Les cellules «immortelles» d’Henrietta Lacks lui ont été volées pour développer la recherche médicale, elle obtient enfin de la reconnaissance

Ce vol de cellules a failli n’être jamais révélé au grand public sans l’ouvrage écrit par la journaliste Rebecca Skloot «La vie immortelle de Henrietta Lacks».

Henrietta Lacks

Le cas Henrietta Lacks Act était au centre des préoccupations d’Elijah Cummings, un démocrate de Baltimore décédé en 2019. Il en avait fait l’un de ses combats et sans doute aurait-il approuvé cette forte avancée du dossier. Henrietta Lacks, dont les cellules ont été volées, (ce qui a conduit à d’importants progrès médicaux) obtient enfin des premiers signes de reconnaissance.

Elijah Cummings

Un projet de loi, Henrietta Lacks Enhancing Cancer Research Act, inspiré par feue Henrietta Lacks, cette femme noire dont les cellules ont été utilisées pour la recherche médicale sans son consentement, est en quête d’approbation du président sortant Donald Trump.

Le Sénat américain a approuvé la loi vendredi 18 décembre dernier et la Chambre des représentants des États-Unis l’avait adoptée un peu plus tôt en décembre.

Selon la loi, la Henrietta Lacks Enhancing Cancer Research Act obligerait le gouvernement fédéral à publier un rapport sur les essais de recherche sur le cancer financés par le gouvernement, y compris le taux d’implication des populations sous-représentées et les obstacles à leur participation.

Henrietta Lacks, qui vivait à Baltimore, a été soignée à l’hôpital Johns Hopkins (située dans le Maryland) pour un cancer du col de l’utérus, est décédée des suites de la maladie en 1951. Sans  son consentement, les médecins ont pris ses cellules cancéreuses et les ont utilisées pour la recherche.

La lignée de cellules HeLa qui en résulte s’est avérée cruciale pour de nombreux chercheurs médicaux, y compris pour les progrès médicaux lucratifs., atteste le site The Oregonian Live. La famille de Henrietta Lacks est restée pendant des décennies sans rien suspecter, sans excuses ni de compensations. Ce n’est que ces dernières années que la contribution d’Henrietta Lacks à la médecine a été reconnue et célébrée, en grande partie grâce au livre à succès de Rebecca Skloot intitulé «La vie immortelle de Henrietta Lacks».

La journaliste Rebecca Skloot

Le magazine médical de la recherche, SmithSonian Magazine a interrogé Rebecca Skloot en janvier 2010. Dans son livre, «The Immortal Life of Henrietta Lacks», la journaliste Rebecca Skloot retrace l’histoire de la source des étonnantes cellules HeLa (Henrietta Lacks) et documente l’impact de la lignée cellulaire sur la médecine moderne et la famille Lacks.

«Les chercheurs en médecine utilisent des cellules humaines cultivées en laboratoire pour apprendre les subtilités du fonctionnement des cellules et tester des théories sur les causes et le traitement des maladies. Les lignées cellulaires dont elles ont besoin sont «immortelles». Elles peuvent croître indéfiniment, être congelées pendant des décennies, divisées en différents lots et partagées entre les scientifiques. En 1951, un scientifique de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, Maryland, a créé la première lignée cellulaire humaine immortelle avec un échantillon de tissu prélevé sur une jeune femme noire atteinte d’un cancer du col de l’utérus. Ces cellules, appelées cellules HeLa, sont rapidement devenues inestimables pour la recherche médicale».

Lorsque les cellules ont été prélevées, elles ont reçu le nom de code HeLa, pour les deux premières lettres de Henrietta et Lacks. Ces cellules ont été les premières cellules humaines immortelles jamais cultivées.  Elles étaient essentielles au développement du vaccin antipoliomyélitique. Les cellules ont été testées  dans les premières missions spatiales pour voir ce qui arriverait aux cellules en apesanteur. Depuis, de nombreux repères scientifiques ont utilisé les cellules HeLa, notamment le clonage, la cartographie génétique et la fécondation in vitro. Les cellules d’Henrietta Lacks sont devenues la base d’une série de développements de l’industrie biomédicale à la recherche menant à des traitements pour des maladies telles que la polio, la maladie de Parkinson et la leucémie.

Henrietta Lacks était une productrice de tabac noir du sud de la Virginie qui a contracté un cancer du col de l’utérus à l’âge de 30 ans. Un médecin de Johns Hopkins a pris un morceau de sa tumeur sans le lui dire et l’a envoyé à des scientifiques qui avaient essayéS de cultiver des tissus pendant des décennies sans succès. Personne ne sait pourquoi, mais ses cellules ne sont jamais mortes.

