Virus : Ancien joueur de foot, Myron Rolle neurochirurgien combat le coronavirus à Boston

Au cœur du dispositif anti-coronavirus, le docteur Myron Rolle est rassuré pour encore quelques temps. Dans l’hôpital à Boston où il exerce sa profession, il y encore du stock, les équipements médicaux pour les soignants ne manquent pas : «Nous sommes l’un des plus grands hôpitaux de la région de la Nouvelle-Angleterre et sans doute du pays. Nous sommes affiliés à Harvard et nous étions encore bien équipés au début de l’épidémie. Je pense que les hôpitaux qui sont mis à rude épreuve sont les plus petits établissements dans les banlieue des grandes villes.» Mais l’homme sait également que les réserves seront vite épuisées face à la rapide propagation du coronavirus aux Etats-Unis : «Nos masques sont gardés dans un endroit centralisé autour de l’hôpital. On nous a même demandés récemment de réutiliser nos masques, si c’était possible.»

Ce docteur, Myron Rolle engagé dans la lutte anti-coronavirus, n’est pas un médecin comme les autres.

Les médias américains depuis quelques jours, soulignent le parcours élogieux et déterminé de l’ancien défenseur des Titans de l’État de Floride et du Tennessee, devenu un des soignants en première ligne, dans une épidémie qui ravage les États-Unis et le reste du monde.

Adolescent, Myron Rolle jouait au football à la Florida State University de 2006 à 2008. Mais en 2009, il fait la une des journaux américains quand il est accepté à l’Université d’Oxford au Nord-Ouest de Londres. Il reçoit une bourse pour commencer des études médicales, le jeune homme ne terminera pas sa saison junior à la FSU. Après un an en Angleterre, en 2010, Myron Rolle est repêché par les Tennessee Titans. En 2013, il quitte l’équipe et reprend ses études de médecine, rapporte le magazine spécialisé CBS Sports, et s’inscrit à l’école de médecine Florida State University College of Medicine, la même année.  En 2017, Myron Rolle obtient son diplôme, il est médecin. En mai de la même année, l’afro-américain commence son programme de résidence en neurochirurgie à la Harvard Medical School et au Massachusetts General Hospital.

Depuis, l’ancien défenseur de la NFL (National Football League) devenu neurochirurgien est sur un autre terrain et s’attaque depuis quelques semaines à un adversaire plus redoutable, le nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19.

 

Sur ESPN, la chaîne de télévision sportive américaine, le docteur Myron Rolle décrit la souffrance des patients COVID-19 : «Je traverse les urgences. Je vois tellement de personnes souffrant de détresse respiratoire et de problèmes respiratoires » raconte le médecin, «Notre étage neurologique a été transformé pour recevoir beaucoup de patients COVID-19. C’est mouvementé, ça bouge. Notre espace de lits, nos salles d’opération ont même été changés en unités de soins intensifs car il y a tellement de gens qui sont soit positifs au COVID-19, soit suspectés de l’avoir» indique le soignant.

Comme dans les hôpitaux en Europe, ici,au Massachusetts General Hospital de Boston, les masques sont précieux . «Dès que nous arrivons à l’hôpital, nous devons mettre ces masques de protection» explique Myron Rolle. «Tout le monde doit les porter.» 

Même si Myron Rolle est confronté à une situation inédite, il ne regrette pas son parcours. L’ancien footballeur aujourd’hui neurochirurgien avoue : « Honnêtement, s’il fallait recommencer, je n’aurais pas fait autrement», a-t-il déclaré à la chaîne Tv ESPN. «Il y a dix ans, j’ai toujours pensé qu’après le football, j’irais en neurochirurgie. Mais, même si le football ne m’a jamais quitté, chaque matin après mon réveil, je pense à la salle d’opération et je me dis : «J’ai une mission, les gens comptent sur nous en ce moment. C’est le moment d’aider les personnes très malades, je dois faire mon travail» assure déterminé le neurochirugien.

Le combat contre le COVID-19 est une responsabilité collective et, interrogé par SBNation, Myron Rolle sermonne ceux qui ne respectent pas les gestes barrières et les règles de prudence : «Je dirais que c’est  irresponsable parce que vous êtes toujours capables non seulement de contracter la maladie, mais d’être un porteur asymptomatique et d’affecter quelqu’un qui n’a pas le système immunitaire développé comme vous. Il ne s’agit pas seulement de votre confort ou de votre style de vie à ce stade là.»  

