Covid-19: Le nombre d’adolescentes enceintes en hausse au Kenya, «Je suis trop jeune, je m’en veux»

Le mois dernier les médias kényans ont fait leur une avec des révélations inquiétantes : «Près de 4 000 écolières au Kenya pendant le confinement  du COVID-19 sont tombées enceintes, plus exactement 3 964 grossesses dans le comté de Machakos en cinq mois».

«Devenir mère quand on est encore adolescente est une catastrophe» pour toutes les jeunes filles, partout dans le monde. Ce constat a pris tout son sens quand le mois dernier, un document du ministère de la Santé a confirmé les rumeurs sur le nombre en hausse de grossesses des adolescentes kenyanes durant la période de confinement Covid-19. Des jeunes filles qui expriment leurs peurs et l’angoisse d’être maman si tôt. Selon le document qui aurait fuité, «des milliers de filles sont tombées enceintes pendant le confinement entre mars et mai 2020». L’information relayée entre autres par The new Humanitarian , a déclenché des débats nourris sur les réseaux sociaux.

Les causes sont multiples, le désoeuvrement durant la période de confinement, les couvre-feux obligatoires mettant les jeunes filles dans des situations à risques avec des prédateurs ou voisins proches. De plus, vivant dans une extrème pauvreté, les jeunes adolescentes sont piégées, à l’image de la jeune Linet présentée sur le site d’informations en continu CNews.

Alors que la jeune fille de 16 ans est envoyée par ses parents à Nairobi, bien avant la crise sanitaire,  pour qu’elle trouve un emploi, c’est dans un bidonville au centre de la capitale que l’adolescente atterrit. Linet défait sa maigre valise chez sa soeur, le mari de cette dernière et leurs deux enfants dans le bidonville de Kibera. Très vite elle se laisse séduire par un chauffeur de moto-taxi âgé de 22 ans qui devient le père de son futur enfant. «Il m’achetait des frites, des chaussures et aussi me donnait de l’argent» avoue la jeune fille. Mais c’était avant qu’il s’en aille avant de lui demander d’avorter. Linet regrette et s’en veut, mais elle n’a plus de choix : «Je suis trop jeune pour être enceinte et maintenant je vais être mère».

A Nairobi, la capitale du Kenya, d’après les données du ministère de la Santé, près de 5 000 jeunes filles sont tombées enceintes, dont plus de 500 étaient âgées entre 10 à 14 ans.

Oriema Otieno est médecin à EMbakasi, un quartier de Nairobi. Selon le praticien, il y a beaucoup plus de jeunes filles enceintes qu’en temps normal : «Quand les écoles sont ouvertes et que les adolescentes sont à l’école, on en voit 2 tous les trois mois. Maintenant, il y a une augmentation, avec environ 7 ou 8 par mois». Le professionnel de santé ajoute que dans le pays «il n’y a pas d’éducation sexuelle complète (…) Beaucoup de filles n’ont pas d’information sur la manière d’empêcher ces grossesses non désirées».

«Une analyse de 2017, de l’Institut des recherches Guttmacher a montré que si une éducation sexuelle est dispensée au Kenya, son étendue est limitée et n’inclut pas, notamment, d’informations sur la contraception» dixit CNews.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images EEPA

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