Babette de Rozières, Valérie Pécresse toutes leurs actions pour les restaurateurs, les grands perdants dans cette pandémie

Dans cette crise sanitaire hors norme et inédite, de nombreuses mesures ont été prises pour enrayer l’inéluctable progression du nouveau coronavirus. Si le gouvernement s’est concentré sur l’aspect sanitaire en confinant la population à deux reprises, l’impact de ces décisions sur l’économie est, du point de vue des économistes, une catastrophe pour les petits commerces. Mais les victimes les plus touchées par ces confinements répétés ce sont eux, les commerces de bouche, pestent les professionnels. Les restaurateurs, les organisateurs d’évènementiels et les gérants de boîtes de nuit, ce mardi 24 novembre 2020 ne décolèrent pas, et pour cause, ils seront de nouveau les seuls corps de métier à garder portes closes.

Sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels, les restaurateurs montrent leur désespoir, ils manifestents, interpellent, ils sont à bout. Notre rédaction a rencontré Babette de Rozières, une personnalité qui mêle ses compétences professionnelles de gastronome et ses compétences politiques pour venir en aide aux milliers de restaurateurs parisiens victimes collatérales du nouveau coronavirus.

C’est une atteinte à la liberté d’entreprendre, à la liberté du commerce. Une liberté de plus supprimée et qui s’ajoute à la liste des autres dont J’évite à faire la liste. Tout ceci est contraire au principe d’égalité de traitement et qui devrait à mon avis justifier d’un recours devant le conseil d’État estime la fondatrice du salon de la gastronomie des Outre-mer.

Dans cette interview qui suit, la guadeloupéenne, chiffres à l’appui, fait état d’une situation complexe pour les commerces et détaille les différentes mesures préconisées et adaptées par la Région, parallèlement aux aides insuffisantes du gouvernement, juge Babette de Rozières.

C’news Actus Dothy (CNAD) : Vous, êtes au coeur de la restauration, vous dirigez un festival culinaire très suivi, que pensent les professionnels autour de vous?

 Babette de Rozières : Tous les acteurs des métiers de bouche et d’évènementiel sont à l’agonie.  C’est d’ailleurs tout un pan de la culture française qui est en train de disparaître. Ce ne sont pas les effets d’annonces de prêts et d’aides qui éviteront leur mort déjà programmée. 

Quel impact à court et à long terme pour ce commerce de bouche?

 Babette de Rozières : Sachez que la restauration avant la Covid-19, c’est 220.000 restaurants dans l’Hexagone dont 10% en Île-de-France. C’est aussi 800.000 emplois directs et un nombre incalculable d’emplois en amont et un nombre incertain d’emplois indirects, comme les extras, les jobs d’été pour les étudiants et les travailleurs au chômage non-déclarés. On estime aujourd hui à plus de 10 milliards d’euros la perte de Chiffre d’Affaires, avec des conséquences sociales et dramatiques.

 Babette de Rozières : La restauration rapide (les plats a emporter) c’est 47% du commerce en France avec un Chiffre d’Affaires de plus de 40 milliards d’euros et 200.000 salariés. A la rentrée de septembre 2020 on estimait déjà plus de 30% de fermeture, de dépôts de bilan, de faillites. Beaucoup de restaurateurs dépriment car à la réouverture, ils  ne pourront pas faire face aux besoins de trésorerie pour régler leur charges courantes car, les aides apportées par l’État ne suffisent plus.

Il faut rester objectif la reprise ce n’est pas pour demain la relance non plus c’est le désarroi. Aujourd’hui, 20% des restaurateurs ont mis les clés sous la porte et le chômage atteindra un niveau record. À long terme, ce seront des cascades de dépôt de bilan et un chômage en masse qui s’annonce. On fait porter le chapeau aux restaurateurs qui sont devenus le bouc émissaire du gouvernement. Avec ce 2ème confinement, ils se sentent sous perfusion.

Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes? 

 Babette de Rozières : Croyez-vous sincèrement que c’est avec  10 000 euros, que ces commerçants peuvent compenser plusieurs mois de fermeture de leur activité ? Bon nombre de petits commerçants n’ont à ce jour pas pu bénéficier de ces aides soumises à certaines conditions. 

Face aux cantines et aux Fast-Food ouverts durant ce dernier confinement, quelles sont les questions que vous vous posez?

 Babette de Rozières : Je ne me pose pas de question je considère que c’est une mascarade un non-sens. Il faudrait poser cette question au gouvernement sur les différences de traitement. il n’y a aucune logique scientifique à donner est-ce une forme de discrimination ? Je m’interroge … Je pense que ceux qui prennent ces décisions n’ont rien compris, ils mélangent tout.