Quant à l’attitude indisciplinée de certains jeunes afro-américains qui bravent le confinement, comme ci-dessous à New York, le neurochirurgien explique : «Nous devons tous jouer notre rôle, y compris les jeunes de notre communauté qui ont un système immunitaire robuste et qui ne sont pas à risque. C’est un moment où vous devez regarder au-delà de vous pour aider activement les autres.»

 

Des new-yorkais se baladent dans une rue de Harlem en plein confinement (samedi 4 avril 2020)

Aux Etats-Unis, on compte plus de 8 000 morts et 300 000 contaminés. Après 1 480 morts en une journée ( le bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays) les Américains doivent s’attendre au pire a déclaré le président Donald Trump.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Instagram/FM à Harlem

Eugénie Tell-Éboué, la guyanaise, 1ère femme ultramarine élue, sa fille Ginette, femme de Léopold Sédar-Senghor

Le dimanche 21 octobre 1945, la France fait mieux que les Etats-Unis et que la Grande-Bretagne. En donnant le droit aux femmes de se rendre aux urnes, elle permet pour la première fois dans toute l’histoire de France et des Outre-mer, d’élire 33 femmes sur les bancs de l’Assemblée nationale. Ce droit de vote gagné auprès d’un Général de Gaulle, plus stratégique que réformateur des inégalités entre hommes et femmes, restera pour la gente féminine, une victoire. Parmi les 33 femmes qui seront élues à l’Assemblée Constituante, on retiendra celle de la députée Eugénie Tell-Éboué, épouse du guyanais, homme politique français, Félix Éboué. Administrateur des colonies, proche du Général de Gaulle, l’homme repose, depuis le 20 mai 1949, au Panthéon.

Place du Panthéon, Paris V ème arrondissement

Ce dimanche de 1945, jour de repos dominical, les femmes se pressent dans les isoloirs de la République. En 1944, le Général de Gaulle décidait par ordonnance d’octroyer aux femmes le droit de choisir leurs élus. Ce qu’elles fit, un an plus tard, d’abord pour les élections municipales, le vendredi 20 avril. Puis elles reprirent le chemin des votes en octobre de la même année. Parmi celles qu’elle devaient choisir pour les représenter à l’Assemblée Nationale, toutes les professions étaient présentes, de l’infirmière, la journaliste, l’avocate, institutrice, expert-comptable, directrice de maternelle mais également des ouvrières textiles.

Félix Éboué, Eugénie Tell-Eboué et Ginette Éboué

Pour la première fois, ce dimanche 21 octobre 1945, des françaises et des français de l’Hexagone et des Outre-mer élisaient leurs premières femmes députées.

Eugénie Tell-Éboué, franc-maçonne est l’une de ces 33 femmes. Elle sera députée, conseillère de la République puis sénatrice de la Guadeloupe.

Née en 1891 à Cayenne, elle épouse Félix Éboué en 1922, et le suivit durant toute sa carrière de Gouverneur . De 1932 à 1940, elle sera en Martinique, Guadeloupe, au Soudan, au Tchad. Quand Félix Eboué se rallie à l’appel du Général de Gaulle, et devient Gouverneur de l’Afrique-Equatoriale française, Eugénie Tell-Éboué intègre de son côté ales Forces françaises libres féminines et devient infirmière à l’hôpital militaire de Brazzaville. Félix Éboué meurt en 1944 au Caire, en Egypte et Eugénie Tell-Éboué tandis que son épouse reçoit la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance en 1944.

Eugénie Tell-Éboué rentre alors en politique, adhère à la SFIO et devient députée de Guadeloupe, des deux Assemblées nationales constituantes entre 1945 et 1946. Elle est élue, en mai 1945, conseillère municipale de Grand-Bourg (Guadeloupe). Lors des élections sénatoriales de 1946, le 15 décembre, elle est élue conseillère de la République ce qui équivaut, sous la IV République, au mandat de sénatrice. Elle sera membre du groupe parlementaire socialiste et fera partie de la Commission à l’Éducation nationale et de la Commission à l’Intérieur.

