Clarissa Jean-Philippe: Les témoins du drame craquent et racontent ce «8 janvier 2015», sa mère pleure «sa Clarissa»

Jeudi 8 janvier 2015 au matin à 8 heures, alors qu’elle patrouillait sur le marché de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe est appelée pour intervenir sur un accident de circulation. Elle se rend au niveau du 91, avenue Pierre Brossolette, pour sécuriser le périmètre autour de l’accident aux côtés de plusieurs agents de la voirie. Vêtu d’une cagoule et d’un gilet pare-balles, un homme s’approche et tire. Clarissa Jean-Philippe est touchée et succombe à ses blessures à Malakoff, la commune voisine. L’homme blesse  ensuite un agent de la voirie et il prend la fuite. Formellement identifié comme Amedy Coulibaly, le tireur tuera encore le même jour. Il est 13 heures, quand il  prend en otage des clients dans une supérette Hyper Cacher située au n°23, avenue de la Porte de Vincennes, à Paris. Lourdement armé, Amedy Coulibaly abat trois personnes à l’entrée du magasin, blesse le directeur du magasin qui parvient à s’enfuir et prend en otage les clients et membres du personnel.

Ce sera l’un des trois attentats terroristes de janvier 2015. Le procès des attentats de 2015 (7,8 et 9 janvier) s’est ouvert cinq ans plus tard, le 2 septembre 2020 et se poursuit aujourd’hui avec le témoignage de la mère de Clarissa Jean-Philippe. Hier, Marie-Louisa au micro de LCI disait «attendre la vérité» é sur ce qu’il s’est passé le 8 janvier 2015 à l’avenue Pierre Brossolette à Montrouge dans les Hauts-de-Seine.

Selon la presse nationale qui rapporte les différents témoignages des parents attendus à la barre cette semaine : « Le temps n’a rien effacé ».

La maman de Clarissa Jean-Philippe a expliqué que cela fait cinq ans qu’elle «ne boit plus de café» car elle était en train d’en boire un le 8 janvier 2015 quand son beau-fils l’a appelée pour lui annoncer la mort de sa fille. Il a juste dit : « On nous a enlevés Clarissa» ;  j’ai lâché la tasse et le café est tombé par terre.» se souvient Marie-Louisa.

Pourtant, répète la mère de famille, après l’attentat au siège du journal de Charlie, la veille au soir, elle prévient sa fille policière : « J’avais appelé Clarissa, le 7 janvier pour lui dire de faire attention, et elle avait dit, maman ne t’inquiète pas, j’ai mon gilet pare-balles».

Philippe Jonathan, le collègue de la jeune policière municipale tuée par Amédy Coulibaly, est venue au procès en uniforme, se souvient de : « Cette matinée où ils sont appelés pour un accident de la route sur l’avenue Pierre Brossolette. On était en train de parler de l’attentat à Charlie Hebdo, on a entendu deux claquements et on a vu une masse noire. On s’est dispersés et j’ai appelé du renfort et j’ai vu ma collègue. La radio ne fonctionnait pas,  j’ai dit : venez vite ». L’officier de police a tenté de rattrappé l’assaillant, en vain, dit-il. Après avoir fait demi-tour, il a cherché sa collègue, pensant qu’elle avait pu se cacher.  Philippe Jonathan, toujours policier à Montrouge, aurait craqué à la fin de son témoignage quand il raconte, à la barre, comment il découvre « sa Clarissa », gisant dans son sang. « Je lui disais : ça va aller, ça va aller » raconte en larmes Philippe Jonathan.

Laurent, 46 ans,  l’ancien chef du service propreté à Montrouge a lui aussi, raconté comment il a tenté de protéger son collègue et de désarmer Amedy Coulibaly.

« Ce soir là, il n’avait pas dormi » explique t-il, les images de l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo, le hantaient. Le lendemain matin, Laurent et son collègue Eric sont appelés pour nettoyer la chaussée après un banal accident de la circulation. En état d’hypoglycémie, il était dans une boulangerie sur les lieux du drame, il n’avait pas mangé depuis le mercredi soir. À son retour, il est face à face avec l’assaillant qui tire sur son collègue « c’était pas comme dans les film, je voyais des étincelles » . Laurent  comprend finalement qu’il ne s’agit pas d’une blague mais qu’il est au cœur d’un attentat, son collègue est atteint en plein visage : « J’ai senti une montée de haine ». Clarissa Jean-Philippe qui venait d’être titularisée, gît, inerte, touchée mortellement à la carotide. Eric, son collègue, est défiguré. Il est 8h04. Laurent fait front et lutte « à corp-à-corps » avec le terroriste qui sort un pistolet de sa poche et l’assomme, en lui portant un coup sur la tête. La suite sera les morts de la supérette hyper Casher de Vincennes.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news actus Dothy
Images C’news Actus Dothy – Capture d’écran C’news Actus Dothy

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