Napoléon rétablit l’esclavage pour «punir les guadeloupéens»

Aujourd’hui «la manière de présenter Napoléon pose problèmes aux porteurs de la mémoire de l’esclavage.»

Frédéric Regent, historien d’origine guadeloupéenne livre les vraies raisons du rétablissement de l’esclavage. Une vérité qu’il découvre dans des documents conservés aux Archives Nationales à  Pierrefitte-sur-Seine. À l’ère du bicentenaire de la mort de Napoléon, il est juste de l’évoquer sans omettre aucune de ses faces sombres. De ses conquêtes, de son despotisme, de ses échecs jusqu’à son exil sur l’île de Sainte-Hélène. Aimé ou honni, banni, mis au banc des Nations, le général Napoléon Bonaparte a marqué l’histoire de France.

Frédéric Regent, historien «Les maîtres de la Guadeloupe» - Ed. Tallandier

Alors qu’un grand nombre de français glorifient l’empereur, d’autres citoyens dénoncent une période sombre de l’empire. Celle du rétablissement de l’esclavage. Si, comme l’affirme Frédéric Régent, «la France était en avance en étant la première à abolir l’esclavage. Avec Napoléon, la France devient le seul pays a l’avoir rétabli». Un constat qui fait débat.

Projet de rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe - Archives Nationales

2007, le projet de Napoléon fait surface aux Archives

Et la découverte des historiens en 2007 sera d’importance. Cette année-là, «le projet de rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe» sort du silence après deux siècles.

Nous sommes en 1802. Ce 16 juillet, le premier Consul ordonne à Denis Decrès, son ministre de la marine et des colonies de rétablir les lois qui étaient en vigueur en Guadeloupe en 1789.  Dans l’Info du vrai (Le Document News), l’historien Frédéric Regent raconte comment Napoléon rétablira par la force l’ordre esclavagiste.

Napoléon, Premier Consul, Empereur des français

Pourtant l’espoir s’installait dans toutes les colonies. La Convention nationale avait décidé le 4 février 1794, l’abolition de l’esclavage. Seulement cinq ans plus tard, la nouvelle Constitution de Bonaparte va tout bousculer. De nouvelles lois régissent désormais les colonies. Et la rebellion en Guadeloupe comme à Saint-Domingue ne changeront rien aux manoeuvres de Denis Decrès.

Contrairement à 1794, l‘arrêté consulaire du 16 juillet 1802 mentionne clairement le mot esclavage.

Denis Decrès, Ministre de la marine et des colonies

La véritable cause du rétablissement de l’esclavage

Le Régime consulaire argumente. La population  dans les colonies «serait mal-nourrie et moins productive».

Seulement, l’historien Frédéric Regent rapporte une autre vérité. Il cite les termes de l’arrêté consulaire qui dit : « … Que dans cette colonie (Guadeloupe qui se révolte) couverte de crimes, reçoive l’expiation qui lui est dûe». En utilisant le mot expiation, l’écrivain comprend que c’est «la volonté de punir cette population qui s’est rebellée contre le gouvernement consulaire». Un ordre qui prend cause et effet avec Denis Decrès. Le fidèle exécutant des ordres de Napoléon, veille. Le ministre de la marine et des colonies s’avère être un «esclavagiste viscéral». Il a la confiance totale de Napoléon.

Drapeau français sous l'empire

Le haut fonctionnaire s’est illustré en disant que «la liberté est un aliment indigeste pour l’estomac des nègres». Dont acte.

Denis Decrès, né le 18 juin 1761 à Chaumont (Haute-Marne) et mort le 7 décembre 1820 à Paris, est un officier de marine et homme politique du Consulat et du Premier Empire.

Monument «Fer» en hommage à Alexandre Dumas (père) - Paris 17ème

Le 27 avril 1848  par décret du Gouvernement provisoire de la République, l’esclavage sera définitivement abolie.

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook Blacknews page – Images et Capture d’écran ©️Cnews ACTUS Page

 

 

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