Des chercheurs ont créé la première chimère homme-singe

Des chercheurs chinois et français cultivent des embryons mi-homme, mi-singe. Une équipe de chercheurs français et une autre de sino-américaine ont donné vie en Chine à des embryons contitués de cellules de singe et de cellule humaine. Ces chimères n’ont vécu que 20 jours. mais suffisament pour susciter la controverse en France. Si les députés sont pour, les sénateurs sont contre. Ces expériences sèment le doute du point de vue morale et éthique.

Les chercheurs « ont implanté une petite quantité de cellules souches humaines sur un embryon de singe. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe lorsqu’un animal reçoit des cellules souches. »

Les résultats de ces recherches publiés dans la revue Cell le 15 avril et dans Stem Cell Reports, le 12 janvier semblent prometteurs, selon les journaux spécialisés. Le but de ces expériences vise a accélérer la recherche biomédicale. Elles consistent à faire pousser des organies humains sur d’autres animaux, à partir de cellules souches. De fait, ces résultats pourraient permettre de fournir des greffes et soigner les maladies incurables.

Des cellules souches humaines sur un embryon de singe

Juan Carlos Izpisua Belmonte, l’un des scientifiques de la manipulation a déclaré : « Les approches chimériques pourraient être très utiles. Non seulement au stade le plus précoce de la vie, mais aussi au stade le plus tardif de la vie. » Un communiqué paru dans le Salk Institut for Biological Studies de San Diego, à l’origine de cette expérience. Juan Carlos Izpisua Belmonte est professeur au laboratoire d’expression génique de l’Institut Salk pour les études biologiques et très respecté pour ses travaux sur le développement de l’embryon. Il a expliqué très clairement pourquoi il a poursuivi l’expérience. Dans le Time, le chercheur a soigneusement exposé les mystères biologiques qu’il espérait résoudre et les lacunes dans les connaissances sur le développement précoce qu’il souhaitait combler.

Dans la revue Cell, Juan Carlos Izpisua Belmonte décrit la création d’une chimère homme-singe viable pendant 20 jours, suffisamment de temps pour étudier ces premiers stades de développement critiques. Plus précisément, lui et son équipe recherchaient les différents signaux que les cellules naissantes envoient pour déclencher le développement d’une seule cellule fécondée vers les millions de cellules et les multiples tissus et organes qui composent un humain.

«Tout ce que nous savons sur l’embryogenèse précoce provient de différents modèles de laboratoire. De rongeurs, de souris et de vers, mais nous ne savons vraiment rien de nous, » reconnait Juan Carlos Izpisua Belmont. « Le moment important de votre vie est un événement qui survient lorsque vous êtes encore un embryon.»

Image de l'embryon humain-singe. Les cellules humaines sont marquées en rouge

De la chimère à la «boîte noire»

Ce moment s’appelle la gastrulation, et pour les humains, il se produit environ deux semaines après la rencontre de l’ovule et du sperme lors de la fécondation. C’est lorsque l’embryon, qui a commencé comme un seul œuf, se divise pour devenir deux cellules, puis quatre cellules, puis huit et se divise en trois couches cellulaires principales qui donnent finalement naissance aux plus de 200 types de cellules qui composent l’humain. C’est le moment du paratonnerre : À ce stade, les cellules cérébrales commencent à se distinguer des cellules de la peau et les cellules pulmonaires divergent des cellules ciliées.

Les directives des organisations scientifiques américaines et internationales conseillent aux chercheurs de ne pas laisser les embryons humains se diviser dans le laboratoire au-delà d’environ 14 jours. C’est pour prévenir les préoccupations éthiques concernant la croissance potentielle d’un embryon humain qui commencera à développer des cellules, des tissus et des organes. C’est parce que la gastrulation humaine se produit au cours de la troisième semaine, que les étapes critiques menant à cette étape sont, à ce jour, restées «une boîte noire».

Les chimères, un grand débat en France. Alors qu’à l’Assemlée Nationale les députés veulent autoriser «le fait d’implanter des cellules humaines sur un embryon animal, les sénateurs refusent. » le verdict sera rendu d’ici le mois de juin.

Le Sénat

Des chercheurs ont créé la première chimère homme-singe

Pour l’heure, les expériences françaises et sino-américaines respectent encore l’éthique scientifique. Celle de ne pas implanter dans un embryon humain de cellules humaines. Et les expériences sont pour l’instant réalisées en Chine, où les question éthique sont plus souples. Les recherches françaises ont été menées par Pierre Savatier de l’Inserm.

Les réticences sont nombreuses du point de vue du Conseil d’Etat. Il identifie trois risques majeurs : Celui de faire émerger de nouvelles maladies transmises de l’animal à l’homme. Le risque de représentation humaine chez l’animal. Et le risque d’une modification de la conscience animale.

Si des essais du genre ont eu lieu en 2019, ils restent toujours à l’état de chimère. Car comme le précise le site d’informations Huffington Post « Faire naître une chimère. Un être vivant mi-homme, mi-animal, n’est pas faisable scientifiquement. Pour l’instant. »

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook BLACKNEWSPAGE – Images Cell

 

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