France Ô: La députée Maud Petit, opposée à la fermeture de la chaîne, sera bientôt reçue au Ministère des Outre-mer

Le compte à rebours est lancé pour la chaîne France Ô dont la fermeture est programmée depuis juillet 2018. Seulement cette décision prise sous le Gouvernement de l’ancien premier ministre Edouard Philippe, reste très contestée par un grand nombre de salariés de l’Entreprise et de personnalités civiles.  Ce dimanche 2 août, une nouvelle mobilisation initiée par Kant Lebeau, José Althey de Montchappé et le Créfom a permis de remotiver autour de la question FranceÔ et d’adresser un nouveau message aux différents ministres des Outre-mer et de la Culture fraîchement nommés.

Pour cet énième rendez-vous de protestations, les responsables du Créfom (Conseil Représentatif des français d’outre-mer), Daniel Dalin, le président et Antony Etelbert, secrétaire-délégué, se sont également donnés rendez-vous aux portes du Ministère de la culture, place du Palais Royal. Toujours solidaires de la chaîne France Ô, Claudy Siar, Firmine Richard, Angèle Louviers ou Greg Germain ont salué l’initiative et insisté sur la nécessité de garder à tout prix cette télévision spécifique et unique. Pour les soutenir dans cette ultime démarche, Maud Petit, élue ultramarine a fait le déplacement, son objectif entendre les voix des élus qui siègent à l’Assemblée nationale et qui affirment leur opposition à la cessation de l’antenne FranceÔ.

Louis-Gérard Salcède (FranceÔ) et Kant Lebeau

Née à Paris, Maud Petit a grandi en Martinique, d’où est originaire sa famille. En juin 2017, sous l’étiquette du Modem, elle remporte très largement sa place de députée avec 53,54 % de voix et gagne le droit de siéger à l’Assemblée nationale. Élue dans le Val-de-Marne, la députée issue de la majorité présidentielle est une ultramarine qui s’assume. Antillaise, elle n’a de cesse de suivre les combats, les attentes, les projets de ses compatriotes des régions d’outremer.

Choquée d’apprendre la fermeture prochaine de FranceÔ, Maud Petit a catégoriquement affirmé, « sur les réseaux sociaux, dans des reportages télévisés mais aussi auprès des ministres concernés », qu’elle s’opposait depuis toujours à cette décision. « J’ai toujours rappelé que la chaîne avait pour but d’entretenir ce lien entre la Métropole et l’Outre-mer en faisant découvrir la richesse, la diversité qui composent nos territoires et qui font le force de notre pays. Le gouvernement a entendu ces paroles mais avait déjà tranché depuis le départ » avoue l’élue qui dans le même temps reste attentive aux voeux du Gouvernement. Celui d’intégrer les contenus ultramarins à l’ensemble des chaînes du service public : « Je pense que l’on doit maintenir FranceÔ mais que les deux axes de réflexions se complètent » note Maud Petit.

A cinq jours de cette fermeture annoncée, l’élue ne doute pas d’un fléchissement possible du Gouvernement : « Le confinement a permis de changer des perspectives sur beaucoup de sujets, de prendre du recul. On le voit avec le maintien de France 4 par exemple, qui a révélé tout son potentiel pour nos jeunes. Je crois au dialogue avec la nouvelle équipe gouvernementale » a précisé Maud Petit.

Alors que reproche-t-on véritablement à ce média à part avoir un  taux d’audience extrêmement bas,  comme le sont d’autres chaînes du groupe France Télévisions. Maud Petit tente une explication : « La  chaîne avait perdu son identité éditoriale pendant un moment. On n’arrivait donc plus à comprendre son positionnement, c’est ce qui a sans doute perdu le téléspectateur. Il faut donc réaffirmer l’ambition de FranceÔ, qui est une fenêtre vers nos territoires d’Outre-mer, accessible à toutes et à tous en Hexagone ».

Daniel Dalin (maire-adjoint de Saint-Denis) et Vanina Noël (maire-adjoint à Pierrefitte)

Garder la chaîne mais pas en l’état, fulminent des opposants et déçus de FranceÔ,  la députée du Val-de-Marne estime qu’on peut toujours mieux faire : « Travailler à des pistes d’amélioration. Le défi actuel de la télévision, pour toutes les chaînes d’ailleurs, c’est l’offre de services des médias audiovisuels linéaires, avec le développement du replay. Il faut donner le choix aux téléspectateurs ».

Enfin, constate la députée du groupe des élus ultramarins à l’Assemblée nationale, selon elle, les objectifs de FranceÔ devraient être les suivants : « S’intéresser à la richesse et à la diversité de nos territoires ultramarins, des trois bassins, Océan Atlantique, Océan Indien et Océan Pacifique. L’Histoire de Mayotte n’est pas celle de la Martinique », souligne Maud Petit. » C’est un plaisir de pouvoir découvrir au quotidien toutes ces spécificités ».

La vocation de la chaîne menacée de fermeture est dans cette conclusion :  » Cette spécificité nous enrichit énormément en tant que citoyen : « comprendre l’autre, c’est aussi pouvoir construire une société où chacun se respecte et cohabite en harmonie ».

Serait-ce un voeu de la députée Maud Petit, est-ce ce souhait qui permettrait aux téléspectateurs de se réconcilier avec leur chaîne ? Les dés sont jetés, ils sont sur les bureaux du nouveau Premier ministre, Monsieur Jean Castex, de la Ministre de la culture, Madame Roselyne Bachelot et de Madame Delphine Ernotte, reconduite une nouvelle fois à la présidence du groupe France Télévisions.

Pour l’heure, suite à la manifestation de ce dimanche et aux nombreuses réactions sur les réseaux sociaux,  l’élue parlementaire a été contactée par le cabinet de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy

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