«À Paris, l’exil tue» Doni, migrant SDF est mort dans le canal Saint-Denis à Aubervilliers

Flore fait des maraudes, distribue bénévolement des repas aux nombreux migrants de l’Afrique de l’Est, d’Afghanistan et du Maghreb qui ont posés leur misérable tente sur les berges le long du canal Saint-Denis. Avant d’être chassés, ils étaient du côté de la Porte de la Chapelle et de l’Avenue du Président-Wilson à Saint-Denis, rappelle un membre du Collectif. Depuis la fin du confinement, le Collectif Solidarité Migrants Wilson a recensé mercredi 8 juillet, 376 tentes le long du canal contre 166 il y a trois semaines. Doni Neckson était un de ces gars là, rieur, fan de foot, supporter du PSG, entouré d’amis mais sans doute ne savait-il pas nager. Un hommage lui sera rendu par les bénévoles du Collectif.

Vendredi 10 juillet 2020 au matin, Flore, la bénévole du Collectif solidaire, a aperçu un corps dans une housse blanche, étendu sur la berge du canal de Saint-Denis, sous la surveillance de policiers. Un membre du Collectif des migrants raconte sur la page Facebook du Collectif Solidarité Migrants Wilson, comment de telle tragédie se déroulent sous les yeux des parisiens, « à cette heure ici, la piste cyclable a des allures d’autoroute. L’indifférence est palpable » mais pas pour Flore et les autres :

« Flore est passée devant en vélo en allant au boulot et a donné l’alerte. Flore c’est la bénévole que la police a embarqué menottes au poignets il y a une quinzaine de jours, au départ d’une maraude en vélo à la Plaine-Saint-Denis. Parce qu’elle s’offusquait des conditions «musclées» d’interpellation d’un gamin noir du quartier, de 14 ans. » précise ce membre du Collectif Solidarité Migrants Wilson.

« Ce que je sais c’est que des personnes exilées qui survivent dans de telles conditions et mettent fin à leur jour, il y en déjà eu, ce n’est pas le premier.»

Des centaines de migrants se sont installés dans ces campements le long du canal Saint-Denis depuis la porte d’Aubervilliers jusqu’au bassin de la Maltournée. Environ 800 personnes selon l’ONG Médecins du Monde.

« Ce que je sais c’est qu’à Paris de nombreuses personnes deviennent folles. Elles ont fui les guerres et les massacres, traversé des milliers de kilomètres d’épreuves, pour venir demander asile et protection dans le pays des Droits de l’Homme. Et ne trouvent finalement ici que des mauvais traitements, des conditions de survie indignes, la violence et la mort. De quoi rendre dingue en effet. »

La victime dans la housse blanche ce vendredi 10 juillet c’était Doni Neckson 29 ans. Les circonstances de sa mort restent encore floues. Tout semble indiquer qu’il a chuté dans l’eau. S’est-il noyé, s’est-il suicidé?

« Il dormait dans une tente, pas loin de là où on fait le petit-déjeuner le mercredi. Il était « un peu fou » dit pudiquement une des personnes qui le connaissait. Il est tombé dans le canal. Ne savait pas nager ».

Philippe Caro, membre du collectif Solidarité Migrants Wilson (et ancien élu de Saint-Denis), alerté par une bénévole, s’est précipité, le même jour, à Aubervilliers, sur les berges du canal.

Le Collectif Solidarité Migrants Wilson organise un hommage à Doni Neckson 29 ans, dimanche 19 juillet à 14h30 à proximité du Pont de Stains, à Aubervilliers. Le Collectif invite tous ceux qui voudraient honorer sa mémoire, à s’y rendre avec des fleurs et des bougies.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Facebook Collectif Solidarité Migrants Wilson

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