Deux frères haïtiens séparés, l’aîné expulsé des USA

Deux frères haïtiens attendaient, le 19 janvier dernier, à l’aéroport international de San Francisco quand ils ont été séparés, puis expulsés. Les deux réfugiés haïtiens, Vladimir Fardin, 9 ans et son grand frère étaient sans leurs parents. Les deux haïtiens voyageaient avec des visas depuis plusieurs jours quand ils ont été inquiétés par des officiersLes douanes et la protection des frontières américaines devaient expulser le frère de Vladimir vers le Mexique. L’enfant mineur est dans un foyer d’accueil.

Comme d’autres haïtiens, Vladimir Fardin et son grand frère sont parmi les 1000 demandeurs d’asile, identifiés par l‘ICE*. Dans les avions réquisitionnés s’entassent pêle mêle les réfugiés, y compris des femmes enceintes et des nourrissons. Tous les trajets sont à destination d’Haïti, de la Jamaïque et de différents pays africains. «Et les demandeurs d’asile qu’ils expulsent sont des Noirs, des Haïtiens. Je ne peux donc pas m’en réjouir» constate Patrice Lawrence. L’homme est le codirecteur du réseau UndocuBlack*.

Les haïtiens et les Noirs, cibles du CIE

 

Depuis que Joe Biden a prêté serment en tant que président le 20 janvier, les expulsions ont repris comme sous l’administration Trump. Haïti est la destination de plusieurs vols plus que tout autre pays de la liste, indique Guerline Jozef . «Il n’y a pas de larmes pour nous. Ces Noirs demandent l’asile et ils n’ont pas d’empathie. Ils ne reçoivent pas de soins». Guerline Jozef est la cofondatrice et directrice générale d’Haitian Bridge Alliance.

Pendant la pandémie Covid-19 le nombre de vols n’a pas ralenti. Donald Trump a usé de tout son pouvoir pour que les retours soient effectif. Une loi sur la santé publique connue sous le nom de «Titre 42» justifiait le départ immédiat des demandeurs d’asile sans leur donner la possibilité de plaider leur cause. Les réfugiés étaient renvoyés dans pays d’origine.

Le jour de son investiture Joe Biden communiquait sur une prochaine interdiction des expulsions durant 100 jours. Seulement le 26 janvier, nommé par l’administration Trump, un juge fédéral du Texas, ordonnait une suspension temporaire de ce moratoire.

Les défenseurs et militants attestent que les efforts d’expulsion s’intensifient au cours des trois dernières semaines. Selon eux, les fonctionnaires tentent d’exiler autant d’immigrants avant que le moratoire de Joe Biden n’entre en vigueur. Un grand nombre sont des demandeurs d’asile noirs d’Haïti, la nation caribéenne la plus appauvrie dans le monde.

*UndocuBlack et *Haitian Bridge Alliance sont des groupes de défense des droits civils. ICE*Immigration and Customs Enforcement.

Dorothée Audibert-Champenois – rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images AP/John Raoux

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