Les récifs des Caraïbes meurent d’une maladie mystérieuse

Une maladie mystérieuse, hautement contagieuse et mortelle alarme les scientifiques. Elle se propage à travers les récifs coralliens de la Mer des Caraïbes, laissant des sequelettes sur son chemin.

Comme l’affirme le reportage de Jeff Ernst pour Vice (un magazine canadien), les ravages causés par la maladie des coraux sont sans précédent. « Vous pouvez perdre des colonies qui poussaient depuis des centaines d’années en quelques semaines ou mois » déclare un chercheur.

La maladie qui avance de la Floride aux Caraïbes pourrait anéantir la majorité des coraux durs de la mer, décimant les récifs et la vie marine qu’ils abritent, et pour les générations à venir. Les dommages environnementaux perturberaient également la vie de millions de personnes dans les communautés côtières qui dépendent des récifs pour leur nourriture ou leur travail.

Les coraux durs sont les plus menacés

La maladie mystérieuse des coraux affecte plus de 20 espèces de coraux durs. Les dommages de la maladie (perte de tissu des coraux durs) menacent les récifs coralliens à croissance lente. Et leurs écosystèmes fragiles sont irréparables.

Une fois qu’une colonie est infectée, la mort peut survenir très rapidement. « Vous pouvez perdre des colonies qui poussaient depuis des centaines d’années en quelques semaines ou mois seulement », a déclaré Melina Soto, coordinatrice mexicaine de la Healthy Reefs Initiative.

Les théories mettent en exergue deux causes principales. La première identifie les facteurs tels que le changement climatique et la hausse des températures de la mer ainsi que des contaminants tels que les eaux usées non traitées et même la crème solaire ont réduit la résilience des récifs. Ils rendent tous les coraux sensibles aux bactéries existantes. La seconde est centrée sur l’idée qu’un nouvel agent pathogène a émergé à la suite de l’activité humaine.

La maladie se propage à travers la Mer des Caraïbes

Au cours des sept dernières années, le phénomène s’est propagé à travers la Mer des Caraïbes, voyageant souvent à contre-courant. Ce qui laisse supposer que l’agent pathogène pourrait atteindre de nouvelles zones en s’accrochant aux bateaux.

Les coraux cérébraux ont été les plus touchés, selon la Healthy Reefs Initiative. Et la maladie a mis une espèce rare, le corail pilier, au bord de l’extinction.

Le premier signe qu’un corail est infecté est l’apparition d’une petite lésion où le tissu, ou la peau, est absent, révélant l’ossature. Au fur et à mesure que la maladie progresse, le corail est dépouillé de tout tissu, ne laissant qu’un squelette mort.

La propagation d’un site infesté est rapide

Une fois qu’une infection est présente, la maladie peut se propager à travers un système récifal de corail à corail, ou par des poissons ou des plongeurs sautant d’un site infecté à un site sain.

Atténuer l’effet est une tâche coûteuse et presque insurmontable. Une crème antibactérienne appliquée sur les lésions a montré un certain succès pour arrêter une infection. Mais elle n’offre aucune immunité aux infections ultérieures et l’application est extrêmement laborieuse et coûteuse.

Dans le même temps, les organisations construisent des pépinières de coraux dans des réservoirs d’eau sur terre pour conserver la diversité génétique. Et pour élever de nouvelles espèces dans l’espoir de restaurer les récifs à l’avenir. Seulement avec des taux de croissance de seulement quelques centimètres par an, une restauration complète pourrait prendre des centaines, voire des milliers d’années.

Les coraux durs sont essentiels au récif

Les coraux durs sont des « constructeurs de récifs » essentiels à la formation d’un récif. Au fur et à mesure que les coraux durs meurent, ils s’érodent et se compactent, réduisant la protection contre l’érosion côtière, les inondations et les ondes de tempête fournies par les récifs. Le déclin de la couverture corallienne est également une perte d’habitat pour la faune marine, y compris quelque 1 500 espèces de poissons.

Alors que d’autres facteurs plus connus tels que la pollution et le changement climatique ont causé la perte d’environ 60 pour cent de la couverture corallienne dans les Caraïbes au cours des trois dernières décennies, la nouvelle maladie la tue à un rythme beaucoup plus rapide.

Les coraux mous comme les coraux en éventail qui se balancent avec le courant, ne sont pas affectés par le SCTLD (maladie de perte de tissu des coraux durs).

D’après le reportage de Jeff Ernst pour Vice.

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook Blacknews Page – Images

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