Ginette Eboué

Eugénie Éboué est aussi la mère de Ginette Éboué qui, née en 1923 sera une résistante et une franc-maçonne engagée. Ginette Éboué femme sera la première épouse du Président sénégalais, Léopold Sédar-Senghor de 1944 à 1955. La guyanaise sera initiée en 1968 dans la loge « le Libre Examen ».

Léopold Sédar-Senghor et Ginette Éboué en 1944

Eugénie Éboué-Tell, née le 23 novembre 1889 à Cayenne est décédée le 20 novembre 1972 à Pontoise, elle repose au cimetière de Pantin Elle a été successivement, députée, conseillère de la République et sénatrice de Guadeloupe

 

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La journaliste guadeloupéenne Osange Silou-Kieffer est décédée

Lundi 23 mars, en début d’après-midi, c’est sur une note d’espoir que les abonnés d’Osange Silou-Kieffer likaient des mots rassurants postés par sa fille Canelle sur son compte Facebook. La journaliste Guadeloupéenne était hospitalisée, suite à une infection due au nouveau coronavirus. Osange Silou-Kieffer se reposait et remontait doucement la pente. Mais les efforts médicaux n’ont pas été concluants et Osange est décédée de complications respiratoires, la nuit dernière.

69 ème Festival de Cannes – La Quinzaine des Réalisateurs (Ville de Cannes)

Une nouvelle victime qui terrasse le monde panafricain. Osange Silou-Kieffer femme de fortes convictions a beaucoup produit dans l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Son crédo « Faire émerger les nouveaux talents et leur donner les outils pour plus de visibilité ». Son projet Le Prix Océans FranceÔ a été présenté au Festival de Cannes en 2017 et sa présence au Fespaco a été remarquée tout au long de ce cinquantenaire qui se déroulait à Ouagadougou en mars 2019.

Fespaco 2019 – Projection de Désérance avec Jimmy Jean-Louis au Ciné Burkina (Ouagadougou)

Osange Silou-Kieffer laisse un patrimoine culturel riche et prometteur pour la jeune génération de cinéastes :

Présidente du festival des cinémas métissés- Cinamazonia organisé en Guyane.
Co-Créatrice et organisatrice des Hohoas- concours de scénario de court-métrage de l’Outre-Mer
Directrice Rédaction Agence de presse Invariance Noire (Paris) depuis 1986.
Correspondante en Europe, “Le matin des Antilles” de 1982 à 1988.
Correspondante en Europe, Antilla de 1980 à 1988.
Documentaire “Cannes 96 : cinémas d’Afrique” (1996 – 26 minutes) et a publié le livre “Le cinéma dans les Antilles françaises” (Ed. OCIC, 1991).

Directrice de la rédaction du Bureau Européen de l’Agence de Presse Invariance Noire.
Présidente du Festival Cinamazonia.
Présidente de l’Association Regards Ultramarins, association des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel d’Outre-mer.
Membre de l’Institut des Peuples Noirs.
Membre de la FEPACI, Fédération Panafricaine des Cinéastes d’Afrique et Diasporas.
Membre de la Guilde, Association des professionnels du cinéma d’Afrique et diaspora en Europe.
Membre du Comité d’Experts du Fonds d’Aide aux Cinémas d’Outre-mer, de 2002 à 2006.

Créatrice et organisatrice des HOHOAS, concours de scénario de court- métrage d’outre -mer.
Coordinatrice du jury jeune Canal-cinéma du Festival du Film de Sarlat.
Membre permanent du jury Passion Jeune du CNRS.
Organisatrice de la manifestation Regards Ultramarins.
Invitée du Festival Mondial des Arts Nègres, Dakar, 2010.
Membre du jury du Festival de Khouribga 2012.
Membre du jury du Festival de Khouribga 2012.
Membre du jury du FESPACO 2011.
Conseillère historique et artistique de plusieurs films.
Auteur de l’ouvrage “le cinéma dans les Antilles françaises”.Ed Cinémédia 1992.

Femme de tempérament, elle n’a eu de cesse de comprendre pourquoi son époux Guy-André Kieffer, est un journaliste franco-canadien, a disparu un 16 avril 2004 à Abidjan, en Côte-d’Ivoire.

Osange Silou-Kieffer est décédée des suites du Covid-19, ce matin, mercredi 1er avril 2020, dans le sillage du sénégalais Pape Diouf.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy   Source Claudy Siar
Images  C’news Actus Dothy