Paulette Nardal, une pionnière du concept de la Négritude

Paulette Nardal est une théorienne du mouvement de la Négritude. Des idées qu’elle insuffle à ses invités qu’elle accueille dans son Salon de Clamart. Dans une banlieue sud de la capitale. Elle sera tout au long de savie, une Intellectuelle, féministe, avant-gardiste, blessée de guerre, lourdement handicapée, atteinte d’un stress post-traumatique. Paulette Nardal ira jusqu’à l’ONU débattre des Territoires autonomes avant de revenir promouvoir la culture de son île, la Martinique. Nous sommes dans les années 1930.

Immeuble rue Hébert à Clamart dans les Hauts-de-Seine

La famille Nardal

Mlle Nardal est née le 12 octobre 1896 à Saint-Pierre. Dans une commune située au Nord de Fort-de-France en Martinique. Paulette était la fille de  Louise Nardal, une pianiste de talent et femme très pieuse (née Achille). Son père Paul Nardal était le premier ingénieur noir des travaux publics de l’île. Paul Nardal sera le premier antillais francophone à décrocher une bourse pour l’École des Arts et Métiers à Paris. Il termine sa carrière comme chef du service des Eaux et Assainissements. Les ouvrages de l’ingénieur sont encore visibles à Fort-de-France, le Réservoir de l’Évêché et le Pont Absalon. La famille Nardal vivait dans une maison à la rue Schoelcher à Fort-de-France. Paul et Louise ont eu sept filles.

Paule connue sous le nom de Paulette Nardal était l’aînée des sept sœurs. Elle a décrit son enfance ainsi :  « Nous étions baignés dans la musique… J’étais toujours entourée de jeunes qui s’intéressaient à l’art. Mes parents organisaient des concerts et animaient des stages de musique».

Les parents de Paulette Nardal

Paulette débarque à Paris

Après ses études en Martinique, Paulette Nardal arrive à Paris en 1920. Elle est l’une des premières étudiantes ultramarines inscrites à l’Université de la Sorbonne. Elle en sort diplômée d’anglais. Etudiante, Paulette Nardal fréquente régulièrement Le Bal Nègre (aujourd’hui Le Bal Blomet), un club de danse et de jazz où les Noirs se réunissent. À la fin de ses études, la jeune fille présente une thèse sur l’abolitionniste américaine Harriet Beecher Stowe, auteure de «La case de l’Oncle Tom». Ces recherches universitaires vont l’intéresser à la lutte intellectuelle des Noirs aux États-Unis. Avant de se faire connaître par les Pères fondateurs du mouvement de la Négritude, Paulette aura été la secrétaire parlementaire de Joseph Lagrosillière (socialisme martiniquais). Puis elle est au cabinet du député sénégalais Galandou Diouf.

Plus tard à Paris, ses sœurs Jane et Andrée la rejoignent. Jane Nardal (ou Jeanne) est la quatrième des sept sœurs. Alors qu’elle étudie la littérature à l’Université de la Sorbonne, elle se passionne pour les chansons spirituelles noires. Elle en fera la promotion en Martinique.

Paulette a vécu quinze ans à Clamart. Elle s’installe dans cette banlieue parisienne, dans les Hauts-de-Seine au sud-ouest de Paris.

Les soeurs Nardal

En 1929, les trois sœurs Nardal, Paulette, Jeanne et Andrée ouvrent un salon parisien au 7 rue Hébert, qu’elles nomment Le Salon de Clamart. Ce salon devient un lieu de rassemblement où les intellectuels Noirs se rencontrent, travaillent en réseau et réfléchissent à la condition des Noirs. Tous préoccupés par le colonialisme en Afrique et la discrimination raciale aux États-Unis et aux Antilles.

Jean-Price Mars, René Maran, Marian Anderson et Marcus Garvey font partis des nombreux intellectuels et artistes noirs qui entrent au Salon. Parmi ses invités Aimé Césaire (pour lequel elle avouera plus tard avoir une «admiration béate»), Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas, qui seront considérés comme les fondateurs du courant de la Négritude. Aujourd’hui, les historiens attribuent au Salon de Clamart la création de l’environnement intellectuel qui a produit les idées majeures liées au concept de la négritude. Les sœurs Nardal ont également créé La revue du monde noir (la publication ne dure qu’un an). Et Paulette se fait connaître, dans toute la diaspora, pour ses articles qui explorent la condition des femmes noires .

Clamart, quartier de la Gare, rue Hébert

La martiniquaise s’engage pour la France

En 1939, la guerre éclate, Paulette Nardal qui est en Martinique décide de rentrer en France et s’engage. Grièvement blessée lors du torpillage de son bateau par les Allemands, elle sera hospitalisée pendant 11 mois en Angleterre. La soldate restera handicapée à vie.

Dans la période qui a suivie la Seconde Guerre mondiale, malgré les douleurs toujours présentes à une jambe et la difficulté de se déplacer, Paulette Nadal est nommée en 1946 déléguée aux Nations Unies. Elle y travaille dans la Division des territoires non autonomes. La martiniquaise est la secrétaire particulière de Ralph Bunche. L’anthropologue, professeur à Harvard et à Howard University est un combattant pour les droits civiques aux-côtés du pacifiste Martin Luther King. Le pasteur est un grand ami de son cousin germain Louis-Thomas Achille.

Paulette Nardal retourne en Martinique en 1948. La femme de lettre lance La femme dans la Cité. Dans le même temps la martiniquaise ouvrira un nouveau salon littéraire dans le chef lieu, Fort-de-France.

Paulette Nadal, qui ne s’est jamais mariée, décède à Fort-de-France en Martinique le 16 février 1985. Elle avait 88 ans.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Clamart C’news Actus Dothy/ source Etienne Lock et Catherine Marceline et l’Association Tous Créoles

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