Cette Académie de danse nigériane réinvente le ballet version ouest-africaine et dispense des cours gratuits aux enfants

En juin dernier, la vidéo du danseur de ballet nigérian, Anthony Mmesoma Madu sur Instagram, dansant sous la pluie a été visionnée des centaines de milliers de fois. Anthony Mmesoma Madu fait partie d’une douzaine d’étudiants âgés de 5 à 12 ans à la Leap Academy of Dance de Daniel Owoseni à Badagry, une ville côtière du sud-ouest du Nigeria à environ six heures du centre de Lagos.

Daniel Owoseni a fondé l’école de ballet il y a un peu plus de trois ans. N’ayant pas accès à aucune école de ballet qui existe dans la banlieue de Lagos, Daniel Owoseni a décidé de se former en regardant Save the Last Dance à l’âge de 13 ans. «J’ai appris en gros tous les principes fondamentaux du ballet grâce à des tutoriels YouTube», explique le  professeur de danse de 29 ans.

Ensuite, ses espoirs de carrière internationale ont été rapidement déçus : «On me répondait qu’en tant qu’Africain, je n’étais pas éligible pour une bourse internationale. Cela ressemblait à une discrimination flagrante », raconte Daniel Owoseni qui a postulé dans plusieurs écoles d’Europe de l’Est et du Sud, dont une à Zagreb, en Croatie.

C’est à ce moment-là que l’autodidacte nigerian a décidé qu’il réaliserait son rêve d’ouvrir une école de ballet dans sa ville natale pour des enfants comme lui qui ne pouvaient pas se permettre le luxe de suivre des cours de ballet. «J’avais une image dans ma tête, de ce à quoi je voulais que les danseurs et mon école ressemblent».

«Pour moi, il s’agit de créer une identité nigériane autour du ballet traditionnel», explique Daniel Owoseni, qui en plus des cours gratuits, offre des costumes gratuits  grâce aux dons d’organisations comme Travelling Tutu, une organisation à but non lucratif de Floride. Pour donner une influence ouest-africaine aux ballet classique, le professeur de danse adapte sa chorégraphie à la musique nigériane, s’inspirant souvent des rythmes hypnotiques du célèbre artiste afrobeat connu sous le nom de Lágbájá.

Avec quelques rares salles de danse au Nigéria, les jeunes danseurs de l’académie se produisent pour la plupart lors de réceptions privées, de mariages locaux ou de réunions religieuses.

«Les gens disent qu’on ne peut jamais faire du ballet comme on le fait à l’étranger parce que le ballet n’est pas une danse africaine, mais pour moi, il s’agit de faire nôtre cet Art» résume Daniel Owoseni.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Instagram et source Vogue

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