Cannes-Cinéma: Matarès de Rachid Benhadj, Prix du Meilleur long métrage et de la Meilleure actrice

Matarès le film de Rachid Benhadj est le grand gagnant de la 17ème saison du Festival International du Film Panafricain. Avec le prix du Meilleur Long métrage de fiction et de la Meilleure actrice attribuée à l’actrice principale du film, dont le nom ne sera pas dévoilé, le réalisateur Rachid Benhadj rafle les prix les plus convoités dans les Festivals.

L’histoire de Matarès est celle d’une petite fille de 8 ans « Mona, une Ivoirienne qui a fui la Côte d’Ivoire, elle s’installe avec sa mère à Tipasa, une ville côtière algérienne connue pour ses ruines romaines Matares. Pour payer le passeur qui l’emmènera en Italie voir son père, Mona vend des fleurs aux touristes. Malheureusement, les ruines romaines de Matares appartiennent à Saïd, un Algérien âgé de 10 ans qui vend à son tour des fleurs. Un sentiment de haine va naître dans le cœur du garçon qui fera la guerre à Mona ».

Mona dans toute sa naïveté et sa lucidité criante de petite fille aura subi avant son entrée dans l’adolescence , de nombreux conflits à résoudre, et seule. Elle remporte également le prix de la Meilleure Actrice du Festival International du Film Panafricain qui s’est déroulé du 23 au 28 octobre 2020 à Cannes.

Le Jury de long métrage  de fiction, composée exclusivement de femmes, n’a pas délibéré longtemps sur ce film de 90 minutes produit par Nour Film, sorti en 2019. Il a voté à l’unanimité pour la fiction de Rachid Benhadj « Matarès ».

Dorian Yohoo, Anis Salhi, Hacene Kerkache, Kobe Alix Hermann, Rebecca Yohoo sont les acteurs ayant contribués à faire de ce film un chef d’oeuvre du cinéma tant sur le travail des dialogues,  du jeu d’acteur, des lieux de tournages et des messages conscients et interrogateurs sur les relations des migrants face à des populations hostiles à leurs égards.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy (Membre du Jury Long métrage de fiction au FIFP)

Le Festival Animae Caribe devient numérique, les professionnels de la bande dessinée sont invités

Cette année, la 19e édition du Festival Animae Caribe sera virtuelle, elle s’intitule Animae Caribe Animation and Digital Media Festival et se termine samedi 31 octobre 2020.

«Cette année, nos efforts ont été renforcés par la participation de la Jamaïque, du Guyana, du Suriname, de Sainte-Lucie ainsi que de Trinité-et-Tobago. Les participants sont les animateurs, les écrivains, les concepteurs, les joueurs, les concepteurs de jeux, experts en technologie de la région. Cette forme virtuelle s’explique par le manque de financement pour organiser le festival d’animation régionale, le plus ancien des Caraïbes », a déclaré Camille Selvon, le fondateur et directeur artistique du festival.

Le festival aura lieu du 30 au 31 octobre, renforcé par des conférences interactives, des symposiums, des sessions de leadership de l’industrie et une soirée de clôture en réalité virtuelle avec Freetown Collective dans un espace de virtuel 3D Animae Caribe.

Au Festival Animae Caribe Animation and Digital Media Festival, seront présents Jamaica Animation Network, Guyana Animation Network, Google Women Techmakers, The Creative Tech Hub Caribbean (Suriname), Trinidad and Tobago Animation Network, Steady Image XR Media Group basé à Miami et ShopCaribe – plateforme de commerce électronique.

Pour y participer dès aujourd’hui, cliquez sur ce lien : Animae Caribe Festival (Facebook – Live)  ou  Animae Caribe Animation and Digital Media Festival.

Source The Loop – Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy

 

La photo d’un enfant sauvé par la police choque la mère qui porte plainte

Quand Rickia Young, 28 ans découvre que l’Ordre national fraternel de la police a publié jeudi une photo d’un officier tenant son fils contre sa poitrine, son sang n’a fait qu’un tour. Dans le message publié sur Twitter, sur Facebook et depuis effacé, la police affirmait avoir secouru l’enfant dans la rue au lendemain chaotique des manifestations consécutives à la mort de Walter Wallace Jr. tué par la police.

Selon les autorités policières de Philadelphie : «La seule chose qui importait à ce policier à ce moment-là était de protéger cet enfant».

