Les cellules «immortelles» d’Henrietta Lacks lui ont été volées pour développer la recherche médicale, elle obtient enfin de la reconnaissance

Ce vol de cellules a failli n’être jamais révélé au grand public sans l’ouvrage écrit par la journaliste Rebecca Skloot «La vie immortelle de Henrietta Lacks».

Henrietta Lacks

Le cas Henrietta Lacks Act était au centre des préoccupations d’Elijah Cummings, un démocrate de Baltimore décédé en 2019. Il en avait fait l’un de ses combats et sans doute aurait-il approuvé cette forte avancée du dossier. Henrietta Lacks, dont les cellules ont été volées, (ce qui a conduit à d’importants progrès médicaux) obtient enfin des premiers signes de reconnaissance.

Elijah Cummings

Un projet de loi, Henrietta Lacks Enhancing Cancer Research Act, inspiré par feue Henrietta Lacks, cette femme noire dont les cellules ont été utilisées pour la recherche médicale sans son consentement, est en quête d’approbation du président sortant Donald Trump.

Le Sénat américain a approuvé la loi vendredi 18 décembre dernier et la Chambre des représentants des États-Unis l’avait adoptée un peu plus tôt en décembre.

Selon la loi, la Henrietta Lacks Enhancing Cancer Research Act obligerait le gouvernement fédéral à publier un rapport sur les essais de recherche sur le cancer financés par le gouvernement, y compris le taux d’implication des populations sous-représentées et les obstacles à leur participation.

Henrietta Lacks, qui vivait à Baltimore, a été soignée à l’hôpital Johns Hopkins (située dans le Maryland) pour un cancer du col de l’utérus, est décédée des suites de la maladie en 1951. Sans  son consentement, les médecins ont pris ses cellules cancéreuses et les ont utilisées pour la recherche.

La lignée de cellules HeLa qui en résulte s’est avérée cruciale pour de nombreux chercheurs médicaux, y compris pour les progrès médicaux lucratifs., atteste le site The Oregonian Live. La famille de Henrietta Lacks est restée pendant des décennies sans rien suspecter, sans excuses ni de compensations. Ce n’est que ces dernières années que la contribution d’Henrietta Lacks à la médecine a été reconnue et célébrée, en grande partie grâce au livre à succès de Rebecca Skloot intitulé «La vie immortelle de Henrietta Lacks».

La journaliste Rebecca Skloot

Le magazine médical de la recherche, SmithSonian Magazine a interrogé Rebecca Skloot en janvier 2010. Dans son livre, «The Immortal Life of Henrietta Lacks», la journaliste Rebecca Skloot retrace l’histoire de la source des étonnantes cellules HeLa (Henrietta Lacks) et documente l’impact de la lignée cellulaire sur la médecine moderne et la famille Lacks.

«Les chercheurs en médecine utilisent des cellules humaines cultivées en laboratoire pour apprendre les subtilités du fonctionnement des cellules et tester des théories sur les causes et le traitement des maladies. Les lignées cellulaires dont elles ont besoin sont «immortelles». Elles peuvent croître indéfiniment, être congelées pendant des décennies, divisées en différents lots et partagées entre les scientifiques. En 1951, un scientifique de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, Maryland, a créé la première lignée cellulaire humaine immortelle avec un échantillon de tissu prélevé sur une jeune femme noire atteinte d’un cancer du col de l’utérus. Ces cellules, appelées cellules HeLa, sont rapidement devenues inestimables pour la recherche médicale».

Lorsque les cellules ont été prélevées, elles ont reçu le nom de code HeLa, pour les deux premières lettres de Henrietta et Lacks. Ces cellules ont été les premières cellules humaines immortelles jamais cultivées.  Elles étaient essentielles au développement du vaccin antipoliomyélitique. Les cellules ont été testées  dans les premières missions spatiales pour voir ce qui arriverait aux cellules en apesanteur. Depuis, de nombreux repères scientifiques ont utilisé les cellules HeLa, notamment le clonage, la cartographie génétique et la fécondation in vitro. Les cellules d’Henrietta Lacks sont devenues la base d’une série de développements de l’industrie biomédicale à la recherche menant à des traitements pour des maladies telles que la polio, la maladie de Parkinson et la leucémie.

Henrietta Lacks était une productrice de tabac noir du sud de la Virginie qui a contracté un cancer du col de l’utérus à l’âge de 30 ans. Un médecin de Johns Hopkins a pris un morceau de sa tumeur sans le lui dire et l’a envoyé à des scientifiques qui avaient essayéS de cultiver des tissus pendant des décennies sans succès. Personne ne sait pourquoi, mais ses cellules ne sont jamais mortes.

L’affaire Henrietta Lacks est l’un des nombreux cas qui contribuent à la méfiance à l’égard des institutions médicales, en particulier parmi les communautés noires qui ont été victimisées. Elijah Cummings, qui comme Henrietta Lacks était noir, était préoccupé par le manque de participation des personnes de couleur aux essais cliniques de recherche sur le cancer.

Le sénateur américain Chris Van Hollen, qui a parrainé la loi au Sénat, a déclaré qu’il pensait que l’adoption finale du projet de loi rendrait Elijah Cummings fier. Le projet de loi a été adopté vendredi 18 décembre 2020 par consentement unanime au Sénat. La veuve d’Elijah Cummings, Maya Rockeymoore Cummings, a écrit sur Twitter qu’elle prie pour que Donald Trump signe le projet de loi.

Le fils aîné de Henrietta Lacks , Lawrence Lacks Sr., a déclaré dans un communiqué que sa mère obtenait enfin son dû pour son rôle de «mère de la médecine moderne».

Dorothée Audibert-Champenois Rédactrice de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images ©️AP / J. Scott Applewhite – New Scientist – John Hopskin Medecine – Baltimore Magazine

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s