Un collégien expulsé, sa mère exigeait le retrait d’un ouvrage peu flatteur sur le passé des Noirs américains

Faith Fox, avocate afro-américaine et mère célibataire a raconté dans une interview au New York Times comment son fils, Jamel Van Rensalier, a été expulsé de son établissement suites à ses remarques sur l’étude théâtrale du livre primé «Fences». Son fils a été renvoyé après que l’affaire ait pris une  tournure inattendue dans ce cours d’anglais du Lycée d’élite, la Providence Day School à Charlotte en Caroline du Nord.

Eboueur gouailleur et râleur dans le Pittsburgh encore très ségrégué des années 1950, Troy dans «Fences» rend la vie impossible à son fils, à son frère et à son épouse. L’homme a accumulé au cours de son existence des frustrations raciales, sociales ou sexuelles. L’oeuvre d’August Wilson de son vrai nom Frederick August Kittel, écrite en 1983, débute avec un flot d’insultes racistes et l’avocate, Faith Fox s’inquiètait de l’image négative véhiculée par cette famille afro-américaine, citée dans le livre.

 

Lorsque la mère de l’élève de troisième du collège apprend en novembre  que la classe d’anglais de son fils allait étudier «Fences» d’August Wilson, elle s’est plainte aux responsables de l’établissement. La mère de famille estimait que le texte ne devait pas être lu dans une classe majoritairement composée d’enfants blancs.

L’ouvrage adapté dans un film mettant en vedette Denzel Washington en 2016, décrit l’histoire bouleversante de cette famille noire qui lutte pour réaliser ses rêves. Troy, héros du livre reporte sur ses fils les malheurs et les discriminations dont il a été victime. Il ne digère pas la non-reconnaissance de sa valeur au baseball, car pour lui sa carrière a été gâchée à cause de sa couleur de peau. «Fences» a remporté le prestigieux prix Pulitzer en 1987. 

 

Faith Fox a déclaré dans une interview  que le texte favoriserait des stéréotypes sur les familles noires.

Après une série de courriels et une rencontre avec la mère de l’élève, le collège a proposé un autre ouvrage à Jamel Van Rensalier. Les familles de quatre autres élèves ont manifesté également leur désaccord en s’associant à un groupe Facebook de parents. Le désaccord s’est intensifié quand les responsables du collège ont qualifié d’attaque personnelle des échanges contre un membre professoral.

Le lendemain de Thanksgiving, Jamel Van Rensalier, 14 ans était renvoyé.

Ce qui était censé être une leçon littéraire sur la diversité et l’inclusion avait en quelque sorte coûté sa place à un jeune Noir de 14 ans  dans un lycée privé d’élite. «Ce n’était pas quelque chose que je pensais approprié pour une salle remplie d’élites et d’enfants blancs aisés», a déclaré Faith Fox la mère de Jamel Van Rensalier.

L’adolescent a avoué à sa mère qu’il avait finalement compris «pourquoi le mouvement Black Lives Matter est si important et ne concerne pas seulement George Floyd et toutes ces personnes mourant dans les rues, mais cela a aussi à voir avec la façon dont nous sommes traités partout ailleurs.» a reconnu Jamel.

Après l’expulsion,  un lettre «des membres du corps professoral noirs concernés» a été envoyée aux parents des quatre autres étudiants qui s’étaient plaints, faisant valoir les mérites littéraires de «Fences». Selon les professeurs, les grands écrivains afro-américains ne créent pas des personnages noirs parfaits lorsqu’ils essaient de montrer «l’héritage préjudiciable du racisme». Une opinion partagée par de nombreux critiques et universitaires qui rappellent que «Fences» est largement enseigné au collège et au lycée, mais, quand bien-même, ils exhortent à le faire avec prudence. Sandra G. Shannon, professeur de littérature afro-américaine à l’Université Howard et fondatrice de la August Wilson Society, a déclaré que les établissements scolaires ne devraient pas se dérober aux «dures réalités du passé».

Dorothée Audibert-Champenois rédactrice de CnewsActusDothy – Facebook Cnews ACTUS – Twitter Instagram – Images Capture de Woctv.com by Cnews ACTUS

 

Vous pourriez aussi aimer...

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :