Haïti : Des enfants sans écoles deviennent des gangsters

Les Nations Unies (ONU) ont publié un communiqué dimanche 3 juillet 2022 sur la criminalité en Haïti.  Elles notent que depuis 2020, la violence liée aux gangs a entraîné la fermeture de nombreuses écoles en Haïti. En conséquence, les enfants sont devenus «une proie facile pour le recrutement des criminels». L’organisme international affirme que l’augmentation de la criminalité limite l’accès à l’éducation. Elle empêche la scolarisation de milliers d’enfants haïtiens.

Selon un autre rapport publié par deux organisations locales axées sur les jeunes, 13 % des enfants interrogés dans un quartier en difficulté de Port-au-Prince déclarent avoir été en contact direct ou indirect avec des membres de gangs armés. Une fois recruté, il est difficile pour un jeune de quitter l’organisation criminelle. Et selon l’ONU, alors que les recruteurs proposent beaucoup d’argent aux enfants, ils sont dans le même temps, menacés de mort.

Les enfants dans la guerre des gangs

Cette année, la guerre des gangs s’est intensifiée insiste l’ONU. Un demi-million d’enfants ne sont plus en classe. Selon les chiffres du gouvernement, à Port-au-Prince, environ 1 700 écoles sont fermées. L’ONU a noté que le nombre d’élèves dans les classes a diminué. Passant de 238 000 au début de la crise des gangs en avril à 184 000. La violence, les fermetures d’écoles et l’oisiveté «conduisent inexorablement à l’enrôlement d’enfants dans des groupes armés» atteste l’Organisation des Nations Unies.

«Ils m’ont dit qu’ils me tueraient si je ne voulais pas rester avec eux.»

«Cela m’attriste que les enfants qui veulent apprendre et les enseignants qui veulent éduquer ne puissent pas le faire parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité». C’est le témoignage de Steve, un jeune prévenu. «Chaque jour, quand ils m’envoyaient guetter la police, ils me payaient  jusqu’à 2 500 gourdes haïtiennes (21 euros)». «Ils m’ont dit qu’ils me tueraient si je partais.»

«Les enfants doivent pouvoir aller à l’école en toute sécurité, jouer et profiter librement de la vie et avoir la chance de se développer au maximum de leur potentiel» regrette l’enfant de 15 ans. Mais c’est un peu tard pour Steve qui rêvait de devenir enseignant avant que sa vie ne bascule l’an dernier. L’enfant des rues, désœuvré, a été arrêté. Il attend son procès pour des accusations liées à son activité de gangster.

La violence touche un nombre croissant d’établissements

Une évaluation du ministère de l’Éducation entre avril et mai 2022 est édifiante. Elle indique qu’un grand nombre d’écoles sont actuellement occupées par des gangs. D’autres servent d’hébergement temporaire aux familles victime de violence chronique dans le pays.

Source ONU/CNW – Dorothée Audibert-Champenois – Facebook @Blacknews Page Images ©️ONU – Los Angeles Times – Channelstv – Newsrebeat – LeMonde US