L’affaire Henrietta Lacks est l’un des nombreux cas qui contribuent à la méfiance à l’égard des institutions médicales, en particulier parmi les communautés noires qui ont été victimisées. Elijah Cummings, qui comme Henrietta Lacks était noir, était préoccupé par le manque de participation des personnes de couleur aux essais cliniques de recherche sur le cancer.

Le sénateur américain Chris Van Hollen, qui a parrainé la loi au Sénat, a déclaré qu’il pensait que l’adoption finale du projet de loi rendrait Elijah Cummings fier. Le projet de loi a été adopté vendredi 18 décembre 2020 par consentement unanime au Sénat. La veuve d’Elijah Cummings, Maya Rockeymoore Cummings, a écrit sur Twitter qu’elle prie pour que Donald Trump signe le projet de loi.

Le fils aîné de Henrietta Lacks , Lawrence Lacks Sr., a déclaré dans un communiqué que sa mère obtenait enfin son dû pour son rôle de «mère de la médecine moderne».

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images ©️AP / J. Scott Applewhite – New Scientist – John Hopskin Medecine – Baltimore Magazine

 

Tina Turner : Après les violences conjugales elle retrouve confiance et bonheur en Suisse

«Je crois vraiment que l’âge n’est qu’un chiffre. Erwin, qui est une force de la nature, n’a jamais été le moins du monde intimidé par ma carrière, mes talents ou ma renommée. Il me montre que le véritable amour n’exige pas l’atténuation de ma lumière pour qu’il puisse briller». Cette déclaration est l’une des nombreuses confidences, tirées du nouveau livre de la légendaire Tina Turner, rapporte le magazine américain People.

Dans ses mémoires «Happiness Becomes You : A Guide to Changing Your Life for Good» ou en français «Le bonheur vous appartient : Un guide pour vraiment changer votre vie», qui vient de paraître, Tina Turner explore la spiritualité et partage la pratique bouddhiste, qui l’ont aidée à surmonter la perte, les déceptions et la violence conjugale tout au long de sa vie.

Tina et Ike Turner (son premier mari)

Le couple, Tina Turner, 81 ans, et Erwin Bach, 64 ans, s’est marié en 2014 et vit à Zurich, en Suisse. Dans son livre-mémoire, Tina Turner décrit sa relation avec son conjoint comme son «seul vrai mariage». «Nous nous accordons la liberté et l’espace pour être des individus en même temps que nous sommes un couple», écrit Tina Turner dans ce guide.

«Tomber amoureux de mon mari, Erwin Bach, a été un autre exercice pour sortir de ma zone de confort, être ouverte aux cadeaux inattendus que la vie a à offrir», écrit Turner. «Le jour où j’ai rencontré Erwin pour la première fois, dans un aéroport en Allemagne, j’aurais dû être trop fatiguée de mon vol, trop préoccupée par les pensées de ma tournée de concerts et trop pressé de me rendre à mon hôtel pour faire très attention au jeune directeur musical venu de ma maison de disques pour m’accueillir.»

«Quand je l’ai remarqué, j’ai immédiatement ressenti un lien émotionnel», a-t-elle poursuivi. «J’aurais pu ignorer ce que je ressentais, j’aurais pu écouter les voix fantômes dans ma tête me dire que je ne devrais pas penser à la romance parce que ça ne finit jamais bien. Au lieu de cela, j’ai écouté mon cœur. J’ai quitté ma zone de confort et j’ai fait de la connaissance d’Erwin une priorité. Cette simple première rencontre a conduit à une longue et belle relation et à mon seul vrai mariage.» note Tina dans son ouvrage.

Erwin Bach et Tina Turner

Au plus fort de leur relation, Tina Turner a pu compter sur Erwin Bach. Non seulement, son ancien directeur musical est l’amour de sa vie, mais cet homme  est aussi sa bouée de sauvetage, affirme Tina Turner. Il a fait don d’un de ses reins à la chanteuse en 2017 lorsqu’elle souffrait d’une insuffisance rénale et avait besoin d’un donneur d’urgence.

«Je suis heureuse de dire que, grâce à mon mari bien-aimé, Erwin, qui m’a donnée un de ses reins, le cadeau de la vie, je suis en bonne santé et j’aime la vie tous les jours», écrit Tina Turner. «Je suis également reconnaissante d’avoir non seulement survécu, mais aussi de m’être enrichie, afin de pouvoir vous transmettre ce livre contenant les cadeaux précieux qui m’ont été offerts et les plus beaux cadeaux que je peux offrir.»

