Erika Hilton, 1ère conseillère municipale trans Noire de Sao Paulo au Brésil dans «un pays plein de paradoxes»

«Le Brésil est un pays raciste, homophobe et transphobe, et je suis tout cela en un» a déclaré Erika Hilton. La première conseillère trans Noire de Sao Paulo entre à la mairie de la plus grande ville d’Amérique latine.

Quatre jours seulement après son élection, c’est le meurtre brutal d’un client noir par deux gardes de sécurité blancs dans un supermarché de Porto Alegre. «C’était l’expression la plus méprisable du racisme structurel, du racisme institutionnel, et de l’héritage de l’esclavage au Brésil», a-t-elle déclaré après avoir mené une manifestation sur l’avenue principale de Sao Paulo, le poing levé, scandant «Black Lives Matter! » rapporte le site brésilien de RFI.

Erika Hilton, 27 ans devenue politicienne a été élue le 15 novembre dernier. Elle était la seule femme à figurer sur la liste de Gauche du Parti Socialiste et de la Liberté  (PSOL). la jeune brésilienne a gagné l’élection haut la main avec en soutien un grand nombre de voix de femmes brésiliennes.

C’est un parcours improbable pour la nouvelle conseillère municipale. Erika a grandi dans un bidonville d’une famille fondamentaliste chrétienne qui l’expulse du domicile, elle n’est pas majeure. Adolescente sans-abri, Erika Hilton se tourne alors vers la prostitution et vivote dans la rue pendant des années, jusqu’à ce que sa mère change d’avis et la récupère. Avec le soutien de sa mère, Erika Hilton termine ses études et s’implique dans le mouvement des droits des LGBTI.

En 2018, la jeune transgenre a reçu de nombreuses menaces de mort après son élection à la législature de l’État de Sao Paulo où elle occupe un «siège collectif» partagé avec d’autres femmes de gauche. Erika Hilton admet que cela lui fait peur, ne le montre pas et continue son activisme comme ses amies militantes.

La communauté LGBTI du Brésil reste encore choquée après l’assassinat en 2018 de la conseillère municipale de Rio de Janeiro, Marielle Franco, une militante lesbienne noire. Le meurtre des femmes transgenres est une grave source de préoccupation pour le gouvernement brésilien. 124 personnes transgenres ont été assassinées en 2019 au Brésil.

«Nous avons eu 388 ans d’esclavage (au Brésil), suivis de 140 ans de fausse abolition, et nous sommes toujours en train de nous affirmer. Nous nous battons toujours pour notre cause, notre humanité» avoue Erika Hilton, la nouvelle conseillère municipale de Sao Paulo.

Dorothée Audibert-Champenois rédactrice CnewsActusDothy – Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy – ©️ Image Nelson Almeida AFP – Barrons –  BuzzFeedNews

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