Les Fast-Food parlons-en ! Peut-on décemment comparer un fast food à un restaurant à la française. Je pense que l’on devrait faire une classification des
restaurants comme on l’a fait pour les hotels. De la même manière qu’il y a des hôtels 1,2,3 jusqu’à 5 etoiles luxe on devrait pouvoir aussi classer les restaurants pour le respect du métier. On ne peut pas classer un restaurant traditionnel un 3 étoiles et un Fast-Food dans la même catégorie dit «restaurant».

Vous vous êtes organisées avec Valérie Pécresse, la Présidente du Conseil Régional d’Île-de-France pour pallier aux difficultés financières des restaurateurs. Pouvez-vous expliquer ces actions?

 Babette de Rozières : Pour venir en aide aux restaurateurs Valérie Pécresse a mis en place plusieurs dispositifs d’aides aux petits commerçants : 

1– Le prêt rebond à 0% d’intérêt remboursable sur 6 ans avec un différé de 2 ans pour un montant de 10000 à 300000 euros pour des commerçants de 0 à 50 salariés.

2– Le prêt résilience à 0% d’intérêt remboursable sur 6 ans avec un différé de 2 ans pour un montant allant jusqu’à 100.000 euros pour permettre aux commerçants (de 0 à 50 salariés) qui ne peuvent pas bénéficier de prêts bancaires de pouvoir disposer d’un fond de roulement leur permettant d’ouvrir leur restaurant dans de meilleures conditions.

3- Un chèque numérique de 1 500 euros pour faciliter le click and collect.

4– Un chèque de 1 000 euros pour aider les petits commerçants de 0 à 10 salariés à payer leur loyer.

5 Elle ne s’est pas arrêtée là, elle soutient également les intermittents de la restaurant (appelés communément dans le métier les extras) ce sont des mères et des pères de famille qui souffrent et qui ne travaillent plus depuis le premier confinement et qui n’ont aucun statut. Pour ces extras l’Etat ne fait rien, ce sont les oubliés.

Valérie Pécresse est aussi intervenue auprès des assurances pour leur demander de faire un geste afin de permettre aux restaurateurs qui ont souscrits une assurance perte d’exploitation d’avoir une petite compensation.

Selon vous la Présidence avait-elle le choix de faire autrement que de priver les restaurateurs de leur principale activité?

 Babette de Rozières : Bien sûr elle avait le choix de faire autrement qui gouverne ???? On n’a pas le droit de tuer le gagne-pain d’autrui et c’est ce qu’elle fait depuis 6 mois. Il y a des commerçants qui ne se relèveront pas. Elle n’a surtout pas compris qu’un commerçant ce n’est pas un fonctionnaire et qu’il est de son intérêt de respecter les consignes sanitaires pour la santé des autres et sa propre santé. Il n y a pas plus discipliné qu’un restaurateur. Le restaurateur à l’habitude de la discipline et de l’hygiène ils travaillent comme des militaires. Dans cette crise ils ont exécuté tout ce qu’on leur a demandé ils ont respecté les consignes sanitaires. Leur fermeture, c’est une injustice ! On doit traiter les restaurateurs comme les autres commerçants. Je constate que depuis toujours, les restaurateurs sont toujours suspects aux yeux de l’administration.

Qu’aurait-fait la Région, une autre alternative était possible?

Babette de Rozières : La Région ne peut que se soumettre aux décisions du gouvernement et agir pour aider ces commerçants en détresse. Je pense que Valérie Pécresse Présidente règlerait différemment ces problèmes. En tout cas la France ne manque pas de masques de gants et de tests comme cela a été le cas au débit de la pandémie. Souvenez vous la présidente de la Région était au front pendant toute la période de confinement, à distribuer des masques dans toute l’ile de France dans les hôpitaux, les Ehpads, les pharmacies, les commerçants, les lycées les gares dans toute l’Île-de-France. Elle a même envoyé des masques en Outre-mer alors que le gouvernement n’en possédait pas. Au début de cette pandémie il y a eu trop de cafouillages le gouvernement n’a rien pu gérer. Ils étaient dépassés, ils sont retrouvés impuissants devant cette les dégâts monstrueux de cette pandémie. On aurait pu sauver des vies.

Souvenez-vous de Sibeth Ndiaye alors porte-parole du gouvernement qui conseillait aux français de ne pas porter de masques. Selon, la ministre, les masques n’étaient pas nécessaires. L’objectif était de cacher aux français leurs faiblesses et la mauvaise de gestion de cette crise. Maintenant, on ferme les restaurateurs au motif que les clients ne portent pas de masques alors que scientifiquement rien ne prouve que ce sont les restaurateurs responsables des clusters. On stigmatise les restaurateurs ce sont les boucs émissaires du gouvernement c’est scandaleux ! À côté de cela les supermarchés sont ouverts et cela ne gêne personne.

Votre dernier mot en cette fin d’année 2020?

Babette de Rozières : Il est temps que tout cela cesse pour que la
France et ses Outre-mer retrouvent la paix sociale bien méritée pour préparer un avenir serein.

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy

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