Avant la sortie de son livre ce 1er décembre 2020, le site Variety s’est entretenu par e-mail avec la star de 81 ans, qui vit en Suisse.

«Je crois vraiment que l’âge n’est qu’un chiffre, et je n’ai jamais laissé l’âge me gêner», écrit Tina Turner. «Pas à 42 ans, quand les gens disaient que j’étais trop vieille pour être une rock star. Et pas maintenant, dans mes quatre-vingts ans, quand le livre que je rêvais d’écrire depuis des décennies est enfin entre vos mains. J’ai dépassé les 80 ans, mais je ne suis pas «au bout». Je me mets toujours au défi de grandir, de sortir de ma zone de confort, d’améliorer ma vie et d’être au service des autres. »

Tina Turner s’est dit ravie de rencontrer la jeune actrice qui interprète son rôle dans «Tina – The Tina Tuner Musical» qui a ouvert ses portes à Broadway l’année dernière. «J’ai adoré chaque minute. J’ai encore des frissons en pensant à la scène d’ouverture de la série, qui me représente comme une petite fille travaillant dans les champs de coton de ma ville natale de Nutbush, au Tennessee, et à la distance que j’ai parcourue de là à où je suis maintenant. Je n’aurais jamais pensé trouver quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance pour me représenter correctement sur scène,comme l’a fait Adrienne Warren.»

Beyoncé et Tina Turner sur la scène du 50e Grammy Awards au Staples Center le 10 février 2008 à Los Angeles, Californie.

Dorothée Audibert-Champenois directrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy – Source Variety et People US 6 ©James Shaw/PHOTOSHOT/MAXPPP – Kevin Mazur-WireImages – Andrew MacPherson

 

Christiane Taubira: « Nous avons notre part dans les désordres du monde», elle craque en pleine émission

Christiane Taubira plaide pour un monde plus solidaire.

L’ancienne ministre de la justice a fondu en larmes pendant une diffusion d’images de réfugiés entassés dans un camp sur une île grecque. Samedi 19 septembre, Christiane Taubira, invitée de C’ l’hebdo sur France 5 regardait un reportage sur les migrants de l’île de Lesbos, quand à la fin de la diffusion,  l’écrivaine et femme politique est d’abord restée sans voix puis a craqué devant les invités. Prenant à témoin les téléspectateurs, l’ex-Garde des Sceaux a longuement décrié les conditions de vie des réfugiés qui sont plus épouvantables que jamais.

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur, il y a deux mois, les transferts de migrants et réfugiés vers la capitale ont subi un coup d’arrêt, alors que les arrivées n’ont pas cessé d’augmenter depuis 2019. Résultat, dans le camp de Moria dressé à l’origine pour accueillir au maximum 3000 réfugiés, plus de 21 000 personnes s’entassent aujourd’hui.

Une semaine après un incendie qui a ravagé ce camp de migrants de Moria, la police grecque a commencé ce jeudi 17 septembre 2020 à évacuer une partie des milliers de réfugiés jetés à la rue. Des déplacés, censés regagner un nouveau camp, que l’ONU et Athènes promettent  qu’il sera « provisoire ».

Le témoignage d’un jeune garçon a fait fondre la mère de famille : « Lorsqu’on parle d’injustice, on parle de ça. Ces personnes sont à la fois des victimes du désordre du monde et nous avons notre part dans les désordres du monde. Nous avons notre part dans le fait qu l’on ne puisse spéculer sur les denrées alimentaires(…) sur le prix du riz, sur le prix du maïs ». Elle poursuit toujours émue, les yeux rouges et la mine dévastée : « Lorsqu’on parle d’injustices et d’inégalités, ce sont des choses tangibles. On empêche de manger. Oui, ça fait une politique. Lorsqu’on parle de corruption, ce sont des choses tangibles, On est complice de gens qui pillent des richesses ou permettent le pillage des richesses » s’est indignée Christiane Taubira.

La guyanaise qui vient de publier aux Editions Plon, son premier Roman «Gran Balan» s’interroge sur ce monde peu solidaire envers les plus démunis : « Est-ce que le pillage fonde une politique ? Est-ce que la connivence fonde une politique ? Est-ce que l’économie qui dévaste la Terre, qui fait que les changements climatiques sont tels que des littoraux se réduisent, que des territoires sont submergés, et que de toute façon les gens vont mettre un pied devant l’autre pour aller ailleurs ? (…) Ça fait une politique ça? Mais l’hospitalité ».

