Fabrice Di Falco, le contre-ténor martiniquais, fondateur des «Voix des Outre-mer», imagine un Conservatoire en Martinique

Fabrice Di Falco et Julien Leleu viennent de boucler une étonnante tournée à promouvoir des jeunes chanteurs, les nouveaux talents des Outre-mer. Une saison qui se termine en apothéose au Théâtre du Châtelet, lundi 28 septembre 2020 et qui se poursuit dans tous les territoires avant la grande finale nationale à l’Opéra de Paris en Janvier 2021. La 3ème édition a  donc commencé, lundi dernier au Théâtre du Châtelet, ce sera donc « 3 mois de finales régionales spécialement réorganisées pendant cette période covidienne » assure le contre-ténor martiniquais.

Plusieurs prix seront décernés à des jeunes et moins jeunes originaires de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon.  Le concours «Voix des Outre-mer» s’installe désormais dans la durée, devenant pour les professionnels ou pré-professionnels un nouveau chemin qui pourrait les conduire sur des scènes prestigieuses à Paris .

Ericka Bareigts, la mère de Fabrice Di Falco et George Pau-Langevin (2017)

Libéré de la grande finale parisienne, notre rédaction a rencontré le fondateur du concours « Voix des Outre-mer ».

Julien Leleu et Fabrice Di Falco au Ministère des Outre-mer (2017)

Fabrice Di Falco, qu’est ce qui vous a motivé à lancer ce concours ?

« J’ai souhaité lancer avec Julien Leleu il y a trois ans le concours «Voix des Outre-mer» pour détecter des voix dans tous les styles musicaux, de l’Opéra à la musique traditionnelle. Je suis entouré d’une équipe artistique avec différents professeurs de chants dans chaque territoire qui offre des cours de chants pour que ces Voix repérées puissent apprendre la technique vocale. En ce qui concerne les voix qui ont déjà un parcours artistique,  le concours offre des masterclass avec des vedettes de l’Opéra comme Karine Deshayes, Ludovic Tezier ou Philippe Jarrousky. Car même les diplômés des Conservatoires sont ravis de travailler avec ces nouvelles personnalités.»

Lauréats  «Voix des Outre-mer» 

« De l’autodidacte au jeunes professionnels, la mise en lumière de leurs talents est important. Par exemple les deux candidats lauréats du concours «Voix des Outre-mer» et également victorieux de l’émission prodiges sur France 2, ont pu bénéficier de l’accompagnement jusqu’à l’émission Prodiges sur place à Montpellier en 2018 puis Metz en 2019. Cette année nous avons présenté à Marseille un jeune baryton de 16 ans très prometteur pour cette nouvelle saison de prodiges. Les lauréats comme Marie Laure Garnier à notamment eu comme prix, un récital à l’Opéra de Montpellier grâce au soutien de sa directrice Valérie Chevalier. Puis des collaborations sur scène avec les voix nouvelles comme en Martinique dans la scène nationale L’atrium accompagné de la star des chefs de chant, Jeff Cohen. »

Quel bilan tirez-vous des éditions précédentes ?

« De chaque édition, il y a de belles rencontres vocales car chaque candidat vient avec son talent, sa passion, sa personnalité et son niveau. Ainsi réunis tous ensemble, on apprend beaucoup de l’autre car c’est en fait, une famille artistique ultramarine. »

Direz-vous que vous préférez enseigner, transmettre que vous produire sur scène. ?

« Je ne pourrai jamais quitter la scène car c’est ma passion que je partage déjà depuis 25 ans alors je continuerai à chanter sur scène jusqu’au jour où Dieu décidera que ma mission touche à sa fin. En attendant je voyage toujours pour des concerts et opéras car c’est aussi important que les élèves et les candidats du concours «Voix des Outre-mer» puissent voir que celui qui conseille est sur scène avec les mêmes rigueurs qu’il demande lors des masterclass. »

Comment on organise un tel concours?

« L’organisation d’un concours est très excitant car nous sommes dans la création artistique et le succès vient de l’équipe formidable, présidée par Julien Leleu, que j’ai autour de moi . Nous travaillons beaucoup en symbiose afin d’offrir le maximum aux passionnés d’art vocal. »

Quels sont vos partenaires ?

« L’opération bénéficie aujourd’hui du soutien d’institutions publiques telles que le ministère des outre-mer, la Délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, la Région Ile-de-France, l’Opéra national de Paris, le Théâtre du Châtelet, la DILCRAH, certaines collectivités d’outre-mer comme la Collectivité territoriale de Martinique, le comité Martiniquais du Tourisme ou l’office culturel de Mayotte, les DAC d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane) et le ministère de la culture. et dans le privé La Fondation Orange des Antilles-Guyane qui donne de la voix pour le concours Voix des Outre-mer. »

Maintenant que « Voix des Outre-mer » s’est institutionnaliser, qu’avez vous encore a prouver ?

