Zamor, le Jacobin Noir, «le jouet» de Mme du Barry se vengera de sa bienfaitrice qui sera guillotinée

Zamor était un révolutionnaire français d’origine bengali qui fera parler de lui dès son arrivée à l’âge de onze ans sur le territoire français. 

Esclave et petit page, rebaptisé Louis-Benoit, le petit Zamor est accueilli dans la maison de Madame du Barry, la dernière favorite du Roi Louis XV. Adulte, cultivé, influent, sensible aux conditions sociales de l’époque, il participera à la Révolution française et sera emprisonné par les Girondins avant de mourir dans le plus grand dénuement.

D’après les mémoires de Jeanne Bécu, dite Mademoiselle de Vaubernier, devenue par mariage comtesse du Barry, le jeune Zamor est né dans la ville de Chittagong, dans l’État du Bengale (aujourd’hui Bangladesh). En 1773, alors âgé de onze ans, il est capturé par des esclavagistes anglais, qui le conduisirent en France via Madagascar et le revendirent au Roi de France, Louis XV. Le jeune garçon sera ensuite offert à la maîtresse du Roi, Jeanne Bécu, plus connue sous le nom de Madame du Barry. Elle le rebaptise Louis-Benoit. Jeanne Bécu l’éduque et lui inculque les bonnes manières, celles de la cour royale. Dans ses mémoires, Mme du Barry écrit : «Le deuxième objet de mon regard était Zamor, un jeune garçon africain, plein d’intelligence et de malice : simple et indépendant dans sa nature, pourtant sauvage comme son pays. Zamor se croyait l’égal de tout ceux qu’il rencontrait, à peine daignant reconnaître le roi lui-même comme son supérieur. »

Louis-Benoit développe un goût pour la littérature et s’inspire des œuvres du philosophe Jean-Jacques Rousseau.

 

Et, la comtesse du Barry décrit son enthousiasme à avoir le jeune Zamor à ses côtés : «Au début, je le regardais comme une marionnette ou un jouet, mais… je suis devenue passionnée par mon petit page, d’ailleurs il n’a pas tardé à percevoir l’ascendant qu’il avait gagné sur moi, et, pour, enfin… atteindre un degré incroyable d’insolence et d’effronterie». Mais Zamor n’aura pas les mêmes souvenirs que sa bienfaitrice : «Elle permettait qu’on m’humiliât chez elle» avouera-t-il bien plus tard.

Lorsque la Révolution française éclate, Zamor dit Louis-Benoit, avec un autre membre du personnel domestique de Jeanne Bécu, prend le parti des révolutionnaires et rejoint les Jacobins. «L’objet de toutes les attentions de la comtesse du Barry» se prend à la détester et déplore son style de vie somptueux. Protestant contre ses visites répétées en Angleterre dans le seul but de récupérer ses bijoux perdus, il la met en garde contre ceux de son rangs : Les Aristocrates. Puis, Zamor devient membre du bureau du Comité de la sécurité publique. Grâce à sa position influente, Louis-Benoit sachant Madame du Barry de retour (d’une de ses nombreuses visites en Angleterre), la fit arrêter par la police en 1792.

Libérée, elle découvre que son arrestation était l’œuvre de son «protégé» Louis-Benoit (Zamor). Après un préavis de trois jours, il quitte ses services sans hésitation. Furieux, Zamor montre avec plus de témérité son soutien pour la Révolution et porte de nouvelles accusations contre la comtesse du Barry. Jeanne Bécu sera une nouvelle fois arrêtée, jugée et condamnée. La dernière favorite de Louis XV mourut guillotinée le 8 décembre 1793 à Paris.

À la mort de Jeanne Bécu, Zamor est arrêté par les Girondins, il est soupçonné d’être un complice de la comtesse du Barry et de son entourage. Il sera jugé, emprisonné et restera enfermé six semaines  avant que ses amis ne parviennent à obtenir sa libération. Libre, Zamor fui la France avant de revenir en 1815 après la chute de Napoléon. L’ancien esclave de Mme du Barry achète alors une maison au 13 rue Maître-Albert près du quartier latin de Paris, dans le 5ème arrondissement. Il devient instituteur, donne des leçons d’écriture et dispense des cours de violon.

Zamor dit Louis-Benoit, esclave et «jouet» de la comtesse du Barry mourut dans la pauvreté. S’appuyant sur l’historien, auteur dramatique et académicien Théodore Gosselin dit G. Lenôtre, Jacques Levron (historien) écrira : « Il vivait dans une petite chambre sordide, réprouvé et haï de tout le voisinage. Il mourut en 1820. On jeta son corps à la fosse commune. Personne ne suivit son enterrement »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Wikipédia Source :
https://en.wikipedia.org/wiki/Zamor
telegraphindia.com//jsp/entertainment/story_

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