Interdit à l’époque, ils se retrouvent après 42 ans, un amour intact

La dernière fois que Jeanne Gustavson, aujourd’hui âgé de 68 ans, a parlé à Steve Watts, c’était au printemps 1979. Ils étaient jeunes et amoureux, mais il y avait un problème insurmontable à l’époque : Steve Watts était Noir, et la famille de Jeanne Gustavson lui interdisait de le voir. Les amours interraciaux étaient proscrits. L’histoire est révélée cette semaine dans les principaux journaux d’Outre-Atlantique.

Les amours interdits dans les années 1970

«Dans les années 1970, il y avait cette mentalité qui disait que les Noirs et les Blancs n’allaient pas ensemble pas » , a déclaré Jeanne Gustavson. Fille blanche, elle a grandi dans la banlieue nord de Chicago aux États-Unis.

« Dans mon cœur, je savais que ce n’était pas bien. » avoue Jeanne Gustavson. Ce qui ne l’a pas empêché d’enfeindre l’interdiction et de voir son amoureux en secret.« Dès le premier instant où je l’ai vue, je suis tombé éperdument » dira Steve Watts, agé aujourd’hui de 71 ans.

Tous deux majors en langue allemande, ils se sont rencontrés lors d’un rassemblement du Club allemand. Nous sommes en 1971. Le couple étudie à l’Université Loyola de Chicago. Jeanne Gustavson est en première année et Steve Watts est en dernière année. « Pour chacun de nous, c’était notre premier véritable amour » raconte Jeanne Gustavson. Ils passent une grande partie de leur temps ensemble et poursuivant des discussions le plus tard possible.

Mais lorsque la famille Gustavson découvre leur romance, les choses se compliquent. Jeanne Gustavson est restée cependant avec Steve Watts pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter de garder leur relation secrète. Ils se séparent. Jeanne Gustavson aura le coeur brisé, dit-elle. « Je l’ai regretté depuis le moment où on s’est quittés. J’ai eu de la culpabilité au cours des 42 dernières années. »

La fin de leurs amours secrets

Jeanne Gustavson déménage de Chicago à Portland en 1987 avec sa mère après avoir travaillé en Allemagne pendant quelques mois en tant qu’interprète. Steve Watts s’installe à Chicago.

Chacun de leur côté, ils se marient. Ils divorcent mais n’ont pas d’enfants. En août 2020, Jeanne Gustavson décide de retrouver enfin Steve Watts. « Je savais que c’était un chapitre ouvert; il n’a jamais été fermé » dira-t-elle plus tard. Elle fait ses recherches sur le Web, en vain. Un jour, l’ancienne infirmière tombe sur une piste possible : quelqu’un qui, selon elle, pourrait être un parent de Steve Watts. Jeanne Gustavson rédige une lettre à ce contact. Il s’agissait de la nièce de Steve Watts, qu’il n’avait pas vue depuis des années.

Elle apprend que Steve Watts vit dans une maison de retraite. Le 28 juin, Jeanne s’envole pour l’aéroport international O’Hare. Elle se présente à la maison de retraite. Selon les infirmières, Steve Watts n’avait pas eu de visite depuis 10 ans.

« Il était en mauvais état » commente Jeanne Gustavson. Il vivait dans cette maison de retraite depuis 2004. Le retraité avait subi deux accidents vasculaires cérébraux qui l’avaient rendu alité et affaibli, ainsi que plusieurs autres complications de santé, dont l’une lui avait fait perdre sa jambe gauche. Elle reste six jours auprès de lui, en lui donnant toute son attention.

« À cet instant, j’ai su qu’il m’aimait toujours et que je l’aimais toujours, et cela allait durer pour toujours » a-t-elle déclaré. « Il m’a attrapé la main et n’a pas voulu me lâcher. Nous avons pleuré tous les deux pendant environ une heure et demie ». « Elle était si belle, je ne pouvais pas la quitter des yeux », a déclaré Watts.« Nous savions que nous nous aimions encore ».

Jeanne Gustavson décide de sortir son amoureux de sa maison de retraite

Avec le soutien de son jeune frère, Jeanne Gustavson décide de ramener son amoureux à Portland. Il a fallu 36 heures de voyage dans une camionnette médicale. Enfin Jeanne Gustavson et Steve Watts arrivent chez eux à Portland, nous sommes le 8 août 2021. « Elle m’a sauvé la vie. Si ce n’est pas le paradis, c’est assez proche » avoue Steve Watts.

Désormais les tourteraux vivent ensemble. Ils regardent la télévision, jouent de la musique et rattrapent le temps perdu. « Il me donne l’impression d’avoir à nouveau 18 ans. Il est tendre et aimant, et nous nous faisons rire. Je ne peux pas l’expliquer. J’aime juste l’homme » a reconnu Jeanne Gustavson, aimante et dévouée.

« Je suis le gars le plus chanceux du monde » dit Steve Watts, convaincu.

Source The Washington Post. Dorothée Audibert-Champenois. Facebook Blacknews Page – Images Jeanne Gustavson/Document

 

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