Chloé victime de racisme à Berlin arrive à l’Opéra du Rhin

« Parler pour ceux  qui ne peuvent pas, oser pour ceux qui n’osent pas ».  La danseuse Chloé Lopes Gomez leur prête sa voix depuis deux ans. L’artiste qui a intégrée le Staasballett de Berlin il y a quatre ans, discriminée et méprisée, elle voit enfin le bout du tunnel. D’un père cap verdien et d’une mère niçoise, c’est dans une  famille modeste d’ouvrier et femme de ménage qu’elle grandit. Chloé Lopes Gomez  comme son frère Isaasc ont choisi la danse classique. La jeune fille sera un temps au Ballet de Nice puis elle entre au Béjart Ballet.

Une croisade de deux ans contre le racisme

Elle a 14 ans quand elle quitte le territoire français et entre à l’Académie du Bolchoï, en Russie. Puis Chloé Lopes Gomez devient la première femme noire à intégrer le prestigieux Staatsballett de Berlin. Il lui coûtera deux ans à lutter contre le racisme institutionnalisé de la compagnie nationale allemande.

La danseuse se confiera finalement au quotidien américain The Guardian. On découvre alors les conditions dans lesquelles évoluent la jeune française. Si Chloé salue le professionnalisme du Bolchoï, elle avouera par contre, avoir vécu ensuite un enfer orchestré par sa maîtresse de ballet. Entre réflexions et pratiques discriminatoires, rien ne lui sera épargné. « Avoir une femme noire dans un corps de ballet n’est pas esthétique » lui dit-on, ou encore lui suggère-t-on de mettre de la poudre blanche pour une plus belle carnation.

Casse-Noisette (Yuri Burlaka et Vasily Medvedev)/Staatsballett de Berlin

Répertoire raciste

Selon Chloé Lopes Gomez, son objectif n’était pas de supprimer certaines œuvres du répertoire jugées racistes mais de faire évoluer les mises en scène : « Si il y a des mises en scène offensantes comme des black face, il faut enlever ce qui doit être enlevé. Le ballet ne doit pas resté figé » commente la danseuse dans le journal Libération.

« Je n’ai pas pu évoluer comme les autres » déclare l’artiste menacée de licenciement. Au final, grâce à un recours en justice, elle obtient en 2021 une prolongation de son contrat et une indemnité.

Lasse, Chloé Lopes Gomez écrivait sur son compte Instagram : « Cette année a été compliquée. Après chaque obstacle franchi, un autre se présentait. Je manquais d’énergie et me demandais souvent si je finirais par m’en sortir ». Elle peut désormais souffler.

Chloé Lopes Gomez, nouvelle étoile d’Alsace

La danseuse classique est attendue à l’Opéra national du Rhin. Paris-Match, annonce qu’elle dansera dès la rentrée prochaine. La jeune niçoise sera dans « Les Ailes du désir » inspiré du film produit et réalisé par Wim Wenders (en 1987).

Une longue croisade berlinoise qui prend fin. Et, une nouvelle étoile se pose sur la scène de l’Opéra de Rhin dès septembre.

Dorothée Audibert-Champenois.  Facebook Blacknews Page.  Images ©️Marek Wójciak. Face to Face Africa – Radio Classique

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