Clarissa Jean-Philippe : Défraîchi, fané, délavé son espace commémoratif semble être délaissé à Montrouge

Cela fait un peu plus de cinq ans que la jeune policière était abattue au 91 de l’Avenue Pierre Brossolette à Montrouge, une commune voisine de Malakoff, située dans les Hauts-de-Seine. Juste à l’endroit où la martiniquaise a été tuée, l’artiste de rue Christian Guémy, alias C215, a réalisé un portrait géant de Clarissa Jean-Philippe. Un espace qui est devenu au fil du temps, un lieu commémoratif où des anonymes, des amis, des anciens collègues, des politiques et sa famille venaient saluer la mémoire de Clarissa Jean-Philippe, une des 17 victimes des attentats des 7,8 et 9 janvier 2015.

Depuis le 2 septembre et dans des conditions inédites du fait de l’épidémie du nouveau coronavirus, le procès aux Assises spéciales qui se tient à Paris sans les principaux acteurs, révèle dans les moindres détails, les conditions dans lesquelles se sont déroulées les attentats à Charlie Hebdo, à Montrouge et dans la supérette Hyper Casher de Vincennes. Dans la salle d’audience Charlotte Bequignon-Lagarde, les enfants des victimes, devenus pupilles de la Nation, mais également les parents des disparus sont tous présents et espèrent avoir les réponses aux questions qu’ils se posent. Un procès prévu pour durer 49 jours.

Marie-Louisa, la mère de Clarissa Jean-Philippe, la policière de 26 ans, tuée à Montrouge par Amedy Coulibaly, a raconté lors de son audition, comment la mort de sa fille a bouleversé ses dernières années. En 2017, après avoir regretté qu’aucun espace mémoriel n’était dédiée à sa fille, qu’elle pensait « oubliée » par le gouvernement, Marie-Louisa Jean-Philippe s’était rendue à Montrouge. Après 8 heures de vol, elle arrivait épuisée mais contente de découvrir la peinture murale réalisée au pochoir et en toute discrétion par Christian Guémy, alias C215.

Cet espace coincé entre l’entreprise Midas et des immeubles locatifs, était jusqu’en 2019, régulièrement embelli et entretenu, les fleurs renouvelées. Mais le temps a passé et ce samedi 19 septembre 2020, ce sont des bouquets de fleurs desséchées, des inscriptions délavées, des objets déformés par les intempéries qui s’offrent aux visiteurs. Le visage de Clarissa Jean-Philippe s’efface des premières pancartes « Je suis Clarissa ». Seul, le portrait de la policière reste « lumineux ».

Les visiteurs ne s’attardent plus, ni les riverains qui autrefois s’arrêtaient et discutaient avec les curieux. Des habitants toujours émus de savoir un peu plus de cet attentat du jeudi 8 janvier 2015, juste avant un banal accident de circulation dans leur quartier.

Clarissa Jean-Philippe est morte le 8 janvier 2015, il était 8h10, au niveau du 91 de l’Avenue Pierre Brossolette dans les Hauts-de-Seine. Après ses études secondaires,  elle avait quitté Sainte-Marie en Martinique pour intégrer le corps de police parisien. Après son stage, Clarissa  devait, la semaine suivante, être titularisée. Jeudi 17 et vendredi 18 septembre 2020, au procès, son collègue Philippe Jonathan a évoqué en larmes comment il a découvert « sa Clarissa » par terre, agonisante. Quant à Marie-Louisia, la veille, au téléphone depuis la Martinique, elle recommandait à sa fille de se protéger contre toute éventualité d’une attaque terroriste.  Mais cela n’a pas suffi à sauver Clarissa Jean-Philippe.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy

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