Covid-19 : Haïti, le pays le plus impacté économiquement

Les restrictions économiques et sanitaires durant la pandémie Covid-19 ont aggravé un désordre économique et social pré-existant en République haïtienne.

La gestion de la pandémie

En juin 2020 au plus fort de la pandémie, l’île d’Haïti (Grandes Antilles) semblait faire face de manière surprenante à l’onde de choc causée par le nouveau coronavirus. Peu de mortalités et peu de cas Covid-19 déclarés. Mais pour Pascal Adrien, un ex-porte parole du premier ministre, il n’en était rien, la réalité semblait toute différente et le bilan bien plus lourd. Dans les semaines suivantes, l’île de la tortue affrontait une crise grave, plus inquiétante pour les populations vivant en milieu rural.

Les conséquences du confinement

Dans le bulletin de l’Unesco, publié le 30 juillet 2020, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) évoquait une situation socio-économique encore plus alarmante depuis l’arrivée de la Covid-19 en Haïti. Conjugués avec le confinement, la réduction des activités économiques, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain, la réduction des transferts de fonds, l’augmentation du chômage seraient les principales conséquences de l’intrusion du virus dans un pays déjà très pauvre et en instabilité politique constante, notait le PAM.

La sécurité alimentaire se dégrade de plus en plus

Les chiffres de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) expliquent plus clairement la courbe descendante du système économique haïtien. Le pouvoir d’achat des haïtiens les plus vulnérables diminue, le coût du panier de la ménagère a augmenté de 4% et les prix des produits de première nécessité augmentent de façon dramatique. En Haïti, 4 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë. « Ces personnes nécessitent une action urgente pour la période allant de septembre 2020 à février 2021 », alerte la CNSA.

Un programme alimentaire en panne 

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’inquiète également de la situation alimentaire dans tout le pays. Selon lui, les mauvaises conditions économiques et sécuritaires, les chocs climatiques ajoutés à l’impact à long terme des catastrophes naturelles, ont fait le lit de cette insécurité alimentaire galopante. Dans des zones comme le haut Nord-Ouest, La Gonâve, le Sud-Est, les zones côtières du Sud et Cité Soleil, une personne sur deux est en crise et est affectée par la situation d’insécurité alimentaire « aiguë élevée » insiste le rapport de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire.

Pour lors et fort de ce constat, l’Unesco s’interroge et assure que « seule la science et la recherche permettront d’apporter des réponses adéquates».

Dorothée Audibert-Champenois  Rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Twitter Instagram – Image Chemonics

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