La publication de l’avocat de Rickia Young, Riley H. Ross III

Faux ! a rétorqué Riley H. Ross III, l’avocat de Rickia Young, «C’est de la propagande». La famille a décidé de rétablir la vérité en allant en justice. Après enquête, l’avocat et son collègue Kevin Mincey ont déclaré que la mère de l’enfant, agent de santé à domicile avait emprunté le SUV de sa sœur mardi pour récupérer son neveu et qu’elle rentrait chez elle vers 2 heures du matin, ce mardi soir. Son fils de deux ans était sur la banquette arrière quand une escorte de police a envahi sa voiture pour lui demander de faire demi-tour. La suite est retransmise par vidéo, une habitante, Aapril Rice, ayant enregistré la violente altercation.

Dans la vidéo devenue virale depuis sa publication sur les réseaux sociaux, des agents traînent Rickia Young et son neveu hors de la voiture, les jetant au sol et battant l’assistante à domicile avec une matraque. Le visage de Rickia Young était meurtri et saignait, elle a dû recevoir des soins médicaux. Après avoir été soignée, la mère de l’enfant a ensuite été placée en détention et inculpée.

Dans le Washington Post, Riley H. Ross III, l’avocat qui la représente précisait que «Son visage était ensanglanté et qu’elle avait l’air d’avoir été battue par un groupe de personnes dans la rue». Il ajoutait qu’après ce lynchage, Rickia Young «souffre toujours.» Selon lui, une fois que le petit garçon a été retrouvé, dans son siège-auto, il y avait encore du verre des vitres brisées du SUV.

La mère de l’enfant a été libérée, le lendemain de son arrestation et «elle n’a même pas été accusée d’un crime». Ce mercredi 28 octobre, le chef de la police de Philadelphie, Danielle Outlaw, a déclaré que le département avait ouvert une enquête sur les affaires internes concernant le passage à tabac de Rickia Young.

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Caraïbe : Un concours de steelband ouvert uniquement aux femmes «The Girl Power, Diamonds»

A Trinidad, deux structures musicales, the Steelpan Authority Woman et the Steelpan Authority Music préparent un concours virtuel entièrement féminin qui s’intitule Girl Power, Diamonds. Pour expliquer leur projet l’un des organisateurs a déclaré que «The Steelpan Authority Woman et Steelpan Authority Music ouvrent cette fenêtre créative pour célébrer l’instrument de musique national et dans le même temps mettre en lumière les femmes qui incarnent sa beauté.»

Les candidates évolueront dans quatre catégories  : soliste, duo, trio et quatuor du 20 novembre au 20 décembre 2020. Les solistes se produiront durant quatre minutes, les duos, trios et quatuors auront droit à un créneau de cinq minutes.

Le Jury sera composé de trois pannistes qui auront des titres imposés et mais devront montrer leur talents d’improvisation. Les musiciennes retenues devront jouer un nouveau morceau de leur choix lorsqu’elles passeront de la ronde préliminaire à la demi-finale et à la finale.

Dans un communiqué Girl Power, Diamonds a indiqué que cette vitrine musicale sera comme un bol d’oxygène durant cette crise sanitaire : «En raison des restrictions apportées par la pandémie de Covid19, de nombreux artistes ont été incapables de se produire et de générer des revenus durables» Et selon Nero, organisateur du concours, la pandémie «a propulsé le monde des Arts de la scène dans un espace numérique, et l’un des avantages est que cette présentation aura une plus large audience».

«Il est donc pratique de donner à ces artistes talentueux une autre occasion légitime de gagner et de divertir simultanément, montrant ainsi leur détermination en cette période des plus difficiles. Dans ce contexte, cette initiative garantira que le steelband maintiendra sa forte puissance musicale mondiale, en fournissant une plate-forme accessible aux générations futures au-delà des frontières », indique le communiqué de Girl Power, Diamonds.

Steelpanauthority.com est un portail multimédia basé à Trinidad-et-Tobago, conçu transmettre les nouvelles les plus précises et spécifiques au mode de vie des musiciens de steelband dans le monde.

Pour plus d’informations : www.steelpanauthority.com. Les formulaires d’inscription remplis peuvent être envoyés par e-mail à steelpanpartnerships@gmail.com.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy @Do Thy – Images ©️Steelpanauthority (Couverture : Image d’illustration)

Cinéma Panafricain : Tumba Cheron fait son entrée à Cannes dans la ville internationale du Cinéma

Le mois d’octobre est la période choisie par les associations pour lancer des campagnes massives de dépistages du cancer mais c’est aussi, hasard du calendrier, la date de présentation à Cannes du court métrage « Je suis un combat » du réalisateur Patrick Jean Exenat.

