Un militant guadeloupéen jugé pour avoir tagué Colbert

Franco Lollia, est un militant «anti-négrophobie» et activiste, en juin dernier il avait tagué la statue de Colbert. Ce lundi 10 mai 2021, il comparaît pour avoir dégradé en rouge le monument qui trône devant l’Assemblée nationale. Ce procès se tient le jour même de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Alors que la défense maintient son accusation sur une «dégaradation matérielle» Franco Lollia entend expliquer pourquoi il a peinturluré Colbert.

Le 10 mai reste une date symbolique dans l’Hexagone. Il s’agit de célébrer les abolitions et la traite négrière. Et le militant guadeloupéen, jugé ce 10 mai, y voit un symbole, comme un clin d’oeil de la providence.

Au tribunal Correctionnel de Paris, il pourra démontrer les incohérences dans les commémorations sur l’abolition de l’esclavage. Colbert iniateur du Code Noir, est celui qui aura légalisé l’esclavage dans les colonies. Une période d’asservissement qui durera plus de trois siècles. Une longue période qui contribuera à l’essor economique et maritime de la France du 17ème jusqu’au 19è siecle.

Procès du militant « anti-négrophobie »

Son avocate s’est exprimée sur cette date plus que symbolique pour un tel procès. Selon Me Evita Chevry « ce hasard concernant la date (du) procès, au-delà du symbole, est particulièrement intéressant », relève le site 20 minutes. « Pour une fois, le 10 mai, on n’aura pas seulement les grands discours. La réalité se jouera au Palais de justice. On pourra voir où nous sommes réellement dans notre histoire ».

Franco Lollia continue de revendiquer son geste. L’an dernier, le militant « anti-négrophobie dénonçait l’hypocrisie de la France. Une nation qui met en avant une figure contestée de l’histoire de France devant l’un des monuments phare de la démocratie ».  Le porte parole de « la brigade anti-négrophobie » assure qu’il s’en prend en réalité à la France et non à un homme mort et enterré. Nous nous attaquons «à l’Etat français qui utilise ces figurines pour cracher au visage chaque jour que Dieu fait» a commenté Franco Lollia en janvier dernier.

Il risque une amende de 3750 euros et des travaux d’intérêt général. Sur le monument de l’ancien ministre de Louis XIV, il avait écrit : « négrophobie d’Etat ».

En juin 2020, en écho à la mort de l’afro-américain George Floyd, des activistes américains, britanniques ou français demandaient une révision des monuments historiques. Voire même à les déplacer, avançait le Cran.

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook Blacknews Page – Cnews ACTUS Page – Images capture d’écran – Gauche

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