Maryse Condé « sur la découverte des préjugés en France », elle se livre dans The Guardian

J’ai été éduquée par des parents qui croyaient en la France et étaient convaincus que la France était le meilleur endroit au monde. Mon père nous disait :

« Oh, la France est un beau pays». Mais maintenant je comprends ce à quoi ils ne voulaient pas faire face. Nous n’avons jamais parlé d’esclavage ou de colonialisme. J’ai décidé alors que j’allais apprendre des sujets qui m’étaient cachés. Il est très difficile d’avoir votre propre opinion et votre libre pensée lorsque vous êtes très jeune. Vous devez être plus mûr, assez fort et plus mature pour croire que vous pouvez changer le monde. »

L’écrivaine guadeloupéenne, Maryse Condé est en interview dans le quotidien américain qui l’interroge sur son dernier roman  « Le fabuleux et triste destin d’Ivan et d’Ivana ». Et l’on découvre tout au long de cet entretien, une femme passionnée et déterminée à comprendre (très jeune), le monde dans lequel elle vit.

Maryse Condé avoue qu’elle n’a pas toujours eu confiance en elle. Pour cette raison, elle explique la publication de son premier roman, « Hérémakhonon », à l’âge de 40 ans,. La romancière n’osait pas « présenter son écriture au monde extérieur » :

« Quand j’étais enfant, j’étais très gâtée par mes parents. J’étais inconsciente du monde extérieur. J’étais convaincue que j’étais l’une des plus belles filles du monde et certainement l’une des plus intelligentes, mais quand je suis venue étudier en France, j’ai découvert les préjugés des gens. Les gens pensaient que j’étais inférieure juste parce que je suis noire. Je devais leur prouver que j’étais douée et montrer à tout le monde que la couleur de ma peau n’avait pas d’importance, ce qui compte est dans votre cerveau et dans votre cœur. »

À la journaliste qui lui demande quand a eu lieu ce tournant dans son développement, Maryse Condé raconte cette anecdote :

 » Quand j’étais étudiante au Lycée Fénélon à Paris, je suis devenue l’amie d’une fille. Son père, Jean Bruhat, était professeur communiste d’histoire à la Sorbonne et m’a appris à avoir confiance en moi. Il m’a appris à regarder le monde à travers les yeux d’un colonisé et comment la Guadeloupe avait été créée par la France au profit de l’esclavage et comment la population amérindienne indigène avait été éradiquée. »

A découvrir l’interview en entier sur le site The Guardian du samedi 4 juillet.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images The Guardian/Facebook

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