Outrée, Christiane Taubira a terminé ce déplorable constat en appelant à la solidarité entre les peuples : « Ça fait partie du choix de se dire que oui, nous partageons une planète et que nous ne pouvons pas nous exonérer de notre responsabilité ».

De nombreuses ONG s’insurgent contre les conditions de vie sordides dans ce camp de Moria, le plus grand d’Europe, mis en place il y a cinq ans. Il y a une semaine, ce camp a ciel ouvert a été entièrement détruit par un incendie.

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Zimbabwe: L’écrivaine primée Tsitsi Dangarembga face à la justice après une manif anti-corruption

La romancière zimbabwéenne, Tsitsi Dangarembga, nominée au Prix Booker 2020 pour «This Mournable Body», a été arrêtée en juillet dernier à Harare, lors d’une manifestation anti-gouvernementale.

Tsitsi Dangarembga à gauche

Un rassemblement qui dénonçait la corruption dans le pays mais considéré comme une insurrection par le gouvernement du Zimbawe. L’écrivaine et réalisatrice avaient pris soin,  insitse-t-elle, d’appeler à l’apaisement : « J’avais fait campagne sur Facebook pour les gens qui étaient présents pour s’assurer qu’ils étaient pacifiques et j’avais souligné qu’il n’y avait absolument rien à gagner de la violence.» Arrêtée et Libéré sous caution conditionnelle, elle devait se présenter une fois par semaine aux autorités, jusqu’à cette audience du 18 septembre.

Vendredi 31 juillet 2020, des manifestations massives étaient prévues pour protester contre la gestion (par le président Emmerson Mnangagwa) de l’épidémie de coronavirus et de l’effondrement économique du pays. Une crise économique qui s’aggrave avec une inflation de plus de 700%, note les experts économiques. Des dizaines d’activistes et de manifestants, dont Tsitsi Dangarembga, ont été arrêtés et placé en détention, indiquaient des avocats zimbabwéens pour les Droits de l’Homme.

Protester, un risque assumé par la romancière qui expliquait à la BBC, l’utilité de telle manifestation au Zimbabwe : « Chaque secteur se désintègre. La santé, l’éducation, l’économie. Je suis inquiète pour ma sécurité. Ce serait naïf de ne pas l’être parce que nous avons un régime très répressif et nous savons qu’ils seront très probablement déployés contre le peuple ». Deux jours avant ce vendredi 31 juillet, la manifestation avait été déclarée illégale et les militaires étaient déployés en force dans toute la capitale Hararé. Tsitsi Dangarembga et un autre manifestant ont été embarqués dans un camion de police alors qu’ils portaient encore des pancartes, affirmait un photographe de l’agence de presse AFP.

Le président Emmerson Mnangagwa estimait que la force d’opposition tentait d’exploiter les difficultés économiques du pays pour renverser son gouvernement.

 

Aujourd’hui, vendredi 18 septembre 2020, la romancière Tsitsi Dangarembga comparaît pour incitation à la violence publique,  pour rupture de la paix, pour non distanciation sociale et pour actes de sectarisme.

La zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga est écrivaine et réalisatrice. Elle est née dans la ville de Mutoko, dans le Nord-Est du pays. À deux ans, elle part avec ses parents pour l’Europe, direction l’Angleterre.

Son premier roman Nervous Conditions a remporté la section africaine du Commonwealth Writers Prize en 1989 : «J’ai écrit « Nervous Conditions » juste après l’indépendance dans les années 1980, et il y avait ce sentiment d’espoir» a-t-elle avoué au site The World. Réalisatrice, elle a produit Neria, le film le plus réussi du Zimbabwe sorti en 1993 a été primé. Son dernier livre, «This Mournable Body», a été sélectionné pour le Booker Prize.

Quelques jours après ces arrestations, des zimbawéen ont lancé le hashtag : Zimbabwéens se sont tournés vers les médias sociaux, publiant sous le hashtag #ZimbabweanLivesMatter. « Ce que j’aime chez #ZimbabweanLivesMatter, c’est que c’est un message positif. Ce n’est pas agressif. Ce n’est pas de la confrontation et c’est unificateur. Et donc je suis vraiment heureux de voir que nous avons maintenant un hashtag qui englobe tous les Zimbabwéens.» a commenté la romancière aux médias locaux. Avant d’ajouter : « Que tout cela ressemble à une reprise des pires jours du régime de plusieurs décennies du fondateur de la ZANU-PF, Robert Mugabe, avec Emmerson Mnangagwa dans le même rôle.»

