A. Traoré: 15 000 personnes mobilisées contre les violences et le racisme «c’est un combat que nous ferons avec le peuple français»

« Un rassemblement pour dénoncer le déni de justice et la violence policière, sociale et raciale », « Il faut que le rapport de force soit encore plus fort » scandait Assa Traoré dans un micro, un tee shirt noir et blanc, toujours au couleur de ses revendications,   debout dans un char du comité justice pour Adama, son petit frère.

Samedi 13 juin 2020,  plus de 15 000 manifestants étaient arrivés très tôt avant le début de la marche initialement prévue à 14h30. Deux heures plus tard, après de longs pourparlers, sous ordre de la préfecture, l’ordre était donné de disperser la foule de militants et de supporters. Plusieurs charges de la police dès 16 heures ont signifié la fin de la manifestation lancée à l’initiative d’Assa Traoré, la fondatrice du Comité Vérité et Justice pour Adama. Un début de tension vite maîtrisée par le comité qui en Sit-In a permis une dispersion de toute la manifestation dans le calme.

La mort d’Adama Traoré qui vient en écho à la mort de l’Afro-Américain George Floyd, le 25 mai dernier,  a permis au collectif Justice pour Adama Traoré, de se remobiliser en force pour que « justice soit faite ». Quatre ans de procédure, d’expertises, de contre-expertises n’ont jamais découragé la famille d’Adama Traoré, convaincue qu’il est mort des suites d’un plaquage ventral. Depuis, des milliers de marcheurs pacifiques suivent les rassemblements qu’organise Assa Traoré contre  » l’impunité dans la police française ». Le mardi 2 juin, plus de 20 000 personnes ont défilé en quittant le nouveau tribunal de justice de Paris, sans heurts. Aujourd’hui samedi 13,  plusieurs milliers de manifestants et de militants se sont retrouvés sur la Place de la République espérant se rendre vers l’Opéra.

Bien avant le départ de la marche initialement prévue pour 14h30, la grande sœur d’Adama Traoré a précisé clairement le but de la deuxième marche lancée en ce mois de juin : « Aujourd’hui, nous sommes les victimes n’inversons pas les rôles » pour que justice soit faite, a une nouvelle fois déclaré l’aînée d’Adama Traoré : « Nous demandons la condamnation des gendarmes ». Dès 13 heures, encadré par le collectif, la jeune femme a tenu un discours ferme en appelant tous les français  à partager son combat contre les violences policières :

« La planète entière va avoir le sang glacé sur la mort de George Floyd. Dites-vous qu’Adama Traoré est mort exactement de la même façon, mon frère est mort exactement de la même façon. nous avons pu poser une image sur la mort d’Adama Traoré. Aujourd’hui c’est un combat que nous n’allons pas lâché, c’est un combat que nous allons continué, c’est un combat que nous ferons avec le peuple français, c’est un combat que nous ferons avec toutes les classes sociales. Ce n’est pas parce que tu ne la subis pas que tu ne dois pas la défendre. C’est cela aujourd’hui. Si tu ne la subis pas alors tant mieux, si tu ne la subis pas, je dis alors tant mieux, ben, viens avec nous, on y va ensemble ».

Dans le même temps à la préfecture de Paris, l’ordre était donné de contenir le rassemblement sur la Place de la République. Des raisons de distanciations sociales étant évoquées, après de longues discussions entre la police et Aissa Traoré, la manifestation est devenue, un rassemblement statique Aux environs de 17 heures, des projections de gaz lacrymogènes ont forcé les marcheurs à évacuer la Place de la République.

Le comité Adama qui demande la justice suite au décès brutale d’Adama Traoré a réussi a mobilisé plus de 15 000 personnes selon la préfecture de police. Une violence policière et un racisme dans la police qui fait bondir des policiers comme Mathieu Vallet, Commissaire, Secrétaire adj. du Syndicat indépendant des commissaires de police :

« Moi, je suis issu d’une Cité, j’ai grandi, la police je ne l’ai jamais vu comme un ennemi, un adversaire ou comme quelqu’un qui va me violenter. Quand je me faisais contrôler, je ne partais pas en courant, je présentais mes papiers. Moi j’ai travaillé 10 ans en Seine-Saint-Denis dans le Val-d’Oise les jeunes connaissaient mon prénom, je n’ai jamais eu de souci avec eu, mon nom n’a jamais été inscrit sur les murs. Les policiers connaissent leur métier et les habitants. sauf qu’effectivement, on gêne. Lorsqu’on vient pour des trafics de stupéfiants ou dans des halls d’immeuble, c’est parce que les gens nous appellent ».

Quant au contrôle de faciès, une pratique décriée par les jeunes interpellés, Dominique Rizet, le consultant police justice de  BFMTv  avoue : « Le contrôle au faciès existe, vous ne nous apprenez rien ». L’échange était tendu entre Dominique Rizet,  consultant police-justice et Maboula Soumahoro, maîtresse de conférence à l’Université de Tour,  présidente de l’association « Black History Month » qui intervenaient sur le racisme dans cette profession.

   

Le rassemblement aura également permis à de nombreuses associations en France de se retrouver dans un même discours contre le racisme, un vieux débat pour certains, toujours d’actualités pour d’autres :

Thiaba Bruni est la porte-parole du Conseil représentatif des associations noires de France : « il y un sentiment d’impunité dans la police » Toutes les associations anti-racistes sont d’accord pour poser la question des violences policières et celle du racisme dans la police, ce n’était pas le cas il y a quelques années. » souligne la porte-parole du Cran.

Des manifestation contre le racisme et les violences ont eu lieu dans d’autres grandes villes de l’Hexagone comme Marseille dans le Sud ou à Lyon.

Bilan de la journée 27 personnes ont été interpellées dont 12 militants d’extrême-droite, de Génération identitaire, qui dès le début de la manifestation ont déployé une banderolle de raciste anti-blancs, sur un immeuble face aux manifestants. Une bannière rapidement arrachée par des marcheurs du comité Justice pour Adama.

Aux Etats-Unis et en Angleterre, les manifestations se poursuivent, toujours en protestation contre les violences et les brutalités policières.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Capture d’écran C’news Actus Dothy

Une réflexion sur “A. Traoré: 15 000 personnes mobilisées contre les violences et le racisme «c’est un combat que nous ferons avec le peuple français»

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