À droite, Tumba Cheron et Patrick Jean Exenat

Tumba Cheron est actrice et fait son entrée à Cannes dans le nouveau court métrage du réalisateur d’origine haïtienne, Patrick Jean Exenat. Elle a fait ses classes dans la prestigieuse Academy of Film, Theatre & Television en Australie avant de revenir à Paris où elle est née. Notre rédaction l’a rencontrée à la cérémonie de clôture de la 17ème édition du Festival International du Film Panafricain de Cannes. Une cérémonie qui clôturait six jours consécutifs de projections de films, de débats et de conférences autour de l’avenir et des réalités actuelles du cinéma dans l’espace panafricaine.

Patrick Jean Exenat, Yohan Eitel Ne et Tumba Cheron

Entourée du Directeur en charge de la manifestation, Yohan Eitel Ne, fils du fondateur de l’événement, la jeune comédienne Tumba Cheron dont les parents sont originaires du Congo et de l’Hexagone, s’est laissée filmer et a répondu aux questions de notre rédaction. Elle s’est dit agréablement surprise devant « tant de partage, tant de solidarité dans un tel festival de cinéma ». C’était sa première à Cannes et sa première dans une Festival de cinéma panafricain.

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Cinéma-Covid19 : « C’est comme une bouffée d’oxygène », le cinéaste haïtien Patrick J. Exenat au FIFP de Cannes

« En revenant au Festival International du Film Panafricain, j’ai ressenti la même force, la même vague, la même intensité que les années précédentes ». Avec un nouveau court métrage en compétition, Patrick Exénat, originaire d’Haïti, a de nouveau été présent à la 17ème édition du Festival International du Film Panafricain qui se tenait dans la ville de Cannes du 22 au 28 octobre 2020. L’occasion de retrouver le cinéaste et de recueillir ses impressions sur un Festival qui existe suite aux efforts quotidiens de son fondateur Basile Nguangue Ebelle.

 

« Avec toutes les contraintes depuis quelques mois, c’est bien que le Festival ce soit tenu en présentiel, c’est comme une bouffée d’oxygène » annonce le réalisateur de « Je suis un combat ».  Un court métrage de fiction axé sur la maladie du cancer.

Ce dernier soir de Festival de cinéma restera une très belle soirée assure le réalisateur, un évènement qui se perpétue chaque année et qui permet des échanges et de nombreux partages entre  acteurs ou réalisateurs de différents pays, reconnaît Patrick J. Exenat.  Optimiste sur la crise sanitaire qui pourtant déstabilise la profession, le cinéaste annonce sa prochaine participation à la 18ème édition du Cinéma Panafricain de Cannes.

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Cannes – Cinéma : «Morabeza, la Force du mouvement», la migration capverdienne vers l’Europe et l’Afrique

Après un séjour à observer les conditions de vie difficiles des habitants du Cap Vert, cet archipel d’une superficie totale de 4033 km2 situé au large du Sénégal, Jérémy Billon et Benjamin Vallet ont eu l’idée de faire un documentaire qui montrerait comment de nombreux capverdiens sont amenés à quitter leur pays pour les États-Unis ou l’Europe.

Les deux jeunes réalisateurs, âgés d’une vingtaine d’années explique le parti pris du long documentaire  de 76mn : «Ce film a vocation à devenir un outil de sensibilisation à l’adresse des migrants venus de divers horizons. Il sera gratuitement utilisable par les associations qui se battent au quotidien en faveur de la cause migratoire. « Le but est de leur montrer qu’il leur est possible de prendre la parole ».

 

Jérémy Billon a fait une formation en sciences politiques à Grenoble, ‘exercer le but de dans les organisations et dans la solidarité internationales, après avoir travaillé dans plusieurs grandes ONG, il est revenu en Auvergne et sans opportunité dans les causes humanitaires, « il s’est laissé porté » par son envie de faire des films.

Benjamin Vallet est un professionnel de l’image. Il y a cinq ans, il a commencé à faire de la photo et de la vidéo. Aujourd’hui, il a une société de production en partenariat avec d’autres amis, Analogue production, qui ne se garde pas de faire que de l’institutionnel, souligne le réalisateur-producteur.

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Cannes : Le réalisateur Blaise Mendjiwa remporte un Dikalo Award au Festival du film panafricain

Blaise Mendjiwa aura tout raflé en venant à la 17ème édition du Festival International du Film Panafricain. Ce mercredi soir au terme d’une cérémonie raccourcie pour cause de crise sanitaire, le réalisateur camerounais, installé depuis plus d’une trentaine d’années en Guadeloupe, a reçu le Dikalo Award de la paix Nord-Sud développement pour son film-documentaire «Le monde racisé du cinéma français».