#ZimbabweanLivesMatter

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Rokhaya Diallo, officiellement nommée au Washington Post, après 2 ans de collaboration

Pour certains l’année 2020 est synonyme de confusion, de trouble ou d’échecs mais pour d’autres comme l’écrivaine et réalisatrice Rokhaya Diallo, cette année bissextile marque une nouvelle étape dans la réalisation de ses projets. Après avoir été primée du Prix d’Excellence 2020 Rise up Diaspora, en février dernier, la journaliste, femme de média Rokhaya Diallo vient d’être confirmée comme journaliste régulière pour le quotidien américain The Washington Post.

Après deux années de collaboration fructueuse, les dirigeants du journal ont décidé «d’officialiser leur collaboration». Le washington Post Opinions nomme la journaliste, autrice et réalisatrice française Rokhaya Diallo comme contributrice de la section de Global Opinions. Selon un communiqué publié par l’intéressé sur son compte Facebook, chaque mois, elle délivrera ses points de vue sur les actualités liées aux problématiques de racisme et de sexisme.

Le Washington Post rappelle que dans «ses précédents textes, Rokhaya Diallo explorait les effets en france de la mort de George Floyd et l’évolution de l’appréhension des violence sexuelles dans le pays».

Eli Lopez, le rédacteur en chef de Global Opinions du Washington Post note que «Rokhaya Diallo est une des personnalités publique les plus importantes en France pour son travail éclairant sur les inégalités sociales.». Il a ajouté «Nous sommes heureux de présenter son point de vue crucial sur ces questions en Europe et au-delà».

En Février dernier le magazine C’news Actus Dothy rencontrait Rokhaya Diallo à la cérémonie de remise des prix club efficience «Rise Up Diaspora» :

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«Shuri» de Black Panther, Roseanne A. Brown est l’auteur du prochain roman de Marvel Entertainment

Dans Black Panther, le film, Letitia Wright interprète Shuri, la princesse régente du Wakanda. Décidée en 2018, Marvel créait la bande dessinée : Shuri-The Black Panther’s sister. Selon The Hollywood Reporter, le partenariat est un accord de publication pluriannuel avec l’impression graphique de Scholastic, qui présentera exclusivement des personnages Marvel.

Chadwick Boseman et Letitia Wright

Apparue en 2005 dans le Comics du même nom, Shuri tient un rôle très important dans les comics Black Panther. Elle est la demi-soeur de T’Challa, arrivée tardivement dans les Comics de Marvel, cette princesse régente du royaume est intraitable en matière d’innovations technologiques wakandiennes, dans le film on lui doit d’ailleurs le nouveau costume de Black Panther porté par Chadwick Boseman le héros du long métrage.

Roseanne A. Brown

Mais c’est dans les rayons de bibliothèque que Shuri va poursuivre son aventure grâce Marvel Entertainment qui annonce qu’il travaille avec Scholastic (la maison d’édition américaine qui a publié Harry Potter),  sur une série de romans graphiques. Le deuxième livre de la série se concentrera sur Shuri de BLack Panther. Si « Le dessinateur du roman graphique Shuri n’a pas encore été annoncé! », Marvel a indiqué qu’il sera écrit par Roseanne A. Brown, une auteure à succès du New York Times. Roseanne A. Brown connue pour son roman mystique pour jeunes adultes : A Song of Wraiths and Ruin a tweeté l’information.

« Je suppose que je peux ENFIN vous dire que j’écrirai un roman graphique Black Panther !!!! Les jeunes Shuri et Teen T’Challa et leurs frères se chamaillent » a-t-elle mis en légende sous une publication du 10 juillet.

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Naya Rivera : L’ex de Big Sean aspirée par un vortex dans le Lac de Piru?

Comme de nombreux fans de l’actrice de la série Glee, sur son compte Twitter, Big Sean suivi par 14,4 millions d’abonnés, a participé aux différentes recherches depuis la disparition inquiétante de son ex-girl friend, Naya Rivera. L’artiste de 32 ans, de son vrai nom Sean Michael Leonard Anderson, a ainsi « liké » plusieurs tweets d’anonymes priant pour l’actrice et d’autres publication donnant les numéros d’urgence reliés aux autorités du Comté de Ventura où a disparu Naya Rivera. Les proches de la comédienne ont peu d’espoir de la retrouver vivante, le Lac de Piru ne serait pas à sa première victime.

