Tarana Burke est la fondatrice du mouvement #MeToo

Tarana Burke et son #MeToo ont bousculé les rapports de domination sexuel entre hommes et femmes. Alors que le harcèlement sexuel était jugé tabou jusqu’ici, son hashtag MeToo a permis aux survivantes agressées de briser le silence. Elle leur a donné une voix, sa voix. Les abus sexuels et les viols sont reconnus comme le sont tous les crimes. Leurs auteurs sont aujourd’hui jugés et punis. Alors que le monde entier découvre cette militante en 2017, d’autres en parlent depuis 1996. Avant d’être propulsée comme une célébrité, Tarana Burke était une militante  qui  exerçait comme directrice principale de Girls for Gender Equity, à Brooklyn.

Tarana Burke son enfance

Tarana Burke était préparée pour être une activiste dès ses premières années. «J’avais une famille normale», déclarait-elle lors d’un débat public. «Sauf que j’avais un grand-père qui était garveyite.» Son grand-père, un adepte proche des enseignements de Marcus Garvey, s’est assuré qu’elle était bien versée dans les lectures de la libération des Noirs. Lors de promenades en voiture, ils écoutaient des cassettes de John Henrik Clarke, originaire d’Union Springs en Alabama. Le grand homme était un érudit et pionnier dans le domaine des études africaines.

Sa mère ne s’est jamais qualifiée de féministe. Elle a pourtant initié sa fille Tarana, aux œuvres d’Audre Lorde et Patricia Hill Collins. «J’étais enveloppée dans la littérature féministe noire en grandissant.»

Tarana Burke, une militante féministre afro-américaine

Le mouvement « #MeeToo » a été lancé par Tarana Burke, cette militante féministe afro-américaine qui ne s’attendait pas à ce que 12 millions d’utilisateurs utilisent ce hashtag en moins de 24 heures. Tarana Burke commence sa lutte pour la justice sociale, elle a 14 ans. Après avoir affronté les discriminations sociales pendant plusieurs années, ne sachant pas qu’elle allait briser le tabou sur le harcèlement sexuel, Tarana Burke fonde le groupe activiste #MeToo en 2006.

Elle utilise le hashtag sur MySpace comme un moyen de connecter les victimes d’agressions sexuelles. Onze ans plus tard « #MeeToo » explose. En octobre 2017 suite aux  accusations d’inconduite sexuelle contre Harvey Weinstein et l’appel d’Alyssa Milano sur Twitter, le monde entier découvrira ce slogan : MeToo (Moi Aussi). Dans le même temps, Tarana Burke devient personne de l’année 2017 et foule le tapis rouge de l’Académie des Oscars.

Mais en réalité, l’histoire de MeToo démarre 10 ans plus tôt. Nous sommes en 1996. À l’époque Tarana Burke est éducatrice. Une petite fille de 13 ans entame une conversation et lui raconte les viols à répétition de son beau-père. Tarana ne supporte pas ce témoignage et lui demande d’en parler à quelqu’un d’autre. L’éducatrice qui elle-même a subi des violences sexuelles, reste sans voix. Elle s’en souviendra plus tard. Et dira à un journaliste qu’elle « s’en voudra pendant très longtemps n’avoir pu lui dire ‘#MeeToo ‘».

« #MeToo » devient visible sur les réseaux sociaux

Dans une interview, Tarana Burke, initiatrice de  « #MeToo » déclare qu’elle n’avait jamais imaginé qu’elle se trouverait dans une telle position de visibilité. Et, elle ne se voyait pas comme une héroïne.

Pour rappel. Le 15 octobre 2017, l’actrice Alyssa Milano envoie un tweet en réponse aux allégations selon lesquelles le magnat hollywoodien Harvey Weinstein aurait agressé sexuellement de nombreuses femmes. Le tweet demandait aux femmes qui avaient été agressées sexuellement de répondre «moi aussi». Ce tweet a fait l’effet d’une bombe. Quelques jours plus tard, des millions de personnes ont utilisé le hashtag #MeToo sur les réseaux sociaux. Et les internautes ont initialement attribué à la comédienne le lancement de «Me Too».

Mais le travail de Tarana Burke est connu bien avant ce tweet viral d’Alyssa Milano. Des femmes noires se sont exprimées d’une même voix,  disant à l’actrice que Tarana Burke avait fondé un mouvement « Me Too ». Une action créée plus d’une décennie auparavant. À une époque où il n’y avait pas de hashtags. Alyssa Milano, qui n’était pas au courant du travail de l’activiste, s’ext excusée. Elle a publiquement crédité Tarana Burke de l’hashtag MeToo, lui proposant de poursuivre ensemble ce combat MeToo. La célébrité d’Alyssa Milano a mis en lumière les agressions sexuelles dans les médias.

MeToo et les histoires des femmes noires

Mais, ajoute la militante afro-américaine,  si  le mouvement a résonné avec les femmes blanches, l’histoire des femmes noires semblent effacées du combat MeToo. «Le monde réagit à la vulnérabilité des femmes blanches», a-t-elle déclaré au magazine Essence «Notre histoire n’a jamais été centré sur les médias grand public. Nos histoires ne sont pas racontées et, par conséquent, cela nous fait nous sentir moins précieuses.» Dans le magazine, l’Afro-Américaine ne cesse de rappeler sa mission. Celle de  veiller à ce que les femmes noires ne soient pas exclues du mouvement «Moi aussi». 

En résumé, pensent d’autres féministes. Comme le féminisme, le mouvement MeToo concerne la moitié de la planète. Les pays du Sud, les pays du Nord, les pays en voie de développement, les pays riches et developpés. Il réunit toutes les femmes sans pour autant nier leur différence.

Malgré le succès de « #MeToo », Tarana Burke a déclaré que le mouvement était parfois devenu méconnaissable. Selon elle, les gens, y compris les médias, présentent et interprétent « #MeToo » comme un complot vindicatif contre les hommes, plutôt que comme une voix de soutien aux survivantes.

Dorothée Audibert-Champenois (BLKNews) – Facebook CnewsACTUS pageImages capture d’écran – Réalisation images BLKNews

 

 

 

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