En Haïti, les vendeuses «Madan Sara» font tourner l’économie, ces héroïnes sont au centre d’un film-documentaire

Stigmatisées socialement, les «Madan Sara» sont pourtant essentielles dans la société haïtienne car l’économie de l’île s’appuie largement sur leurs activités quotidiennes.

Une Madan Sara et le réalisateur Etant Dupain

Etant Dupain est allé à leur rencontre dans plusieurs marchés. il livre leur témoignage mais aussi explique le pouvoir de ces femmes haïtiennes dans son long documentaire «Madan Sara».

Elles s’appellent Monique Metellus ou Clotilde Achille, elles font partie des centaines de milliers de femmes en Haïti qui, chaque jour, génèrent des centaines de millions de dollars, rappelle le réalisateur haïtien, Etant Dupain. Sans elles, l’île ne survivrait pas sans leurs légumes, leurs produits, leur artisanat, tout ce qu’elles vendent sur les marchés publics. Sans cette économie informelle, des milliers d’enfants et d’étudiants auraient peu de chance de s’émanciper hors du pays.

Le cinéaste-producteur, Etant Dupain, dont la mère était «Madan Sara» a réalisé un long métrage dans lequel il montre la force de ces femmes qui bravent toutes les difficultés pour faire vivre leurs proches. En Kreyol sous-titré en anglais, le film-documentaire est sorti en ligne en novembre dernier.

Une nuit de février 2018, un incendie détruisait une partie du plus grand marché historique d’Haïti. L’une des deux halles du Marché en Fer était entièrement consumée faisant disparaître plusieurs mois de travail pour certaines vendeuses. Après la consternation et la sidération les vendeuses infatigables ont repris leur quotidien, le seul métier qu’elles connaissent et le seul qui les fait vivre chaque jour.

Les «Madan Sara», sont toutes ces femmes courageuses et braves de la République haïtienne. Monique Metellus, interviewée par le journaliste-réalisateur Etant Dupain est heureuse d’être une «Madan Sara» : «Je suis fière» dit-elle avec un sourire «lourd».

Monique Metellus, Madan Sara

Le travail est dur pour celles qui se lèvent tôt et s’installent dans et autour des marchés de Kenscoff, de Croix-des-Bossales, de la ville du Cap ou du marché Tête-de-L’eau à Pèlerin 2. Malgré des difficultés importantes et une stigmatisation sociale, les «Madan Sara» s’acharnent au travail pour permettre à leurs enfants de fréquenter les écoles, pour loger leur famille et se nourrir chaque jour. En réussissant à assurer une vie meilleure aux générations à venir, elles restent des piliers de l’économie du pays, constatent les économistes  Eddy Labossière et Camille Chalmers, invités dans le film-documentaire. Un travail «très dur, à 1000%» affirme l’écrivaine Edwige Dantica interrogée dans «Madan Sara» d’Etant Dupain.

Clotide Achille est une veuve cinquantenaire, elle vit dans le quartier de Fermathe dans Port-au-Prince. Elle témoigne et raconte comment, mère de 5 enfants, elle a élevé ses petits mais également ces cinq petits-enfants. Clotide vend des légumes au marché de Pèlerin.

Clotide Achille, Madan Sara

Sans assurance, sans assistance sociale ni aides de l’État, les vendeuses haïtiennes travaillent dans un secteur qui manque totalement d’investissements, d’infrastructures et d’aide de leur gouvernement.

Le réalisateur Etant Dupain, est journaliste, producteur et réalisateur. Il accompagnait sa mère une «Madan Sara», vendeuse de légumes au marché communal.

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice en chef de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Images capture d’écran Cnews ACTUS

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