Pourtant ce mercredi avait bien commencé pour Naya Rivera et son fils Josey, né de sa relation avec son ex-mari Ryan Dorsey. Quelques heures plus tôt, l’interprète de Santana Lopez dans Glee,  avait partagé une photo d’elle et de son fils sur les réseaux sociaux, ravie de ce moment complice. « Juste nous deux », écrivait-elle en légende.

L’enfant, quand il a été retrouvé seul, portait un gilet de sauvetage et pleurait dans l’embarcation. Il a expliqué avec ses mots d’enfants, ce qu’il s’était réellement passé sur le Lac Piru et selon le petit Josey, sa mère a plongé dans le lac mais n’est jamais remontée. Depuis le 8 juillet, des hélicoptères, des drones et une équipe de plongeurs sont à l’oeuvre pour retrouver le corps de l’actrice. Après plusieurs jours d’enquête et de théories sur la disparition mystérieuse de Naya Rivera, les policiers ont une explication plus réaliste.

Les enquêteurs pensent que l’actrice a été aspirée par un vortex lors de sa baignade. Naya Rivera ne serait pas la première victime du Lac de Piru. Depuis 1954, huit personnes ont disparu de la même manière. En 2009, une fillette de neuf ans, Denise Arredondo coulait au fond de ce Lac de Piru. Dans le magazine People (américain), le sergent Kevin Donoghue explique les difficultés que son équipe rencontre sous l’eau : « Il y a beaucoup d’arbres et de plantes sous l’eau qui peuvent provoquer des enchevêtrements. Cela rend la baignade dangereuse pour plongeurs et une recherche compliquée ».

Naya Rivera est devenue célèbre dans le rôle de la pom-pom girl Santana Lopez dans Glee, qu’elle a joué tout au long de la série de  2009 à 2015. Elle a ensuite lancé une carrière de chanteuse tout en continuant son travail d’actrice.

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Maryse Condé « sur la découverte des préjugés en France », elle se livre dans The Guardian

J’ai été éduquée par des parents qui croyaient en la France et étaient convaincus que la France était le meilleur endroit au monde. Mon père nous disait :

« Oh, la France est un beau pays». Mais maintenant je comprends ce à quoi ils ne voulaient pas faire face. Nous n’avons jamais parlé d’esclavage ou de colonialisme. J’ai décidé alors que j’allais apprendre des sujets qui m’étaient cachés. Il est très difficile d’avoir votre propre opinion et votre libre pensée lorsque vous êtes très jeune. Vous devez être plus mûr, assez fort et plus mature pour croire que vous pouvez changer le monde. »

L’écrivaine guadeloupéenne, Maryse Condé est en interview dans le quotidien américain qui l’interroge sur son dernier roman  « Le fabuleux et triste destin d’Ivan et d’Ivana ». Et l’on découvre tout au long de cet entretien, une femme passionnée et déterminée à comprendre (très jeune), le monde dans lequel elle vit.

Maryse Condé avoue qu’elle n’a pas toujours eu confiance en elle. Pour cette raison, elle explique la publication de son premier roman, « Hérémakhonon », à l’âge de 40 ans,. La romancière n’osait pas « présenter son écriture au monde extérieur » :

« Quand j’étais enfant, j’étais très gâtée par mes parents. J’étais inconsciente du monde extérieur. J’étais convaincue que j’étais l’une des plus belles filles du monde et certainement l’une des plus intelligentes, mais quand je suis venue étudier en France, j’ai découvert les préjugés des gens. Les gens pensaient que j’étais inférieure juste parce que je suis noire. Je devais leur prouver que j’étais douée et montrer à tout le monde que la couleur de ma peau n’avait pas d’importance, ce qui compte est dans votre cerveau et dans votre cœur. »

À la journaliste qui lui demande quand a eu lieu ce tournant dans son développement, Maryse Condé raconte cette anecdote :

 » Quand j’étais étudiante au Lycée Fénélon à Paris, je suis devenue l’amie d’une fille. Son père, Jean Bruhat, était professeur communiste d’histoire à la Sorbonne et m’a appris à avoir confiance en moi. Il m’a appris à regarder le monde à travers les yeux d’un colonisé et comment la Guadeloupe avait été créée par la France au profit de l’esclavage et comment la population amérindienne indigène avait été éradiquée. »

A découvrir l’interview en entier sur le site The Guardian du samedi 4 juillet.

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Une étudiante haïtienne reçoit le Prix « Jeune Écrivain Guyanais 2020 »

«Le corps d’une amérindienne», la nouvelle écrite par la jeune étudiante haïtienne Winslow Nitza Carmela Cavalier lui permet de remporter le prix Jeune écrivain Guyanais 2020.

