Le Maafa (l’Holocauste du peuple africain) et l’Afriphobie, les fondements du Panafricanisme

Le mouvement panafricain a pris sa source suite aux multiples déplacements forcés de millions de déportés Noirs durant plus de quatre siècles. Pour synthétiser et expliquer les causes et conséquences de cette traite négrière, deux éminentes personnalités se croisent, le professeur et philosophe Lazare Ki-Zerbo et la professeure Jacqui Burnett, Vice-présidente de l’African Caribbean Community Development Forum Ltd (ACCDF).

À la lueur des documents d’histoire, la grande majorité des esclaves transportés vers le Nouveau monde étaient des Africains du centre et de l’ouest, vendus par les Africains à des marchands d’esclaves européens qui les transportaient ensuite vers les colonies d’Amérique du Nord et du Sud. En tant que propriété, ils étaient des marchandises ou des unités de travail et étaient vendus sur les marchés avec d’autres biens et services.

Ces marchands d’esclaves de l’Atlantique, classés par volume de commerce, étaient : les Portugais, les Britanniques, les Français, les Espagnols, les Néerlandais et les Américains. Ils avaient établi des avant-postes sur la côte africaine où ils achetaient des esclaves aux chefs tribaux africains locaux.

Le Commerce Triangulaire s’installe contre le gré de ces hommes vendus pour presque rien. Et, il va durer des siècles. Au sortir de cette période douloureuse, les Noirs éparpillés dans le Nouveau monde vont devoir s’unir et réinventer une solidarité contre l’abnégation de tous leurs droits civiques. Le mouvement Panafricaniste, initié entre autres par le ghanéen, Kwame Nkrumah, a été pensé pour une union universelle de la diaspora noire, pour le respect des traditions du continent noir, la reconquête identitaire des peuples noirs à travers un projet commun, celui de la réparation pour certains afrodescendants ou de l’égalité pour d’autres, tant sur le plan économique que social. Le slogan du Panafricanisme est aussi celui-ci : Black is Beautiful ! après tant de siècles de soumission et d’asservissement.

La traite des esclaves est appelée Maafa par certains historiens afro-américains. Maafa, un mot qui signifie «catastrophe» dans la langue africaine swahili. Le professeur de philosophie Lazare Ki-Zerbo s’explique : «Dans le mouvement panafricain, il y a eu des Noirs, des Blancs, des Arabes, des Caribéens, des Indiens… Ce n’est pas une question de couleur ou d’origine, mais de foi dans un mouvement de libération des peuples africains sur le continent et dans la diaspora. C’est un mouvement et un ensemble de positions qui touchent différents domaines.»

«Le Maafa (holocauste et asservissement du peuple africain), a conduit les peuples africains déportés à s’unir pour résister. Les filles et fils des Caraïbes (Haïti, Trinidad, Cuba, Martinique et Guadeloupe…), du Brésil, des États-Unis ont bâti, les premiers, le panafricanisme.»

 

Quatre siècles plus tard, la forme de racisme vécue par les personnes d’héritage africain a été auto-définie comme «Afriphobie» qui est le préjugé, la discrimination, la peur, la haine et le sectarisme envers les personnes du patrimoine africain, indiquent des chercheurs afro-britanniques.

«L’afriphobie est étroitement liée au colorisme et à la hiérarchie du racisme. Les personnes d’origine africaine ont connu l’afriphobie non seulement des Européens, mais aussi des Asiatiques. Cela peut et ne sera plus ignoré, ou passer discrètement sous silence. Toutes les formes de tort infligées à ceux du patrimoine africain doivent maintenant, est et sont de plus en plus, dénoncées, peu importe qui contribue à l’injustice», rappelle Jacqui Burnett.

«La création du racisme a toujours été une question de pouvoir économique et d’assujettissement»,  note la Vice-présidente de l’African Caribbean Community Development Forum Ltd (ACCDF).

«En tant que femme du patrimoine africain, j’ai vu et expérimenté, à bien des égards, l’afriphobie secrète au travail et en politique. La société britannique et l’ordre mondial actuel nous veulent pour notre force, notre intelligence et notre créativité, mais ne démontrent pas le souhait que nous ayons jamais l’équité avec eux, ou que nous construisions pour nous-mêmes de manière à ne pas augmenter leur richesse comme l’ont fait mes ancêtres» signe Jacqui Burnett, également Présidente du Comité Luton Sankofa en Angleterre.

Propos du professeur de philosophie Lazare Ki-Zerbo et de Jacqui Burnett, Vice-président de l’African Caribbean Community Development Forum Ltd (ACCDF).

Selon les estimations actuelles, environ 12 millions de personnes ont été expédiées de l’autre côté de l’Atlantique, bien que le nombre réel acheté par les commerçants soit considérablement plus élevé. (The Atlantic Slave Trade)

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter @C’news Actus Dothy @Do Thy – Images Twitter – Bim 2020 – Publications – Deviant Art

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