Marie-Claire Félicité Bonheur, la bienfaitrice impératrice d’Haïti

Marie Claire Félicité Bonheur était Impératrice d’Haïti de 1804 à 1806.

Deux ans de règne impérial, marquées par sa générosité, sa tolérance et son abnégation. La caribéenne, épouse de Jean-Jacques Dessalines est née libre dans une famille pauvre à Léogâne, à quelques kilomètres de la capitale, Port-au-Prince.  Fille de Guillaume Bonheur et de Marie-Élisabeth Sainte-Lobelot, la jeune haïtienne est éduquée par sa tante. Sa tutrice est donc la veuve Elise Lobelot, gouvernante d’un ordre religieux.

Depuis 1626, Haïti est une colonie française appelée Saint-Domingue. Nous sommes en 1758 et c’est la plus riche colonie des Antilles. Haïti compte environ 200 000 esclaves. La colère enfle sur l’île. Les esclaves veulent leur liberté, les planteurs-colons blancs veulent se libérer de la tutelle métropolitaine et les mûlatres exigent l’égalité avec les maîtres blancs. La cérémonie du « Bois caïmans » sera le point d’orgue de la guerre d’indépendance qui se profile. Déjà 1800 colons sont tués et leur plantation brûlées. Le noir Toussaint Louverture et le mûlatre André Rigaud s’affrontent à Jacmel.

Cérémonie du Bois Caïman, oeuvre d'Ulrick Jean-Pierre, peintre américain d'origine haitienne

L’épouse de Jacques 1er, une impératrice tolérante

Le cours de Jean Jacques Dessalines (1758-1806), empereur d'Haïti.

Lors du siège de Jacmel en 1800, Marie Claire Heureuse Félicité Bonheur se fait un prénom en travaillant pour les blessés et les indigents. Elle réussit à convaincre Jean-Jacques Dessalines (qui est le lieutenant de Toussaint Louverture) de libérer l’accès des routes vers la ville, pour faciliter les secours des blessés. Félicité pourvoit alors aux femmes et aux enfants de la nourriture, des vêtements et des médicaments. L’histoire retient qu’elle « organise des repas dans la rue ».

Au rétablissement de l’esclavage, en pleine révolte Jean-Jacques Dessalines proclame l’indépendance de Saint-Domingue, à laquelle il donne son nom indien d’Haïti. De Gouverneur général à vie, il devient empereur sous le nom de Jacques 1er.

Quoique plus âgée que Jean-Jacques Dessalines, elle l’épouse le 2 avril 1800. Puis devient l’Impératrice Félicité d’Haïti lors de la création de la monarchie d’Haïti. Elle est couronnée avec son mari à l’église du Champ-de-Mars le 8 octobre 1804. Le couple aura quatre filles et trois fils. La nouvelle impératrice, bienveillante, légitimera les nombreux enfants issus des aventures adultérines de son époux.

L’impératrice Félicité veille aux bons soins des prisonniers

L’épouse de Jean-Jacques Dessalines loue gracieusement son temps dans l’éducation mais aussi dans le domaine de la santé en tant qu’infirmière. Elle enseigne les rudiments de la lecture et de l’écriture à son époux. Alors que Jean-Jacques Dessalines donne l’ordre de massacrer les hommes Blancs encore présents sur l’île, Félicité Bonheur contraste par sa tolérance et son soutien aux personnes Noires, Blanches ou Mulâtres. Les récits historiques soulignent l’élégance et le  courtoisie de l’impératrice. Ignorant la colère de son époux, elle veille aux besoins des prisonniers, et sauve beaucoup d’entre eux pendant le massacre d’Haïti de 1804. À genoux, elle le suppliera d’épargner leur vie. L’impératrice en cachant sous son propre lit l’un d’eux, Michel Étienne Descourtilz, médecin dans l’armée rebelle de Toussaint-Louverture, en fera un grand témoin de « la fin sanguinaire de la colonie française de Saint-Domingue ».

Une fin de vie misérable

Après la mort de Dessalines en 1806, Félicité Bonheur refuse l’offre du roi Henry Christophe de s’installer avec sa famille. Veuve, elle fut titrée princesse douairière le 17 octobre 1806. Les biens de son défunt mari ayant été confisqués, l’impératrice vécut dans la misère à Saint-Marc (deuxième ville du département de l’Artibonite) jusqu’en août 1843 après avoir obtenue une pension de 1 200 gourdes.

Elle décède le 8 août 1858 aux Gonaïves.

Carte de saint-Domingue

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook Blacknews Page – Image LoopHaïti – Wikipédia Ulrick Jean-Pierre

 

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