Le martiniquais Steevy Gustave, député comme Aimé Césaire?

« Je suis un résilient, un combattant. Je suis un petit-fils de paysan, mon grand-père et ma grand-mère cultivaient la terre en Martinique. Je suis aussi, fils de militaire mort en service commandé » lance Steevy Gustave à ses détracteurs. La lutte, il sait de quoi il parle, la bataille, il connait. Peu importe si certains n’aiment pas « sa tronche », depuis  Bretigny-sur-Orge, entre ville et campagne, l’antillais se prépare pour les élections législatives.

En janvier 2020, la France entière découvrait Steevy Gustave. Le brétignolais originaire de la Martinique était alors candidat aux municipales de sa commune. Cette région de 26 000 habitants crèche à vingt-cinq kilomètres au sud du centre de Paris. Le militant pour la cause écologique membre d’Europe Ecologie les Verts avait un pacte écologique bien ficelé. Son objectif étant de faire de Bretigny-sur-Orge, le poumon vert de l’Essone. Reste que ses adversaires coriaces dans l’agressivité ne l’entendaient pas de cette oreille et n’ont pas tardé à perturber sa campagne. Steevy Gustave, déterminé n’a rien lâché. Aujourd’hui, l’homme vert part conquérir l’Assemblée Nationale. Les élections législatives à deux tours, auront lieu les 12 et 19 juin prochain. Le martiniquais est en lice. A quatre jours du premier tour, notre rédaction l’a rencontré.

Steevy Gustave, un militant écologiste atypique à NUPES

S’il ne peut nous certifier que la victoire se profile bien, Steevy Gustave remarque un engouement pour sa candidature. Sa candidature est légitime à Bretigny-sur-Orge, selon lui. Il y a 52 ans que Steevy Gustave habite dans cette circonscription, la troisième de l’Essone, qui en compte 10. «Est-ce là, l’appel d’une union de la gauche?». En tout cas le candidat qui se dit « très fier de porter cette gauche unie » constate « un très bon retour, sur le terrain, sur les marchés et à chaque réunion publique ». Et l’homme qui bat la campagne sans relâche explique cet effet miroir : « on a fait du porte-à-porte dans les quartiers et les gens de classes populaires, blancs, noirs ou jaunes sont fiers que je puisse porter mes dreads looks à l’Assemblée. »

Pourquoi ce ralliement avec NUPES*?. Steevy Gustave joue carte sur table : « Les gens nous l’ont demandé et notre objectif est de gagner. » Lucide, n’étant que challenger dans cette circonscription, le conseiller municipal affirme « qu’un autre monde est possible. Qu’il est temps de faire vivre les valeurs humanistes » qui l’habitent depuis toujours. Pour lui sonne le glas, ce : « moment de représenter cette France qu’on aime. Cette France à plusieurs visages ».

Dans les pas d’Aimé Césaire

« Je me sens l’âme d’un combattant. Si être un député, c’est être un combattant, un militant, quelqu’un qui va se battre pour son territoire. Qui va se battre pour la France, pour une France rassemblée, pour toutes les causes oubliées. Qui va se battre pour les sans voix, alors oui, je pense que je peux être, un de ses députés combattants. » C’est la réponse que fait le candidat NUPES, député en course pour un siège à l’Assemblée Nationale. Il ajoute, porté par une grande admiration pour ses pairs : « J’aimerais bien avoir le parcours d’un Aimé Césaire ou autres ». Ajoutant sa pincée de rêve : « les gens diraient dans quelques années. J’avais un député avec des dreads locks. Un député qui s’est battu pour nous. Je ne m’adresse pas seulement aux antillais, je porte cette voix à tous les français.  »

Steevy Gustave n’oublie surtout pas l’essentiel. Être candidat, c’est porter des projets, des programmes et les défendre durant une campagne. Dans le volet santé de la NUPES, il s’agit de « rétablir un vrai service public hospitalier. En créant et en formant 100 000 nouveaux soignants » estime le candidat. Un personnel trop longtemps maltraité et depuis de très nombreuses années. Steeve Gustave s’explique :  « La pandémie nous a fragilisés, a fragilisé la France et je veux leur rendre ce qu’il nous donne au quotidien. Je veux également continuer la lutte contre les discriminations. »

Ses grands-parents, des cultivateurs de Martinique

Sur la question antillaise, Steevy Gustave n’est pas en reste. Avec des grands-parents qui étaient agriculteurs en Martinique, forcément les conséquences du chlordécone sont l’une de ses préoccupations. « Mes dreads locks sont les racines de ce quoi est fait mon parcours. Me battre comme l’ont fait mes ancêtres, ma famille. Je combattrai toujours avec force pour ce petit pays qui a été maltraité pendant la crise Covid. On a pas été insensibles au score de Jean-Luc Mélenchon. Quant à ceux de Marine Le Pen, cela m’a attristé bien sûr.  » commente le producteur audiovisuel. « Il y a sûrement un ras-le-bol. Pour cela, je veux qu’on respecte mon île, toutes les îles. » conclut Steeve Gustave.

Philosophe sur son prochain score, le conseiller municipal d’opposition ne désarme pas. « Pour le premier tour, on peut me souhaiter d’être devant mes concurrents. Mais on peut tout simplement me souhaiter de réussir, d’avoir un bon score. Et que quoiqu’il arrive, comme tous mes combats, je les mènerai ensuite jusqu’au bout. J’ai envie de dire aux gens : arrêter de dire que la politique ne vous parle pas, qu’il n’y a pas de représentants. Je suis la preuve vivante. »

Serein, il l’est Steevy Gustave, d’ailleurs le candidat NUPES, n’oublie pas une de ses priorités, sa famille. « Je suis grand-père, mes parents vieillissent, mes frères et sœurs aussi. Ma famille a besoin de moi, je dois les accompagner.  » Pour autant, le martiniquais assure que sa carrière n’est pas derrière lui : « je continuerai encore. Le combat est dans mon ADN. Je ne sais pas faire autre chose que de me battre pour les gens. Pour ceux qui n’ont rien » précise le conseiller communautaire sur l’agglomération cœur d’Éssone.

*NUPES : Nouvelle Union populaire écologique et sociale

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook @Blacknews Page – Images SG – NUPES