Raoul Peck : Sa série sur la suprématie blanche diffusée sur ARTE.Tv

Après son extraordinaire documentaire sur James Baldwin, nominé aux Oscars, Je ne suis pas ton nègre, le réalisateur Raoul Peck revient avec une série en quatre épisodes.

Dans son nouveau numéro, la revue Africa La Rivista consacre quelques lignes au réalisateur connu pour ses films engagés. Il s’agit de Raoul Peck.  Sélectionné aux Oscars, primé au BAFA de Londres et aux Césars en France, le réalisateur a lancé une nouvelle série sur le thème de la suprématie blanche. « Exterminez toutes ces brutes » vient de sortir sur ARTE.tv. Le film confie Raoul Peck a été créé à l’aide d’images d’archives et de scènes de fiction reconstituant quelques 500 ans de domination blanche dans le monde. Avec des parties scénarisées dirigées par Josh Hartnett, le film utilise également des séquences documentaires, d’archives et d’animation, explorant les croisades du XIIe siècle jusqu’à la présidence de Donald Trump.

Raoul Peck, réalisateur haïtien faisant partie de la diaspora africaine, est connu dans le monde entier pour le courage de ses films.  Fils de diplomate, il a passé son enfance au Congo et, est toujours resté très attaché à l’Afrique.  Alors qu’il est condamné à l’exil volontaire pendant la dictature instaurée en Haïti par François Duvalier, après la fin du régime, de 1995 à 1997, il occupe le poste de ministre de la culture.

« Exterminez toutes ces brutes » de Raoul Peck

 Dans une interview accordée à TV Magazine, le réalisateur a déclaré : « Je suis venu au cinéma par la politique.  Je ne suis pas réalisateur pour être réalisateur.  Pour moi, le septième art est une forme de combat.  Elle nous permet de refléter les sociétés dans lesquelles nous vivons.  J’ai eu le privilège de vivre dans différentes sociétés, que j’ai pu observer de différents points de vue.  Pour ce film en particulier, il fallait que je trouve la forme.  Je me permets la liberté, la flexibilité de laisser la forme venir à moi.  Je travaille d’abord sur le contenu et ensuite les choses sortent et je dois trouver un moyen de les reproduire de la manière la plus dramatique possible, dans le bon sens du terme.  Nous devons les structurer de manière à capter l’attention du spectateur, en lui laissant la possibilité d’apporter ses réflexions et ses réactions, comme si nous faisions le film ensemble.  Je suis un héritier du cinéma américain, européen et africain… Mais j’ai dû déconstruire pour créer autre chose.  Je n’ai jamais eu honte de mélanger clips, photos, actualités, documentaires, archives, écrits… C’est un ensemble d’outils pour exprimer des contenus et des émotions.  Et tout ce qui est fictif dans la série est une manière d’exprimer des émotions que je ne pourrais pas exprimer autrement ».
 

La France est dans une phase de déni

La France, où il vit désormais la plupart du temps, fait également l’objet de ses accusations.  « La France est dans une phase de déni et ses enfants manquent de temps. Ses enfants noirs, blancs, jaunes et arc-en-ciel deviennent agités », raconte le réalisateur dans un texte intitulé « J’étouffe »
 Avec une colère contenue, le cinéaste explique comment le racisme « brutal, laid et malin » qu’il voit en France n’est rien d’autre que le résultat d’une longue histoire liée à la montée du capitalisme et des inégalités sociales.  « Nous sommes simplement arrivés à la fin d’un trop lourd héritage d’injustice, de déni et de profit, construit sur la misère des autres.  La France refuse d’accepter qu’elle a perdu sa position dominante et son empire ».
Un cinéphile au Cinéma Méliès de Montreuil – 30 janvier 2022
Les 4 volets sont disponibles sur le site d’Arte et voici le lien vers le premier : https://www.arte.tv/fr/videos/095727-001-A/exterminez-toutes-ces-brutes-1-4/

La série en 4 épisodes

Partie 1
Date de début : MERCREDI 7 AVRIL (21h00-22h00 HE/PT)
Dans la première de la série, « La confiance troublante de l’ignorance » , le cinéaste Raoul Peck se propose d’éclairer les courants entrelacés de haine et de sectarisme qui traversent l’histoire. En se concentrant sur l’héritage des États-Unis en tant que puissance coloniale, Peck explore comment la race s’est institutionnalisée pour la première fois, le programme nazi d ‘«élimination» et ses antécédents en Occident, et le pillage du continent africain dans un «gentlemen’s agreement».

Partie 2
Date de début : MERCREDI 7 AVRIL (22 h 00-23 h 00 HE/HP)
Raoul Peck revisite les histoires de Christophe Colomb, de l’Alamo et du Trail of Tears d’un point de vue indigène dans le deuxième épisode, « Who the F *** is Columbus ». Il montre comment l’histoire « officielle » est façonnée par ceux qui sont au pouvoir et solidifiée par le mythe et la culture populaire. Ensuite, il examine la « doctrine de la découverte » utilisée pour justifier l’asservissement de millions d’Africains et remet en question sa propre histoire au sein de ces récits.

Tuer à distance ou…

Partie 3
Date de début : JEUDI 8 AVRIL (21h00-22h00 ET/PT)
Dans le troisième volet de la série, « Tuer à distance ou… Comment j’ai vraiment apprécié la sortie », Raoul Peck revient sur la migration humaine, le commerce et l’armement, et montre comment les Européens ont utilisé l’acier industrialisé pour mener la guerre à des distances toujours plus grandes. . Ensuite, il explore le cycle sans fin de la militarisation à travers les siècles – des efforts de George Washington pour relancer la fabrication d’armes américaines, à la doctrine Monroe, et enfin, aux horreurs d’Hiroshima et de Nagasaki.

Partie 4
Date de début : JEUDI 8 AVRIL (22 h 00-23 h 00 HE/HP)
Dans la finale de la série, « Les couleurs vives du fascisme », Raoul Peck explore le défi de réconcilier la véritable histoire de l’Amérique avec ses idéaux de liberté et de démocratie, soulignant la lutte pour la représentation indigène et l’héritage de l’esclavage dans le racisme institutionnalisé aujourd’hui. Réfléchissant à son séjour à Berlin, Peck relie la résurgence moderne du nationalisme blanc au fascisme, à l’esclavage, au colonialisme et au nazisme.

Sa filmographie : L’homme sur les quais (1993), premier film caribéen présenté au Festival de Cannes.  Ses autres films primés sont Lumumba (2000), Moloch Tropical (2009), Je ne suis pas ton nègre (2016), Il Giovane Carlo Marx (2017).

Dorothée Audibert-Champenois – Source Annamaria Gallone – Image Arte Tv – Mondial News – Facebook Blacknews page