Dès son arrivée dans la ville de Cannes, jeudi 22 octobre, Blaise Mendjiwa n’a cessé de susciter intérêt et curiosité. Avec aisance et humour, l’homme qui s’est reconverti sur le tard dans l’industrie du cinéma fait parler de lui où qu’il se trouve. Bénéficiant d’un large réseau, cet invité très spécial du Festival a su fédérer depuis plusieurs mois, autour de lui, nombre d’artistes sur son premier projet, sorti en février dernier.

Un succès en salle qui l’aura conforté à aller plus loin. Pour cette nouvelle édition du FIFP de Cannes, le public du Festival du cinéma panafricain de Cannes, a beaucoup débattu avec, entre autres, le réalisateur de «La vraie histoire du Zouk».  À la fin de chaque projection, chaque thématique de ces deux films-documentaires dont l’un était en compétition dans la catégorie des longs documentaires,  a laissé place à des commentaires et des critiques largement positifs

Emu, face au président et fondateur du Festival Basile Nguangue Ebelle, le nouveau primé, Blaise Mendjiwa a fait un discours court en remerciant chaleureusement son public cannois. Il lui a été décerné le prix de la Paix Nord-Sud développement pour son documentaire sorti en février dernier «Le monde racisé du cinéma français».

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter @C’news Actus Dothy @Do Thy

Antilles-Cannes: «La vraie histoire du Zouk», succès d’audience auprès du public du Festival du Film panafricain

Ce mardi 27 octobre 2020, un film était particulièrement attendu par tous les visiteurs du Festival du Cinéma Panafricain à Cannes. Le réalisateur Blaise Mendjiwa, présent à l’évènement qui, exceptionnellement, se déroule en Octobre, présentait deux films, sortis sur le grand écran cette même année 2020. «Le monde racisé du cinéma français» a fait son avant-première le lundi 3 février dernier, il est hors compétition et aujourd’hui, son nouveau film : « La vraie histoire du Zouk » est sélectionné au FIFP, dans la catégorie des documentaires longs formats.

Joelle Ursull

52 minutes d’interviews et de musique pour tenter de restituer quelques vérités sur le Zouk créé par des martiniquais ou des guadeloupéens? Blaise Mendjiwa qui vit depuis plusieurs décennies en Guadeloupe est allé à la rencontre d’artistes censés lui donner des réponses précises. Naturellement, le camerounais a interrogé des anciens musiciens, convaincus d’en être les auteurs et le réalisateur, s’est aussi appuyé sur les témoignages d’interprètes, tous jeunes dans les premières années du Zouk.

Blaise Mendjiwa, le réalisateur de « La vraie histoire du Zouk »

Même un procès ne pourrait « donner la paternité» à qui que ce soit, mais ce qui est certain, note Blaise Mendjiwa le narrateur, dans ce combat fratricide, les guadeloupéens et les martiniquais ont fait de grandes choses ensemble pour que ce rythme évolue. Le Zouk a balayé les musiques d’Antan (calypso, méringue, valse) et sa réputation est au-delà des pitons du Carbet en Martinique que de la Soufrière en Guadeloupe. Comme un protagoniste le répète dans « La vraie histoire du Zouk » : «Kassav a promotionné le Zouk», en jouant au quatre coins du monde. «En Martinique», raconte Jacob Desvarieux, «on était surpris mais heureux quand il y avait plus de 5 000 personnes à nos concerts, mais lors de notre première tournée en Afrique (en Côte-d’Ivoire), plus de 25 000 personnes nous attendaient, ensuite il y a eu plus de 100 000 qui venaient nous voir».

Kassav à Londres Shepherd’s Bush Empire

Roland Louis a fondé les Zoukers en 1974 mais est-ce lui, le père du Zouk? Une question longuement débattue dans la première partie du film.

Roland Louis

Jacob Desvarieux, Tanya St-Val, Freddy Marshall, Pierre-Edouard Décimus, Henry Debs, Jocelyne Béroard et d’autres musiciens ont tous été questionnés. Blaise Mendjiwa a consulté les archives qui ont levés le voile sur les apports artistiques et techniques de nombreux artistes qui chantaient le Zouk dans les années 1980, des stars de l’époque. L’énergie de Zouk Machine ou Joelle Ursull a entraîné des perceptibles mouvements de reins chez  les spectateurs antillais chauffé à blanc dans la salle Miramar cannoise.

Zouk Machine

Comme à son habitude, le chansonnier Franckie Vincent a prouvé que malgré les années, il gardait son humour grivois, annonçant pompeusement que si Kassav est le Roi du Zouk, lui, il en est le Prince.

