Attentat: Le complice du tueur de Clarissa Jean-Philippe, Ali Riza Polat encourt la réclusion criminelle à perpétuité

Le procès aux Assises de Paris des attentats de janvier 2015 dans la rédaction de Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cacher, reporté en raison des restrictions liées au coronavirus, a démarré ce mercredi 2 septembre 2020 jusqu’au 10 novembre prochain.  A la demande du nouveau Parquet National Anti Terroriste (PNAT), ce procès qui se tient sans les principaux protagonistes, sera filmé. Un procès hors norme est annoncé avec 94 avocats,  144 témoins cités et près de 200 parties civiles.

Nouveau Palais de Justice de Paris où a lieu le procès des Attentats de janvier 2015

Quatorze complices doivent comparaître devant une Cour d’Assises spéciale qui siègera, pour des raisons logistiques, au nouveau tribunal de Paris, porte de Clichy, et non, comme à l’accoutumée, dans le palais de justice de l’île de la Cité. Ils devront répondre de la mort de 12 personnes personnes dans les locaux  de Charlie Hebdo, le  7 janvier 2015. Des journalistes tués par les frères Chérif et Saïd Kouachi, avant de prendre la fuite.

Stèle en hommage à la policière martiniquaise, Clarissa Jean-Philippe

Le lendemain, le 8 janvier 2015, Clarissa Jean-Philippe mourrait sous les balles du tueur Amedy Coulibaly qui  le 9 janvier,  exécutait de sang froid  quatre hommes, tous juifs, lors de la prise d’otages du magasin Hyper Cacher, dans l’Est parisien.

Originaire de Sainte-Marie à la Martinique,  Clarissa Jean-Philippe était à Paris pour devenir policière,  quand la jeune femme de 26 ans a croisé la route d’Amedy Coulibaly le matin du 8 janvier 2015, à Montrouge. Abattue d’une balle de kalachnikov dans le dos par Amedy Coulibaly, Clarissa Jean-Philippe intervenait avec trois collègues sur un accident de la circulation. Au désespoir de ses proches, la policière est restée un temps la victime oubliée d’Amedy Coulibaly.

Montrouge, les secours autours de Clarissa Jean-Philippe

Amedy Coulibaly est finalement mort sur place dans un assaut policier, les frères Kouachi ayant été eux tués peu avant dans une imprimerie où ils s’étaient retranchés, à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne).

Avec 14 accusés, 5 magistrats professionnels, 2 mois d’audience filmés, le tout sous haute surveillance, plus de cinq ans après les premiers attentats djihadistes, le procès des complices s’ouvre.  Les accusés sont soit des anciens co-détenus d’Amedy Coulibay, soit des connaissances anciennes des trois terroristes.

Victimes des attentats de janvier 2015

Ali Riza Polat, complice d’Amedy Coulibaly, un Franco-Turc de 35 ans qui a connu Coulibaly dans sa cité de Grigny, en Essonne, est parmi les accusés présents ce mercredi 2 septembre 2020,  au nouveau palais de justice de Paris.

Ali Riza Polat, est présenté comme un proche de l’assaillant, le tueur de l’Hyper Cacher et de la policière Clarissa Jean-Philippe. L’homme partageait les idées radicales  du tueur (Amedy Coulibaly, né à Juvisy-sur-Orge dans l’Essonne) et il est resté constamment en contact avec lui via des lignes téléphoniques dédiées, de décembre 2014 au 7 janvier 2015, rapportent ceux qui assistent aux débats.  Ali Rizat Polat est  également soupçonné d’avoir fourni des armes et d’avoir convoyé un arsenal de la ville belge de Charleroi vers Paris. Il a essayé de rallier la Syrie le 12 janvier 2015, cinq jours après l’attentat de Charlie Hebdo. Il est passible de la la réclusion à perpétuité. Les juges ont retenu les charges les plus lourdes contre lui.

Pour son avocat Maître Isabelle Coutant-Peyre, son client « est totalement innocent, il n’a rien avoir avec les accusations que l’on présente contre lui ». Elle dénonce une « inégalité des armes » :  L’accusation ayant « fait citer à charge 101 témoins » et la défense se voyant « limitée légalement au droit de faire citer cinq témoins ».

Maître Isabelle Coutant-Peyre, avocat d’Ali Riza Polat

Les absents, il y a en  a trois : Hayat Boumedienne, l’épouse religieuse d’Amedy Coulibaly, qui elle est partie en Syrie, juste avant les attentats, (six jours avant), le 1er janvier 2015. La justice la soupçonne d’avoir eu connaissance de ces attentats mais aussi d’avoir prêté son téléphone pour déjouer les écoutes et contracté de faux prêts à la consommation pour financer les attentats.

Magasin Hyper Cacher

Deux autres frères manquent à l’appel :  Mehdi et Mohamed Belhoucine , l’un deux aurait rédigé le serment d’allégeance d’Amedy Coulibaly à l’Etat islamique. Ils sont présumés morts en Syrie.  Ils seront jugés en leur absence. Leur mort en zone irako-syrienne, évoquée par plusieurs médias, n’a jamais été officiellement confirmée.

Dorothée audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news actus Dothy
Images capture d’écran C’news Actus Dothy

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