner des grands hommes de notre histoire, il n’hésite plus à s’affirmer, on le voit à Dijon et à Nice par des défilés de groupes armés agissant au vu et au su de tout le monde.

«Nous avons franchi un palier supplémentaire,  je n’hésite pas à dire un palier de trop (…) «Ce projet de remise en ordre de notre République est vital. Il s’impose de façon évidente et urgente (… ) Cette grande reconstruction à pour cadre l’état de Droit, c’est à dire l’application partout et par tous, de la loi de toute la loi. (…)

«Le premier signe donné, c’est un moratoire sur l’immigration qui indiquera à chacun que la France n’entend plus importer chez elle des pratiques des contre valeurs ou des porteurs de querelles qui lui sont totalement étrangères.

«C’est aussi un plan de conquête des territoires perdues de la République qu’il faut mettre en oeuvre :  Les réseaux mafieux doivent être démantelés, tout comme les bandes qui configurent les gangs. Les services de renseignements doivent s’implanter au cœur de ses quartiers avec des agents vivant sur place, les caméras à l’évidence ne suffisent pas. Les contrôles fiscales doivent être mises en place pour confronter les distorsions entre les revenus affichés souvent sociaux et les trains de vie hallucinant.
Les biens mal acquis doivent être saisis et cela doit devenir la règle.
Les cartes de séjour doivent être retirés, des droits d’asile doivent être annulés, des interdictions de séjour prononcés des expulsions diligentés.

«C’est le principe de tolérance zéro qui doit s’appliquer. Les familles de délinquants doivent expulsés de leur logement sociaux, les avantages sociaux qu’elles perçoivent doivent être retirés.  Le principe du casseur payeur doit être instaurer y compris pour les délinquants mineurs en engageant la responsabilité civile des parents.
Tous les étrangers impliqués dans ces affaires doivent être expulsés de France avec une interdiction absolue d’y revenir.»

«La paix à l’intérieur de notre pays, la paix pour nous, la paix pour nos enfants.
L’heure est à la mobilisation citoyenne. » sera l’une des phrases de conclusion de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National.

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Emmanuel Macron : « Nous devons lucidement regarder en face toute notre histoire »

Tous les citoyens français attendaient le discours du Président de la République après une longue période de confinement due au Covid-19 et deux semaines de troubles et de manifestations après l’assassinat d’un Afro-Américain aux Etats-Unis. L’allocution du Chef de l’Etat, brève, ce dimanche 14 juin, a répondu aux diverses interrogations et rassurée les français sur une rapide reprise économique et  sur l’annonce d’un retour d’ « Une France souveraine, écologique et solidaire ».

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron a présenté durant 19 minutes les grandes lignes de la fin de son quinquennat qui se poursuit en trois axes. Le Président se donne jusqu’à mi-juillet pour dérouler son agenda dans une reconstruction, économique, écologique et solidaire pour la France : « Il faut éviter les licenciements, préserver le plus d’emplois, de relocalisation quand cela se justifie ». « Un vrai plan de modernisation » a précisé Emmanuel Macron. Durant le confinement Au total près de 500 milliards d’euros ont été mobilisés par l’Etat pour protéger les emplois, a affirmé le Président.

Sur cette feuille de route en trois axes, le chef de l’Etat accélère le déconfinement, dès demain l’ensemble du territoire sera vert partout à l’exception de Mayotte et de la Guyane, encore très impactés par l’épidémie de Coronavirus.

« Nous serons intraitables contre le racisme et contre la discrimination ». Dans son allocution, le Président a évoqué les récents événements qui se sont déroulés en marge des manifestations contre les violences policières américaines et Emmanuel Macron a fermement  condamné toute  récupération du combat identitaire par « les séparatistes et le communautarisme » :

« La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Nous devons lucidement regarder en face toute notre histoire, notre rapport à l’Afrique. En aucun cas nous devons revisiter ou nier ce que nous sommes. Nous ne bâtirons pas notre avenir dans le désordre. »

Et, le chef de l’Etat a montré son soutien aux policiers, cibles de nombreuses protestations :  » Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité ni liberté. Cet ordre ce sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l’assure. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom. C’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation. »

Le troisième volet du discours avait comme résonance la décentralisation des responsabilités : « L’organisation de l’Etat doit être changé. Tout ne doit pas être décidé si souvent à Paris. » Un message qui s’adresse particulièrement aux citoyens, associations, collectivités locales, syndicats et entreprises qui ont prouvés leur « créativité » durant la crise sanitaire Covid 19.

Demain, dès lundi 15 juin, les bars, les cafés et restaurants seront ouverts au public, les crèches, les écoles et les collèges se prépareront à accueillir obligatoirement tous les élèves (le 22 juin), le second tour des élections municipales est maintenu au 28 juin prochain. Les visites dans les Ehpads sont désormais autorisées.

En résumé, Emmanuel Macron promet une reprise économique rapide, une reconstruction sociale, la réunification de la République et une décentralisation des pouvoirs, trop centrée sur Paris.

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