« Ce concours n’existe pas pour prouver quelque chose car le but est de révéler des talents ou mettre en lumière des talents confirmés qui ont besoin d’un coup de main. »

« Nous travaillons sur un opéra Français de Jacques Offenbach  » les contes d’Hoffmann  » avec des lauréats et voix des outre-mer pour une tournée dans les territoires. L’objectif est de faire les artistes se rencontrer. »

En période prolongé de crise sanitaire, comment vous engagez-vous à promouvoir votre Art?

« Cette crise avec la Covid-19 nous oblige à nous réinventer, réorganiser des programmes, des tournées, s’occuper de nos voix moralement afin qu’elles croient encore à un futur meilleur mais avec de la patience. »

« Mon projet pour l’année 2021 a été étudié pendant le confinenent, c’est la création du premier conservatoire des Antilles dans la ville mythique de Saint Pierre en Martinique. La Mairie de Saint Pierre travaille à nos côtés depuis le concours «Voix des Outre-mer» et le festival Filao afin de mettre en lumière tous les arts vocaux dans cette ville d’Arts et d’Histoires. On prévoit un professeur de chant qui enseignera avec des professeurs d’instruments , de solfèges, de danse et art dramatique .»

« Le choix de Saint Pierre s’explique aussi parce que les élèves guadeloupéens pourront voyager par bateau directement et les élèves guyanais profiteront des vols directs Cayenne /Fort de France. Ce Conservatoire sera la rencontre , le partage, la transmission entre Antilles Guyane avec les professeurs notamment du Conservatoire de Cayenne et l’école de Kourou. Nous produirons  un enseignement appliqué et complet grâce à la compétence de professeurs venant en masterclass partagés leurs savoirs notamment ceux de Cuba. »

Christiane Eda-Pierre, une des toutes premières cantatrices noires, à l’envergure internationale vient de nous quitter, quel est votre sentiment face à cette disparition?

« Je sortais de la messe des artistes à l’église Saint Roch à Paris quand on m’a informé de sa disparition, j’ai été très ému car je l’avais eu un mois avant. On se connaissait depuis mes 15 ans, je l’appelais souvent pour prendre conseils et qu’elle me raconte de nouveau des anecdotes dans ce milieu classique. Afin d’être présent à ses funérailles j’ai déplacé un concert de 24h pour chanter en compagnie de d’autres chanteurs comme certains de ses élèves, Cécile Achille, Loïc Félix ou José Michalon

« On dit que chanter c’est prier deux fois alors nous avons prier pour le repos de son âme. »

«Voix des Outre-mer» 3ème édition

Vous êtes très ancré dans le monde antillais tout en vivant à Paris? Pourquoi?

« Je suis né en Martinique et malgré le fait que je sois venu à Paris pour les études musicales, je suis toujours retourné au moins deux fois par an chez moi. Même en période intense de tournées, je prenais le temps d’aller chanter sur mon île. Je suis toujours resté connecté avec notre Martinique. »

«D’autre part, à la maison je vis à l’antillaise avec des repas créoles, ma radio où je me délecte de musiques des Antilles et mes cours de chant sont à moitié créole, à moitié français. Car les français de métropole devraient aussi avoir la possibilité de comprendre le créole comme moi je comprends le français. »

Fabrice Di Falco et Ludivine Turinay, finaliste Ile-de-France

Que peut-on vous souhaiter, vous fabrice Di Falco et votre équipe?

« La seule chose que je demande est que l’on prie pour moi quelque soit sa religion, que l’on pense à mon équipe positivement et que l’on arrête de nous mettre des bâtons dans les roues car c’est fatiguant mais grâce à ma Foi, j’avance lentement mais sûrement. Nous devrions éviter le panier de crabes et au contraire tous nous aider avec humilité et être fiers de nos compatriotes dans tous les domaines. ceux qui se battent non seulement pour eux mais aussi pour les autres. Le monde, la terre, le soleil, la lune, la mer , l’air …. Nous le partageons tous sans soucis alors partageons aussi nos compétences afin que le monde de demain soit sans nuages et que nous formions une vraie famille sans jalousies. »

Paris, inauguration du Jardin Solitude, 26 septembre 2020

« La vie est trop courte pour ne pas s’entendre, essayons de vivre sereinement tous ensemble. Nous faisons escale sur cette terre alors tentons de bien vivre ensemble. ce temps sur Terre est une étape, avant de continuer nos missions au ciel car les anges chantent en harmonie avec le même La pour toi, pour Nous. Soyons Justes et évitons de chanter Faux. Alors harmonisons nous sur Terre avant de rejoindre le choeur des anges. »

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy/Fabrice Di Falco

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