C’est le journal en ligne Loop haïtien qui rapporte l’information ce mardi 23 juin. Winslow Nitza Carmela Cavalier est étudiante en Lettres à l’Université de Guyane, et vue comme «une ambassadrice de la culture haïtienne là-bas. Et c’est une très bonne note !». la jeune caribéenne est également animatrice d’une émission littéraire, «Mille Bulles», qu’elle enregistre dans les studios de Mayouri Campus.
«Ce prix vient renforcer l’idée en moi que je peux continuer à avancer, que je ne suis pas sur une mauvaise pente», a déclaré l’écrivaine.

«Le corps d’une amérindienne» décrit un passé peu glorieux pour les conquistadors qui ont décimé une grande partie du peuple amérindien dans les Antilles et en Amérique latine.

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Maryse Condé écrit «Fem- cé chataign, n’hom-n cé fouyapin» dans «La Parole des Femmes»

« Fem- cé chataign, n’hom-n cé fouyapin », en français ce proverbe antillais signifie « La femme, c’est une châtaigne, l’homme c’est un fruit à pain ». Dans l’essai sur Des romancières des Antilles de langue française présenté dans « La Parole des Femmes» et publié à l’Harmattan en 1979, Maryse Condé explique comment est identifiée la femme noire, la femme antillaise francophone à travers des romans écrits par plusieurs femmes dont Simone Schwartz-Bart (guadeloupéenne), Michèle Lacrosil (guadeloupéenne), Mme Claire de Duras (bretonne), Maryse Condé (guadeloupéenne-Itw), Marie-Flore Pelage (Martinique-Itw) et Marie-Thérèse Colimon (Haïti-Itw). Dans l’ouvrage de nombreux auteurs hommes et femmes des trois Océans sont également cités.

L’enquête dite non-exhaustive était destinée à l’origine aux étudiants de l’Université de Santa-Barbara en Californie, et l’auteure d’origine guadeloupéenne, Maryse Condé en a fait une analyse critique, historique et très argumentée sur la place qu’occupe la femme noire, la femme antillaise née de deux cultures qui s’entre-choquent. D’une part, celle de l’Afrique et de l’autre celle de l’Occident puisque que fille d’esclave et de colons français. Maryse Condé écrit : «Nous avons pensé qu’il serait intéressant d’étudier les œuvres des romancières afin de découvrir le regard qu’elles portent sur elles-mêmes, sur leur pays et leur société et d’appréhender les problèmes qu’elles affrontent»

L’étude s’étend sur 10 chapitres : L’enfance et l’éducation et l’école sont soutenus par deux ouvrages Pluie et Vent sur Télumée Miracle et Sapotille et le Serin d’Argile. Dans ce thème sont analysés les différents types d’éducation qu’une petite fille pouvait recevoir aux Antilles jusqu’au XXème siècle et les ravages observés sur sa vie future. Sapotille est à la charge de sa mère et de sa grand-mère, peut-être une bâtarde, mais silence! : «Sapotille, ta mère et moi, désirons que tu reçoives une éducation convenable …Tes aïeux, Sapotille…ils en ont vu d’autres. C’étaient des esclaves. Il est temps que tu saches». L’éducation de Sapotille a pour but de museler le «fond nègre» détestable et méprisable. Elle sert, observe Maryse Condé à inculquer à l’individu des mécanismes de contrôle qui fassent oublier sa «Race». Pour la descendante d’un passé peu glorieux, il ne s’agit pas de faire honte à sa grand-mère. «Je consentis que j’avais l’âme aussi noire que les religieuses le disaient. Dieu le Père avait créé une petite fille qui déparait son oeuvre» (Michèle Lacrosil/Sapotille et le Serin d’Argile).

Dans le second paragraphe : Le rapport à soi-même, les critères esthétiques peuvent conduire au suicide comme pour la jeune Cajou dans le deuxième roman de Michèle Lacrosil. Mais Télumée, de Simone Schwartz-Bart, sait que la beauté n’est pas affaire de robes ou de bijoux, qu’elle n’est pas non plus fonction de la forme du nez et des yeux. Quand elle quitte l’Abandonée pour aller vivre avec sa grand-mère, elle se décide à la regarder bien en face : «Grande sèche, à peine voûtée, ses pieds et ses mains étaient particulièrement décharnés et elle se tenait fière dans sa berceuse». Ici, le rôle de la grand-mère est d’amener l’enfant à prendre conscience de la richesse contenue «dans son corps vivant» et de l’offrir aux autres.

