Martinique: « Ils m’ont piétiné les parties sexuelles », Keiziah, militant anti-chlordécone, arrêté violemment par des gendarmes

Au sein du Collectif anti-Chlordécone, depuis quelques mois, la jeune Alexane Yva Ozier-Lafontaine fédère autour d’elle. Une cause qui préoccupe particulièrement les jeunes martiniquais qui régulièrement manifestent en invoquant le désengagement de l’Etat sur les problématiques de ce pesticide qui a empoisonné une grande partie des terres de la Martinique comme de la Guadeloupe. Et bien souvent dans ces rassemblements, il n’est pas rare que les activistes chantent et jouent du tambour. Malgré les arrestations et poursuites en cours, ils ne lâchent pas la pression, convaincus du bien fondé de leurs revendications, dans lesquelles ils demandent des réparations diverses. C’est dans ce contexte que les jeunes de Martinique font face aux autorités depuis plusieurs semaines.

Mais cette semaine, c’est l’interpellation d’un jeune activiste  Keiziah qui a mis le feu aux poudres. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont manifesté leur opposition à l’arrestation musclée du martiniquais Keiziah. Son professeur d’Arts Plastiques, Patricia Donatien a dès jeudi 16 juillet, publié un long message de soutien à son élève et la professeure d’université a expliqué comment cette interpellation a dégénéré.

Jeudi 16 juillet 2020, dans l’après-midi à la rue Victor Sévère (Fort de France) Keiziah était présent à une manifestation de soutien à deux jeunes activistes arrêtés le matin même. Sur de nombreuses vidéos on le voit d’abord jouant du tambour Bèlè aux côtés d’autres militants «en train de déclamer des textes». Puis les gendarmes décident de d’éloigner les manifestants en les poussant. Selon les dires, la mère du jeune homme décide de récupérer le tambour de son fils Keiziah. Et c’est là que tout se précipite, un gendarme «marche» littéralement sur le corps de la mère du jeune homme qui décide de lui venir en aide « pour la protéger » dira-t-il. Dans la bousculade, Keiziah devient la cible des gendarmes et reçoit des coups de matraques sur la tête. Menotté et ensanglanté, l’étudiant martiniquais est conduit au commissariat, il est 17h50 quand il est placé en garde à vue.

Keiziah souffrant, est finalement hospitalisé à 19h et reste en étroite surveillance  jusqu’à 3 heures mais en pleine nuit, des policiers reviennent au Centre Hospitalier (sans doute avec un mandat délivré par le Parquet), un bandage toujours autour de la tête, Keiziah revient au commissariat.

Selon les informations de la presse locale, les gendarmes accusent Keiziah de les avoir frappés, ce qui justifierait qu’il soit mis en garde à vue. Ce que nie le jeune activiste martiniquais qui ne montre aucun traumatisme au niveau de ses mains.

Sous la pression populaire, libéré mais choqué, samedi 18 juillet 2020, le jeune Keiziah, devant des militants, des amis, sa famille et la presse, livre sa version des faits, enregistrée sur une longue vidéo par le Komité 13 janvier 2020.

« Ils m’ont insulté avec des jurons racistes, ils m’ont donné des coups. Ils m’ont dit que j’allais payé en m’appelant sale négro. Ils m’ont donné des coups à la tête, aux bras me disant que j’étais baisé. Ils m’ont piétiné les parties sexuelles. J’ai reçu un coup à la tête, je saignais. Un des gendarmes a introduit son pouce dans mon oeil. Ils m’ont battu alors que j’étais déjà dans le fourgon»

14 jeunes activistes sont poursuivis, tous des militants anti-Chlordécone, confirme Jean-Jacob Bicep du MIR Guadeloupe. Les médecins ont prescrit à Keiziah  deux jours d’interruption temporaire de travail.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Facebook / Komité 13 janvier 2020

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