Si techniquement le film pêche au niveau du montage et du mixage, reste que ce documentaire de 52 minutes a tenu en haleine les festivaliers du FIFP, heureux pour certains de revoir des artistes oubliés et de retrouver «le son de la langue créole». Une langue, comme le souligne avec insistance Jacob Desvarieux, vient de nos racines et qu’il faut préserver, «quitte à se renseigner chez les plus anciens». À sa création, c’était également le voeu des membres du groupe Kassav, valoriser la langue mais aussi les instruments (comme le Kâ) qui font l’authenticité culturelle du peuple guadeloupéen. Une démarche qui se voulait politique, même dans le choix des textes.

Le film-documentaire sera en salle dans le courant de l’année 2022, pour l’heure, il est en lice ce mercredi au FIFP pour le prix du long documentaire.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram @C’news Actus Dothy Images @C’news Actus Dothy

Cannes: Il fond les Dikalos du cinéma dans du bronze, Karim Ouedraogo raconte une tradition ancestrale née dans le Nord du Faso transmise depuis six générations

Karim Ouedraogo est celui par qui  les récompenses arrivent.

Il les façonne, les sculpte, leur redonne tout l’éclat, qu’ils puissent briller le jour J, moment où, les lauréats les reçoivent. Le créateur des Dikalos Awards (qui signifient messages pour les camerounais), descend d’une grande famille royale, du Nord du Burkina Faso, de la région d’Ouahigouya. Depuis six ans, Karim Ouedraogo, n’a raté qu’une seule édition du Festival International du Film Panafricain (FIFP), celle de 2018. Aujourd’hui,  à deux jours de la remise des Dikalos Awards  2020, il est fin prêt.

« Ce travail à la forge, je l’ai toujours aimé, depuis mon enfance » avoue Karim Ouedraogo, qui ajoute avec une pointe de fierté « Le travail du bronze est noble, c’est celle qui vient juste après l’or et l’argent ».

Six générations se sont succédées dans la famille de Karim Ouedraogo, depuis que les hommes de sa lignée (de sang royal), a fait venir des forgerons spécialisés dans la création de bijoux en bronze pour parer les femmes du royaume. Cette famille, les Derme s’est installée dans la capitale pour ne plus repartir. Les fondeurs ont alors transmis leur savoir-faire aux gens du pays. Aussi, il est aisé d’associer l’Art du Bronze à la Culture du burkinabé, explique Karim Ouedraogo.

Il se dit autodidacte ayant tout appris de père en fils. Sa technique, il ne veut surtout pas la comparer au travail « moderne » du bronze : « J’ai participé, fait des expériences avec d’autres culture, mais j’ai constaté que ma technique ancestrale est plus en pointe que celle de la « modernité », celle des fondeurs modernes. « Nous, on pratique le recyclage en récupérant tous les métaux et nos moules sont encores fabriquées avec de l’argile et du crottin d’âne ou de cheval ».

Karim Ouedraogo a quitté le Faso, il y a plus de 14 ans, l’homme habite à Figeac, à deux heures de Toulouse. Il possède son atelier, fond, invente, moule, crée des oeuvres avec lesquels, il co-habite : « Je vis avec mes sculptures » assure l’artiste. En 2014, le fondateur du Festival International du Cinéma Panafricain, le découvre un an plus tôt, au détour d’une Foire africaine à Montreuil en Ile-de-France, il lui demande de créer les Dikalos Awards de son Festival, Karim Ouedraogo s’exécute. Depuis, leur collaboration a porté ses fruits, chaque année au mois d’avril, l’artiste reproduit de superbes sculptures qui font le bonheur des gagnants du FIFP à Cannes.

Karim Ouedraogo est par ailleurs fort pris, il organise des stages, des cours qu’il dispense, monte des expositions dans des galeries à Paris, dans toute la France et en Belgique. Le créateur participe à des symposiums où il réalise des oeuvres à la demande, devant un public.  Des évènements très en vogue qu’organisent les associations culturelles.

À la Galerie Dany Art et Déco à Saint-Ouen, Karim Ouedraogo a posé son exposition permanente.

Quelques fois, l’artiste du Bronze retourne au Burkina Faso, où il est né, soit pour participer au Fespaco, l’un des plus grands Festival de Cinéma en Afrique soit pour visiter sa famille. Karim Ouedraogo a un grand rêve, celui  de mettre en place un grand « projet à travers toute l’Afrique, en passant par Ouaga, Bobo, la Côte-d’Ivoire ou le Sénégal ». 

Son plus proche rendez-vous est celui du mercredi 28 octobre où à Cannes, il verra briller dans les yeux des récompensés , les couleurs intenses de ses Dikalos Awards 2020.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter @C’news Actus Dothy @Do Thy