La chute de Joséphine est un « crime contre la grande Histoire » s’énerve Christian Estrosi ancien secrétaire d’Etat aux Outre-mer

Dimanche 26 juillet 2020, des activistes appartenant au mouvement RVN ont descendu et brisé la statue de l’impératrice des français, qui surplombait la Savane de Fort-de-France depuis de nombreuses décennies. Cette « chute » de Joséphine de Beauharnais pourrait être associée, entre autres, aux événements de mai dernier quant aux Etats-Unis, un Afro-Américain, George Floyd est mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc, Dereck Chauvin, de Minneapolis.  Suite à ce décès brutal, une vague de manifestations anti-racistes et contre les violences policières a envahi l’Amérique, s’intensifiant encore dans les plus grandes villes des USA.

Joséphine de Beauharnais sur la Savane de Fort-de-France (Martinique)

Dans le même temps, des statues représentant des personnages historiques favorables à l’esclavage, ont été vandalisés, sont tombés de leur piédestal ou ont été déplacés par des autorités. Comme le marchand d’esclaves Edward Colston à Bristol en juin dernier ou l’Impératrice Joséphine, à Fort-de-France ce dimanche 26 juin, sans oublier  celle de Jean-Baptiste Colbert à Paris. Mais au delà des manifestations, le 22 mai, date de l’abolition de l’esclavage en Martinique, des jeunes activistes martiniquais s’étaient déjà fait remarquer, après avoir endommagé et tagué la statue de Victor Schoelcher. Cet anti-esclavagistes du XIXème siècle, signataire du décret permettant l’abolition de l’esclavage en 1848.

La semaine dernière, comme ils l’avaient annoncé sur les réseaux sociaux et dans la presse, adultes et jeunes (qui ont dans leur viseur le désengagement de l’Etat sur le Chlordécorne), sous la bannière RVN (Rouge Vert Noir), ont brisé et brûlé la statue de Joséphine de Beauharnais. Une créole de la Martinique.

Sacre de Joséphine, épouse de Napoléon Bonaparte

Née Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie, le 23 juin 1763, en Martinique,  l’antillaise grandi aux côtés de sa dâ noire dans une riche plantation sucrière des Trois-Ilets. Joséphine, femme de Napoléon Bonaparte, devenue Impératrice de tous les français, le 2 décembre 1804, ne se serait pas opposée au rétablissement de l’esclavage à la Martinique. Une des raisons de son bannissement par les activistes RVN.

Un acte violent, fort et engagé mais très mal digéré par une grande partie des français dans l’Hexagone. « Décapitée et jetée la statue est un crime de l’histoire », estime Christian Estrosi maire de Nice (depuis 2008), il aura occupé le poste de  secrétaire d’Etat aux Outre-Mer dans le deuxième gouvernement de François Fillon.  L’homme politique est furieux et s’étonne que les pouvoirs n’aient pas pris leurs responsabilités : « Comment est-il possible que la présence policière n’ait pu empêcher cet acte criminel ? Nous ne pouvons pas continuer à laisser faire, la République ne peut pas fermer les yeux sur de tels actes ! » s’agace l’édile de Nice.

Mardi 28 juillet 2020, l’ancien secrétaire d’Etat aux Outre-mer a posté un long message sur son compte Facebook, relayé plus de 3 000 fois et liké 5 000 fois. Une publication commentée par plus de 3 000 internautes. Tous sidérés, comme l’ancien président du Conseil régional de Paca, des images choquantes filmées par les activistes RVN.

« Décapitation et destruction de la statue de l’Impératrice Joséphine : un crime contre la grande Histoire de France !
Après Colbert, après De Gaulle, à Fort de France, des activistes ont décapité, jeté au sol et détruit la statue de Joséphine de Beauharnais, épouse de l’empereur Napoléon.
S’en prendre à la statue de Joséphine, c’est s’en prendre à la grande histoire de France et à celui qui a incarné l’ouverture vers toutes les origines, toutes les cultures, son époux, Napoléon.
J’attends de la justice française de ne pas laisser impuni ce crime contre l’histoire et contre celle qui a contribué, aux côtés de Napoléon aux heures les plus glorieuses de l’histoire de France.« 

Fresque de Joseph René-Corail dit Kho Kho

Ce dimanche 2 août 2020, l’action des membres RVN se tourne vers un pan de mur et une porte situés dans une des entrées du Sermac, le Centre Culturel créé par Aimé Césaire en 1976. Cette porte historique construite en 1935, pour célébrer, les trois cents ans de présence française aux Antilles est rehaussée par le travail artistique de Joseph René-Corail dit Kho Kho. Elle sera sans doute revisitée par le groupe de militants RVN. La fresque intitulée Le Choc des deux mondes, La Pêche, ne sera pas effacée mais rénovée, nettoyée. Joseph René-Corail fut en 1962, l’un des auteurs du Manifeste OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique ou La Martinique aux Martiniquais).

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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