Keziah hospitalisé, sa santé s’est dégradée: « Intolérable le comportement des gendarmes» sa grand-mère Christine Aliker envisage de porter plainte

« Intolérable, pas question de laisser des gendarmes avoir un tel comportement ici en Martinique », Christine Aliker, la grand-mère de Keziah n’est pas seulement inquiète mais plutôt en colère contre les actes de tortures subies par son petit-fils, du jeudi 16 juillet jusqu’au samedi 18 juillet 2020. Née d’une lignée connue aux Antilles, la martiniquaise ne compte pas en rester là, « un comportement qui remonte à la guerre d’Algérie » ! Non,  Christine Aliker ne se laissera pas faire, elle ira « jusqu’au bout ». C’est le témoignage d’une femme, au bout du fil,  encore étonnée que son petit-fils, si calme, puisse être dans une pareille situation.

Christine Aliker, grand-mère de Keziah Nuissier

Suite à l’arrestation brutale de Keziah Nuissier jeudi 16 juillet,  la santé du jeune manifestant anti-chlordécone s’est dégradée.  Arrêté et mis en garde à vue le même jour, Keziah Nuissier a été vu par des médecins qui lui prescrivait un repos de trois jours. Pourtant, sous mandat d’un procureur, le jeune homme quitte l’hôpital sous escorte, policière et remis en garde à vue. Puis c’est en cellule qu’il passe sa nuit et sa journée de vendredi, souffrant d’un traumatisme à la tête.  Libéré le samedi 18 juillet, Keziah donnera sa version des faits en détaillant les violences et insultes discriminatoires subies durant plusieurs heures.  Aujourd’hui, la santé du jeune étudiant est préoccupante, sans doute à cause du laps de temps sans soins  (pense un ami proche), sa grand-mère Christine Aliker envisage de porter plainte dans le courant de la semaine.

Keziah Nuissier

Lundi 20 juillet au matin, à l’appel de sa grand-mère, les pompiers ont dû reconduire Keziah  sur une civière, en urgence au CHU de Lameynard. Le martiniquais souffrant de maux constants à la tête depuis samedi 18 juillet. « Il était hagard, il ne sentait plus ses membres », rapporte sa grand-mère. Ce mardi soir, le jeune antillais est encore en soins intensifs, il ne sortira que mercredi dans la journée, si son état le permet.

« Il a passé beaucoup de temps en cellule alors que les médecins avaient préconisé une batterie de tests»,  explique un ami proche, qui ajoute qu’ «ils l’ont sorti à 3 h du matin » jeudi dernier et sans soins.

Keziah Nuissier, samedi 18 juillet 2020

Jeudi 16 juillet 2020, alors que Keziah manifestait pacifiquement devant l’Hôtel de police situé à la rue Victor Sévère dans le centre ville de Fort-de-France, des gendarmes mobiles sont intervenus pour faire cesser la mobilisation anti-chlordécone.  Une bousculade a suivi dans laquelle Madly Etilé, la mère de Keziah  s’est retrouvée en plein milieu, « sous les coups des gendarmes ».  Pour protéger sa mère, selon des témoins et suite à une image diffusée par la police,  le jeune activiste aurait frappé un gendarme au sol.

La réplique policière ne sait pas fait attendre, intercepté, menotté et embarqué dans un fourgon, le jeune homme blessé, selon  ses confessions durant la conférence de presse du 18 juillet,  a été violenté, insulté, discriminé et frappé. Un déchaînement de violence qui rendent perplexes, les internaute sur les réseaux sociaux.

Les témoignages se succèdent sur le profil des proches du jeune antillais :

« J’étais présente et j’ai vu quand les fdo sont tombés à 5 sur lui et l’ont roué de coups. J’étais tétanisée par ses cris étouffés et les cris de souffrance de sa maman Madly et j’entendais Fanywa à côtés de moi crier « Vous lui faites mal vous lui faites mal vous lui faites mal »….ils l’ont menotté, trainé derrière leur fourgon pour lui asséner d’autres coups jusqu’à ce que coule son sang sur le bitume et ont nettoyé les traces de leur méfait, de leur crime ensuite.. ! »

Christine Aliker, la grand mère de Keziah intente une action en justice pour agression tentatives de meurtre plaintes collectives avec les témoins. Keziah Nuissier, quant à lui est encore hospitalisé au centre hospitalier de Lameynard.

Madly Etilé, mère de Keziah Nuissier

Aujourd’hui, par voie de communiqué le député martiniquais, Serge Letchimy, juge «la situation grave et inquiétante». Selon lui «cette situation de tensions et de violences entre force de l’ordre et manifestant trahit un manque de dialogue face à des problèmes posés restés sans réponse ».  Serge Letchimy rappelle qu’à l’origine ces troubles, « c’est le silence de l’Etat face à l’empoisonnement terres martiniquaises ».

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images capture d’écran et famille

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