Cette beauté intérieure pré-existait déjà dans «Ourika» le roman de l’écrivaine Claire de Duras dit Mme de Duras, paru en 1823. Ourika, son héroïne originaire du Sénégal, arrachée à l’esclavage perd confiance quand elle surprend une conversation secrète et se désespère de sa couleur : «Je n’osais plus me regarder dans une glace; lorsque mes yeux se portaient sur mes mains noires, je croyais voir celles d’un singe». Pourtant, selon Mme de Duras, Ourika est belle intérieurement, parée de toutes les vertus du cœur et de l’esprit.

Le troisième chapitre questionne sur Le rapport à l’Homme et l’Amour ou «comment la femme antillaise, plus qu’une autre entravée par son éducation mutilante, pourra-t-elle s’affirmer en face du mâle?». Certaines réponses sont rapportées par «Claire-Solange, âme africaine», la fiction de Suzanne Lacascade, publiée en 1924. Cet ouvrage, rappelle Maryse Condé, apparaît une dizaine d’années avant le concept de la Négritude.

La Maternité est évoquée en image à l’aide d’un proverbe antillais qui a tout son sens pour ceux qui maîtrisent le créole «Tétés pa jin tro lou pou lestomak», et l’auteure de «Moi, Tituba sorcière» écrit : «A travers toute l’oralité antillaise se trouve magnifiée la Mère porteuse de dons, dispensatrice de biens» comme l’étaient Aidée, Petite Mère Victoire, Tante Acé dans «Le temps des madras» de Françoise Ega qui décrit «le monde enchanté de l’enfance, une enfance dominée par la figure de la mère, féconde, avec sans cesse un nouveau bébé dans les bras».

La religion et le surnaturel révèlent le rapport étroit qu’entretiennent les vivants d’avec les morts «On peut à tout moment rentrer en dialogue avec eux et on ne doit pas les redouter si on ne leur fait aucun mal». Dans «Pluie et vent sur Télumée Miracle», Simone Schwartz-Bart explore les relations mère-fille dans la transmission de pratiques magiques entre religion officielle et quimbois : «Le bruit courut que je savais faire et défaire, que je détenais les secrets et sur un énorme gaspillage de salive, on me hissa malgré moi au rang de dormeuse, de sorcière de première»

Plus complexe est abordé le thème de la Hantise de la classe sociale et ce sont les auteurs haïtiens qui ouvrent le champ de l’analyse à Maryse Condé. L’écrivaine Adeline Moravia ouvre «trois gros cahiers» dans lesquels une jeune femme Aude Merrivale raconte une saga familiale qui se déroule à Saint-Domingue. Mulâtresse, «son intention est d’assumer en entier son histoire, à la différence du plus grand nombre : «Cela gêne notre élite (haïtienne) d’y retrouver non seulement les esclaves traités en bétail, mais aussi les enfants d’esclaves et de maître, voués par leur naissance même, à lutter sans scrupules pour s’élever au-dessus du sort misérable de leurs mères, utilisant dans leur rivalité avec les Blancs, leurs demi-frères privilégiés, tous leurs dons, beauté, charme, intelligence».

Cet essai de 136 pages, intitulé «La Parole des Femmes» se termine par trois interviews en annexes de Marie-Fore Pelage, auteure de «Tenn pou Komprenn» (L’écho des Mornes). De Marie-Thérèse Colimon, auteure de «Fils de Misère» édition Caraïbe et de Maryse Condé, interrogée par Ina Césaire, ethnologue et écrivaine, fille du poète et homme politique Aimé Césaire.

En introduction de son étude sur les romancières des Antilles de langue française, l’écrivaine guadeloupéenne, Maryse Condé fait  référence au proverbe « Fem- cé chataign, n’hom-n cé fouyapin » (La femme, c’est une châtaigne, l’homme c’est un fruit à pain). Châtaignier et arbre à pain se ressemblent, leurs feuilles sont quasi-identiques mais leurs fruits sont très différents :

«Quand la châtaigne arrive à maturité, elle tombe, elle délivre un grand nombre de petits fruits à écorce dure semblables aux marrons européens. Le fruit à pain qui n’en contient pas, se répand en une purée blanchâtre que le soleil ne tarde pas à rendre nauséabonde. Hommage est ainsi rendu dans la tradition populaire à la capacité de résistance de la femme, à sa faculté de se tirer mieux que l’homme de situations de nature à l’abattre. Nous rejoignons aussi le thème d’une vieille chanson fort connue : «Fem-ne tombé pa janmin désespéré, c’est-à-dire : Une femme tombée se relèvera toujours». (Maryse Condé dans «La Parole des femmes»).

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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